Our Eternity - Nevan & Finlay (ONE-SHOT)

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Summary

Depuis près d'un siècle, Nevan se cache parmi les mortels. Il pensait ne jamais recroiser la route d'une personne appartenant à son passé, mais c'était sans compter sur la persévérance de son ancien amant qui finit par le retrouver au cœur de Londres ; et qui n'hésite pas à le confronter.

Status
Complete
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1
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n/a
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16+

Our Eternity - Nevan & Finlay

Il fait horriblement froid, ce qui parait normal puisque nous sommes en hiver alors je presse le pas afin de rentrer à mon appartement pour me mettre au chaud.

Emmitouflé dans mon blouson, mon bonnet et mon écharpe, je marche un peu plus vite que d’habitude avec ce sentiment étrange qui me perturbe depuis que je suis sorti de mon travail. Une sorte de pressentiment pas très rassurant...

Je ne suis pas du genre trouillard, je suis obligé de passer par certaines ruelles qui ne sont malheureusement pas très éclairées. Je me maudis intérieurement de ne pas avoir accepté l’invitation de ma collègue pour me ramener chez moi. Je n’aime pas déranger les gens, mais surtout je ne veux rien leur devoir. “Foutue fierté ou orgueil,” me dirait mon ancien ami, enfin si je peux toujours l’appeler ainsi.

Dans ce qui fut mon ancienne vie, j’ai dû faire des choix auxquels personne n’aurait voulu faire face. J’ai dû abandonner beaucoup de choses pour rester en vie. Beaucoup de sacrifices. J’ai dû m’habituer à un mode de vie qui m’était totalement inconnu en venant ici et me mêler aux mortels.

Pourquoi repensé-je au passé tout à coup ? Je ne saurais dire, sans doute cette ambiance si glaciale et cette noirceur qui m’entoure me rappelle mon ancienne contrée, mon ancien monde, tout ce qui a fait de moi celui que je suis.

Plus que quelques pâtés de maisons, cinq cent mètres comme ils disent ici, avant d’arriver enfin dans mon foyer. Je pense à la chaleur dans laquelle je vais m’enfermer, un bon chocolat chaud et un plaid afin de me reposer de cette journée éreintante.

Mes clés dans ma poche droite serrées entre mes doigts, je me retourne pour vérifier derrière moi parce qu’il me semble entendre du bruit. Je m’arrête une seconde, me retourne, je plisse les yeux pour voir un peu mieux, mais il n’y a rien. Je me traite d’idiot intérieurement et repars sur le chemin devant moi.

Comment auraient-ils pu me retrouver ? C’est tout bonnement impossible...

Je sursaute en voyant un homme d’une cinquantaine d’années entrer dans sa voiture garée sur ma droite. Il s’agit de l’un de mes voisins qui me salue. Je ferme les yeux un instant, j’expire afin de me reprendre.

Je continue en ressentant toujours ce sentiment étrange... Trois pas... Je n’ai fait que trois pas quand une silhouette arrive de je ne sais où et se fige en face de moi. Mon cœur se met à battre lourdement dans ma poitrine, un frisson glacial qui n’est pas dû aux températures négatives me parcourt l’échine et je suis dans l’impossibilité de bouger mes membres pour m’enfuir.

Je suis immobile alors que la porte de mon immeuble ne se trouve plus qu’à quelques mètres sur la gauche. Mes yeux la voient, mais la silhouette esquisse un léger mouvement, ce qui attire de nouveau mon regard. Je n’ai pas besoin de plus de deux secondes avant de le reconnaître. Lui. Lui et ses yeux couleur ambrée avec cet éclat doré qui me sondent.

J’ai tout fait pour ne pas me faire remarquer dans ce monde-ci...

Alors comment ?

Pourquoi ?

Est-il réellement présent ou est-ce encore mon imagination qui me joue des tours ?

Tant de questions tournent dans mon esprit...

- Ravi de te revoir enfin, me dit-il de sa voix rauque.

Je détourne instinctivement le regard, mes yeux me piquent, merde ! Ce n’est pas le moment de se laisser affecter par sa voix, pas après presque un siècle sans l’avoir vu.

- Je vois que je te fais toujours le même effet, continue-t-il sans aucune gêne.

Ça aussi ça n’a pas changé on dirait.

- Comment ? finis-je par lâcher d’une voix craquelée, je n’arrive toujours pas à y croire.

- Tu as sous-estimé mes capacités, fait-il en roulant des yeux.

Ses yeux qui m’hypnotisent toujours autant, ce n’est pas bon. Les éclats dorés qui y brillent me font perdre pied et je suis certain que mes yeux à moi n’ont plus rien de leur couleur noire habituelle.

- Pourquoi tu m’as cherché Finlay ? demandé-je, ne comprenant pas pourquoi il tenait à me retrouver alors que je suis parti pour une bonne raison.

- C’est Finlay maintenant ? réplique-t-il, déçu.

- Là n’est pas la question ! m’exclamé-je un peu trop fort.

- Est-ce qu’on peut au moins en discuter chez-toi ? Au calme ? ajoute-t-il alors que j’allais encore protester.

Je ne peux pas lui dire non, pas encore une fois. J’hoche ma tête et le dépasse rapidement pour me diriger vers mon appartement, je sais qu’il me suit, pas la peine de me retourner, je l’entends, je le sens.

- Tu habites dans ce trou à rat ? s’exclame Finlay en entrant dans mon appartement.

- T’as qu’à t’en aller, marmonné-je en déposant mes affaires dans l’entrée.

Moi aussi ça m’a paru bizarre d’habiter ici, je n’y étais pas habitué. J’avais toujours habité dans des villas, des châteaux, des manoirs, et devoir me retrouver enfermé dans un espace aussi réduit a failli me rendre fou. Je comprends la réaction de Finlay, mais je n’ai pas envie de débattre là-dessus.

Il m’a retrouvé, et c’est ce dont on doit parler avant tout.

- Comment m’as-tu trouvé ? demandé-je à nouveau.

- Tu ne m’offres rien ? demande-t-il en retour. Je t’ai connu plus poli que ça, Nevan.

- Evan, le corrigé-je automatiquement.

- Quoi ?

- Je m’appelle Evan.

Je vois dans ses yeux qu’il ne comprend pas, bien sûr qu’il ne comprend pas ! Je ne pouvais pas m’appeler Nevan et passer inaperçu auprès des mortels, il ne peut pas comprendre vu que ce n’est pas lui qui a dû partir, tout quitter...

- C’est nul comme prénom, Evan, dit-il en insistant bien sur le dernier mot.

- Qu’est-ce que tu veux merde ?

Je ne peux pas me retenir, rester calme ou faire semblant que tout va bien parce que non, tout ne va pas bien ! Au contraire ! Tout s’effondre, tout ce que je me suis forcé à construire pendant près d’un siècle est en train de partir en fumée, parce qu’il m’a retrouvé malgré tous mes efforts !

- Que tu viennes avec moi, répond-t-il du tac au tac. Tu n’es pas le seul à être parti, moi aussi j’ai quitté l’Irlande juste après ta disparition, je ne pouvais pas rester avec eux... avec ceux qui nous ont brisés... je ne pouvais pas m’imaginer rester là-bas sans toi à mes côtés.

- Arrête de raconter des conneries, tu sais très bien que ma vie est ici désormais, contré-je faiblement, moi-même pas convaincu.

Je tente de masquer mon trouble, mais mes yeux rouges sang n’arrangent rien à la situation. Ça fait longtemps que ça ne m’a pas piqué, ce qui m’amène à une conclusion qui ne m’enchante pas du tout. Ça veut dire que j’ai toujours été lié à Finlay, que je le veuille ou non, et c’est encore le cas aujourd’hui.

Malgré nos différences.

- Tu ne me crois pas ? fait-il, abordant un air inquiet, peiné.

Et je le vois, tel qu’il était autrefois. Vulnérable, fragile.

- Si, mais –

- Parce qu’il y a toujours un « mais », marmonne-t-il en secouant sa tête. Pourquoi tu ne peux juste pas m’écouter pour une fois et...

- Et quoi ? Ma vie est ici.

- En Angleterre ? Tu n’es pas parti bien loin, tout comme moi, mais –

- Non Finlay, je ne retournerai jamais en Irlande, tranché-je durement. Arrête d’insister.

- Je ne parlais pas de retourner là-bas ! Je parlais de venir avec moi, je ne vis plus en Irlande, je suis en Écosse depuis des années et tu vas vraiment t’y plaire, argue-t-il en s’approchant de moi de quelques pas.

- T’approche pas de moi, dis-je en reculant. Et puis franchement, l’Écosse ? T’aurais pas pu faire plus cliché ?

- Nevan... je t’en supplie, j’ai tout abandonné pour te retrouver et maintenant que c’est fait tu –

- Moi aussi j’ai tout abandonné pour te sauver, pour te permettre de rester en vie, le coupé-je à nouveau. Tu savais que tes parents voulaient te faire exécuter si nous ne nous séparions pas ?

- Quoi ? Pourquoi tu ne m’as pas dit ça plus tôt ?

- Ça n’aurait rien changé, les loups et les vampires ne vont pas ensemble.

J’ai moi-même du mal à croire ce que je dis, je m’en contrefiche de ce que nous sommes, Finlay a toujours été celui pour qui je me battais.

- Nev, tu me manques, lâche-t-il dans un murmure à peine audible.

Il sait que je peux l’entendre, et c’est ce qui me fait le plus mal. Mais j’ai peur, il y a toujours cette peur viscérale qui me tord le ventre.

La peur que nos familles nous retrouvent, je ne doute pas qu’il ait réussi à rester en vie par chance, mais ça ne veut pas dire qu’on ne nous cherche toujours pas. Je ne peux pas me permettre de le voir mort. Nous sommes peut-être immortels, mais il y a des moyens de nous tuer, et nos familles se feraient une joie de nous voir souffrir avant de rendre l’âme.

- Je ne veux plus vivre sans toi, ajoute-t-il en s’approchant à nouveau de moi.

Et cette fois, je ne peux pas reculer, parce que je ne supporte pas de le voir aussi anéanti. Je le laisse m’approcher, parce qu’à moi aussi il me manque et chaque seconde passée loin de lui n’a fait que me faire encore plus mal. Je ne sais pas comment j’ai réussi à survivre toutes ces années sans lui à mes côtés, mais maintenant qu’il est devant moi et qu’il me veut toujours dans sa vie, je ne peux plus lutter et me laisse aller contre lui quand il passe ses bras autour de mon cou pour m’étreindre.

Malgré le contraste de nos corps, le mien étant froid et le sien bouillant, je me sens tout de même chauffer de l’intérieur. Il n’y a pas que lui qui m’a manqué ces dernières années, mais aussi le fait de l’avoir tout contre moi, la chaleur de son corps ne m’a jamais dérangé, et la froideur du mien ne l’a jamais dérangé non plus.

- Tu me manques aussi Finn, chuchoté-je au creux de son cou, mes bras enserrant étroitement sa taille. Mais je ne peux pas quitter l’Angleterre juste comme ça, juste parce que tu...

- J’ai compris, me coupe-t-il. Mais tais-toi, laisse-moi profiter de ce moment après on parlera.

Nous restons enlacés au milieu de mon salon un long moment, je ne sais plus quelle heure il est ni combien de temps il me reste avant de devoir repartir au boulot, mais plus rien ne compte depuis que j’ai pu humer l’odeur de Finlay pour la première fois depuis une éternité. Je me retiens tout juste de l’embrasser dans le cou, ou de le mordre.

Je ne peux pas le mordre, ça le tuerait. C’est un loup, et la morsure d’un vampire l’achèverait. Je n’ai jamais ressenti l’envie de le mordre, parce que je l’aime comme il est, un loup, en entier. Je n’ai jamais ressenti le besoin de le transformer pour qu’il me ressemble. Ce n’est pas pour ça que je suis tombé amoureux de lui.

- Je t’aime putain, je t’aime tellement Nevan, je ne peux pas vivre sans toi, pas maintenant que je t’ai retrouvé, entends-je Finlay marmonner contre mon épaule.

- Moi aussi je t’aime, tu ne peux pas savoir à quel point je t’aime, réponds-je sur le même ton.

Je tourne légèrement ma tête pour déposer mes lèvres sur sa joue, il ouvre brusquement les yeux et je suis à nouveau hypnotisé par son regard doré qui est le total opposé du rouge qui habite mes pupilles.

- Je peux ? en fixant mes lèvres.

Un hochement à peine perceptible de ma tête suffit à Finlay pour s’emparer de ma bouche, je ne me fais pas prier pour lui rendre son baiser avec la même ferveur, je sais qu’à partir de cet instant, je ne pourrai plus jamais me passer de lui, quelles que soient les circonstances.

Je retiens tout juste un gémissement quand Finlay me colle encore plus contre lui, n’ayant pas réalisé qu’il avait descendu l’une de ses mains dans mon dos pour approfondir notre étreinte. La sensation de son corps contre le mien m’a terriblement manquée, ainsi que de sentir sa langue se frayer un chemin entre mes lèvres, ne rencontrant aucune résistance de ma part. C’est comme si nous ne nous étions jamais séparés, tout est exactement comme je me le rappelle, ses mains, ses lèvres, sa langue, son corps tout entier. Et son odeur. Mon Dieu, son odeur. Même sa voix me fait toujours autant d’effet.

- Arrête, soufflé-je soudain en serrant doucement ses hanches pour le détacher légèrement de moi. Attends.

- Désolé j’me suis laissé emporter et –

- T’inquiète pas, je t’en veux pas, mais... on doit parler d’abord et après...

- Après j’pourrais t’avoir rien que pour moi comme autrefois ? fit-il en effleurant mon cou de sa bouche, soufflant sur ma peau.

- Mmh, on verra, marmonné-je en tentant de ne pas à nouveau succomber à mon attirance pour lui. Finn arrête.

- OK, OK, grogne-t-il avant de s’éloigner un peu de moi.

- Suis-moi, dis-je en l’entraînant vers le salon, mon bras autour de sa taille.

Je n’arrive plus à le lâcher, je suis foutu.