Le bazar des one-shots

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Summary

Petit bazar organisé de one-shots concotés par moi-même. Y’a d’à peu près tout mais j’ai mis horreur parce que je bosse beaucoup là-dessus en ce moment. Bonne lecture, hésitez pas à me donner des conseils et à me critiquer.

Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

Les passagers du bus

TW: Horreur (seulement pour les deux premiers chapitres normalement)



Un bruit particulièrement désagréable aux oreilles d’Horos se fit entendre. C’était son réveil; le cadran affichait 5 heures 30. C’était l’heure à laquelle il se levait, peu importait que le jeune homme fraichement diplômé de l’académie de la milice commence à neuf heures. Il aimait bien faire son sport avant le travail.


Mais, ce qui importait plus, c’était qu’il avait pris l’habitude, depuis quelques années maintenant, de noter le contenu de ses rêves, comment ils fonctionnent, ce qu’ils signifient, pourquoi et comment ils se produisent. Il avait accumulé énormément de connaissances sur le sujet, mais pourtant, il était toujours fasciné, émerveillé et parfois terrifié.


Cette nuit, le rêve qu’il avait fait rentrait dans cette catégorie: terrifiant. Horos, alors qu’il l’écrivait, se demandait si ce rêve n’était pas causé par toutes ces arrestations de personnes normales brusquement devenues des psychopathes tueurs en série, apparement à cause de “statuettes”.


Cette nuit là, donc, Horos avait rêvé, enfin, fait le cauchemar qu’il était devenu comme tous ces psychopathes, comme infecté par cette statuette, sans pour autant que celle-ci ne le contrôle. C’était plutôt comme si cet objets maudits lui avait lavé le cerveau, comme si, une fois que l’on croisé le regard de la statuette, celle-ci prenait une forme monstrueuse, nous ouvrait le crâne d’une façon si gore que l’on se demandait comment le corps de la victime, le nôtre, en l’occurence, pouvait encore être reconnaissable.


Quand le corps ne semblait, du point de vue de la victime, n’être plus qu’une bouillie de chair et de sang, le monstre matérialisé se faufilait dans notre crâne, dans notre âme; allant au plus profond de celle-ci, à la recherche de la moindre part d’ombre de notre âme. Et aussi petite soit-elle, ce monstre la trouvera, et quand il l’aura trouvée, il s’y logera, puis gonflera à l’intérieur. Ainsi, la part d’ombre prendra de plus en plus de place. Puis, éventuellement. Non, inévitablement, éclipsera le reste de l’âme; le bon de celle-ci. Elle finira même par dévorer l’entièreté de l’âme.


Et alors, aussi absurde que cela puisse paraître, on gagne alors une espèce de pouvoir. Pouvoir correspondant à la statuette, de façon étrange. Et après, la seule chose que l’on veut faire, c’est de tuer, massacrer; puis encore tuer. Horos se souvenais de tout ce qui s’était passé dans son rêve.


Tout avait commencé à à peu près à 22 heures: Horos était allé se coucher. Au beau milieu de la nuit il s’était levé, assoiffé. Le jeune diplômé était descendu dans sa cuisine se prendre un verre d’eau. Et c’était en remontant que tout était devenu étrange. Une statuette très étrange et coiffée d’un chapeau était apparue.


Le visage de cette statue était tordu d’un sourire carnassier, d’une oreille à l’autre, il s’étendait, révélant l’intégralité des dents de sa mâchoire. Trop nombreuses pour une mâchoire humaine. Du sang d’un noir profond dégoulinait de la bouche de cette statuette. chaque dent semblait faire tomber une goutte de sang au sol, sol qui devenait rapidement tâché de ce sang obscur, tâche qui se transforma rapidement en une mare de sang, qui s’écoula, lentement mais à n’en plus finir, vers l’escalier. Celui-ci finit rapidement inondé. Bien qu’Horos ait alors perdu toute notion du temps.


Malgré cette perte, il en était sûr; ce cauchemar était influencé par tous les cas de psychopathes rejetant la faute de leur folie sur cette statuette qui étaient apparus récemment, et qu’il avait dû traiter au poste de la milice. Par contre, quelque chose ne corrélait pas, la statuette était bien trop grande comparé aux descriptions que ces psychopathes en avaient fait. Mais Horos en jetait la faute sur le rêve.


Alors, l’exact même schéma qu’Horos venait de décrire un peu plus haut s’était produit. Il était devenu un monstre, grand, très grand, deux à trois mètres de hauteur, Horos n’arrivait pas très bien à déterminer à cause du flou entourant ce cauchemar. Il s’était brusquement retrouvé dans un bus.


Un bus à hydrogène ressemblant trait pour trait à ceux qui faisaient la liaison entre Nouvelle-Mine, la principale ville minière de Titan, et La Citadelle, la capitale de cette même lune. Les deux villes étant très éloignées, le voyage s’effectuait de nuit, et ce modèle de bus, le moins cher disponible sur le marché, se composait d’une vingtaine de couchettes alignées les unes après les autres. Le bus contenant deux de ces rangées d’une vingtaine de couchettes alignées, ainsi que trois étages de couchettes. Le nombre total de victimes s’élevait alors à presque 120.


Le sourire carnassier sur le visage d’Horos, ressemblant à celui qui lui avait été donné d’observer sur la statuette, glaça le sang du pauvre homme qui se tenait là; les yeux écarquillés, manifestement terrifié, mais qui pourtant, ne tendait pas un muscle, ni ne bougeait d’un poil. Ce n’est pas qu’il ait été terrifié par la peur, bien qu’il l’aurait probablement été, dans le cas où il eut été en pleine possession de ses moyens; mais, en réalité, le pauvre homme ne pouvait pas bouger, il était victime d’une chose présente depuis la nuit des temps: une paralysie du sommeil.


Alors que Horos, transformé par cette statuette en ce monstre effrayant, déchiquetait le pauvre homme, les cris du malheureux enfin pleinement réveillés réveillèrent tout le monde, attirant leur attention par la même occasion. Continuant sa tache d’une horreur jamais vue par les pauvres autres passagers, Horos tournait sa tête qui n’avait désormais plus rien d’humain vers le reste des passagers, et malgré l’éclairage d’un jaune très sombre qui tamisait le bus, Le visage plus livide que jamais des pauvres passagers était très clairement visible. Une fois que le corps du paralysé n’était plus qu’une mare de sang, un méchoui d’organes, dont personne n’aurait su distinguer laquelle de ces formes indistinctes était l’intestin ou un poumon, Horos, dont le costume était désormais tâché de sang se dirigeait vers une nouvelle victime, choisie au hasard parmi tous ces passagers désormais condamnés. Les bras de l’homme souriant au chapeau trainaient sur le sol. Et alors que la prochaine victime tentait de s’enfuir, de se réfugier, ces dits bras disparurent brusquement, ils se trouvaient désormais sur le cou de la victime, celle-ci étant soulevée dans les airs, poussant des cris de désespoir si aiguës qu’ils en auraient fait mourir un chien, dont les yeux pleuraient sans s’arrêter.


Alors que Horos resserrait sa prise, les larmes de l’enfant devinrent des larmes de sang, puis un torrent qui ne semblait tarir. Le massacre continuait jusqu’à ce que tous les 120 passagers soient réduits à l’état de bouillie. Alors; il ne restait que le conducteur, dont la cabine avait été, comme sur tous les bus de ce même modèle, isolée, confinée, et insonorisée, dans le but d’empêcher quiconque dans le bus de tuer le conducteur, ce qui permettrait à n’importe quel fou de dévier l’engin, et ainsi, de causer une destruction immense.

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Jacques était chauffeur de bus à hydrogène depuis une bonne vingtaine d’années déjà, et aujourd’hui était le jour de ses soixante ans. Il avait connu, du haut de ce que beaucoup considèrent comme un grand âge, non pas les débuts de la colonisation de Titan, mais une époque où la lune était beaucoup moins développée qu’elle ne l’est aujourd’hui.


Jacques n’était d’ailleurs pas né sur Titan, mais bien sur la planète bleue. Il avait, très jeune, perdu ses parents suite à un accident, de bus justement. Quand il y repensait, Jacques se disait que ça devait être le destin, qu’il finisse par conduire ce qui avait causé la mort de ses parents. Pourtant à la base Jacques n’était pas venu sur Titan dans l’optique de devenir chauffeur de bus, plutôt il était venu, ennuyé par le peu de famille qu’il lui restait sur Terre; qui lui reprochait non pas d’avoir causé la mort de ses parents, contrairement à tous ces livres racontant des drames familiaux qu’il avait pu lire lorsqu’il était encore sur Terre. Ils lui reprochaient d’être un idiot fini -ce qu’il était, Jacques ne se mentait pas à lui-même- et ça, jusqu’au jour où Jacques a vu une affiche de recrutement pour des travaux de développement sur Titan, et qu’il est parti.


Il n’a jamais rien vécu de sensationnel sur Terre. Sur Titan non plus, remarque. La lune, une fois suffisamment développée, n’avait plus besoin de travailleurs, mais plutôt que de les jeter comme des vieilles chaussettes, l’entreprise qui avait employé Jacques jusqu’à ses quarante ans avait trouvé, aux ouvriers de nouveaux emplois, qui leur permettrait de vivre. Et alors, ça faisait 20 ans que Jacques conduisait ce bus, et il se fichait de devoir travailler de nuit, comme le salaire était plutôt élevé, ce qui permettait à sa famille de bien vivre. Parce que cela suffisait au chauffeur du bus, le bonheur de sa famille. Il n’avait pas de rêve particulier, certains pourraient trouver cela triste, mais Jacques, lui, se contentait d’aider sa famille, qu’il s’était créée sur Titan. Il n’avait qu’une hâte, c’était de rentrer chez lui, dans le premier immeuble qu’il croiserait en rentrant dans la capitale, pour fêter son anniversaire.


Dans son bus, Jacques avait prit une petite habitude, il mettrait, une fois passés les terrils marquant la fin de Nouvelle-mine, le mode pilote automatique (qui ne faisait rien d’autre qu’avancer tout droit, ce que Jacques trouvait d’ailleurs assez dangeureux) pour aller vérifier brièvement si tout se passait bien derrière, là où les passagers dormaient. Ce petit rituel qu’il s’était de lui-même imposé, ne faisait absolument pas partie de ses obligations, mais Jacques aimait bien le faire, c’était en même temps en quelque sorte sa petite pause de ces nombreuses heures de trajet, sur cette route assez longue et monotone; bien que la resplendissante planète dont Titan était la lune ainsi que les autres lunes, justement, de Jupiter, permettaient de rendre le ciel d’une beauté fascinante, et bien différente à celle de la Terre.


Jacques avait beau être vieux, en plus d’être un idiot fini, il se souviendra toujours du ciel étoilé qu’il pouvait voir sur Terre, et rien, selon lui, pas même ce ciel tout autant magnifique, ne pourrait égaler la beauté du ciel terrestre. Sur Titan, on voyait bien moins les étoiles que sur Terre, Jacques se dit alors qu’il irait peut être faire un tour sur Terre un de ces quatre, pourquoi pas pour fêter ses soixante ans, tant qu’il y était.


Durant ses assez nombreuses années passées à être ouvrier, il avait vu certains de ses camarades tomber des immeubles qu’ils construisaient, ou même se faire broyer par quelque accident du travail; mais pourtant, ce n’était en rien comparable à l’étendue du massacre qui s’était littéralement déversé dans sa cabine lorsqu’il avait ouvert la porte menant au reste du bus. Un torrent de sang, d’yeux et de bouts de peau s’était déversé dans la cabine. Les murs auparavant d’un gris métallique plutôt terne étaient maintenant d’un rouge noir si caractéristique du sang sur Titan, l’atmosphère changeant quelque peu sa couleur. Ou était-ce les yeux des titanéens qui changeaient par rapport à ceux des terriens, à vrai dire peu importait. Jacques était trop choqué pour même vomir. Les murs était griffés de partout.


Et dans tout ce massacre, une forme restait. Il n’y avait pas un seul humain vivant dans tout le dortoir, seul Jacques semblait, non, était encore vivant dans ce carnage. La forme mesurait trois mètres de haut, et avait le dos courbé légèrement pour ne pas se cogner au plafond, puis cette forme se tournait vers lui, doucement. Et à mesure qu’elle lui devenait de plus en plus visible, Jacques pouvait voir un sourire à glacer le sang -bien que cette expression ne soit pas suffisante pour déterminer l’horreur de la chose- apparaître, un sourire jusqu’aux oreilles, les dents ouvertes, dont chacune d’elle semblait être une canine. Canines dont tombaient des gouttes de sang, comme si l’horreur qui se tenait devant-elle avait manger un humain. Une chose le marquait sur ce monstre, c’est qu’il portait un chapeau.


Brusquement, Jacques vit le monde à l’envers, et alors, la seule pensée qui lui traversait l’esprit était: j’espère que ma famille va bien. Pas quelque chose du genre « Je n’aurais jamais dû venir sur Titan » ou dieu sait quoi d’autre, Jacques n’était pas du genre à avoir des regrets. Parce que s’il disait regretter cette décision, cela voudrait dire qu’il bafouait chacun des moments agréables qu’il avait pu passer sur cette lune. Jacques espérait simplement et justement que sa famille allait bien.


Puis, dans la nuit, la forme horrible disparut d’un coup, comme si elle n’avait jamais été ici. Pourtant, le massacre qu’elle avait perpétré, lui, était encore bien présent.


Premier One-shot que je publie ici, la deuxième partie sortira la semaine prochaine :)