Chapter I
"Vous voulez savoir qui je suis ? "
Le regard de mon patient se dirigeais vers moi; visiblement choqué par ma question ; esquissant un sourire narquois sur les lèvres.
"J'ai été admis à l'asile il y a un trois ans. Je suis un tueur en série....un fou. J'ai eu plusieurs thérapeutes comme vous mais ils ont tous abandonné. Pathétique, n'est ce pas? Vous savez, je pense que nous perdons tout les deux notres temps ici, je suis un cas désespéré...un meurtrier impitoyable jusqu'à l'os!
Je l'observe silencieusement par dessus mes lunettes écrivant machinalement dans mon calepin. Hayden Grant, était un célèbre tueur en série incarcéré en hôpital psychiatrique. Maintenant il s'agissait de mon patient, je lui afficha mon sourire le plus compatissant.
"Bien, Hayden. Permet-moi juste de te dire que tout ce que tu dira ici sera strictement confidentiel. Je suis ici pour t'aider, te comprendre et te soutenir.
Il croisa les bras, me fixant avec intensité. Même s'il s'agissait d'un dangereux criminel j'avais insisté pour qu'il ne soit pas menotté durant notre séance, c'était ma manière de faire. Il se leva et pencha légèrement sa tête vers moi un sourire énigmatique se dessinant sur ses lèvres.
"Comment vous appeler vous mademoiselle? Demanda Hayden d'un ton provocateur.
"Je m'appelle Dr. Andréa. Vous êtes en sécurité ici, Hayden, je vous l'assure.
"Sécurité ? C'est bien le denier mot que je puisse associer à une asile psychiatrique. répliqua t'il avec amertume. Je suis dans un endroit dangereux où sont interner des danger publiques comme moi.
"Vraiment ? Pourtant je ne pense pas que vous soyez si dangereux que ça.
Hayden sembla réfléchir un instant, puis il s'assit à nouveau en face de moi, ses yeux sondant les miens avec attention.
"Dr. Andréa ,vous êtes différente des autres. Vous ne me craignez pas.
Je restai silencieuse un instant, évaluant la situation. Malgré les avertissements et les dossiers sur Hayden, je sentais une étrange connexion avec lui, une sensation que je ne pouvais pas ignorer.
" Pourquoi devrais-je avoir peur de vous ?Je suis consciente de la gravité de vos actes, mais je refuse de vous juger. Peu importe ce que vous avez fait dans le passé, je crois en la possibilité de changement et de rédemption.
"C'est facile pour vous de parler de rédemption. Vous ne savez rien des crimes que j'ai commis, des vies que j'ai détruites. Vous ne savez rien de la noirceur qui habite mon âme. Vous êtes bien naïve, Andréa. Vous ne savez pas à quoi vous vous exposez en essayant de me comprendre.
" Hayden, je suis consciente des risques, mais je suis prête à les prendre. Je ne peux pas ignorer la possibilité que même les personnes les plus sombres puissent trouver la lumière en elles. Je suis là pour vous, peu importe les défis que cela implique.
Hayden me fixa intensément, semblant évaluer mes paroles et mes intentions. Un mélange de méfiance et de curiosité visible dans ses yeux. Il baissa ses yeux un instant, puis releva la tête sourire amicale.
"Très bien, Andréa. Je ne sais pas encore si c'est une bonne ou une mauvaise chose, mais je suis prêt à continuer cette thérapie avec vous.
Des policiers armé entrèrent prenant Hayden avec eux, ce qui annonçait la fin de la scéance. Je restai assise un moment, laissant les paroles de Hayden résonner dans mon esprit. Malgré sa réputation,je sentais que je pouvais le changer. Cet homme tourmenté, me ressemblait . Nous partagions une blessure similaire, une douleur sourde qui avait façonné nos trajectoires respectives. Lui, sombrant dans la violence et la folie ; moi, s'élevant pour devenir le pilier rassurant sur lequel tant de vies fragiles venaient s'appuyer.
Pendant des années, j'avais enterré mes propres démons, me consacrant corps et âme à ma vocation de thérapeute. Panser les plaies des autres était devenu un moyen de fuir les miennes, de donner un sens à mon existence..
Mon téléphone vibra, indiquant une nouvelle notification. Je jeta un coup d'œil rapide et vit un message de mon mari, Mark
"Chérie, je vais être retardé au bureau ce soir. Il y a un dossier urgent à terminer. Je ferai de mon mieux pour rentrer le plus vite possible. Bisous."
Un frisson glaciale me parcourut tout le dos en repensant à tous les signes évidents de l'infidélité de Mark avec Louise, sa soit disante simple collègue de bureau. Mes doigts tremblèrent légèrement alors que je répondais à son message .
" Rentre dès que possible."
Une boule d'angoisse se forma dans sa gorge alors que je repensais aux messages codés, aux appels tardifs et aux absences répétées de Mark...
Mon expression était mélancolique, mellée de tristesse et de colère. Une fois dehors, mes pas me menèrent vers un parc. Je m'assis sur un banc, laissant mon regard vagabonder sur les quelques promeneurs attardés. Au fur et à mesure que les minutes passaient, je sentis la tension quitter peu à peu mes épaules. Je repensai à ma relation avec Mark, à cette confiance que j'avais placée en lui, à cette complicité qui s'était effilochée au fil du temps. Comment avais-je pu être aussi aveugle ? Une larme roula sur ma joue, suivie de bien d'autres. Pendant un instant, je me sentis submergée par la douleur et l'amertume. Mais au fond de moi, une part de moi refusait de se laisser abattre. J'avais toujours été une battante, une femme forte qui surmontait les épreuves. Hors de question de me laisser ronger par le chagrin. Il était temps de me relever, de prendre ma vie en main. Avec cette nouvelle détermination, je me levai du banc, essuyant rageusement les larmes qui innondaient mon visage. Je ne pouvais plus continuer à fuir mes problèmes.
Je devais divorcée.
Je me retrouvai dans ma chambre, avec mes pensées envahies par plusieurs questions. Le regard et le sourire du Dr. Andréa me hantaient. J'avais été imprudent . Je donna un coup de pied au mur avant de m'effondrer sur mon lit. Je me se sentait vulnérable.Toutes les barrières que avait érigées autour de venaient d'être brisées par cette femme. Jusqu'où était-elle prête à aller pour découvrir la vérité sur moi? L'idée me fit étonnamment rire. Hurlé de rire.
" Pourquoi tu braille ? Tu ferais mieux de la boucler "
"Désolé, je voulais m'assurer que j'étais encore en surveillance.
"Continue comme ça, et tu sortiras jamais d'ici, sale meurtrier"
" Ça vous arrange, non ? Ça vous arrange de pouvoir me traiter comme bon vous semble. Comme une bête; un animal sauvage qui aurait besoin d'être dompter; rediriger vers le bon côté. Je m'assurerai de vous le faire payé un jour.Le gardien ne me répondis pas et s'en alla simplement me dévisageant avec dégoût. Son mépris me blessait énormément .Je partis dans la douche m'observant dans le miroir. Oui, j'étais bien décidé à garder le contrôle de cette situation. Que cette Andréa fasse ce qu'elle voulait, je serais toujours un coup d'avance. Un sourire machiavélique se dessina sur mes lèvres alors que je m'imaginais déjouer ses plans, quels qu'ils soient.Je me redressai, fier et confiant. Après tout, j'avais survécu à bien pire par le passé. Cette femme ne serait qu'un obstacle de plus sur mon chemin. Je savais jouer avec les gens, les manipuler à ma guise. Mes doigts se serrèrent sur le rebord du lavabo, mon regard se durcissant dans le miroir. Peu importait ce qu'elle découvrirait, je ferais tout pour qu'elle ne puisse rien prouver. Mes secrets étaient bien enfouis, soigneusement protégés par des années de pratique. Rien ni personne ne pourrait me faire tomber. Un rire froid et triomphant s'échappa de ma gorge. Oh oui, j'allais m'assurer que cette Andréa ne représente qu'une simple formalité à surmonter. J'étais le maître du jeu, et je comptais bien le rester. Je me coucha le cœur léger cette nuit, prêt à affronter les prochaines scéance, avec ma cher thérapeute.