NOUVEAU DÉPART
Nouveau départ
Detroit, Michigan, États-Unis.
Il est environ dix-huit heures, le soleil commence à se coucher. Hunter rentre dans son appartement au dernier étage d'une tour du centre ville. Il défait sa veste puis se rend dans sa cuisine où il se sert un verre de whisky. Puis il va dans son salon, d'où il peut contempler, depuis sa baie vitrée, la beauté du panorama que lui offrent les silhouettes des buildings dessinées par la faible lueur du crépuscule.
À ce même moment, de l'autre côté de la ville, retentissent le sirènes de police qui filent à toute vitesse dans les rues, brisant le silence apaisant qui s'installe malgré lui en fin de journée. Le cortège infernal se déplace à toute vitesse et se rapproche peu à peu de l'immeuble ou Hunter se trouve. Ce dernier, toujours occupé à fixer l'horizon d'un air pensif, ne tarde pas à être alarmé par les sirènes qui semblent se diriger tout droit chez lui, cependant, il ne semble pas y prêter attention.
Bientôt, une horde de véhicules s'affairent dans toutes les rues adjacentes au building de Hunter, ne laissant aucune issue possible. Deux camions se garent juste en bas du building, et une dizaine d'hommes en sortent, armés jusqu'aux dents. En voyant tous ces hommes, auxquels s'ajoutent tous les occupants des autres véhicules, Hunter posa son verre sur son minibar, puis alla dans sa chambre et commença à remplir un sac de sport avec des affaires, des habits, et plusieurs armes, des couteaux, dont un qu'il glissa à l'intérieur de sa botte droite et deux revolvers qu'il mit à sa ceinture, dans son dos. Une fois son sac fait, il alla à l'entrée, saisit ses clés de voiture et sortit de son appartement en vitesse, mais le temps qu'il ferme son appartement à clé, les forces de police avaient rejoint le bâtiment et étaient déjà en train de monter les escaliers.
Hunter se pencha par-dessus la rampe, entre voyant la quinzaine d'hommes qui montaient escaliers, armés jusqu'aux dents. Il réfléchit une seconde, puis il se ravisa, entra à nouveau dans son appartement et alla se cacher derrière le minibar. Quelques minutes plus tard, les hommes étaient tous disposés de chaque côtés de la porte d'entrée, prêts à tirer sur quoi que ce soit. L'un d'entre eux s'avança, tapa par trois fois de son poing fermé sur la porte, puis lança avec aplomb:"Police de Detroit, ouvrez la porte! "
Hunter leva la tête, mais ne bougea pas. L'homme se répéta, lançant à nouveau :" Police de Detroit, ouvrez immédiatement la porte, ou nous ouvrirons le feu!"
Hunter ne réagit pas. Quelques secondes passèrent, puis, dans un fracas assourdissant, la porte d'entrée s'effondra, laissant place à tous les agents qui se succédaient rapidement dans l'entrée. Hunter empoigna ses revolvers plus fermement. Au moment où les hommes armés ne se trouvaient qu'à quelques mètres du minibar, Hunter sortit de derrière ce dernier, tira sur le câble qui soutenait la lampe qui éclairait l'entrée, qui assoma un des hommes qui étaient à quelques pas de lui. Dans le même temps, il se baissa puis visa les autres agents face à lui aux jambes. Deux d'entre eux s'écoulèrent, hurlant de douleur en se tenant les jambes, tandis que les autres agents, pris de court, se mirent tous à couvert. L'inspecteur, qui avait fracassé la porte quelques secondes plus tôt, hurla à travers l'appartement :" Rends toi Hunter, et t'auras peut être une chance de t'en sortir vivant!"
"Merci pour l'offre, mais je me vois dans l'obligation de la décliner", ne tarda pas à répliquer Hunter, pendant qu'il rechargeait ses deux revolvers. Une fraction de seconde plus tard, il sortait du mini-bar derrière lequel il s'était à nouveau réfugié, ses revolvers pointés droit devant lui, puis, voyant que tous ses adversaires étaient à couvert, lui vint l'idée: il ne lui suffisait que d'une seconde pour passer à travers la vitre et prendre l'escalier de secours pour s'échapper. Il se dirigea donc d'un trait vers la baie vitrée et tirant derrière lui pour se couvrir, puis mit ses mains en croix devant lui pour se protéger tandis qu'il traversait la vitre qui se brisa dans un fracas de cristaux qui furent projetés de toutes parts. Le temps que l'inspecteur et ses hommes ne réagissent, il était déjà en train de descendre par l'escalier, sans regarder derrière lui.
"Poursuivez-le ! ", lança l'inspecteur, en se relevant. Cinq hommes se lancèrent à sa poursuite en empruntant l'escalier de secours tandis que le reste des hommes rejoignaient le palier pour descendre par l'intérieur.
L'inspecteur lança un appel radio à ses quelques hommes restés en bas, donnant l'ordre de barricader toutes les issues, de sorte qu'Hunter ne puisse pas s'échapper. Quelques minutes passèrent, Hunter descendait les escaliers à toute vitesse, ne laissant aucune chance à ses ennemis qui se sentaient plus devancés chaque seconde qui passait. L'inspecteur et le reste de ses hommes, quant à eux, arrivaient presque en bas, alors qu'Hunter avait fini sa descente et se dirigeait à présent vers sa Roadrunner Gtx en courant. Il en fit le tour, ouvrit rapidement la portière, lança ses deux revolvers sur le siège passager, puis mit la clé dans le contacteur. Il mit un coup de clé, deux, trois, puis rien. Il réessaya deux fois, mais toujours rien.
"Meeerde!!", s'écria t-il. Lorsqu'il s'apprêtait à sortir de la voiture pour partir à pied, il vit un canon se coller contre la vitre conducteur. Tout autour de sa voiture s'étaient rassemblés les hommes de l'inspecteur. Il était coincé. L'inspecteur ordonna à Hunter de sortir du véhicule et de s'agenouiller avec les mains derrière la tête. Pris de solutions, il s'exécuta, en serrant les dents, et des agents lui passèrent les menottes avant de l'amener dans un camion. Sur le chemin, Hunter tenta par deux fois de se débattre , faisant tomber un ou deux agents à chaque fois, mais sans pour autant réussir à se libérer. Cinq agents montèrent à l'arrière du camion avec lui, et les autres rejoignirent leurs véhicules, avant de rentrer au poste de police. Arrivés sur le parking du poste central de Detroit, les agents firent descendre Hunter et l'escortèrent à l'intérieur du commissariat. Ils l'installèrent dans une salle d'interrogatoire et le menottèrent à la table. Quelques minutes passèrent avant que deux agents, un homme et une femme, rejoignent la salle d'interrogatoire où se trouvait Hunter. L'homme referma la porte derrière lui puis s'avança vers Hunter, se tenant debout en face de lui. Les deux hommes se fixèrent longuement, et c'est alors que la femme qui était en retrait s'avança et brisa le silence:"
- Je suis l'inspecteur Dawson et voici mon coéquipier, l'inspecteur Blake. Je..
- Venez-en au fait, coupa Hunter. Je sais que vous avez de nombreuses charges contre moi, alors abrégez le suspense.
- En effet, monsieur Anthony Griffis. Ça vous va, ou je dois vous appeler par votre surnom stupide ? Vous avez un dossier bien rempli! répliqua l'inspecteur Blake, qui se trouvait toujours debout en face de lui. Il ouvrit une pochette en carton qu'il avait avec lui, puis commença à énumérer :" Vol, fraude, refus d'obtempérer, délit de fuite, multiples plaintes pour conduite dangereuse et illégale, trouble à l'ordre public, et la liste continue... Jusqu'au meurtre.''
Hunter serra les dents. Il baissa la tête, regardant fixement la table froide en métal massif à laquelle il était menotté.
L'inspecteur Dawson mit fin à l'énumération de son coéquipier, et lança, d'un ton moins agressif :'' on veut coincer une personne et il se pourrait que vous soyez susceptible de nous aider à l'avoir.. ''
Hunter leva la tête d'un interrogatif." Ah ouais? Qui ça?" dit-il en s'adressant à l'inspecteur Dawson.
"Quelqu'un que vous connaissez depuis assez longtemps, annonça-t-elle, Jefferson Becker"
Blake ne put s'empêcher de répliquer avec une pointe d'agressivité :" Tu parles qu'il le connaît, ils ont fait le casse de San Francisco ensemble, on en parlait en boucle à la télé à l'époque, ça avait fait le tour du monde. Puis après, comme ils s'ennuyaient lui et son meilleur ami le criminel, ils ont buté deux de leurs complices, ah ça, c'est beau l'amitié ! ''
Hunter serra les poings, en essayant de contenir la colère qui était en train de le gagner.
L'inspecteur Dawson s'approcha de la table, puis commença à expliquer à Hunter:" Écoutez, je sais que vous avez aucune raison de nous aider, mais s'il vous plaît, si vous nous donnez des informations, on pourra peut être parler au juge pour une remise de peine.. "
Tout à coup, Hunter esquissa d'un rictus :" Vous me croyez vraiment assez débile pour croire ça? Il s'avança sur sa chaise, regardant successivement les deux inspecteurs d'un air de défi, et lança d'un ton moqueur :" Non mais sérieux, vous croyez vraiment que je vais vous laisser m'embarquer dans ces conneries? Et puis si j'suis gentil, quoi, vous allez me donner des bonbons? Faudrait vraiment arrêter de nous prendre pour des cons, ça fait longtemps qu'on sait que tous vos accords ils tiennent pas debout, alors changez de disque un peu!''
L'inspecteur Blake empoigna le dossier et le jeta sur la table, puis il frappa violemment de ses deux poings sur cette dernière, et tonna :" Bon écoute moi bien espèce de pourriture, ça suffit tes petits jeux à la con, maintenant soit tu nous balance des infos utiles, soit je vais m'assurer que tu finisse ta misérable vie en croupissant dans un trou sans que tu puisses jamais revoir la lumière du jour! !"
Hunter s'affaissa sur sa chaise, détourna le regard vers l'inspecteur Dawson, et lança d'un ton railleur :" Dites moi, ça se passe toujours comme ça les interrogatoires? Parce que je trouve pas ça très convainquant.. "
L'inspecteur tira une chaise et s'assit en face d'Hunter et lui dit :" Vous savez, vous nous aidez pas.."
Hunter ne réagit pas. Il fixait le mur d'en face, d'un air distant. Quelques instants plus tard, alors qu'il semblait avoir repris ses esprits, il s'exclama en s'adressant à l'inspecteur Dawson :" Dites moi, même dans l'hypothèse ou je savais où est-ce qu'il se cache, qu'est ce qui vous fait croire que je partagerais ça avec vous ? ''
Blake s'avança d'un pas et se pencha par-dessus l'épaule de l'inspecteur Dawson, puis dit: '' tu vois, j'te l'avais dit qu'ils étaient complices ! ''
L'inspecteur Dawson fixa Hunter d'un air interrogateur.
-J'ai jamais dit ça, s'empressa de répondre Hunter d'un ton désapprobateur, j'ai simplement posé la question, si vous pensiez réellement que j'allais vous aider !
- Marie, tu vois bien qu'il essaye de le protéger, j'te l'avais dit…
-Marcus, boucle-la deux minutes tu veux ?!
- qu… , commença-t-il,
- Tu veux bien me laisser deux minutes avec lui, rétorqua-t-elle, visiblement excédée.
L'inspecteur Blake, surpris, se tût avant de faire un pas en retrait.
Hunter, abasourdi par ce qui venait de se passer, esquissa d'un léger sourire puis surenchérit:"
-C'est ça, allez donc nous chercher un café..
L'inspecteur Dawson se tourna vers Blake, puis, le fixant d'un regard lourd d'insistance, lui dit:" s'il te plaît Marcus, juste deux minutes.. ''
Finalement, Blake se dirigea vers la sortie en serrant les dents, puis s'en alla en fermant la porte derrière lui.
Une fois seuls dans la pièce, L'inspecteur Dawson reprit là où elle s'était arrêtée :" Bon, écoutez moi, je suis consciente que la situation n'est pas agréable pour vous, mais aux vues de tous les éléments que la police et le FBI ont sur vous, je vous conseille de coopérer avec nous si vous voulez pas replonger pour une vingtaine d'années minimum.. ''
Hunter se passa la main dans les cheveux, puis répondit calmement :" Qu'est-ce qui vous fait croire que je peux vous aider ? C'est vrai, j'ai croupi deux ans en taule à cause d'un mec qui m'a fait porter le chapeau pour toute son opération, et vous croyez que quand je me suis échappé, la première chose que j'ai faite, c'est l'appeler pour prendre des nouvelles? Allo, Jeff, comment tu vas depuis le temps, tu t'es bien amusé pendant que je ruminais dans ma cellule, j'espère au moins que tu t'es pas trop ennuyé, avec tout le fric que t'as empoché ! ''
Hunter frappa de son poing sur la table, avant de continuer :" Et puis là, vous arrivez comme des fleurs, et vous me demandez de vous aider à le retrouver; non mais je rêve ! Je peux au moins savoir pourquoi vous le cherchez, parce que visiblement vous l'avez jamais envisagé comme un suspect potentiel ! ''
L'inspecteur Dawson prit une grande inspiration, avant de dire:".. En réalité, ça fait un an qu'on le recherche pour plusieurs chefs d'accusation différents, il fait aujourd'hui l'objet d'un mandat d'arrêt international.."
Hunter se prit la tête dans les mains, puis bougonna '' -Merde, qu'est ce qu'il a encore fait ?
-Je suis désolé, monsieur Griffis, mais je suis pas autorisée à vous divulguer des informations sensibles sur l'enquête, s'empressa de répondre l'inspecteur.
- Non mais vous rigolez, c'est quoi ce plan, je dois vous aider dans une enquête, mais j'ai accès à aucune information, qu'est ce que vous voulez que je fasse pour vous, hein ?
-C'est très simple, monsieur Griffis, vous aurez juste à nous mener jusqu'à lui, et on se chargera du reste. Vous pourriez commencer par nous donner des adresses, des lieux ou des événements où il aimait se rendre, nous faire part de ses habitudes, par exemple.
L'inspecteur observait Hunter d'un air interrogatif. Après quelques secondes de réflexion, il brisa le silence :" Déjà, pour commencer, si vous croyez qu'il est assez stupide pour rester dans le coin alors qu'il a la moitié des forces de police du pays qui lui courent après, vous pouvez vous brosser ! Vous pouvez être sûre qu'à l'heure actuelle il est loin, très loin d'ici.
Et puis, si vous voulez le retracer , il va falloir vous fondre dans la masse, il faut raisonner comme lui si on veut le rattraper.
-Vous avez une petite idée d'où on pourrait commencer ?
- Ouaip, quelques-unes, même. Vous connaissez le circuit de Belle-Isle ?
Au même moment, L'inspecteur Blake interrompit la conversation en re-rentrant dans la pièce. Il commença:'' Belle-isle, alors ? Allez Dawson, en selle, ce fumier ne va pas s' attraper tout seul ! ''
Il pointa Hunter du doigt, puis lui dit sur un ton agressif: " Toi, reste là, on revient dans quelques heures ! ''
Alors qu'il s'apprêtait à franchir le pas de la porte, Dawson lui emboitant le pas, Hunter se mit soudainement à rire : '' Excusez-moi, mais, vous pensez vraiment que vous allez y aller comme ça ?
-Comment ça ? l'interrogea L'inspecteur Dawson.
-Vous pensez vraiment qu'ils vont vous laisser entrer, en vous voyant arriver avec vos gros sabots ? Il éclata à nouveau de rire.
L'inspecteur Blake s'exclama :'' bon, ça suffit maintenant ! On y va, on pose des questions, et on revient, Dawson, viens avec moi au lieu de l'écouter ! ''
-Inspecteur, c'est un Club privé, ils ne vous laisseront pas passer, à moins que quelqu'un qu'ils connaissent soit avec vous.
Blake s'énerva:" Bien sûr qu'ils vont nous laisser rentrer, sinon ils vont goûter à m..
-Vous avez un mandat ? Coupa Hunter. Blake leva les yeux au ciel. C'est un Club de passionnés et de connaisseurs, même en se faisant passer pour des amateurs de course vous allez vous faire griller tout de suite !
-Et pourquoi ça, dites moi ? Rétorqua Blake, de plus en plus agressif.
- Inspecteur, dites-moi, quelle écurie a remporté le plus de grand prix ?
-Pff, ça, c'est facile, répliqua-t-il avec un rire nerveux, c'est Dyson.
- Et avec quel modèle de châssis et de moteur ils roulent aujourd'hui ?
-Euuh..; Blake, visiblement à court de réponses, bafouilla, un Lola, avec un 3 litres Svj monté dessus ?
-Ha ! Et c'est avec ça que vous espérez vous fondre dans la masse ? Inspecteur, si votre coéquipier n'est pas capable de différencier un trois litres Svj et un deux litres RfC, il va pas falloir espérer tirer grand chose de votre petite virée. Mais bon, faites comme bon vous semble…
L'inspecteur Dawson, jusque-là muette, s'exclama:" bon, venez avec nous monsieur Griffis." Elle détacha Hunter de la table, puis, avant de le guider hors de la pièce, le regarda longuement dans les yeux, et lui dit:'' faites attention, Anthony, ne faites pas de connerie, on vous a à l'œil.
Hunter se leva, un grand sourire se dessinant sur ses lèvres.