Game Of Shadows by SCFealen at Inkitt
Customize readability
Aa

Game of Shadows

All Rights Reserved ©

Summary

Elle, c’est Maxine, une ombre insaisissable, allant d’un contrat à l’autre. Elle travaille dans un bar en banlieue de Paris jusqu’à ce qu’on pose sa carte sur le comptoir pour des services beaucoup plus particuliers. Aux yeux des hommes qui l’emploie, elle ne fait que prendre le message, décidant ou non d’accepter. Pourtant la tueuse, c’est elle, l’une des meilleures. Lorsque Elio, un prêtre séduisant se pointe dans le bureau de son boss pour un contrat. Elle refuse. Sa petite vie tranquille et bordélique vole en éclat et la jeune femme va se retrouver face à un adversaire de taille. Il veut ses capacités et fera tout pour la coincer. Elle veut le distancer et tentera tout pour le dégoûter. Mais un type louche va lui commander la mort du prêtre alors qu’ils sont en pleine guerre à se faire des coup bas sournois. La jeune femme se retrouve embarquée malgré elle dans un complot impliquant la mafia. Désormais coincée avec un beau gosse tout sauf catholique, elle va devoir apprendre à tenir ses distances ou succomber à ses charmes ravageurs. Maxine va se jouer de lui. Lui va se jouer d’elle. Une ombre chassant l’autre, déterminera qui des deux sera la proie ou le prédateur. TW : Cette histoire contient du language violent, de la violence, du sexe, du viol. De l'humour Noir , du sang; Bref la panoplie. Pour public averti.

Status
Ongoing
Chapters
51
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
18+

1- Gertrude

Maxine

Elle tourne, caresse, frictionne dans un mouvement circulaire. La douleur s’intensifie insupportable, et m’arrache une grimace. Je l’enfonce plus profondément, tapant dans le fond, et la retire, avant d’y revenir. Je change de position et enchaîne d’autres mouvements comme un ballet avec le diable. Mon regard fixe le vide. Aucune expression ne se décèle sur mes traits fatigués. Des poches violacées creusent le dessous de mes yeux. Mes cheveux humides me collent au visage.Le goût du sang envahit ma bouche. Je baisse le bas de ma lèvre en regardant ma gencive saigner.

— Foutu abcès !

Je rince la tête de ma brosse à dents, puis la dépose avec nonchalance dans le pot. Mes mains forment une coupe, accueillent l’eau tiède. Je la porte à ma bouche et lave les résidus de dentifrice.

La nuit a encore été chaotique. J’ai passé le plus clair de ma soirée à regarder des séries à l’eau de rose, à me moquer des situations rocambolesques dans lesquelles les personnages se sont mis pour attirer l’attention de l’être aimé.

Foutaises !

Je me suis gavée de chips, et de boissons caféinées surglucosées. Avachie derrière l’écran de mon ordinateur, j’ai somnolé sur ma chaise, en portant mécaniquement la nourriture à mes lèvres. Il a bien fallu, à un moment, que je traîne ma carcasse jusqu’à mon plumard, bâillant à m’en décrocher la mâchoire.

Une fois sous ma couette glacée, j’ai levé les bras pour mon rituel idiot : taper dans les mains pour éteindre la lumière. Évidemment, ça ne marche jamais. L’abat-jour blafard, jauni par la fumée. Un souffle d’exaspération a traversé mes lèvres. Encore obligée de me tortiller dans le lit pour me redresser et de tendre le bras vers le bouton magique.

— Il s’est encore planqué derrière la table, le saligaud.

Après un effort considérable ponctué d’insultes, j’ai enfin entendu le clic sous la pression de mes doigts. Enfin, le bonheur. Le noir. Les ténèbres m’ont enveloppée dans une douce couverture.

J’ai eu beau compter les moutons, les imaginer de forme, de taille, de couleur différente, rien n’y a fait. Un éclair de génie m’a traversé et j’ai corsé les règles du jeu : plus question de sauter une simple clôture, maintenant ils devaient bondir au-dessus d’un trou où des scies circulaires tournent à plein régime. Un vrai parcours de la mort version laineuse. Fallait les voir transpirer sous leur pelage, chacun priant pour ne pas finir déchiqueté. L’image m’a fait sourire… mais pas assez pour m’offrir la grâce du marchand de sable.

Une chanson.

Chanter dans ma tête pour m’endormir ? Pourquoi pas. Mais mon cerveau tournait en boucle sur les moutons sautant la sueur au front au-dessus des scies circulaires, priant pour leurs vies sur une chanson entraînante de Henri Dès : “J’suis content, c’est l’printemps, aujourd’hui j’ai rien à faire. Quelle aubaine turlutaine, je marche le nez en l’air…”

Bref, une très longue nuit.

Je sors de la salle d’eau en piteux état : carreaux craquelés, murs jaunis, mesurant cinq petits mètres carrés. La moisissure s’étale au plafond comme une maladie vénérienne.

J’attrape mon paquet de Lucky Strike, coince une blonde entre mes lèvres. Le briquet claque, la flamme surgit. Le bout crépite à chaque bouffée, la fumée me brûle la gorge avant d’envahir mes poumons d’une douce caresse de nicotine. Je recrache vers le plafond en me dirigeant vers mon ordinateur.

Il affiche encore l’épisode en cours de la veille : un homme et une femme s’embrassant sous la pluie après avoir traversé nombre d’épreuves pour enfin se retrouver. Ma main se pose sur le haut de l’écran et appuie dessus pour le fermer dans un bruit sec.

— Blablabla...ils finirent heureux et eurent plein de marmots baveux… me moqué-je.

J’écrase ma cigarette dans le cendrier débordant de mégots, et soupire face à l’amas de nuages qui s’amoncellent dans le ciel. Les stores à demi clos filtrent la lumière, plongeant mon petit chez-moi dans une semi-obscurité.

Les rues commencent à être bondées, l’heure de pointe matinale a sonné. Pour ma part, je dois attendre le début de la soirée avant d’aller affronter les poivrots habituels.

Je porte un regard circulaire sur mon studio débraillé. La malbouffe jonche le sol. Les assiettes et les verres n’ont pas revu la caresse d’une éponge depuis des lustres. Mes fringues sont amassées dans un coin, puant, attendant de faire leur tour de manège hebdomadaire. Des cendriers, dissimulés çà et là, dégueulent leur trop-plein de mégots. Seul le bureau, où se trouve l’ordinateur, est pour ainsi dire presque rangé, si on omet les taches, les miettes et la substance collante sur le tapis de souris.

Je lève les yeux au plafond, à défaut de les lever au ciel, en entendant les pas menaçants résonner dans la cage d’escalier.

— Elle aura mis moins de temps que d’habitude à traîner sa graisse jusqu’ici, la proprio.

Toujours ponctuelle, la vieille bique du rez-de-chaussée fait le tour des appartements et studios qu’elle loue pour amasser les loyers. Passer par un virement, faire un chèque ? Non, impossible : elle réclame du liquide, toujours du liquide, car elle se méfie des banques comme de la peste. Une bourrique qui s’attarde derrière sa fenêtre en commérant sur tout ce qui passe dans la rue, pendant que son caniche pète les oreilles de tout le quartier avec ses aboiements stridents et hargneux.

J’allume une nouvelle cigarette et me dirige vers la porte, écoutant attentivement les pas de Gertrude résonner sur le palier d’en-dessous. Le p’tit jeune a du retard, pour ne pas changer.

Je m’approche de la commode et tire le premier tiroir. Cachée sous Jack et Michel, mes fidèles compagnons de nuit, je dégotte une enveloppe souillée. Aurais-je oublié de les laver lors de leur dernière utilisation ? Ça se pourrait fortement. Cela fera un bon souvenir pour Gertrude qui n’a pas dû écarter les cuisses depuis sa ménopause.

À moins que sa bestiole …

Je me fige sur ce début de pensée. Puis, je hausse les épaules en faisant la moue.

Je referme le tiroir, attrape mes clés, enfile mes chaussures. Je sors de mon studio la clope au bec, savourant déjà d’agacer Gertrude : elle ne supporte pas que l’on fume dans les escaliers. Principe de savoir-être d’après elle.

Je l’entends couiner à l’étage inférieur contre le p’tit jeune. Un étudiant en deuxième année de médecine, qui se tue à la tâche entre ses cours et ses nuits à l’hôpital. Il n’a pas de vie sociale en dehors de son lieu de travail.

Je descends les quelques marches qui nous séparent, fume ma cigarette l’air de rien, et disperse les cendres sur le métal des escaliers. Gertrude m’a repérée, son nez ne la trompe jamais. Elle se retourne vers moi qui pose mes pieds sur le palier. Ses yeux gris se plissent derrière ses lunettes rondes à double foyer, sa bouche se courbe en une grimace, creusant les rides de son visage. Ses cheveux bouclés grisonnants forment une boule sur sa tête. Des taches brunes parsèment sa peau. Elle a sorti sa robe-tablier rose bonbon, La couleur m’agresse autant que les fleurs qui la décorent. Mes yeux descendent. Ses bas de contention ne tiennent plus, l’élastique a dû lâcher. Elle a même remis ses affreux chaussons molletonnés, alors que le printemps est bien avancé.

Gertrude tient dans ses bras son caniche blanc. Il frétille de la queue et grogne en sortant ses crocs minuscules. Rex, qu’elle l’a appelé ! Il ne ferait pas long feu face à un doberman, celui-là, que son nom soit Rex ou non.

— Mademoiselle Nyx, grince la vieille d’un air provocateur. Toujours en train de fumer cette saloperie.

Je ne réponds pas. À la place, je tire une bouffée de ma cigarette, fouille la poche de ma veste, sors mon cendrier portable, l’écrase à l’intérieur et referme le clapet entre mes doigts. Mon silence agace fortement la propriétaire.

— Si vous descendez de vous-même, c’est que votre studio doit être une porcherie, s’agace-t-elle en me faisant la remarque. Je vais devoir encore faire appel à une entreprise de dératisation par votre faute.

— Faite donc, j’ai déjà changé les serrures. Vous ne pouvez plus entrer chez moi comme bon vous semble. Ah, d’ailleurs.

Je fouille dans mon sac pour sortir l’enveloppe de mon loyer, accompagnée d’une seconde préparée la veille, puis les tends à la vieille bique.

— Mon loyer, et celui du p’tit.

Gertrude est abasourdie. Elle me scrute de haut en bas. Rex s’agite dans ses bras. Il veut sûrement encore se faire ma jambe. Franchement, s’il trouve ça sexy, ce chien a vraiment des goûts de merde.

De ses doigts fripés, la propriétaire récupère les deux enveloppes. Un rictus me monte aux lèvres quand elle humidifie son doigt pour compter les billets, juste après les avoir ouvertes.

— Le compte y est, murmure-t-elle.

— Et celui du jeune homme aussi, ajouté-je en glissant mes mains dans mes poches.

Gertrude me jette un regard. Elle n’a pas d’autres miséreux à aller emmerder. Sur les deux derniers étages, nous sommes les derniers. Les autres appartements et studios ne sont pas en état d’être loués. Et la propriétaire préfère garder l’argent pour elle et les soins de Rex, plutôt que d’investir dans des travaux qui lui coûteraient les yeux de la tête. Ce bâtiment est en ruine.

Elle descend les escaliers en grommelant entre ses lèvres. La bataille est perdue pour elle. Échec et mat.

Le p’tit jeune s’approche de moi. Son prénom m’échappe à chaque fois. Ses cernes sont aussi creusés que les miens.

— Merci, Max, je te revaudrais ça.

J’émets un faible rire. Foutu surnom. Il l’a entendu au bar où je travaille le soir. Il était venu s’abreuver après une nuit trop lourde. Sa première erreur. Une fillette morte dans ses bras. Un bien brave p’tit mec, tout chétif, que je garde sous mon aile. Les cheveux crépus, la peau basanée. Son regard innocent d’une couleur café au lait. Le cœur sur la main.

J’ai mes faiblesses derrière mon caractère merdique. J’aime protéger les petits oisillons égarés, surtout quand ils en chient pour se battre contre les étiquettes qu’on leur colle dans le dos pour leur choix de vie. Les gens n’évoluent pas et restent dans le déni en les pointant du doigt avec dégoût comme s’ils étaient pourchassés par la mort.

— Tu connais la chanson, Cendrillon. Il y a du boulot.

Je lui lance mes clés qu’il récupère au vol.

— Comme d’habitude, s’exclame-t-il en se frottant l’arrière de sa tête. Si je peux faire ça pour te remercier, la Bonne Fée entrera en action.

Je lui tapote l’épaule, un rictus aux lèvres :

— Astique bien, Cendrillon.

Je le salue et descends au rez-de-chaussée pour me rendre dans la rue Fontarabie, dans le onzième arrondissement de Paris. Elle est bruyante. Les moteurs me vrillent le cerveau.

Gertrude s’est installée à sa fenêtre, repérant le moindre mouvement suspect pour avoir de quoi nourrir sa langue de vipère quand quelqu’un passera devant chez elle. Rex est silencieux, il a dû avoir son biscuit matinal.

Je m’éloigne de la mégère et me dirige vers le bureau de tabac de la rue Bagnolet, acheter une nouvelle cartouche. La dernière n’a pas fait long feu. Devant le buraliste, mes yeux scrutent les prix qui ont une fois de plus augmenté. L’état se complaît à se faire du pognon sur la santé des âmes perdues, plongées dans l’addiction de la nicotine. C’est pourtant un tel délice d’évacuer la pression de cette manière. Quand je sors, je m’en allume aussitôt une. J’ai quelques courses à faire.

Marchant dans la rue, je me laisse bercer par le mouvement fluide de la foule qui me pousse. Encore une manifestation. Pour quoi, déjà ? Aucune idée, je crois que c’était programmé. Les poulets sont de plus en plus armés, ça va encore dégénérer.

Je passe mon chemin. L’espoir, c’est bon pour ceux qui ont le temps d’y croire.

Mon regard se perd au loin. Je glisse sur un truc mou. Une merde de chien s’étale sous mon pied. Je m’arrête, soulève ma pompe, avec une mine de dégoût, pour voir les dégâts :

— Fichtre !

De quoi assombrir davantage mon humeur. Je tourne la tête à gauche et à droite à la recherche d’un parterre d’herbe. Aucun à l’horizon. Mais une voiture est garée à côté de moi. Un sourire sadique se dessine sur mes lèvres. Parfait !

Je mets un genou à terre, prétextant de refaire mon lacet, je retire ma chaussure et essuie les résidus de merde contre la roue arrière de la berline. Après avoir bien tapé dessus, je la remets et file en vitesse, quand j’entends la portière s’ouvrir dans mon dos.

Des hommes m’interpellent, mais je les ignore. Je rabats ma capuche sur ma tête et disparais dans une ruelle. Ils me poursuivent. Les gars scrutent les environs, prêts à me faire la peau. L’impasse est vide, seules les poubelles leur font face.

Sauf qu’au-dessus d’eux, tapie sur l’échafaudage rouillé d’un ravalement de façade, j’attends. Je m’y suis faufilé rapidement et y ai pris position… Petit à petit, le piège se referme sur eux.

Sur les trois hommes, le premier tombe raide, une balle logée dans la tête. Surpris, le second se retourne sur lui-même et s’écroule à son tour. Le dernier sourit.

La partie est finie.

Let SCFealen know what you thought about this chapter!
Love this

4

Love this

Funny

0

Funny

Spicy

0

Spicy

Suspenseful

0

Suspenseful

Emotional

0

Emotional

Profound

0

Profound

Heartwarming

0

Heartwarming

Shocking

0

Shocking

Good Writing

1

Good Writing

Compelling Plot

0

Compelling Plot

Great Character

0

Great Character

Strong Dialog

0

Strong Dialog

author

j'aime beaucoup le début. hâte de lire la suite

2 years
1

Further Recommendations

Merry Christmas - Adventskalender 2025

Aelyn Raven: Wieder eine tolle Geschichte. Leider bin ich erst jetzt dazu gekommen sie zu lesen, aber das tut der Geschichte keinen Abbruch *g* ich freue mich schon auf den nächsten Adventskalender

Read Now
Charly's Weihnachten

T.M: Ich kann es gar nicht anders sagen also ich liebe diese Geschichte einfach. Sie hat für mich einfach alles was es braucht. Sie hat mich einfach mitgenommen auf eine echt schöne Reise. Danke❤️

Read Now
Fashion victime du PDG

Shannon 17: Super histoire , dommage d'arriver a la fin, j'aurais voulu continuer.J'espère qu'il y aura bientôt une suite.

Read Now
Ruthless Lord

poyeyasoyaya: Me encantó!

Read Now
We Only Fake It on the Weekends

Queency: I love the slow burn plot of the story. Building their individual characters from childhood to adulthood. Could have been more spicier on their intimacy. Though a bit dragging by the end of the story.

Read Now
Mystic Wolf

Leelavathy: This is my third werewolf story. But, the plot is so gripping. I completed this as soon as possible.

Read Now
The Alpha's Exiled Mate

Starling: Dear author, you haven’t been updating lately, you keep us hanging.

Read Now
 Mehrfach zurückgewiesene Gefährtin

Silvia: Sehr schön geschrieben, mit Spannung von Anfang bis Ende. Tolle Geschichte .

Read Now