les 4 saisons de l'oliveraie," l'histoire de Gonzalo" livre 1

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Summary

Trycia Curtis, bientôt 18 ans, arrive en Grèce avec ses parents pour se mettre à l'abri après avoir assisté à une tentative de meurtre sur son père, un grand avocat. Elle est témoin clé dans l'affaire et doit être protégée jusqu'au procès. Ses parents décident de la laisser chez des inconnus en Grèce, une famille avec laquelle son père a des liens professionnels. Trycia est en colère et ne veut pas être séparée de ses proches, mais elle n'a pas le choix. En arrivant chez cette famille, elle découvre un petit château entouré d'oliviers et une famille accueillante, bien que méconnue. Trycia doit s'adapter à cette nouvelle situation, apprendre à vivre avec des étrangers et surmonter ses peurs et ses colères. Elle découvre peu à peu que cette famille est bienveillante et que ses parents ont fait ce choix pour la protéger. Trycia va également revoir Gonzalo, le fils de la famille, avec qui elle a déjà eu des interactions tendues. Elle fera aussi la connaissance du cousin de Gonzalo et de l'ouvrier de l'oliveraie, qui deviendront des figures importantes dans son quotidien. Malgré les tensions initiales, Trycia commence à s'ouvrir et à accepter sa nouvelle réalité, tout en espérant que le procès se déroule rapidement pour qu'elle puisse retrouver sa vie normale.

Genre
Romance
Author
CAROLE73
Status
Complete
Chapters
67
Rating
5.0 5 reviews
Age Rating
18+

01 Un témoin gênant

TRICIA

Je m’appelle Tricia Curtis et j’ai bientôt 18 ans. Je viens d’arriver en Grèce avec mes parents, et cette fois-ci, ce n’est pas pour les vacances ! Non, mon père et ma mère ont décidé de me laisser chez des inconnus, tout ça parce que j’ai assisté à une tentative de meurtre sur mon père, et que mon père veut me mettre à l’abri en attendant le procès.

Mon père est un grand avocat et il a eu affaire à un client insatisfait.

Comme tous les lundis ou presque, j’allais retrouver mon père à son cabinet. J’aimais ces lundis où je l’avais que pour moi, un repas dans un bel endroit ou, si je choisissais, dans un fast-food. Enfin, c’était mon lundi avec mon papa ! Nous sommes huit enfants et j’avoue qu’il essaye de trouver un peu de temps pour chacun de nous, comme maman ! Je trouvais mes parents parfaits, jusqu’à ce qu’ils se mettent en tête de m’envoyer chez ces gens que je n’ai jamais vus ! Ou rapidement.

Ce fameux lundi, lorsque je suis arrivée, comme à mon habitude et pour agacer mon très cher papa, j’étais rentrée dans son bureau sans frapper. L’homme qui le tenait en joue a été pris de cours par mon intrusion, et a tiré sur mon père. Ce dernier a évité la balle de justesse et s’est jeté sur le criminel. J’ai couru appeler au secours et j’ai eu la peur de ma vie. Pourtant, je n’ai peur de rien, ni de personne, sauf de perdre ceux que j’aime.

Mon père est sorti indemne de cette aventure, l’homme a été arrêté, mais c’est un gros poisson, un caïd apparemment, qui voulait venger l’incarcération de son fils ! Enfin, je n’ai pas tout compris, sauf que j’étais témoin, que j’étais dans la merde et que mes parents avaient décidé de me mettre à l’abri jusqu’au procès.

Au début, j’étais ravie, je pensais que j’irais aux États-Unis chez ma tante Tamara ou même Lauren, mais cette dernière a trop de travail pour me recevoir et ma tante Tamara faisait un énième voyage de noces avec mon tonton. Et papa pensait que la famille était un mauvais plan ! Puis il a parlé d’un contact, le père d’un gamin à qui il avait évité la prison ! Il avait sympathisé, ils vivaient en Grèce et le gamin était juste de passage avec son école – l’école devait être contente – il aurait déclenché une bagarre dans un bar à putes.

Génial, les dégâts étaient sûrement à la hauteur de sa connerie. Peu importe, il risquait la prison ferme car il était majeur et mon père l’a sauvé pour vice de forme. Mon père, c’est sa spécialité !

Je me souviens que mon père avait hébergé ce gamin quelques jours. Pour revenir à l’homme qui a voulu tuer mon père, d’une certaine manière, cet homme sera content, il va retrouver son fils en prison. Bon, je plaisante, mais lorsque je l’ai dit à mon père, il ne riait pas et aujourd’hui, c’est moi qui ne ris pas !

Depuis qu’ils ont pris leur décision, je ne leur parle plus, ni à mon père, ni à ma mère. Je suis en colère. Je n’ai peur de personne et ces hommes qui soi-disant voulaient me faire taire, ne me font pas peur non plus.

Je ne pense pas que l’homme soit assez stupide pour me tuer, tout le monde saurait que ça vient de lui !

Enfin bref. Lorsque nous pénétrons dans la propriété, j’ai la haine. Déjà, je déteste cet endroit, pas parce que c’est moche, mais parce que je vois ça comme une prison ! Je vais chez des parfaits inconnus, dans le trou du cul du monde, et pire que tout, il va falloir que je m’exprime en anglais !

Ma mère a ri en me disant que cela ne pourrait que me faire du bien, évidemment, elle parle couramment l’anglais, ses parents étaient américains, je dis étaient mais ils ne sont pas morts les pauvres !

La maison où nous arrivons est en fait un petit château, entouré d’un grand jardin verdoyant. Les murs en pierre sont recouverts de lierre et les fenêtres à meneaux donnent un charme fou à l’ensemble. Le portail en fer forgé s’ouvre sur une allée bordée d’oliviers, en fait, nous sommes entourés d’oliviers à perte de vue. Je vois une petite usine sur le côté et nous prenons la route qui mène à l’entrée principale. Le petit château a l’air d’avoir été rénové récemment, mais il a conservé tout son charme d’antan. En entrant dans la propriété, je suis impressionnée par la beauté des lieux, mais je reste sur mes gardes, car je n’oublie pas que je suis ici contre mon gré.

Papa s’arrête avec la voiture qu’il a louée à l’aéroport et un couple qui doit avoir l’âge de mes parents arrive. Lui, grand, brun et plutôt bel homme, et elle, petite, brune aux cheveux courts et jolie aussi pour son âge. Ils sont super bronzés. Puis, je vois arriver leurs enfants, plus ou moins grands, je me demande où est l’andouille qui a déclenché la bagarre.

Quand il est sorti de sa garde à vue, son école était partie sans lui. Son père avait des soucis avec sa fille et avait dû retarder son arrivée. Mon père l’avait donc hébergé chez nous. Je me souviens encore de la façon dont ce petit con me tournait autour et de la gifle que son père lui a donnée devant nous tous lorsqu’il est arrivé. Quand il a vu son père entrer dans le salon, il a perdu son sourire et, après la gifle, il ne faisait plus le fier. J’ai eu du mal à ne pas sourire et il l’a remarqué. Il s’est fait engueuler et je ne comprenais pas tout, mais il en a pris pour son grade. Et moi, je ne pouvais m’empêcher de penser que c’était bien fait pour lui.

La femme s’approche de moi et, dans un anglais encore pire que le mien, me dit : “Je suis contente de t’accueillir, Trycia, moi c’est Rosaria, mais on m’appelle Rosie.” Elle me présente ensuite son mari, qui est encore plus intimidant que mon père. Je ne souris pas, je n’en ai pas envie, je ne suis pas là de bon cœur. Ses enfants me sourient tous, au moins je ne serai pas dépaysée avec tous ces gamins.

L’homme vient me saluer à son tour, puis il se tourne vers mon père et commence à parler de tout et de rien. Et les voilà en train de rire comme deux vieux amis. L’homme les entraîne ensuite vers une terrasse où une belle table est dressée. Je dois dire que la vue est magnifique, avec tous ces oliviers et ce début d’été particulièrement doux.

“Vous resterez bien manger,” propose la femme en les invitant à s’asseoir.

“On ne veut pas déranger, c’est déjà gentil de prendre notre fille chez vous,” répond mon père.

“Grâce à vous, mon fils n’est pas en prison, donc tu es le bienvenu, toi et ta famille,” dit l’homme, visiblement reconnaissant.

-Je te l’ai dit, Ricardo, c’est mon travail, répond mon père.

-Ce n’était pas ton travail d’héberger mon crétin de fils jusqu’à mon arrivée,” ajoute l’homme en riant.

Mon père a souri et a dit :

-Il allait pas dormir dehors, c’est un gosse ! en parlant de Gonzalo.

Les adultes ont commencé à discuter et à rire comme s’ils étaient les meilleurs amis du monde.

Ma mère jetait parfois un regard triste vers moi.

Je sais qu’elle ne voulait pas que je m’éloigne d’elle, mais comme toujours, papa a eu le dernier mot.

Le procès a été avancé pour septembre, je vais devoir passer tout mon été ici, alors que j’avais prévu de partir en vacances avec mes amies et mon petit ami. Je suis doublement en colère. Je sors mon portable pour vérifier si Michael m’a laissé un message, mais mon père me l’arrache des mains et me jette un regard réprobateur.

-Mais non ! je proteste.

-Je t’avais prévenue, me gronde-t-il en mettant mon téléphone dans sa poche.

-Rends-moi mon portable ! dis-je en haussant le ton.

Tout le monde me regarde, mais je ne me laisserai pas faire. Mon père ne rit plus, ma mère essaye de me calmer :

-C’est bon, on va manger.

-C’est toi qui parles, je réplique sans réfléchir.

Le couple me regarde comme si je venais d’une autre planète, mais je m’en fiche ; je veux mon portable. Je suis déterminé à le récupérer, peu importe ce qu’ils pensent de moi.

-Allez, file-le-moi, j’emmerde personne ! dis-je en colère.

-Moi, tu m’emmerdes ! répond mon père, sérieux.

J’ai honte de perdre la face devant tout le monde, alors je me lève et je retourne dans la voiture, furieuse. Je claque la portière derrière moi, essayant de contenir ma colère et ma frustration. Je ne veux plus voir leurs regards accusateurs ni entendre leurs murmures. Tout ce que je souhaite, c’est être seule pour me ressaisir et réfléchir à ce qui vient de se passer.

Je ne resterai pas ici, je les déteste tous sans même les connaître. La femme vient me voir en souriant et frappe à la portière avant de l’ouvrir. Elle me tend la main en signe de paix, mais je reste méfiante. Je ne suis pas d’humeur à faire des politesses, surtout après ce qui vient de se passer. Je la regarde avec suspicion, me demandant ce qu’elle peut bien vouloir.

— On va manger, Trycia, tu ne vas pas bouder toute la journée dans la voiture quand même ?

— Je voulais pas venir, dis-je en baissant les yeux.

— Je m’en doute, et moi non plus je n’aimerais pas aller chez des inconnus, mais c’est pour ta sécurité, tes parents ont peur pour toi, moi à leur place je ferais pareil ! Allez, viens avec moi, on va aller visiter la maison avant que le repas soit servi, on va aller chercher Gonzalo dans sa chambre.

J’avoue que ça m’embête, mais la femme est si gentille que je finis par accepter. Elle me prend la main et nous sortons de la voiture. Son sourire chaleureux et son regard bienveillant me mettent peu à peu à l’aise. Je me laisse guider, essayant de mettre de côté ma colère et ma frustration. Peut-être que je me suis trompée sur ces gens, après tout.

— Tu sais, je suis là pour toi si tu veux parler, si tu te sens seule !

— Merci, dis-je timidement.

Elle me prend par les épaules et nous avançons vers sa maison. Je sens le regard perçant de mon père sur moi, mais je refuse de le regarder. Je lui en veux trop.

Rosaria me fait visiter le petit château, en me montrant les différentes pièces et en me racontant des anecdotes sur sa famille. Je reste silencieuse, mais j’écoute attentivement. Je ne peux m’empêcher d’admirer la beauté des lieux, malgré ma colère. Les murs en pierre, les fenêtres à meneaux, les meubles anciens, tout ici respire l’histoire et le charme. Chaque pièce semble avoir une histoire à raconter, et je me surprends à être captivée par les récits de Rosaria.

Elle me montre la grande salle à manger avec ses lustres en cristal, la bibliothèque remplie de livres anciens, et même une petite chapelle cachée dans une aile du château. Je me sens un peu apaisée par cette visite, même si je reste sur mes gardes. La gentillesse de Rosaria et la beauté des lieux commencent à adoucir mon humeur, mais je garde une certaine méfiance. Je ne veux pas baisser ma garde trop vite, mais je dois admettre que cette visite est bien plus agréable que je ne l’aurais imaginé.