Le mariage de rêve

Summary

Mew absent pour le travail, Gulf qui a des soucis avec son supérieur, on ne saura jamais si c'est à cause du fait qu'il soit gay ou parce qu'il a une grande gueule. Que va-t-il se passer ? Son supérieur hiérarchique l'a convoqué dans son bureau. Va-t-il lui demander de démissionner ou lui proposer une mutation, afin de clore l'incident avec son chef. Pourquoi ne pas prendre des vacances pour se détendre et faire une demande en mariage des plus romantiques ? Mew attend cet instant depuis si longtemps. Comment va-t-il réagir quand Gulf lui fera sa demande, alors que lui aussi veut le faire ? Vont-ils avoir le mariage de leurs rêves ?

Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
18+

**Les Liens Invisibles**

Cela fait maintenant sept ans que nous sommes ensemble. Avant que notre relation ne commence, il nous arrivait souvent de nous disputer à l’université pour des futilités, comme une place de parking ou le désordre laissé dans notre chambre après une soirée entre amis. Une nuit, alors que je rentrais accompagné de mon amie de l’époque, j’ai été attaqué par plusieurs individus. Je ne me souviens pas du nombre exact, car l’événement est encore flou dans ma mémoire. Je me rappelle seulement que Mew s’est dressé pour me défendre, mettant son corps en avant comme un rempart lors de cette confrontation avec ces inconnus dont je ne peux plus me rappeler les visages. Et que ma petite amie a choisi de mettre fin à notre relation, ayant trouvé quelqu’un qu’elle considérait plus intéressant et plus robuste que moi.

Mild m’avait appris quelques jours après l’incident que mon colocataire était gay et qu’il nourrissait des sentiments pour moi. Bien que je sois hétérosexuel, j’avais décidé de passer une nuit avec lui en guise de remerciement ; ce geste avait changé notre relation de simples colocataires à partenaires sexuels occasionnels au fur et à mesure.

Au cours des dernières semaines, notre temps passé ensemble s’était intensifié jusqu’à ce que Boat choisisse de me faire rencontrer une de ses connaissances. Il avait proposé un déjeuner dans le nouvel établissement à proximité du campus pour mieux nous connaître. Toutefois, Mew, ayant été mis au courant par Mild, avait manifesté une vive jalousie, persuadé que j’étais sa propriété. Pour dissiper ce malentendu, j’avais entamé une relation avec Puifai, j’avais même envisagé de lui demander de devenir ma petite amie. Une idée que je n’avais pas concrétisée lors de son dîner d’anniversaire.

Après qu’elle eut déballé son cadeau, elle s’était absentée pour se rafraîchir aux toilettes. Pendant ce bref moment, l’idée que Mew apprécierait aussi l’atmosphère de ce lieu m’a traversé l’esprit. Alors que la soirée touchait à sa fin, j’ai accompagné Puifai jusqu’à chez elle. Devant sa porte, elle m’a invité à entrer. C’est à ce moment-là qu’elle a tenté de m’embrasser. J’ai rapidement réalisé que je ne pouvais pas me permettre de me rapprocher d’elle comme je l’aurais voulu. Mes pensées se tournaient constamment vers Mew; à chaque essai de baiser, c’était le souvenir de ses lèvres qui me submergeait. Lorsque je l’ai touchée, c’était l’image de Mew qui dominait mes sens. Cette prise de conscience m’a fait comprendre que mes sentiments pour elle n’étaient que superficiels, car mon cœur et mon esprit étaient déjà dévoués à quelqu’un d’autre.

Ce soir-là, en rentrant, j’avais trouvé Mew allongé sur son lit. La prise de conscience de mon comportement odieux m’avait frappé de plein fouet ; il m’avait offert son amour sans condition, alors que j’avais préféré passer du temps avec Puifai, pour qui je n’éprouvais aucun sentiment. J’avais réalisé l’ampleur de mon erreur, envahi par le remords. Dans l’espoir de me faire pardonner, je m’étais allongé à côté de lui et l’avais serré tendrement dans mes bras. Toute la nuit, nous avions discuté et finalement décidé de tenter notre chance en tant que couple. Je lui avais simplement demandé de garder cette décision secrète jusqu’à ce que je me sente prêt à l’annoncer moi-même à nos amis et à ma famille.

Alors que la nuit tombait sur un printemps clément, l’atmosphère envoûtante de Bangkok m’invitait à déambuler dans ses rues. Je pensais à nous, et malgré l’absence de conflit entre nous, le manque de Mew se faisait lourdement sentir. Comme j’aurais aimé qu’il soit à mes côtés en ce moment précis.

Il y a une semaine, Mew s’est lancé dans un voyage vers Chiang Mai, avec l’objectif de se plonger dans la musique locale. Il espère que cette expérience enrichira sa carrière et inspirera également d’autres artistes en devenir. Sa passion pour la musique est indéniablement un puissant catalyseur, cependant, son absence pèse massivement. Une autre semaine d’attente s’étire devant moi, l’anxiété me consume peu à peu.

Récemment, il semble que mon supérieur soit déterminé à me charger d’une tâche qui devrait normalement être de sa responsabilité, et non de la mienne. Cette situation découle d’une rumeur infondée prétendant que j’aurais eu un comportement déplacé envers sa compagne, ce qui est absolument faux. Malheureusement, cela ne parait préoccuper personne, sauf une collègue qui m’apporte son soutien sans faille, ce dont je lui suis extrêmement reconnaissant. Sa présence est réconfortante, sans elle, je serais désemparé.

Mew, ton absence se fait sentir à chaque coin de cette maison silencieuse. Sur le chemin du retour, je me surprends à murmurer ton nom, espérant presque t’entendre répondre. La solitude pèse lourdement dans les pièces dans lesquelles résonnaient autrefois le cliquetis de la vaisselle du petit-déjeuner et le chant joyeux de ta voix sous l’eau chaude de la douche. Ces petits rituels matinaux, si ordinaires et pourtant si précieux, me manquent autant que ta présence. Quand reviendras-tu pour les partager à nouveau, juste nous deux, dans notre cocon familier ?

De retour chez moi, je m’installe confortablement et allume la télévision, espérant trouver une émission captivante. Cependant, les ondes sont dominées par le football. Sans hésitation, je me laisse emporter par le jeu de Chelsea, l’équipe qui a toujours su captiver mon cœur. Pour accompagner ce moment de détente, rien de tel que mon plat de prédilection : un savoureux poulet au basilic accompagné de son riz frit, le tout agrémenté d’une fraîche gorgée de Sprite.

Après la fin du match, je me suis précipité vers la salle de bain pour profiter d’une douche rafraîchissante. La journée a été écrasante de chaleur, et malgré mon désir de prendre une douche plus tôt au bureau, les interruptions constantes de mon supérieur ont rendu cela impraticable.

Après une journée accablante, rythmée par le défi constant que représentent les patients difficiles et l’accumulation incessante de paperasse, je trouve refuge sous l’eau. Là, pendant de longues minutes, je me laisse bercer par la fraîcheur, m’évadant loin des tracas du jour. C’est un moment de répit bien mérité, une pause dans le tourbillon de ma routine quotidienne. Épuisé, je puise dans ces instants de tranquillité la force de me régénérer.

Sortant de la douche, je me dirige vers la cuisine où je m’empare d’une brique de lait dans le réfrigérateur. Je me prépare un chocolat chaud, prélude à une nuit de sommeil réparateur. C’est une soirée solitaire, sans la présence de mon partenaire, dont la compagnie m’aurait été chère. Je nourris l’espoir que cette boisson chaude m’aidera à échapper, ne serait-ce qu’un instant, aux pensées de mon travail accablant et de mon supérieur insupportable.

Étendu dans notre lit, dans la quiétude de notre chambre, je serre contre mon cœur l’oreiller de Mew, imprégné de son essence. Mes pensées vagabondent vers lui, en son absence, et lentement, mes yeux se clôturent. Je me laisse emporter vers les abysses d’un sommeil réparateur. Mon unique souhait est de rester indemne de toute perturbation pendant mon repos, tant mon besoin de tranquillité est impérieux.

Fort heureusement, Mew avait anticipé son départ en confiant un double de ses clés à sa sœur. De cette manière, si un besoin urgent se présentait durant son absence ou si une quelconque indisposition m’interdisait de quitter mon domicile pour les courses essentielles, j’avais l’assurance de pouvoir compter sur son aide précieuse.

Aux alentours de deux heures du matin, un bruit inattendu provenant de la cuisine me tire de mon sommeil. Enfilant mes chaussons, je me hâte vers la source de ce bruit incessant, qui rapidement engendre un mal de tête si intense que l’envie de frapper ma tête contre le mur me vient à l’esprit.

À peine ai-je franchi le seuil de la porte que je suis témoin d’une scène pour le moins amusante : Hazard, mon chat malicieux, tente d’échapper aux crocs pointus de Chopper. Ce dernier, un brin possessif, semble déterminé à récupérer sa gâterie préférée, subtilisée par le félin et cachée nonchalamment près du meuble à chaussures. Une véritable comédie animale se joue devant mes yeux, illustrant parfaitement les dynamiques cocasses qui peuvent exister entre nos compagnons à quatre pattes.

Devant cette scène, je fus saisi d’un rire irrépressible, ce qui interrompit les deux adorables animaux que mon partenaire et moi chérissons tant. Piqués de curiosité par mon hilarité, ils vinrent vers moi au trot, sollicitant de l’affection. Il était évident que Mew leur manquait également.

Pour exprimer mon pardon et mon affection à mes chers compagnons à quatre pattes qui m’ont tiré du sommeil, je les inonde de caresses et leur distribue des gâteries. Je leur aménage par ailleurs un coin confortable dans notre chambre, créant ainsi un espace sécurisant et accueillant. Cela renforce le lien unique qui nous unit et leur garantit une place chaleureuse au cœur de notre maison.

Le lendemain matin, émergeant doucement de ma torpeur, je fus agréablement surpris par le poids chaleureux des deux compagnons qui dormaient paisiblement à mes côtés. Leurs respirations régulières et apaisantes me rappelaient la tranquillité de la veille. Hazard, enroulé autour de mes chevilles, et Chopper étendu sur le côté, m’étaient une source de réconfort palpable en cette absence pesante de Mew.

Je pris un instant pour m’étirer longuement, savourant le calme de cette matinée. Puis, en prenant soin de ne pas déranger mes compagnons, je me leva lentement pour débuter ma journée. Le rituel du matin prenait tout son sens sans Mew. Je me dirigea directement vers la cuisine pour préparer un café corsé, laissant le parfum envoûtant envelopper la pièce. Ces petits rituels matinaux, mêlés aux souvenirs de Mew et de nos habitudes, avaient le pouvoir de rendre ses absences supportables.

Assis à la table, serrant ma tasse de café, je songeais à la journée qui s’annonçait. Les attentes incessantes de mon supérieur et le poids des rumeurs injustifiées m’accablaient déjà. Mais quelque chose au fond de moi me disait que le jour d’aujourd’hui apporterait son lot de changements – je n’avais aucune preuve tangible, seulement une intuition.

À cet instant, une notification sur mon téléphone me tira de mes pensées. C’était un message de Mew. Un sourire éclaire immédiatement mon visage tandis que je lisais ses mots, empreints de sa jovialité habituelle. “Salut mon amour! Chiang Mai est fantastique! Les sessions musicales sont incroyables et j’ai rencontré des artistes formidables. Mon cœur me tire vers toi à chaque instant. J’ai hâte de te revoir. Tiens bon, encore une semaine!”

La lecture de ce message adoucit considérablement le poids qui pesait sur mes épaules. Je répondis rapidement : “Merci pour tes mots, Mew. Ton absence est dure, mais je suis si fier de ce que tu accomplis. Reviens-nous bientôt. Profite à fond!”

Après avoir envoyé ma réponse, je me sentais étrangement énergisé. Décider de ne pas se laisser submerger par les imprévus de la journée devint mon objectif. En quittant la maison pour me rendre au bureau, je réalisa à quel point chaque matin à venir serait vécu dans l’attente de retrouver Mew.

Arrivé au bureau, je décidai de ne pas me laisser distraire par les commérages infondés et les regards interrogateurs de mes collègues. Je me plongeai rapidement dans mes dossiers, essayant de maintenir le cap et de rester concentré.

La matinée fila à toute vitesse et, pour la première fois depuis longtemps, je parvins à finir la pile de paperasse qui m’avait été assignée. Assis à mon bureau, le regard plongé dans l’écran de mon ordinateur, je sentis un tapotement léger sur mon épaule. C’était May, toujours attentive et empathique, qui s’approchait de moi.

- Salut ! Comment ça se passe ? Ça fait plaisir de te voir aussi concentré, dit-elle avec un sourire encourageant.

- Je fais de mon mieux, répondis-je en haussant les épaules.

- C’est difficile en ce moment, mais Mew m’a envoyé un message et ça m’a vraiment donné un coup de boost.

May hocha la tête, comprenant parfaitement.

- Tu sais, si tu as besoin de parler ou de prendre une pause, je suis toujours là pour toi.

Je lui souris reconnaissant, puis la regarda partir vers son propre bureau. May avait toujours été une amie inestimable, quelqu’un sur qui je pouvais compter même dans les moments les plus sombres.

À l’heure du déjeuner, un nouvel e-mail de mon supérieur éclata sur mon écran tel un coup de tonnerre ; il exigeait une réunion d’urgence pour discuter de la « situation délicate » qui l’impliquait, lui et sa compagne. Mon estomac se noua face à cette confrontation imminente. Pourtant, une voix intérieure me soufflait de rester calme, de ne pas céder à la pression.

La réunion dans la salle de conférence était tendue. Mon supérieur affichait une expression sévère, cherchant ouvertement à m’intimider. Il était entouré de quelques collègues qui, à peine dissimulant leur enthousiasme pour le drame qui se déroulait dans notre espace de travail, observaient la scène avec une curiosité mal placée.

- Nous devons parler de ce qui a été dit sur... ton comportement envers ma copine, commença mon supérieur, sa voix glaciale.

Je l’écoutai patiemment, attendant qu’il finisse son accusatoire tirade. Une fois qu’il eut terminé, je pris une profonde inspiration et décidai de défendre ma position.

- Avec tout le respect que je vous dois, vos accusations sont infondées. Notre relation est strictement professionnelle et je n’ai jamais eu l’intention ni fait quoi que ce soit d’inapproprié, dis-je, le regard fixe, soutenant avec fermeté chaque syllabe.

J’avais à peine fini de parler que May intervint. « Je suis ici pour soutenir ce qu’il dit. En tant que témoin de plusieurs de vos interactions, je peux attester que ce collègue n’a jamais agi de manière déplacée.

Son intervention surprit et dérouta visiblement mon supérieur. N’ayant plus de preuves tangibles ni de soutien pour ses accusations, il se ravisa, probablement en réalisant qu’il perdrait plus qu’il n’aurait à gagner en poursuivant ce combat injustifié.

- Très bien, nous en resterons là pour l’instant, conclut-il froidement avant de clore la réunion.

Le poids de cette accusation injuste commença à se dissiper en quittant la salle. May me donna une tape amicale sur l’épaule, et je répondis par un sourire reconnaissant.

- Merci, May. Sans toi, je ne sais pas comment j’aurais fait.

L’après-midi s’écoula plus sereinement. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentis confiant et serein au travail. Une fois les tâches de la journée achevées, je décidai de rentrer chez moi un peu plus tôt que d’habitude. Mon esprit se tournait immanquablement vers Mew, et la perspective de lire un nouveau message de lui devenait un véritable réconfort.

En rentrant, la maison était aussi silencieuse que d’habitude. Chopper et Hazard venaient à ma rencontre, remuant joyeusement la queue et ronronnant dans l’attente de câlins. Je pris le temps de les caresser et de jouer un peu avec eux avant de me diriger vers la douche, espérant effacer la tension accumulée.

Alors que l’eau chaude coule sur ma peau, une idée commença à germer dans mon esprit : et si je surprenais Mew à son retour ? L’idée de planifier une surprise pour son retour me ravit soudainement. Peut-être pourrais-je lui organiser une petite soirée intime, un dîner aux chandelles, suivi de la lecture de ce roman qu’il aimait tant.

Sortant de la douche, je me précipite sur mon téléphone et cherchai sur internet des recettes spéciales et idées romantiques. Rapidement, je dressai une liste d’achats et des préparatifs à faire. L’excitation grandissait à mesure que les détails du plan se mettaient en place.


Cette veille de week-end, avant de m’endormir, je me tournai vers l’oreiller de Mew et murmurai doucement :


- Hâte de te surprendre, mon cœur.