Quatre Mois En Secret

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Summary

En plein deuil, Ludovic trouve du réconfort auprès de sa sœur Lisa et de Solène, la petite sœur de son meilleur ami qu'il héberge secrètement. Solène, qui a toujours eu des sentiments pour lui, lutte contre son passé marqué par l'alcoolisme, lié à un traumatisme qu'elle garde secret. Ludovic accepte l'aide de Solène pour soutenir financièrement Lisa, à condition qu'elle renonce à l'alcool. Une profonde connexion se développe entre eux, mais tout bascule quand il découvre que les lettres d'amour qu'il pensait être de Maddy, la fiancée de son meilleur ami, étaient en réalité écrites par Solène. Après un malentendu qui pousse Solène à partir, Ludovic retourne dans sa ville natale pour un événement, déterminé à clarifier les choses avec elle et à lui avouer ses propres sentiments. Pourtant, il est tourmenté par la peur de trahir son frère, son meilleur ami, et par les obligations et les promesses faites par son père. Peut-il construire une relation avec Solène sans compromettre ses liens affectifs ?

Genre
Drama/Romance
Author
QueenB
Status
Complete
Chapters
37
Rating
4.8 6 reviews
Age Rating
18+

PROLOGUE LUDOVIC


La pluie bat contre les parapluies noirs, créant une symphonie mélancolique en ce jour sombre. Je me tiens près du cercueil de mon père et de son partenaire également tombé en service ce jour là, ce qui nous laisse une tristesse plus grande. Ma sœur Lisa est à ma droite, et à ma gauche Mélanie la femme du coéquipier de mon père. Sa fille de cinq ans accrochée à ma jambe, que je serre doucement contre moi. Une fois que le prête prononce ses dernières paroles, autour de nous, les murmures des amis, des collègues et des familles se mêlent au chant du vent alors qu'il s'en vont.

Ma sœur lâche mon bras et m'informe doucement qu'elle part accueillir les invités dans la maison de mon père avec Mélanie et sa fille, me laissant seul.

Il y a beaucoup du monde, mais je n'ai jamais ressenti un tel vide.

J'essaie de bouger mais mes jambes refusent de coopérer. Tout les souvenirs de mon père, mêlés à ceux de son partenaire Jimmy, affluent dans ma tête sans que je puisse contrôler ce flot. Je commence à angoisser quand je sens une main se poser sur le bas de mon dos, mais cela me calme instantanément. Je me tourne et croise le regard de Solène, empreint de compassion. J'expire longuement. Mes yeux se perdent dans les siens et pendant un instant, le temps semble suspendu. Inconsciemment, j'incline légèrement la tête, surpris encore une fois par cette résonance. Je suis touché par cette nouvelle connexion avec elle. Malgré ma tristesse et ce temps nuageux, sa présence soudaine apporte une réconfortante chaleur.

Elle tortille nerveusement ses mains.

- Je suis vraiment désolée pour ton père et son coéquipier. Je reste là si tu as besoin, dit-elle dans un murmure.

Je hoche la tête, prenant sa main doucement pour la remercier. Elle sursaute légèrement. Je prends ça comme une nervosité liée à l'atmosphère pesante me concentrant de nouveau sur mon père.


Il y a beaucoup de monde à la maison lorsque j'arrive. Je reconnais certaines personnes, mais d'autres me sont totalement inconnues. Mon père était un policier, donc je suppose qu'il y a ses anciens collègues, ainsi que des personnes que lui et Jimmy on dû aider par le passé, accompagnées de leurs amis et familles.

Je regrette de ne pas avoir été présent assez souvent pour lui. On sait bien qu'un jour on peut perdre et de nos parents, un frère ou une sœur, un ami. Mais jamais je n'aurais pensé perdre deux personnes qui me sont chères en même temps.

Je sens une main se poser sur mon épaule, mais je suis encore trop choqué pour réaliser ce qui ce passe vraiment. Tout me semble injuste. Une nouvelle boule d'angoisse monte en moi de plus en plus.

Je pars m'asseoir dans son fauteuil, celui qui l'aimait tant, où il adorait regarder son sport.

Lisa apparaît dans mon champs de vision avec le meilleur ami de mon père Frédérick. Elle serre des mains en remerciant des amis, des inconnues et de la familles qui s'apprêtent à partir. Mélanie, à côté d'elle est dévastée. Elle tient à peine debout. Sa fille est debout à côté d'elle et elle me fait un sourire triste. Je commence à angoisser.

- Ludovic ?

J'entends mon prénom de loin mais impossible de lever la tête. Me voilà, sur le point de craquer, quand je sens une main se poser sur la mienne.

- Ludovic ?

Je tourne la tête et mon regard croise celui de Solène. Elle est là depuis l'annonce du décès de mon père, elle est restée à mes côtés, tout comme mes amis, mais sa présence est spéciale, différente. Je ne peux pas vraiment l'expliquer.

Elle se penche à mon oreille.

- Ils vont partir.

Je lève la tête pour voir de qui elle me parle et j'aperçois son frère et sa fiancée qui me regarde tristement. Nicolas me serre légèrement l'épaule en signe de soutient.

- Merci pour votre présence.

Je détourne un peu le regard, puis me lève pour leur faire face.

- Aria doit sûrement me réclamer, mais on reste joignable, dit Maddy. N'hésite pas à nous appeler si tu as besoin de quoi que ce soit.

Je hoche la tête.

- Nous sommes là, ajoute Nick en me serrant contre lui. Je ressers mon étreinte heureux de savoir que mes amis sont là.

Maddy m'embrasse tendrement sur la joue suivi de ma meilleur amie Oriane.

- Je sais que ça ne t'aide pas, mais nous sommes désolés, dit-elle en se reculant. Soit fort mon Ludovic.

Stéphane me tient l'épaule avant de me serrer contre lui.

- Courage mon vieux. On repasse plus tard.

Ils me saluent une dernière fois puis marchent vers la sortie, pendant de Nicolas me regarde encore.

- Tu viens Solène ? demande-t-il en se tournant vers elle.

Elle me regarde et secoue la tête.

- Non, je vais rester encore un peu. Je vous rejoindrai plus tard.

Nick nous regarde tous les deux et pince les lèvres.

- Ok, appelle moi si tu veux que je vienne te chercher.

Elle acquiesce et il s'en va.

Je reste toute l'après-midi, la main de Solène dans la mienne. Je m'accroche à elle comme à une bouée de sauvetage. J'ai peur d'éclater en sanglot si je là lâche. J'imagine qu'elle doit sûrement avoir faim ou avoir envie de rentrer chez elle, mais elle ne dit rien, pas un mots.

Elle finit même par se blottir contre moi, restant ainsi pendant des secondes, des minutes, des heures, dans ce petit fauteuil. Sa tête posée sur la mienne, impossible de dire combien de temps, peut importe car cela me fait du bien.