Meddle about

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Summary

Iris écrit son livre, un de plus qui pourrait peut-être enfin plaire. Au fur et à mesure du temps, elle s'attachera à un certain Hadriel, elle sait qu'il va la détruire mais n'en fera rien. Est-ce qu'elle est prête à mourir pour lui ?

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

Premier soir

Comment faire quand l’homme de votre vie se trouve à plus de mille quatre cents kilomètres de vous ?

J’allume la télévision pour écouter encore un journal qui parle de guerre ou de président qui enchaine les bourdes. J’ai fait un gâteau aujourd’hui, pour qui me diriez vous. Après tout, je suis encore seule pour les deux semaines à venir. Thomas ne revient que le 31 juillet... On reste en contact malgré la distance mais le travail passe avant, j’écris mon prochain livre de mon côté et lui fait ce qu’il a à faire de son côté. Il a toujours été très discret quant à son métier, il m’a toujours dit qu’il gérait différentes entreprises et que ce n’était pas nécessaire de connaître plus de détails alors je lui fais confiance, une confiance aveugle.

Mes lecteurs attendent impatiemment mon prochain livre, très peu ont réussi à découvrir le titre, “Meddle About”. Une histoire de ennemies to lover qui s’écrit chaque jour. Honnêtement je ne sais plus quoi écrire. Tout le monde écrit tellement de choses et tout se ressemble qu’il est impossible d’attirer l’attention de lecteur pour plus d’un chapitre. J’écris sans but précis et j’espère juste que les gens aimeront avoir un livre de plus sur le concept d’ennemi à amour. Thomas m’avait conseillé de faire en sorte que ce soit la femme la méchante et que l’homme soit le gentil mais essayez de vous mettre une fois à la place d’un homme qui se fait dominer parce qu’il est brisé, est-ce que honnêtement ce genre de chose plaît ?

Le préjugé d’une femme sans défense qui se fait protéger par un badboy gérant de réseau fait sans doute plus d’effet qu’un homme sans défense. J’étais tellement concentrée dans ce que j’écris que j’en ai oublié mon plat au four. Ma lasagne est brûlée ! Qu’est-ce que je vais pouvoir manger ?

La pizzeria du coin de la rue fera encore une fois l’affaire. Une pizza quatre fromages, commande enregistrée. Prête dans une heure, assez de temps pour prendre une douche et enfiler autre chose que ce jogging que je porte nuit et jour depuis une semaine. Vivre seule, sans la personne que vous aimez est bien une des choses les plus difficiles à faire, en plus d’écrire quand votre imagination ne sait pas s’arrêter. J’ai tellement d’idées que je ne sais même pas les mettre par écrit, les scénarios sont dans ma tête mais comment faire en sorte que ce soit aussi bien écrit que ça se dessine dans votre tête ? J’en ai fait une liste mais de là à savoir les écrire on en est bien loin.

La douche me calme, me dit qu’il ne reste que quelques jours avant de le revoir. Je ne lui ai pas assez dit que je l’aime et j’aurais aimé lui montrer une dernière fois comment sa verge me fait autant d’effets mais je me suis endormie comme une merde, littéralement. J’étais tellement bien enveloppée dans ses bras que j’en ai oublié la notion du temps et je me suis endormie.

Après avoir pris ma douche, enfilé un jean et un t-shirt beaucoup trop grand pour qu’on ne puisse pas voir que je ne porte pas de soutien gorge, je prends mon sac et mes clés avant de sortir de l’appartement. Je prends soin de laisser une petite lumière allumée le temps de faire l’allez-retour entre les cinq cents mètres qui séparent mon building de mon repas.

D’autres scénarios se bousculent dans ma tête. Je suis obligée de les écrire dans une note de mon téléphone avant qu’ils ne disparaissent à jamais.

- Attention où tu marches !Dit-il d’une voix grave.

Cet homme était grand, très grand, peut-être un peu trop. Comme on peut très bien l’imaginer après avoir lu de nombreux livres avec des bad boys sauf que lui, il était vrai. Un tatouage partant de la nuque sans savoir où il se termine, des yeux gris, pas noir mais gris, des cheveux foncés en dégradé avec une petite mèche tombant sur le devant. J’étais tellement occupée à l’observer que j’en ai oublié sa phrase. Bordel !

- C’est ici que ça se passe. Me dit-il en pointant son visage.

- Pardon. Je n’avais pas vu.

- Fais attention la prochaine fois, je ne serais pas toujours le gentil homme que tu peux bousculer comme tu veux.

Je n’ai même pas eu le temps de lui répondre qu’il partait déjà, me laissant en plein milieu du trottoir, ne comprenant pas tout à fait ce que voulait dire cette phrase.

Arrête de réfléchir et va chercher cette putain de pizza.

La pizza récupérée, je fonce vers mon appartement, la pluie a décidé de s’inviter pendant le peu de temps que je passais à payer mon repas. Ces cinq cents mètres ont réussis à tremper le carton et à refroidir ce que j’appelais encore mon festin. Je ne pourrais donc rien manger aujourd’hui on dirait.

La pizza est tiède mais je l’engoufre quand-même. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à ce qu’avait dit cet homme charismatique tout à l’heure. ”Je ne serais pas toujours le gentil homme" mais que veut dire cette phrase ?

Ce soir c’est la finale de foot alors je ne peux pas espérer le moindre message de Thomas, il est tellement obstiné par un ballon que je finis par me demander si il ne vaudrait pas mieux pour moi de l’acceuillir avec des sous-vêtements imprimés ballon de foot. Je déteste ce sport, quel est l’intérêt de rester assis dans un fauteuil pendant au moins nonantes minutes à regarder des hommes courrir. Bien que, je dois l’avouer, certains de ces hommes pourraient très bien jouer dans un porno que je regarderais sans souci.

Je suis en manque. Je suis tendue et l’homme que j’ai bousculé m’a tendu encore plus. Ressaisis-toi. Thomas revient dans deux semaines. Ce n’est rien deux semaines quand on compare ça à une vie entière mais il part tellement souvent que parfois j’ai de gros doutes qu’il s’en aille uniquement pour le travail. J’ai déjà lu quelques messages dans son téléphone pour comprendre qu’il n’y a pas que moi quand il voyage. J’ai fini par m’y habituder, après tout il est loin et ce n’est pas comme si on vivait ensemble, une raison totalement débile que je n’aurais jamais du avoir. J’aurais dû le quitter dès le premier message, je sais, mais je reste. Je ne sais pas pourquoi mais je reste.

Je finis quand-même devant le foot, une main dans le pantalon en imaginant certains joueurs faire autre chose que courrir après un ballon. L’homme de tout à l’heure interrompt chacune de mes pensées, je l’imagine à genoux devant moi, en train de me dévorer, de me détruire à coups de langue et je savoure ça. Je ne sais pas qui il est, son nom, je ne connais rien de lui mais je pense si fort à sa langue que je mouille ce fichu jean enfilé pour une pizza quatre fromages.