OS en vrac

Summary

Simplement des OS et TS de différents ships et fandoms (surtout MHA et Naruto)

Status
Ongoing
Chapters
24
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

A l'Aveugle [BakuDeku]

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Inscrit de force sur un site de rencontre par sa meilleure amie, Izuku se voit alors demandé à participer à une soirée entre membres. Une sorte de speed-dating se dit-il. Pas tout à fait...

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❈ Univers Alternatif

❈ Les personnages ne m'appartiennent pas mais l'histoire oui. Merci de ne pas me plagier.

❈ Couverture i faite par Akarynn !

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- Ochaco...je suis pas très sûr là, dit-il peu confiant, tout en la regardant s’activer sur le clavier de son ordinateur portable.

- C’est pas en restant chez toi, à te plonger dans le travail pour oublier l’autre con, que tu vas trouver quelqu’un Izu, lui reprocha la jolie brune sans décrocher ses yeux de l’écran.

- Peut être...mais là...tu renseignes quand même des infos sur moi.

Elle tourna la tête vers lui et souleva un sourcil moqueur.

- C’est le principe des sites de rencontres Izuku.

Il leva les yeux au ciel. Nan mais il n’était pas débile non plus, cependant, il ne voyait pas l’intérêt de s’inscrire à ce genre de...choses. Il n’avait jamais compris comment les autres personnes faisaient pour s’enticher voir aimer, une personne virtuelle puis physique rencontrée une fois. Ça le dépassait complètement. De plus, il était très bien tout seul ; les hommes, il avait donné !

- Ecoutes, Tsuyu m’a dit que c’était un site très fiable et c’est même comme ça qu’elle a pu rencontrer Mina. Je t’inscris, tu vas une fois à une rencontre et si tu n’aimes pas, on supprime ton compte.

- Tsuyu est sur ce site ? s’exclama le jeune homme, surpris.

- Était, mais oui. Si tu venais parfois à nos soirées, tu le saurais, lui reprocha de nouveau sa meilleure amie.

Izuku grimaça, il ne l’avait pas volé celle-là.

- Désolé...ok, je veux bien essayer, fit-il dans un soupir.

- Super !

Toute contente, Ochaco reprit là où elle s’était arrêtée, remplissant les cases les unes après les autres. Izuku croulait sous les questions de la brune : ça allait de son orientation sexuelle, à sa couleur préférée en passant par la liste des films qu’il avait apprécié ou par la description d’un dimanche parfait pour lui. C’était quoi ce genre de question d’ailleurs ? Au bout d’une bonne demi-heure, son profil était complet ; sa meilleure amie avait veillé à détailler toutes les réponses au maximum.

Elle cliqua sur enregistrer et se tourna vers lui.

- Ça y est, tu es inscris ! Plus qu’à attendre qu’ils te contactent.

- Comment ça ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. Je ne discute avec personne avant ?

- De ce que Tsuyu m’a dit, ça ne se passe pas comme sur les autres sites. Apparemment, ils font un test de compatibilité et te contactent quand ils ont trouvé celui ou celle avec qui tu es le plus compatible.

Izuku n’en croyait pas ses oreilles. La jolie brune lui avait bien caché cet aspect du site. Il allait rencontrer un gars qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam et avec qui, il n’aurait jamais discuté via le site. Enervé, il la fusilla du regard.

- Roh ça va, c’est pour ton bien !

Même s’il adorait sa meilleure amie, parfois, elle s’insinuait un peu trop dans sa vie privée à son goût.

.

Quelques jours plus tard, il reçut une notification du site indiquant qu’ils avaient trouvé un partenaire compatible à 93% et qu’ils l’invitaient à venir le rencontrer lors d’une soirée entre membres. Téléphone en main, le cœur d’Izuku s’affola. 93% ? Il n’y connaissait rien mais cela lui paraissait très élevé comme score. Il y avait vraiment un homme correspondant à ses critères et susceptible de lui plaire sur tous les plans ? Et qu’arriverait-il s’ils se plaisaient vraiment ? A la fin de la rencontre, que se passait-il ? La rencontre se terminait et ils se reverraient une autre fois ou repartiraient-ils ensemble pour passer le reste de la soirée à discuter et plus si affinités ?

Le rouge aux joues, Izuku s’imaginait déjà des choses peu catholiques avec cet hypothétique homme. Mais après son ex, arriverait-il à se laisser aller avec un parfait inconnu ?

- Arrêtes de marmonner et de te monter le bourrichon ! s’exclama sa meilleure amie devant l’armoire de sa chambre.

Elle était venue lui prêter main forte pour se préparer car, ce soir, se tenait la soirée tant redoutée. Assis sur son lit, les yeux dans le vide, Izuku ne lui prêtait qu’une oreille distraite, plongé dans ses pensées qui se bousculaient sans relâche dans sa caboche. Il hésitait à s’y rendre.

- Ça va bien se passer. Je vais te faire tout beau et il va craquer direct..., commença la brune en jetant un coup d’œil aux affaires dans la penderie.

- Je veux pas qu’il craque direct.

- Puis, tu vas passer une super soirée et après..., continua-t-elle sans faire attention à sa réponse.

- C’est toi qui le dit...

- Tu auras la meilleure partie de jambes en l’air de ta vie.

- Ochaco !

Elle sursauta et se retourna vers lui, surprise.

- Quoi ?

- Comment ça, “quoi” ? Tu as entendu ce que tu viens de dire ?

Elle haussa des épaules et reprit son inspection.

- Oui et ? demanda-t-elle en lui présentant un jean noir et une chemise rouge rubis. Ça fait combien de temps que tu t’es pas envoyé en l’air ? 6 mois ? Depuis ta rupture avec lui non ?

Le jeune homme maugréa une réponse plus pour lui même que pour lui répondre. Pourquoi fallait-il qu’elle mette toujours le doigt sur ce qui faisait mal ? Voyant son air peiné, Ochaco posa les vêtements qu’elle tenait sur le lit et s’accroupit devant lui.

- Excuse-moi chouchou, je ne voulais pas te froisser. Tu fais comme tu le sens, bien évidement. C’est juste...que je m’inquiète pour toi. Même si nous ne partageons pas le même sang, t’es ma famille et c’est le devoir d’une sœur de prendre soin de son frère. Ta dernière relation n’était pas ce que j’appelle une relation épanouie et j’aimerais que tu connaisses ce sentiment.

Touché, Izuku se pencha vers elle, l’entourant de ses bras dans un câlin plein de tendresse, les larmes aux yeux.

- Merci Ocha de prendre toujours soin de moi. T’es la meilleure, tu le sais ?

Elle lui frotta le dos affectueusement et lui déposa un baiser dans les cheveux avant de reprendre, amusée :

- Je sais. Écoutes, tu ne peux pas savoir si cela fonctionnera sans au moins essayer. Peut être que ça n’aboutira à rien ou peut être que si, ce qui te permettra de passer les fêtes de fin d’année avec quelqu’un. Et non, les passer en tête à tête avec ta mère ou avec moi, ce n’est pas du tout pareil.

Un petit rire lui répondit.

- Bon, c’est pas tout, s’exclama-t-elle en se relevant, mais tu files à la douche et tu me mets ces fringues !

- A vos ordres, chef !

Attrapant les affaires posées sur le lit, il se dirigea d’un pas vif vers la salle de bain, remotivé et moins stressé à la perspective de cette soirée.

.

À 19h13, Ochaco se gara tranquillement sur une place devant le restaurant où il avait rendez-vous. C’était un établissement du nom de “A table !” et dont Izuku avait déjà entendu parlé sans y être encore allé. La façade, éclairée par les réverbères de la rue, était sobre mais jolie avec sa devanture bleu foncé et ses grandes fenêtres décorées de guirlandes et autres décorations de noël. Les organisateurs de la soirée lui avaient demandé de se présenter devant le bâtiment à 19h15, il était pile poil à l’heure.

Jetant un œil par la vitre passager, il vit un homme et une femme qui attendaient devant l’entrée habillés chiquement, talkie walkies en main. Le jeune homme se fit la réflexion que c’était étrange pour le restaurant d’avoir des gardes du corps ou des videurs ou quel que soit leurs rôles. Ochaco tira sur le frein à main puis se tourna vers lui.

- Bon, c’est l’heure. Je te souhaite une bonne soirée chouchou et si j’ai pas de nouvelles de toi me demandant de venir te chercher c’est que tu seras partie pour une super nuit en perspective, lui dit-elle avec un clin d’œil.

Izuku leva les yeux au ciel, elle n’allait décidément pas le lâcher avec ça. Mais il n’avait absolument pas l’intention de finir la soirée dans les bras ou les draps, voire même les deux, d’un inconnu.

- Je te tiens au courant, lui répondit-il simplement tout en ouvrant la portière. A plus tard.

- Amuse-toi bien !

Elle redémarra, fit marche arrière, avant de s’éloigner. Sous les flocons qui commençaient à tomber du ciel, Izuku la regarda quelques instants disparaître à la première intersection puis se tourna vers les deux personnes et souffla un bon avant de s’avancer vers eux ; son stress était revenu d’un seul coup. Il se présenta à eux et leur indiqua son nom. L’homme jeta un œil à la feuille qu’il tenait entre ses mains puis porta le talkie walkie à sa bouche et appuya sur le bouton.

- Le candidat n°4 vient d’arriver.

C’était quoi cette description de sa personne ? Il était un numéro ? Pourquoi ne disait-il pas son nom ? Il devait avoir une mine des plus interrogative car la femme prit la parole.

- On ne donne pas de nom, afin d’éviter que les personnes qui se rencontrent puissent se reconnaître. Après, durant la rencontre, vous faites ce que vous voulez.

Mais il allait quand même voir la personne en face de lui, c’était quoi cette règle débile ? Il ne comprenait pas tout là... Et visiblement, c’était toujours inscrit sur son visage.

- C’est votre première fois ? demanda la jeune femme.

Il hocha timidement la tête mais avant qu’elle puisse reprendre la parole, le talkie walkie grésilla et une voix de femme en sortit.

-Faites le entrer.

.

Assis à une table, Izuku comprenait maintenant la phrase de la vigile...c’était un rendez-vous à l’aveugle, complétement dans le noir !

Après avoir passé la porte d’entrée, il avait débouché dans une sorte de sas où l’attendait une femme. Elle lui avait souri et expliqué le déroulement de la soirée sachant que c’était sa première participation. La salle où se passait les rencontres serait plongée dans le noir total et il ferait connaissance avec la personne une fois les deux assis à une table dans l’obscurité la plus complète. Le principe était de ne pas se fier au physique et d’apprécier la personne d’abord pour son aspect intérieur plutôt que pour son aspect extérieur. Le jeune homme trouvait cette démarche surprenante mais pleine de bon sens, même si clairement, le physique jouait quand même un rôle dans l’attirance qu’on éprouvait pour une personne.

Elle lui avait demandé de déposer son téléphone portable dans un bac où d’autres appareils figuraient déjà et lui avait également pris son manteau, ses gants et son bonnet. Puis la femme avait alors mis des lunettes infra-rouge sur son nez, lui avait présenté son bras afin de le guider et ils avaient passé la porte de la salle principale. Complètement privé de sa vue, il s’était laissé guider quelques instants, passant sans doute à côté d’autres membres car il avait entendu des conversations à voix basses, avant qu’elle ne s’arrête et le fasse asseoir sur une chaise. A tâtons, il avait posé ses fesses avec précaution sur l’assise et croisé les doigts sur ses jambes, légèrement anxieux. Elle lui avait alors précisé que l’homme avec qui il avait rendez-vous ne devrait pas tarder et le bruit de ses pas, qui s’éloignaient progressivement, lui était parvenu.

Resté seul et aveugle, Izuku sentit son cœur accélérer et son souffle se raccourcir, pourquoi stressait-il autant ? Au contraire, il devrait être rassuré de ne pas voir la personne, ils allaient pouvoir discuter tranquillement sans avoir le regard de l’autre braqué sur lui. Cette pensée le calma quelque peu et lorsqu’il perçut des pas s’approcher, son cœur avait repris un rythme normal.

- Je vous en pris, installez-vous monsieur, fit la voix de la femme de tout à l’heure.

Instinctivement, Izuku tourna la tête vers le son même s’il ne pouvait rien voir. Une autre voix, bien plus grave, lui répondit d’un “ouais” sec avant qu’il n’entende la chaise en face de lui être reculée et que l’homme y prenne place. Le ton employé de cette personne le refroidit vivement.

- Vous êtes à présent l’un en face de l’autre. Vous avez obtenu un score de 93% de compatibilité, c’est très impressionnant. J’espère que votre rencontre aboutira à ce que vous recherchez, fit la femme d’un ton professionnel mais néanmoins amical. Pour la suite de la soirée, des serveurs viendront vers vous afin de prendre votre commande ainsi que ce que vous souhaitez boire, le repas étant pris en charge par le site. Si vous avez le moindre soucis, si vous souhaitez demander quelque chose, un bouton est fixé sous la table ; appuyez dessus et un serveur viendra à vous. La rencontre dure maximum deux heures mais vous avez la possibilité de l’interrompre à tout moment. Avez-vous des questions ?

Avant qu’il puisse répondre, l’homme en face de lui prit la parole.

- Nan, c’est bon.

Toujours ce ton cassant et énervé. Izuku soupira, cette soirée s’annonçait longue...très longue.

.

Cela faisait bien plusieurs secondes que la femme était partis et pourtant aucun des deux hommes n’avait ouvert la bouche ; un silence pesant s’était installé entre eux. Prenant son courage à deux mains, fixant un point au hasard devant lui dans ce noir complet, Izuku inspira un bon coup et se lança.

- Alors...euh...

- C’est quoi ton nom ? le coupa l’homme, le faisant sursauter.

Malgré l’agacement qu’il percevait très clairement dans sa voix, Izuku se fit la réflexion qu’elle était quand même assez sexy.

- Izuku.

- Izuku, répéta l’homme doucement. Moi c’est Katsuki.

La façon dont son nom sortit de la bouche de ce Katsuki lui provoqua des frissons le long de la colonne vertébrale. Comment une simple voix pouvait lui faire cet effet ?

- J’vais être cash avec toi, j’ai aucune putain d’envie d’être ici.

Ah, il voulait jouer à ça. Pas de soucis, il allait lui faire ce plaisir. Pour qui se prenait-il ?

- Ça nous fait au moins un point en commun alors, dit-il aussi sèchement qu’il pu.

Un rire franc lui parvient aux oreilles et il l’entendit se réinstaller convenablement. Il avait un très beau rire.

- Mais c’est qu’il a du répondant !

- Tu as cru quoi ? Que je ne répondrais pas à cette provocation gratuite ? T’as eu tort.

- Je vois ça...ça me plait bien. Alors, pourquoi tu te retrouves ici ?

- En quoi ça t’intéresse ?

- Faut bien passer le temps. Et puis étonnement, je suis...intrigué.

Il rêvait ou la conversation venait de prendre une autre dimension ? Le “intrigué” de ce Katsuki retourna complètement les entrailles d’Izuku. C’était rapide mais après tout, pourquoi pas. Ochaco lui avait recommandé de se laisser aller non ? Il décida de répondre à la question afin de voir où allait mener cette discussion.

- Ma meilleure amie m’y a inscrit de force, elle pense que j’ai besoin je cite : “de m’envoyer en l’air”.

- Et...tu as l’intention de suivre son conseil ? demanda-t-il.

Ok, clairement, le ton de cet homme se faisait enjôleur maintenant. Il ne passait pas par quatre chemins.

- Je ne sais pas...tu ferais partie de ce conseil ?

Il ne savait pas du tout pourquoi il rentrait dans son jeu mais tout cela commençait à bien plaire à Izuku. D’habitude lui qui était si timide, se retrouvait à flirter ouvertement avec un inconnu qu’il ne pouvait pas voir. Mais c’était sans doute pour cette raison, ne pas voir la personne le débloquait complètement. Il ne savait pas s’il irait véritablement au bout de ses dires mais ça faisait du bien de se laisser porter par le moment.

- Hum...possible. J’avoue que cette rencontre commence bien mieux que c’que j’avais imaginé.

- Ravi de l’entendre, déclara Izuku, vraiment content. Et toi, pour quelle raison es-tu ici ?

Il l’entendit soupirer avant qu’il ne lui réponde.

- J’ai perdu un pari contre mon meilleur pote.

Izuku pouffa.

- Drôle de coïncidence, presque la même chose. Ca nous fait un deuxième point commun dis donc.

- Toi, me cherche pas sinon...

Le sous-entendu caché dans la menace fit frissonner le corps d’Izuku encore une fois. Décidément, cette voix lui faisait beaucoup trop d’effets.

- Messieurs, que souhaitez-vous boire ?

- Oh put...rée ! s’exclama Izuku en sursautant fortement, la main sur le cœur. Vous m’avez fait peur !

C’était une bonne idée cette rencontre dans le noir mais alors, si tous les serveurs s’amusaient à lui faire peur comme ça, sans prévenir de leur arrivée, son cœur n’allait pas tenir. Katsuki lâcha un petit rire qui lui valu un regard noir de la part du vert qui se perdit dans l’obscurité de la pièce.

- Veuillez m’excuser, j’essaierai d’être vigilant pour les prochaines fois et d’annoncer mon arrivée.

- Oui faites donc ça, je suis trop jeune pour mourir d’une crise cardiaque ! Sinon, je vais vous prendre un Gin Tonic, s’il vous plaît.

- Gin Tonic...intéressant, fit Katsuki. Je vais prendre la même chose.

- Très bien messieurs, je vous apporte ça tout de suite.

Et le bruit de ses pas se fit plus sourd à mesure qu’il s’éloignait de leur table.

- Troisième point commun on dirait, s’amusa l’homme en face de lui.

- A ce rythme, on va exploser le compteur, renchérit Izuku.

Un silence suivit sa phrase et il eut peur de s’être un peu trop vite avancé. Certes, il aimait parler avec cet homme mais cela n’était peut être pas réciproque. Cependant, sa réponse le fit rougir.

- On s’connait pas encore assez bien pour la blague salace que j’voulais dire mais j’en pense pas moins...

- J’ai tendu une perche aussi.

- Arrête...

Izuku rigola et il fut vite suivi par son compagnon de soirée. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas ri comme cela avec un parfait inconnu. A vrai dire, ça ne lui était jamais arrivé.

- J’aime bien ton rire, déclara Katsuki, une fois calmé.

- J’aime le tien aussi, lui répondit le vert avec un sourire. Sinon, tu as quel âge ?

- 28.

- Quatrième point commun, fit-il dans un rire.

- Sérieusement ?

- Et oui !

Dans le noir, Izuku ne perdait pas le sourire qui ornait son visage depuis quelques secondes déjà. Plus il parlait avec cet homme, plus il commençait à apprécier ce début de soirée et surtout à l’apprécier lui.

- Messieurs, j’arrive, fit la voix de leur serveur à quelques mètres d’eux.

Le bruit de ses pas se rapprocha rapidement et quelques secondes plus tard, Izuku l’entendit se stopper près de la table.

- C’est mieux comme ça monsieur ?

- C’est parfait, merci !

- Je vous en prie. Voici vos Gin Tonic. Tendez vos mains s’il vous plait, je vais déposer vos verres afin que vous puissiez les attraper en toute sécurité.

Suivant les consignes du serveur, Izuku tendit sa main droite devant lui qui rencontra involontairement les doigts de Katsuki. Surpris, il sursauta et recula sa main tout en s’excusant. Il sentit alors une main attraper la sienne et un verre être glissé entre ses doigts. Les refermant sur l’objet, il remercia le serveur. Celui-ci leur demanda alors ce qu’ils désiraient manger ; Izuku prit un katsudon et Katsuki un ramen ultra épicé ce qui fit grimacer le vert. Puis, le serveur repartit laissant les deux hommes de nouveau seuls.

- Au moins un aspect qui diverge, rigola Izuku.

- T’aimes pas les choses épicées ?

- Pas vraiment nan, je mange de tout mais si ça pique trop, j’aime pas ça. Je suis plutôt un bec à sucre, s’amusa-t-il.

- C’est déjà bien de manger de tout. On trinque ?

- Dans le noir ? Je vais tout renverser...

- Maladroit à c’point ? T’inquiète pas, j’voulais pas dire de faire tinter nos verres mais juste de...on va dire, porter un toast...à ce début d’soirée pas si nul que ça.

Izuku ria de nouveau avant de lever son verre devant lui.

- Ok, alors “à ce début de soirée pas si nul que ça”, déclara-t-il amusé puis il porta le verre à ses lèvres. Santé !

Katsuki lui répondit d’un “santé” et il but une gorgée. Il sentit le liquide descendre le long de son œsophage et il soupira. C’était vraiment bon, ça faisait un moment qu’il n’avait pas profité d’un bon cocktail en présence de quelqu’un. Après cette intermède, la conversation reprit entre les deux hommes. Ils parlèrent de tout et de rien commençant par leur métier respectifs.

Izuku apprit alors que Katsuki était prof d’escalade et d’alpinisme dans un centre sportif pas loin du restaurant. La façon dont avait l’homme de lui parler de son métier donna envie au vert de s’essayer à l’escalade, et peut-être qu’un jour, il pousserait les portes de ce centre et demanderait un cours particulier avec Katsuki. Honteux de ses pensées, il rougit fortement et remercia l’obscurité de la pièce qui cachait sa gène. Il lui parla alors de son propre métier, dessinateur/illustrateur. Il illustrait surtout des livres pour enfants, dessinait des affiches ainsi que des flyers pour tous ceux qui le souhaitaient.

- Bref, je dessine pour à peu près tout le monde. Ces personnes me contactent directement sur mon site et après, on voit ce qu’ils désirent exactement. Je suis à mon compte, auto-entrepreneur. Ça n’a pas été simple au début mais maintenant, j’ai une petite liste de clients qui me permettent de vivre correctement.

- J’trouve ça très courageux de ta part. J’aimerais bien voir un d’tes dessins une fois.

- Oh tu as déjà dû en voir passer. Il y en a deux en ce moment qui font polémique d’ailleurs.

- Ah bon ? Lesquels ?

- Ceux pour la nouvelle campagne de sensibilisation de l’association LGBT+

- Mais nan ! Le dessin où deux gars se tiennent dans un parc en train de s’échanger des alliances. Celui pour le mariage pour tous ?

- Oui. Il y a à peu près le même avec deux femmes aussi. Les deux font parler d’eux depuis qu’ils sont sortis.

- J’ai pas vu le deuxième mais j’aime beaucoup le premier. Les couleurs choisies sont belles et le message est clair.

Le cœur d’Izuku rata un battement. Il venait vraiment de se faire complimenter sur son travail par cet homme ? Certes, on l’avait déjà complimenté avant mais venant de lui...il trouvait ça différent.

- J’fais moi-même partie de l’assos. Bon, j’viens pas souvent aux réunions mais on s’est p’être déjà croisés.

- C’est vrai ? demanda Izuku, surpris. Oui, peut être, ça serait amusant si c’est le cas.

- Carrément. Vivement que les lumières se rallument alors, répondit-il d’une voix enjôleuse.

Izuku rougit. Lui aussi avait hâte de voir cet homme. Pour le moment, il ne faisait que se l’imaginer. Dans son esprit, il était plutôt grand avec un corps bien bâti qui allait parfaitement bien avec cette voix grave et sexy. Mais il ne devait pas se fier à ces impressions, peut être se serait complètement l’inverse. C’était souvent le cas.

Leur serveur se fit entendre de nouveau à quelques mètres d’eux avant qu’il ne se rapproche et ne leur dise qu’il allait les servir. Dans le noir, Izuku entendit le bruit des couverts et des verres qu’on déplacent et un bruit sourd lui indiqua que son plat venait d’être déposé devant lui. Une bonne odeur lui chatouilla les narines et il se lécha les lèvres. Il avait drôlement faim et ça sentait beaucoup trop bon pour que ça soit mauvais.

Une fois le plat de Katsuki déposé également devant lui, le serveur repartit en leur souhaitant un bon appétit et tout en commençant à manger à tâtons, leur discussion reprit de plus belle. Ils continuèrent de parler de l’association encore quelques temps avant de revenir sur le pourquoi ils se retrouvaient là ce soir et évidemment, cela dériva sur le site en lui-même. Savourant chaque bouchée de son merveilleux katsudon, Izuku compara les réponses qu’il avait rempli avec celles de son compagnon de soirée et il s’avéra que la plupart se ressemblaient beaucoup dans le fond. Certes, il y avait des différences, tout le monde ne pense pas pareil, mais il se fit la réflexion qu’ils avaient à peu près la même vision de la vie ainsi que les mêmes attentes.

Par exemple, la description d’un dimanche parfait. Cette question avait intrigué Izuku qu’il l’avait trouvé idiote et dépourvu d’intérêt mais la réponse de Katsuki le surpris. Il avait décrit la même chose. Assez casaniers, quand il pleuvait notamment, chacun aimait rester chez soi. Izuku se plongeait dans ses dessins, Katsuki dans une séance de sport avant de s’installer pénard devant la télé pour un bon film ou une bonne série. Quand, il faisait beau, un petit tour dans les parcs respectifs près de chez eux leur permettaient de se dégourdir les jambes où ils retrouvaient leurs amis pour une après-midi tranquille.

Ils avaient cependant des choses opposées, a commencé par leurs caractères. Izuku était quelqu’un de plutôt calme, avenant et altruiste. Il comprit que Katsuki était tout l’inverse de lui, du moins au premier abord. Il était impulsif, explosif même dans certains de ses propos, associable et très fier de lui. Mais au fil de la conversation et des anecdotes qu’il lui racontait, il se rendit compte qu’il pouvait faire preuve de sympathie envers les personnes qu’il estimait vraiment.

Izuku arriva bien vite à la fin de son assiette. Au début, il avait eu du mal à trouver ses repères dans ce noir complet : les baguettes lui avaient échappé plusieurs fois, et ses doigts étaient entrés en contact avec son plat, mais avec de la patiente et de la détermination, il réussi a se régaler et a manger proprement. Rassasié, il repoussa doucement son bol et poussa un soupir satisfait, se frottant le ventre d’une main. Il entendit Katsuki faire de même et un petit silence apaisant et reposant prit place entre eux, le temps qu’ils apprécient et savourent cette fin de repas.

Cette discussion avec son compagnon de soirée avait été très agréable mais une idée traversa son esprit qui lui fit se mordiller la lèvre inférieur et rougir soudainement. Il ne pouvait pas le voir, du moins pas encore, mais il en avait vraiment envie. Il y avait cependant un moyen de se faire une idée de son visage, il fallait juste que Katsuki accepte.

- Qu’est-ce t’as ?

Surpris, il releva la tête qu’il avait inconsciemment baissée et fixa son regard droit devant lui, là où devait se trouver l’autre homme.

- Quoi ?

- Tu marmonnes, c’est chiant. Tu veux m’demander un truc ?

- Pardon, s’excusa Izuku, penaud. Et euh...oui...enfin, j’aimerais...essayer un...truc, si tu es d’accord.

- C’est quoi ?

Rouge de honte, Izuku ne répondit pas tout de suite. C’était peut-être trop tôt ?

- Accouche !

Le vert sursauta mais se lança finalement.

- J’aimerais...toucher ton visage. “Sentir” à quoi tu ressembles.

Aucune réponse ne lui parvient dans un premier temps mais il entendit clairement la respiration de Katsuki se couper légèrement avant de reprendre normalement.

- Ok, souffla-t-il. Décale ta chaise sur l’côté droit d’la table, j’vais faire pareil à gauche.

De nouveau à tâtons, Izuku se leva, attrapa le dossier puis décala sa chaise sur le côté avant de se rassoir prudemment. Son pied buta contre quelque chose et il se rendit compte que c’était celui de Katsuki. Un raclement de chaise l’interpella et quelques instants plus tard, ses genoux touchaient ceux de l’autre homme. La chaleur repris place sur ses joues.

- Pose ta main sur ton genou.

Sourcils froncés, il s’exécuta et il sentit alors des doigts venir encercler les siens. Il sentit la chaleur de Katsuki se propager sur la surface de sa peau, lui déclenchant un frisson, et l’aspect rugueux de ses mains ; des mains façonnées par l’activité manuelle et extérieure. Bien loin des siennes. Doucement, la sienne fut remontée par celle de Katsuki et déposée sur la mâchoire inférieure de celui-ci, puis il délaissa ses doigts afin de lui laisser le champ libre pour son exploration.

Sa deuxième main rejoignit l’autre côté du visage et il effleura doucement sa peau. Sous la pulpe de ses doigts, il sentit la texture piquante des poils au niveau des joues et du menton, ce qui n’était pas désagréable. Au touché, Katsuki devait avoir une “barbe” d’un ou deux jours, tout au plus. Main gauche calée sur l’une des joues, la droite continuait sa curiosité sous l’immobilité presque surnaturelle de Katsuki. Son pouce arriva à la commissure des lèvres et il le passa lentement sur la lèvre inférieure puis sur la supérieure. Elles avaient l’air aussi affriolantes que sa voix était sexy. Son doigt poursuivit vers le haut et remonta l’arête d’un nez droit et fin pour enfin se déplacer sur les sourcils et les yeux. Sans appuyer et lui faire mal, il explorait le moindre détail de cet homme qui prenait petit à petit image dans son esprit. Et c’était un portrait plutôt flatteur. Comme si le temps s’était arrêté, chacun profitait de ce moment à sa façon, ne voulant ni l’un ni l’autre le briser.

Inconsciemment, il s’était penché et il sentit le souffle rapide de Katsuki venir caresser son visage. Gêné de cette proximité soudaine, il rougit de nouveau mais ne s’écarta pourtant pas du moindre millimètre. Il avait soudain l’envie irrépressible de l’embrasser. De goûter à ces lèvres qui le narguaient sans qu’il puisse les voir. C’était quelque chose d’assez particulier mais extrêmement grisant.

- J’peux t’embrasser ?

La question de Katsuki le pris totalement au dépourvu. Comme connectés, ils avaient eu la même pensée. Le cœur battant la chamade, il hocha la tête positivement avant de se souvenir que son compagnon ne pouvait pas le voir.

- Oui, souffla-t-il, nerveux mais impatient.

Et quelques instants après, des lèvres incroyablement douces se posèrent sur les siennes. D’abord délicat, Katsuki lui laissa le temps de se retirer au besoin, mais bien vite, voyant que ce n’était pas son intention, le contact se fit plus appuyé. Entrouvrant de lui-même les lèvres pour approfondir le baiser, Izuku sentit la langue de Katsuki venir rencontrer la sienne, entamant alors une danse sensuelle. Une des mains de son compagnon vint se placer sur sa joue et l’autre dans son cou, le retenant au plus près de lui. Ses propres mains vinrent agripper le col de son t-shirt, l’attirant également vers lui.

Le baiser se fit plus pressant, plus passionné aussi. Leurs lèvres se mouvaient avec ardeur et leurs langues effectuaient le ballet le plus magnifique auquel il lui fut donné d’assister. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas ressenti ce désir au fond de lui et celui de son partenaire à travers un simple baiser. Ils s’accrochaient l’un à l’autre si fort que s’ils avaient été seuls, Izuku serait déjà à califourchon sur Katsuki, sentant ses mains se perdre sous son T-shirt et sa bouche venir butiner son cou.

Mais ils n’étaient pas seuls...Et même si l’obscurité de la pièce était leur seul témoin, ou presque (les serveurs avaient quand même des lunettes infra-rouges), ils mirent fin à ce baiser incroyable, complètement à bout de souffle.

- Whoua..., murmura Katsuki, son front posé sur celui du vert et ses lèvres encore si proches des siennes.

Dans le même état, Izuku ne put que renchérir par un petit “ouais” appréciateur. Pendant quelques secondes, ils restèrent ainsi, front contre front, les yeux fermés afin de récupérer des sensations qui venaient de les assaillir, la main chaude et rassurante de Katsuki toujours dans son cou.

- Faut vraiment qu’on finisse la soirée ensemble.

Izuku se crispa légèrement à cette suggestion malgré la chaleur qui irradiait de ses joues. Même si ce baiser était d’une intensité folle, était-il prêt à aller plus loin ? Prêt à faire l’amour avec cet homme incroyable ? Son esprit lui envoyait déjà des images toutes plus érotiques les unes des autres mais se laisserait-il toucher facilement ?

- Trop tôt ? Désolé..., s’excusa Katsuki, ses doigts triturant doucement ses cheveux à la base de la nuque.

C’était agréable.

- Non...ce n’est pas toi...c’est moi, répondit Izuku dans un souffle en baissant la tête, gêné.

Katsuki ne dit rien et attendit qu’il reprenne la parole, ses doigts toujours dans ses cheveux. Prenant une grosse inspiration, Izuku se lança. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait qu’il pouvait faire confiance à cet homme. Lui raconter son passé sans être jugé.

- Je...ma dernière relation ne s’est pas très bien passée. Enfin je veux dire...au début c’était génial, il prenait soin de moi et inversement. Il était à l’écoute, affectueux et j’en passe. Je suis resté avec lui pendant un peu plus de 3 ans mais...petit à petit, ça s’est dégradé.

Il sentit Katsuki se tendre à cette dernière phrase.

- Il ne m’a jamais frappé mais au fil du temps, il a commencé à changer. Il devenait plus...curieux, plus suspicieux. Il voulait constamment savoir où j’étais, avec qui, et les vêtements que je portais. Je l’ai surpris plus d’une fois à fouiller dans mon téléphone. On s’est souvent disputé à ce sujet mais il trouvait toujours des excuses, et moi comme un débile, je croyais à ses excuses.

- T’étais juste amoureux.

Un petit rire jaune sortit de la bouche du vert et il s’appuya plus fort sur le front de Katsuki.

- Ouais. L’amour rend aveugle, c’est ce qu’on dit non ?

Les doigts de la main libre de Katsuki vinrent entourer les siens avec une infinie douceur. Il les serra en retour, le remerciant par ce geste de sa compréhension et de son soutien. C’était fou, cela ne faisait qu’une heure à peine qu’ils se connaissaient et pourtant, ils étaient déjà si proches.

- Bref, tu dois te demander quel est le rapport avec ma...crispation de tout à l’heure ? Pour l’instant, ça ne l’explique pas trop...

- Si, ça l’explique. Tu as été trahi du coup t’as dû mal à refaire confiance en quelqu’un pour tout ce qui est du domaine de l’intimité. C’est compréhensible.

Non mais il ne méritait vraiment pas cet homme.

- Mais d’après ta phrase, y’a quelqu’chose de plus, nan ?

- Oui...

C’était la partie la plus difficile à avouer.

- Vers le milieu de nos années de relation...notre intimité...sexuelle a également changé. Hum...je devrais plutôt dire SON intimité sexuelle. Il...son...plaisir passait avant le mien. Il venait, faisait son...affaire et me...laissait sur ma faim. Je prenais quand même du plaisir mais...c’était un plaisir frustrant. Oui, on peut dire ça comme ça. Même quand je n’avais pas envie de le faire, il...insistait encore et encore...et...bah finalement j’acceptais parce que je me disais que ça ne serait pas comme les autres fois. Qu’il ferait attention à moi cette fois-ci...Pff, c’était une belle connerie oui...

Sa voix se brisa sur les derniers mots. Même si cela faisait un moment qu’il ne l’aimait plus, ça restait néanmoins douloureux d’en reparler mais extrêmement libérateur. Les doigts de Katsuki qui, jusqu’à présent s’étaient contentés d’entourer les siens, s’entremêlèrent tendrement à ses phalanges. Pourquoi c’était si facile avec lui. Pourquoi se sentait-il si bien en sa présence ?

- Moi aussi, j’me sens bien avec toi.

Mince ! Sa pensée avait pris forme sur ses lèvres. Embarrassé, il rougit de nouveau. Décidément, il ne faisait que ça depuis le début de cette rencontre. Il commençait d’ailleurs à avoir chaud.

- Tu rougis ? se moqua gentiment Katsuki. Ta nuque vient de d’venir plus chaude sous ma main.

- Arrête de te moquer de moi, lui répondit Izuku en lui donnant une petite tape sur l’épaule tout en se reculant légèrement.

Du moins, il pensa que c’était l’épaule vu qu’il visait à l’aveuglette.

- Je n’me moque pas, j’te taquine. C’est pas pareil.

- Depuis quand c’est pas pareil ?

- Depuis maintenant.

Izuku pouffa sous la réponse de son compagnon de soirée. Il avait réponse à tout.

- Que s’est-il passé ensuite ?

Reprenant son sérieux, Izuku se replaça correctement sur sa chaise, la main de Katsuki n’ayant pas bougé d’un poil de sa nuque.

- J’en ai pas parlé tout de suite. Je pense que...j’avais un peu honte, au fond de moi. Et j’espérais surtout que mes paroles et gestes envers lui, lui ferait comprendre le mal qu’il me faisait. Dans mon esprit, je me disais que j’avais sans doute fait quelque chose de mal pour qu’il me traite de cette façon, que je méritais ça. C’est ma meilleure amie qui a vu mon mal-être à l’époque. Elle l’a vu tout de suite mais elle avait beau insister et poser des questions, je répondais toujours que ça allait bien.

Oui, en y repensant, il se sentait bête de ne pas lui en avoir parlé dès que ça avait commencé et encore maintenant, elle n’était pas au courant de tout. Seul cet homme qu’il ne connaissait presque pas et dont il ne savait pas grand-chose, était à présent au courant de son passé.

- Et puis un jour...j’ai craqué. On venait de...je ne sais même pas si on peut dire “faire l’amour”... Bref, j’ai attendu qu’il aille à la douche pour me réfugier chez elle. Elle n’a pas cherché à comprendre. Elle m’a tenu éloigné de lui, lui a fait comprendre que je ne voulais plus le voir et j’ai vécu alors chez elle pendant un petit moment car c’était son appartement, pas le mien.

Il inspira un bon coup, ça faisait tellement de bien !

- Voilà, ça fait plus de six mois et depuis, je m’enferme dans mes dessins pour ne plus y penser. Mais Ochaco, ma meilleure amie, m’a traîné jusqu’ici et...je dois avouer que je ne regrette pas le moins du monde. Je passe une très bonne soirée et...tu es la première personne à tout savoir.

- Tu m’en vois honoré.

La pression sur ses doigts se fit plus forte et Katsuki entama de légers cercles au creux de sa paume.

- D’abord, j’te l’ai déjà dit, mais j’te trouve super courageux.

Un sourire discret s’afficha sur le visage d’Izuku. Oui, il lui avait déjà dit mais le réentendre lui fit du bien.

- Deuxièmement, t’es absolument pas fautif dans cette histoire. Donc, enlève-toi de la tête qu’t’as fais un truc de mal. T’es la victime ici, pas le problème.

Hum...plus facile à dire qu’à faire. Mais depuis qu’il était loin de lui, de cet être toxique, cette pensée, que venait de dire Katsuki à voix haute, prenait de plus en plus de place dans son esprit et il acceptait progressivement cette réalité.

- Oui je sais. Je le comprends à présent.

- Ton ex est un parfait connard. Quand c’est non, c’est non, même entre partenaires. Et troisièmement, je rajouterai que c’est aussi un crétin car - il se pencha encore plus près et dériva sur le côté, sa bouche frôlant son oreille - j’suis sûr que t’es incroyablement sexy quand tu jouis. Et que j’pourrais jouir rien qu’en t’regardant.

Là, ce n’était plus du simple rouge aux joues qu’il devait avoir, il devait tout simplement être écrevisse ! Il était fou de dire ce genre de choses ! Il était si direct. Mais étonnement...

- Tu d-dis toujours des choses co-comme ça ?

Le nez de Katsuki frotta légèrement sur son lobe d’oreille accélérant plus encore son rythme cardiaque.

- Ça dépend avec qui. Pourquoi, t’aimes pas ?

- Je...je ne sais pas. Je n’ai pas l’habitude mais...je crois...que je ne déteste pas.

- Bien. Parce qu’il va falloir t’habituer.

Il devait...s’habituer ? Est ce qu’il comprenait réellement le sens de cette phrase ? Katsuki sous-entendait-il vraiment qu’il y aurait une suite à cette entrevue et d’autres soirées en perspective ? Si tel était le cas, Izuku en serait plus que ravi.

Il voulut confirmer ses dires mais ils furent interrompus par le serveur qui revenait vers eux afin de prendre la commande de leurs desserts respectifs. Gêné que le serveur ait pu apercevoir leur proximité, il se racla la gorge et se rassit correctement au fond de son siège. Après l’énumération de la petite liste de dessert et ceux-ci choisis, un silence prit place entre eux. Izuku ne savait pas comment rebondir après la dernière déclaration de Katsuki. Comment reprendre après ça en sachant que le serveur avait coupé l’ambiance du moment ? Bon, ce n’était pas trop sa faute mais quand même...Devait-il continuer sur la même lancée ou poser une question tout à fait innocente ? Il n’eut pas le loisir de se triturer les méninges plus longtemps car son compagnon de soirée reprit de lui même en lui demandant de parler de sa famille.

Surpris du changement d’ambiance mais également heureux de cet intérêt, il entreprit de lui relater sa relation fusionnelle et pleine de tendresse qu’il entretenait avec sa mère ; le chagrin qu’il avait ressentit lors du décès de son père militaire au cours d’une mission quand il était jeune ; ainsi que l’arrivée récente d’un nouvel homme dans la vie de sa maman qui lui faisait peur mais en même temps le remplissait de bonheur pour elle.

Les desserts arrivèrent peu de temps après et, tout en remplaçant leurs chaises respectives autour de la table, ce fut au tour de Katsuki de prendre la parole afin de parler de sa famille. Comme le vert, il était fils unique mais comparé à lui, il avait encore ses deux parents même si sa relation avec sa mère était loin de ressembler à celle de son comparse. La sienne était plutôt conflictuelle vu qu’il avait hérité du tempérament explosif de sa maman. Cependant, il s’entendait plutôt bien avec son père même si celui-ci était discret, mis en retrait par rapport à sa femme.

Assez rapidement, ils finirent leurs desserts et continuèrent de parler. Izuku avait l’impression de le connaître depuis longtemps, comme un ami qui garde tous vos secrets et qui vous soutient depuis le début. La conversation était si facile avec lui, si fluide et agréablement simple. Pour lui, Katsuki ne jouait pas un rôle, il n’essayait pas de lui plaire par tous les moyens. Il était vrai, avec un caractère entier et disait à voix haute ce qu’il pensait. C’était une qualité comme un défaut à ses yeux.

- Mesdames et Messieurs, cette rencontre arrive à sa fin, déclara soudain la voix de la femme qui les avait installé au début de la soirée. Je vous prie de vous lever et de vous décaler légèrement de votre chaise, s’il vous plaît. Nous allons rallumer les lumières progressivement. Vous venez de passer 2h dans le noir complet, de ce fait, je vous demanderais de fermer les yeux et vous pourrez les rouvrir lentement en même temps que les lumières, afin de ne pas vous faire mal.

Suivant les consignes, Izuku se leva prudemment, s’aidant de la table et recula son siège. Il entendit Katsuki faire de même et, posté droit comme un I et les yeux fermés, il attendit, le cœur battant la chamade. Ça y est, ils y étaient. Ils allaient enfin se découvrir, pour la première fois après ces 2h à discuter.

Il fut soudainement pris d’un doute : et s’il ne lui plaisait pas ? Il n’était pas spécialement beau, enfin, Ochaco lui rabâchait que si mais il n’arrivait pas à se voir comme tel. Il n’était pas petit mais on ne pouvait pas dire qu’il était grand non plus ; sa peau était blanche et parsemée de tâches de rousseur du haut de ses pommettes jusqu’à ses clavicules ; ses cheveux noirs bouclés aux reflets vert sapin étaient constamment en désordre, il n’arrivait jamais à les discipliner. La seule chose qu’il aimait chez lui était ses yeux ; d’un beau vert émeraude, ils étaient grands et rieurs, éclatants et plein de vivacité. Le seul inconvénient était qu’on pouvait y lire toutes ses émotions, ils étaient trop expressifs selon lui.

Et si, finalement, sa personnalité n’avait pas plu ? Il était timide, sa vie amoureuse était un désastre...bref, il n’avait pas grand chose pour lui. Comment pouvait-il penser qu’une personne comme Katsuki s’intéresserait à lui ? D’accord, ils avaient carrément flirté ensemble mais peut être que ce n’était seulement que sur l’instant ?

- Arrête de t’faire des films, râla la voix de Katsuki en face de lui. J’suis sûr qu’t’es super canon.

Mince...fallait vraiment qu’il arrête avec ce défaut. Sous ses paupières, il vit petit à petit la luminosité prendre de l’ampleur ; elle s’intensifia en même temps que son cœur accélérait. Il était sûr que Katsuki pouvait l’entendre tellement son palpitant faisait du bruit dans sa cage thoracique. Il plissa légèrement les yeux quand la luminosité se fit trop forte.

- A trois ? demanda-t-il.

- Ouais.

Ils comptèrent ensemble, lentement, afin d’ouvrir progressivement les yeux en même temps que les chiffres sortaient de leurs bouches et, quand arriva le “trois”, leurs regards s’accrochèrent.

- Putain de merde, s’exclamèrent-ils en même temps.

.

Réajustant son bonnet sur sa tête, Izuku zieuta Katsuki qui se tenait près de lui. Il y a quelques minutes, ils venaient de se découvrir et il peinait encore à croire que cet homme incroyablement canon était compatible avec lui.

C’était impossible, il y avait un bug quelque part ! Outre le fait qu’ils étaient compatibles sur le plan de leurs personnalités, il n’arrivait pas à admettre qu’il plaisait physiquement à un gars comme lui. Mais la phrase qu’il avait lâché dans un souffle et qui tournait en boucle dans sa tête, prouvait qu’il n’y avait pas d’erreur possible.

- Bordel, t’es carrément mon type.

Les joues rougies, Izuku lui avait répondu que lui aussi le trouvait extrêmement beau et très à son goût. Pendant quelques secondes, ils s’étaient mutuellement reluqués, notamment de la part de Katsuki, qui avait laissé son regard glisser sur le corps d’Izuku, sans aucune gêne. Ses yeux étaient remontés de ses pieds le long de ses jambes, puis de son torse pour arriver à son visage qu’il avait dévisagé avant de lui afficher un sourire éblouissant.

Le cœur d’Izuku avait raté un battement, il s’était senti défaillir sous le charme et, on pouvait le dire, le sex appeal, de Katsuki. Il l’avait trouvé tout simplement magnifique. Faisant de même, il avait laissé son regard parcourir sa personne, même s’il avait fait cela beaucoup plus discrètement. Du moins, il l’avait espéré.

Son compagnon de soirée avait revêtu un jean bleu foncé enfoncé dans des rangers noires montantes et le T-shirt également noir col en V, qui complétait le tout, lui collait au torse comme une seconde peau, mettant en lumière son corps finement musclé. Comme il l’avait senti plutôt, une barbe, de poils blonds, de trois jours lui mangeait les joues d’une mâchoire carrée, son nez était fin et droit parfaitement dessiné, et ses yeux d’un rouge rubis, presque de la même couleur que sa chemise, l’avaient fixé intensément tout le long de son observation.

Sous ce regard, Izuku s’était senti rougir encore plus et avait détourné les yeux, embarrassé. Katsuki avait alors rit de son embarras mais ne l’avait tout de même pas lâché du regard jusqu’à ce que l’organisatrice prenne la parole.

- Vous avez à présent devant vous, la personne avec qui vous avez passé ces deux dernières heures et qui est la plus compatible avec vous, avait-elle énoncé. J’espère que cette rencontre à l’aveugle vous aura permis de découvrir une autre facette des sites de rencontre. Celle-ci se termine maintenant mais le restaurant reste ouvert si vous souhaitez poursuivre votre soirée. Je vous remercie de votre présence ici ce soir et j’espère que cette entrevue aboutira pour chacun d’entre vous. Je vous souhaite une bonne soirée et de bonnes fêtes de fin d’année à tous.

Izuku avait alors applaudit timidement avec les autres personnes - il y avait trois autres couples en plus - tout en souhaitant également la même chose à cette femme avant de reporter son intention sur Katsuki.

- Je sais pas pour toi mais moi, j’veux continuer, avait déclaré son vis-à-vis, d’une voix sûre.

- Moi...aussi, avait-t-il répondu, les lèvres pincées et le visage écarlate.

- Ici ? Perso, j’préférerai chez moi ou chez toi mais c’est toi qui vois, j’veux t’forcer à rien.

- Non...pas ici. Comme tu veux.

- On va pas s’en sortir si on commence comme ça, s’était-il amusé.

Et c’est comme ça que, quelques minutes plus tard, ils se sont retrouvés à marcher en direction de l’appartement de Katsuki, qui s’avérait être beaucoup plus près que celui d’Izuku.

Emmitouflé dans son gros manteau, son bonnet enfoncé sur la tête écrasant les boucles de sa frange, son écharpe jusqu’à son nez, et ses mains gantées fourrées dans ses poches, Izuku marchait aux côtés de Katsuki sur le trottoir éclairé par les lumières des réverbères. Il était 21h30 et la nuit était tombée depuis un bon bout de temps maintenant. Il neigeait toujours à gros flocons, et à présent, la rue et les bâtiments s’habillaient d’un beau manteau blanc. Vu la neige immaculée qui se présentait devant ses yeux, personne n’avait foulé le trottoir, et Izuku s’amusait à y laisser ses traces, appréciant le bruit provoqué par ses chaussures.

Son regard se tourna vers son vis-à-vis qu’il surprit en train de le regarder.

- Quoi ? demanda-t-il, un sourcil levé.

- Rien. J’te trouve juste super mignon comme ça, sous la neige.

Surpris de cette phrase dite avec un calme olympien, Izuku s’emmêla les pieds, glissa sur la neige, et bascula vers l’avant. Mais il n’eut pas le loisir de se voir chuter qu’il fut tiré par la capuche de son manteau et plaqué durement contre un corps.

- T’as vraiment deux pieds gauches, dit Katsuki mi-amusé mi-blasé.

Son dos toujours collé à lui, Izuku pencha timidement la tête en arrière et vit le regard de Katsuki braqué sur lui. Aussi proche, Izuku mesurait enfin leur différence de taille, le blond le dépassait d’au moins une bonne tête. La sienne était posée contre la clavicule de son compagnon et il le regardait à l’envers.

- C’est de ta faute aussi, répondit-il, un air boudeur sur le visage.

- Si tu fais cette tête, j’vais t’trouver encore plus mignon.

Les joues déjà bien rouges à cause du froid, il concurrença un joli coquelicot, sentant son visage chauffer sous le flirt plus qu’évident de Katsuki. Mais étrangement, il se sentait flatté et évoluait sur un petit nuage depuis leur sortie du restaurant. Il remerciait Ochaco de l’avoir inscrit “de force” sur ce site internet et de l’avoir poussé à venir à cette soirée. Il passait, jusqu’à présent, une très bonne soirée, voire même, une merveilleuse soirée, et ça faisait longtemps que ce n’était pas arrivé.

Ne bougeant pas d’un pouce, il observa le visage de Katsuki, les paupières légèrement closes afin d’éviter de se prendre des flocons dans les yeux, et avisa son regard qui dériva sur sa bouche. Il loucha lui aussi sur ses lèvres tentantes tout en mordillant les siennes. Comme au ralenti, le visage du blond se pencha alors lentement vers lui et il ferma les yeux lorsque leurs bouches entrèrent en contact pour un baiser tout en tendresse. Les mains de Katsuki se placèrent sur ses hanches, s’y agrippèrent, et il se laissa complètement aller contre lui.

C’était leur second baiser mais il était complètement différent du premier. A l’instar de ce dernier qui s’était passé dans le noir et dont ils avaient tous les deux sentis cette folle passion naissante, celui-ci se passait à la lumière d’un réverbère, sous la neige, et était particulièrement doux. Comme une caresse aérienne, un simple touché, mais qui promettait des jours heureux. C’était un moment magique entre eux avec la lune et les étoiles pour seuls témoins.

Ses lèvres étaient douces et chaudes contre les siennes, contrastant avec le froid glacial de cette nuit de décembre. Katsuki n’insista pas pour prolonger le baiser, au contraire, il se retira assez rapidement, au grand dam d’Izuku. Le froid reprit sa place sur sa bouche et il lui fallut quelques instants avant de revenir à la réalité, encore un peu à l’ouest de toutes ces sensations qui l’avaient assailli. Il papillonna des yeux et tomba dans ceux de Katsuki qui le regardait, un petit sourire au coin des lèvres. Il lui renvoya son sourire, un grand sourire qui lui provoqua des petites fossettes.

- T’as d’beaux yeux tu sais, s’amusa le blond.

Izuku le regarda les yeux ronds avant de partir dans un grand éclat de rire. Il redressa la tête et pivota vers lui.

- Tu casses l’ambiance là !

- Mais t’as la ref ?

- Evidemment !

- T’es un bon alors ! Allez viens, on est bientôt arrivés.

Reprenant son sérieux, il avisa la main tendue de Katsuki quelques secondes puis y déposa timidement la sienne et se laissa guider. Main dans la main, tel un couple, ils remontèrent l’avenue sur quelques mètres avant de bifurquer dans une rue adjacente, s’enfonçant au cœur de la ville.

.

- Vas-y entre, fais comme chez toi.

Izuku passa la porte d’entrée de l’appartement de Katsuki et arriva directement dans une grande pièce à vivre. C’était pas un appartement mais un loft décoré avec goût. Il aurait dû s’en douter quand il avait vu vers quel bâtiment ils se dirigeaient. C’était une ancienne usine réhabilitée en logement, et à priori, Katsuki avait acheté l’un de ces biens pour en faire un endroit agréable à vivre.

- Pose toi dans le canapé, j’vais chercher à boire. Bière ?

- Ca me va, répondit Izuku en souriant avant de s’assoir sur le canapé en cuir noir.

Katsuki se dirigea vers la cuisine laissant le vert seul avec ses pensées. A présent, il recommençait à stresser. Il avait accepté de venir car il avait vraiment eu envie de continuer cette soirée mais de se retrouver ici, chez cet homme, faisait de nouveau accélérer son cœur. Que ressentait-il exactement ? De la peur ? Peut être un peu oui. Du stress ? C’était sûr. Mais était-ce du stress dû à l’angoisse ou seulement à de l’impatience de voir où cette nuit les conduirait. Sans doute un peu de tout ça mélangé.

Les mains moites, il les frotta sur son pantalon et releva la tête quand il entendit Katsuki revenir, avec les deux bouteilles de bière en main. Le blond lui tendit l’une d’elles et s’assit à ses côtés, tout en laissant assez d’espace entre eux afin de ne pas l’acculer. Ce qu’Izuku apprécia grandement. Malgré son évidente attirance, Katsuki restait prévenant et attentif à lui, le laissant respirer et maître de la situation.

Alors qu’Izuku pensait qu’un silence pesant allait s’installer entre eux, il fut étonné que le blond entame de nouveau la conversation avec une des questions du site. Quels étaient ses films préférés ? Après une gorgée du liquide ambré, il énuméra le top 10 de ses films favoris.

- J’en déduis que ton acteur préféré est Toshinori Yagi ?

- Tu connais ? s’étonna Izuku.

- Faut bien, sinon ça ne serait pas le mien également.

Un air effaré apparut sur le visage du vert avant qu’il ne lui adresse un magnifique sourire, ravi de trouver quelqu’un qui, comme lui, connaisse et adore cet acteur d’une génération ultérieure. C’était encore un point commun. Décidément, le site de rencontre avait vu juste.

Ils partirent alors dans une grande discussion autour de cet acteur, débattant sur les films et séries qu’il avait pu tourner au cours de sa carrière. Petit à petit, Izuku se détendit considérablement, aidé par la deuxième bière qui trônait à présent dans sa main, et remarqua qu’il s’était involontairement rapproché de Katsuki au fil de la conversation. Assis en travers du canapé, une jambe repliée sous lui et le buste tourné vers le blond, il sursauta quand son genou entra en contact avec la cuisse de celui-ci.

- Pardon, s’excusa-t-il en rougissant de nouveau.

- T’as pas besoin.

Sans bouger ni l’un ni l’autre, ils s’observèrent en silence, se détaillant mutuellement, jusqu’à ce que les rubis de Katsuki dérivent sur le bas de son visage et louchent une nouvelle fois sur ses lèvres. Déglutissant sous ce regard de plus en plus intense, les yeux d’Izuku alternèrent entre les yeux et la bouche de Katsuki, et il humidifia ses lèvres de sa langue, provoquant la dilatation des pupilles du blond. L’ambiance autour d’eux changea subitement, elle devint plus lourde et chargée d’une tension particulière.

Katsuki se redressa et, tout en gardant ses yeux plantés dans ceux d’Izuku, déposa sa bouteille sur la table basse avant de prendre celle du vert et d’en faire de même. Les émeraudes virevoltèrent une dernière fois entre les yeux et la bouche de Katsuki avant qu’Izuku ne se jette de lui-même sur lui, écrasant ses lèvres sur les siennes pour un baiser passionné. Il demanda en premier l’accès d’un coup de langue et commença alors une nouvelle danse sensuelle entre eux deux.

Pris dans les émotions et les sensations, il grimpa à califourchon sur lui, ses bras s’enroulant autour de son cou, calant son bassin contre le sien. Un gémissement passa la barrière des lèvres de Katsuki qui fut étouffé par la bouche du vert, devenu particulièrement entreprenant. Les mains du blond s’agrippèrent avec force à ses hanches et il se cambra davantage contre lui. D’un geste fébrile, toujours en plein baiser, les mains tremblantes d’Izuku dévalèrent le corps de Katsuki et s’attaquèrent au bouton de son pantalon.

- Attends, l’arrêta le bond. T’as bu, j’veux pas profiter de toi dans cet état-là.

Izuku afficha un air blasé.

- T’es sérieux là ? J’ai bu que deux bières, il m’en faut plus pour être bourré.

Katsuki leva un sourcil dubitatif.

- C’est vrai ! s’exclama-t-il en lui mettant une petite tape sur l’épaule.

- Et le Gin Tonic ?

- C’était avant le repas ! Il n’y a plus aucun rapport ! rétorqua-t-il véhément avant de reprendre plus sobrement, timidement. Je ne suis pas bourré, je suis...bien et...j’en ai envie...vraiment. Ça faisait longtemps que je n’avais pas...ressenti ça. Je...tu me plais, vraiment. Ta personnalité, ton physique...on a plein de points communs. Avec toi, je me sens...libre, moi-même, et étonnement...en sécurité.

Il planta ses yeux dans ceux de son vis-à-vis, émeraudes contre rubis.

- Alors oui, je suis un peu...stressé. Je...cela fait un moment que je n’ai pas...passé la nuit avec un homme...Je ne sais pas où nous mènera cette nuit mais j’ai envie d’essayer...avec toi. Si tu es d’accord.

Pris au dépourvu par cette tirade, Katsuki ne répondit pas tout de suite, ce qui fit afficher un air triste sur le visage du vert. S’apprêtant à se dégager de son étreinte, déçu, il fut ramener de force contre son torse, et sa bouche s’écrasa brutalement contre la sienne. Les yeux exorbités, Izuku se laissa faire trop surpris avant de le repousser, les mains sur ses épaules.

- Moi aussi, répondit-il Katsuki lui coupant la parole. Moi aussi, j’ai envie de tenter avec toi. J’te trouve magnifique intérieurement et extérieurement, et, comme tu l’as dis, on a plein de points communs. Quand j’ai dû me rendre à cette soirée, je ne pensais pas rencontrer quelqu’un qui m’plairait vraiment. J’ai jamais ressenti le besoin de me poser avec quelqu’un mais...je sais pas, avec toi c’est différent. J’ignore si ça collera nous deux mais on ne saura pas si on essaye pas. Alors oui, les gens diront p’t’être que ça va trop vite entre nous mais j’suis prêt à foncer avec toi si t’es partant. Pourquoi tu chiales ?

Les larmes dévalant ses joues, il secoua la tête.

- Pour rien. On dirait pas mais t’es un sensible en fait, s’amusa le vert.

- Alors toi...

Et il se jeta sur le cou d’Izuku qui bascula la tête en arrière , appréciant la tension qui reprit place dans son aine petit à petit sous ses baisers. C’était fou, il n’avait jamais éprouvé autant de désir pour quelqu’un, et ce n’était seulement qu’un baiser.

- T’es sûr ? redemanda Katsuki après quelques instants.

- Plus que sûr.

- Alors viens, dit-il en se relevant.

Il lui tendit la main et ensemble prirent la direction de la chambre.

Cette nuit-là, Izuku passa la plus magique et sensuelle de ses nuits. Katsuki lui fit oublier tous les mauvais souvenirs de ses nuits avec son ex pour les remplacer par de merveilleux avec lui. Sous les caresses tantôt tendres tantôt plus brutales, sans jamais être agressives, d’un Katsuki patient et aimant, il se perdit dans les méandres d’un plaisir incroyable et époustouflant.

Et, sans le savoir mais tout en l’espérant, cette nuit devint la première d’une très longue liste de nuits, ainsi que de jours et d’années, passés ensemble.

FIN.