Chapter 1
Avertissement : ce livre contient des scènes de violences, de dépressions, suicide .
Célia
C’est bon, j’ai été choisie avec 5 autres filles pour participer à leur chantier de jeunes pour rénover les châteaux de la Loire. Bordel, j’ai qu’une hâte, arriver et repartir !!!
Tout dans ma tête est déjà établi, et surtout, même si j’y vais avec une fille de ma chambrée, je fais bande à part. Je n’ai parlé de mon plan d’évasion à personne.
Je compte me faire sage comme une image durant quelques jours, enfin je vais essayer, juste histoire de les laisser croire que je ne risque pas de m’enfuir. Et dès que possible, « tchao Célia » et à moi l’Angleterre.
J’ai de la famille en Angleterre, enfin presque de la famille. C’est l’ex de ma mère. Il est resté en mauvais termes avec ma saleté de mère, mais avec moi, non. Il m’écrit même et m’a toujours dit et redit que je pouvais venir quand je voulais. Et là, je le veux !
Je n’ai pas connus mon père, je me demande même parfois si ma mère l’a connut plus d’une fois, bref, Bryan, cet anglais qu’elle avait rencontrer sur un site de rencontre a fait office de père pendant pratiquement cinq ans, je l’aimais bien, et puis il est repartit dans son pays ;
On est partis un samedi matin pour le château en question. Je m’attendais à trouver une vieille ruine, mais non, il y avait un grand château. On a même roulé sur un pont-levis.
j'avoue que parfois, je suis étonné de voir qu'une simple connerie comme roulé sur un putain de pont levis me rend comme une gamine !
On était six a être choisie pour participer à ces « vacances » comme ils disaient !
Avant de partir, on nous a tous mis des bracelets électroniques à la cheville. Ça, je n’y avais pas pensé, mais en regardant sur YouTube, je trouverais bien un moyen de l’enlever, de le couper.
Faut juste que je trouve un ordi ou qu’on me prête un portable, Enfin, on verra, ce n’est pas ce qui m’inquiétait le plus.
On est arrivés le matin vers dix heures. On a traversé la cour dans un mini-van et on s’est retrouvées toutes les six dans une grande pièce du château, ce qui a première vu ressemblait à un réfectoire vu les grandes tables alignées.
On a dû rester debout en attendant que le maître des lieux vienne nous casser les bonbons avec un discours de bienvenue, discours d’hypocrite.
Le maître des lieux n’était pas là, et c’est le chef de chantier, un homme d’une cinquantaine d’années avec une barbe grisonnante et des lunettes rondes, qui entra dans le réfectoire. Il avait l’air sévère, mais son sourire forcé trahissait une tentative de paraître accueillant.
— Bienvenue à toutes, commença-t-il d’une voix grave.
— Je suis Monsieur Dupont, le responsable de ce chantier de jeunes. Vous avez été sélectionnées pour participer à la rénovation de ce magnifique château. C’est une opportunité unique pour vous de contribuer à la préservation de notre patrimoine tout en apprenant des compétences précieuses.
Je levai les yeux au ciel intérieurement. Des compétences précieuses, tu parles. Tout ce que je voulais, c’était trouver un moyen de me barrer d’ici.
— Vous allez être logées dans les chambres à l’étage, continua-t-il.
— Les repas seront servis ici, dans le réfectoire. 7 heures midi et 18h30, les lever ont lieu à 5h45 et couché à 21 heures, vous aurez des tâches spécifiques chaque jour, et je m’attends à ce que vous les accomplissiez avec sérieux et diligence.
Il nous regarda une par une, comme pour s’assurer que nous avions bien compris. Je soutins son regard, essayant de ne pas montrer mon mépris.
— Et pour ceux qui pensent pouvoir s’échapper, ajouta-t-il en jetant un coup d’œil à nos bracelets électroniques, « sachez que ces dispositifs sont équipés de GPS et d’alarmes. Si vous tentez de les enlever ou de quitter le périmètre autorisé, les autorités seront immédiatement alertées.
Je serrai les dents. Ça allait être plus compliqué que prévu, mais je n’allais pas me laisser décourager. Il devait bien y avoir un moyen de contourner ces bracelets.
Après le discours, on nous conduisit à nos chambres. Elles étaient spartiates, avec des lits superposés et des murs en pierre. Je choisis un lit en hauteur, espérant avoir un peu plus d’intimité. Les autres filles semblaient aussi tendues que moi, mais personne ne parlait beaucoup.
À peine installé, le travail devait commencer. C’était clair que ce n’était pas des vacances. J’avais l’impression d’être à Sing-Sing !
Les travaux forcés sous la chaleur étouffante d’un été caniculaire.
Je transpirais comme un porc, et décidai de me reposer quelques instants, je regardais les garçons, ça semblait crier de leur côté.
Heureusement que j’avais revêtu de vieilles fringues car en plus d’être pénible, le travail était salissant.
Aucune de mes congénères ne se plaignait et prenait leur travail a cœur, mais c’était le premier jour aussi, les premiers heures ! chacune analysait la situation avant de montrer sa vraie personnalité !
On nous distribua plusieurs fois des verres d’eau ! il faisait plus que chaud . Mais qu'est ce que j'étais venu foutre ici !
Un peu plus loin, d’autres jeunes gens, qualifiés de délinquants comme nous, mais des garçons, pour la force c’est mieux travaillait torse nue, le spectacle n'étais pas laid !
L’un d’eux semblait faire des siennes. Je regardais sans bouger, lorsque je vis un homme mettre un grand coup de poing dans la tronche du jeune homme.
Ce dernier vola presque en arrière. Je me mis à rire, jusqu’à ce que l’homme en question tourne le regard vers moi.
Merde, il m'avait entendus !
Mon sourire avait envie de fuir, mais j’étais bien trop fière pour cesser de rire devant qui que ce soit.
D’un geste, il me fit comprendre qu’il m’avait à l’œil. Je lui répondis en lui faisant un clin d’œil et il se mit à rire à son tour.
— Hé, tu bosses où tu dors ! cria le chef de chantier en s’approchant de moi.
Je tournai la tête vers lui. Ce vieux con venait de me crier dans les oreilles.
— Je bosse, je bosse, répondis-je en soupirant.
Il me jeta un regard noir auquel je répondit en le regardant sans cligner des yeux, il ne me faisait pas peur ce vieux !
Je regardais discrètement ce qui se passait autour de moi et c’est la que je vis des gardiens du foyer que je n’avais pas remarqué avant.
Liana et Benoit, tous deux avaient la cinquantaine ! ILS étaient là pour nous surveiller !
Je poursuivis mon travail. On devait déplacer des tas de pierres du point A au point B. Puis une femme arriva avec un homme, elle portait deux grands sacs ;
–Pique-nique ce midi, tout le monde s’arrêta de travailler.
On nous força a aller nous asseoir sur la pelouse, a l’ombre du château Aucune de nous ne se fit prière pour aller s’asseoir et se reposer un peu. J’espérais seulement pouvoir me relever après avoir mangé :
j'étais poussiéreuse, j'avais chopé des coups de soleil, j'étais là depuis quelques heures que déjà je regrettais !
On nous avait vendu du rêve et j'étais en enfer !
On nous fila un sandwich, un paquet de chips tout minuscule et une pomme verte et une bouteille d'eau d'un litre.
— Tu sais qui a acheté ce château ? demandai je à une des filles qui travaillait à côté de moi.
— Un Polonais, apparemment, répondit-elle sans lever les yeux de son sandwich..
— Comme s’il ne pouvait pas acheter chez eux, marmonnai je. Enfin, ça se trouve, il n’y a pas de château là-bas !
— C’est la première année qu’il ouvre ses portes à des jeunes comme nous, ajouta-t-elle. En échange de nourriture et d’un peu d’argent, il nous prend pour faire du boulot d’ouvrier qualifié.
— Pas bête, l’animal ! dis-je en riant.
Les repas se faisaient dans un silence mortel, les filles d’un côté, les garçons de l’autre. Nous étions en tout 18 sur ce projet : 12 garçons et 6 filles. Les filles logeaient au premier étage, en face du bureau du Polonais, et les garçons avaient un dortoir qui avait été installé dans une ancienne salle de bal au rez-de-chaussée.
— Vous avez vu les chambres ? demandai je à une autre fille pendant le repas.
— Ouais, c’est spartiate, mais au moins on a un lit, répondit-elle en haussant les épaules.
— Et les garçons, ils dorment où ? demandai-je en regardant vers leur table.
— Dans une ancienne salle de bal au rez-de-chaussée, dit-elle en mâchant sa nourriture.
— Ça doit être sympa, dis-je sarcastiquement.
— Sympa ou pas, on est là pour bosser, répliqua-t-elle.
— Comment tu sais tout ça ? demandai-je, curieuse.
— J’ai parlé avec un des garçons, ils sont arrivés a la mi-juin , répondit-elle. Il m’a dit que le Polonais était un type correct, mais qu’il ne fallait pas le chercher. Il a aussi dit que le travail était dur, mais que ça valait le coup pour l’argent et la nourriture. Qu’en prime ca pouvait jouer pour une éventuelle remise de peine !
-Que du bonheur !
Dis-je moqueusement !
-Silence !
Le chef de chantier tapa dans ses mains et nous regarda
-Le prochain coup, votre repas est fini !
On s’est regardé avec les copines et plus personne n’a parlé ;
Je hochai la tête, sachant que je devais me faire discrète pour pouvoir m’échapper plus tard. Mais pour l’instant, je devais jouer le jeu et faire semblant de m’intégrer.
Le repas durait trente minutes, ensuite nous devions aller nous doucher, nous brosser les dents et nous mettre au lit pour attendre l’extinction des feux à 21 h.
On nous avait conduits dans une bibliothèque pour choisir un livre à lire en attendant l’extinction des feux, le repas et la douche terminés.
Heu, j’ai une tête à lire, moi ? En plus, que de la merde, de la lecture de vieux !
Il était interdit de se lever la nuit, même pour aller pisser, ou alors il allait appeler un garde pour qu’il nous y emmène.
Les lumières se sont éteintes, et je me suis relevé quand j’ai entendu mes camarades ronfler. Je n’ai pas enfilé mes chaussures.
J’ai regardé le bracelet, il clignotait ! Allait-il sonner si je m’éloignais de la chambre ? Je n’en savais rien, alors j’allais tester.
Je suis sorti de ma chambre sur la pointe des pieds. Le noir était un peu inquiétant. Le bureau du Polonais était en face, et tant mieux, car c’était exactement où je voulais aller. J’avais besoin de connexion internet pour chercher une solution à mon problème de bracelet !
Fuir, oui, mais être retrouvée, non !