Lost And Found

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Summary

Rose Ravens, une adolescente attachée à sa petite vie tranquille, voit son monde basculer lorsqu'elle apprend qu'elle doit déménager à Londres. Loin de la campagne paisible où elle a grandi, la perspective de s'installer dans une grande ville l'effraie. Arrivée à Londres, Rose se sent complètement dépaysée. L'agitation urbaine, les visages inconnus et l'immensité de la ville l'étouffent. Elle se réfugie dans ses livres, cherchant à échapper à cette nouvelle réalité. C'est alors qu'elle fait la connaissance d'Angelina Deytlish, une fille excentrique et pleine de vie, et de James Howard, un garçon mystérieux et réservé. Ces deux nouveaux amis vont progressivement l'aider à s'intégrer et à découvrir les mille et une facettes de Londres.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1

Le carton glissa de mes mains, s’écrasant au sol avec un bruit sourd. Des livres, des vêtements, des souvenirs s'éparpillèrent en un joyeux désordre. Ma chambre, autrefois refuge paisible, ressemblait maintenant à un champ de bataille. Les cartons s'empilaient jusqu'au plafond, prêts à être chargés dans le camion. Londres m'attendait, impassible, à l'autre bout du pays. Et moi, je me sentais minuscule, insignifiante, face à ce bouleversement.Mes doigts effleurèrent la couverture usée de mon livre préféré. Des milliers d'aventures l'avaient traversé, des rires aux larmes. Le quitter, c'était comme abandonner une partie de moi-même. « Tu vas t'en faire des amis à Londres », avait dit Maman, sa voix pleine de bonne volonté. Mais comment pouvais-je être sûre ? J'avais toujours été la fille timide, celle qui préférait les livres aux personnes. Je me laissai glisser au sol, adossée à mon lit. Les murs, autrefois tapissés de posters de mes groupes préférés, semblaient maintenant vides, froids. Je fermai les yeux, essayant d'imaginer ma nouvelle vie. Une vie loin de ma chambre, de mon école, de mes amis. Une vie où je ne connaîtrais personne. Un frisson me parcourut l'échine. Et si je n'arrivais pas à m'intégrer ? Et si je restais toujours cette étrangère, cette fille avec ses livres et ses rêves ?

Un bruit de clés dans la serrure me tira de mes pensées. Maman entra, un sourire un peu forcé aux lèvres. "Prête pour l'aventure ?" me demanda-t-elle. J'hochai la tête, mais à l'intérieur, je me sentais plus perdue que jamais.

En serrant mon livre préféré contre moi, je suivis ma mère vers la porte. Derrière moi, ma chambre, mon cocon, disparaissait lentement sous les couvertures des cartons. Je respirai un grand coup. Londres m'attendait, avec ses mystères, ses défis, et peut-être, qui sait, de nouvelles amitiés. Je refermai la porte, laissant derrière moi une partie de mon passé, prête à écrire un nouveau chapitre de mon histoire.

Je ramassai le livre avec précaution, comme si c'était un trésor fragile, et le serrai contre ma poitrine. Un léger parfum de pages anciennes et de souvenirs me réconforta un instant. Je regardai autour de moi, cherchant des traces de ce qui avait été ma vie jusqu'à présent. Chaque objet avait une histoire, chaque coin de la pièce gardait un souvenir.


« Ça va aller », je murmurai pour moi-même, même si je n’en croyais pas un mot. Un léger sourire étira mes lèvres alors que je me souvenais de mes amis, des après-midis passés à rire ensemble, des secrets chuchotés sous les étoiles. Comment pourrais-je recréer cela dans un endroit aussi immense et inconnu que Londres ?


Je posai le livre dans un carton étiqueté "Précieux" et me redressai. Il restait encore tant à faire, mais j'avais besoin de prendre une pause. Je me dirigeai vers la fenêtre, l'ouvrant pour laisser entrer un peu d'air frais. La brise caressa mon visage, emportant avec elle mes doutes, ne serait-ce que pour un instant.


Au loin, j'entendis le camion de déménagement arriver. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. C'était réel, tout devenait soudainement réel. La porte de ma chambre s'ouvrit brusquement, laissant apparaître ma mère, un sourire encourageant sur les lèvres.


« Prête pour une nouvelle aventure ? » demanda-t-elle avec une lueur d’espoir dans les yeux.


Je pris une grande inspiration et, contre toute attente, me surpris à hocher la tête. Peut-être que cette nouvelle aventure serait l’occasion de découvrir une partie de moi-même que j’ignorais encore. Peut-être qu’au-delà de la peur, il y avait quelque chose d’encore plus excitant à découvrir.

Avec un dernier regard à ma chambre, je pris le carton "Précieux" et le suivis en bas. Chaque pas résonnait comme une note de musique triste, un adieu silencieux à tout ce que je connaissais. Le salon était déjà vide, les meubles emportés par les déménageurs. Papa parlait avec un des gars du camion, les mains pleines de poussière et un air sérieux sur le visage. Maman s'activait à finir les derniers préparatifs, s'assurant que rien n'avait été oublié.


Je déposai le carton près de la porte et regardai autour de moi. La maison, si pleine de vie quelques jours plus tôt, semblait maintenant presque étrangère. Une coquille vide.


« Allez, chérie, il est temps de partir, » dit Papa en posant une main sur mon épaule. Je hochai la tête, incapable de trouver les mots. On se dirigea vers la voiture, mes pieds traînant un peu plus à chaque pas. Je grimpai à l'arrière et jetai un dernier coup d'œil à la maison.


Les déménageurs terminaient de charger les derniers cartons, le camion prêt à partir. Maman monta à côté de moi, me prenant la main. « Ça va aller, tu verras, » murmura-t-elle. Mais alors que la voiture démarrait, s'éloignant de la maison et de tout ce que je connaissais, un nœud se forma dans mon estomac.


Les rues familières défilèrent devant mes yeux, chaque coin, chaque arbre, chaque magasin réveillant des souvenirs. L'école, le parc, la librairie où j'avais passé tant d'heures... Tout semblait crier "au revoir" tandis que nous roulions vers l'inconnu.


Soudain, mon téléphone vibra dans ma poche. Je le sortis et vis un message de Clara, ma meilleure amie : « Tu vas me manquer tellement ! Promets-moi qu’on se verra bientôt. »


Les larmes montèrent à mes yeux, brouillant l'écran. Je tapai une réponse rapide : « Promis. Londres, ce n’est pas si loin, pas vrai ? » Avant d’ajouter un cœur pour souligner mes mots.


Le voyage se déroula en silence, chacun de nous perdu dans ses pensées. La campagne s’étendait à perte de vue, comme un océan de verdure, jusqu’à ce que les premières lueurs de la ville apparaissent à l’horizon. Les gratte-ciel se dessinaient contre le ciel gris, comme des géants silencieux. Londres. Mon nouveau chez-moi.


Le cœur battant, je serrai plus fort la main de ma mère. Elle me sourit, et pour la première fois de la journée, je ressentis une étincelle d'excitation. Une nouvelle ville, une nouvelle vie, une chance de tout recommencer. Peut-être que Londres avait quelque chose de magique à offrir, quelque chose qui attendait d'être découvert.

La voiture s’arrêta devant notre nouvelle maison, un petit immeuble de briques rouges avec une porte bleue. Ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. C’était plus petit, plus serré, mais il y avait quelque chose de charmant, presque accueillant.


Les déménageurs commencèrent à décharger les cartons pendant que nous montions les escaliers. Maman ouvrit la porte, et je découvris notre appartement : une grande pièce avec des fenêtres qui laissaient entrer la lumière du jour, un petit couloir menant aux chambres, et une cuisine ouverte. Tout était vide pour l’instant, mais j’arrivais déjà à imaginer comment cela deviendrait notre nouveau chez-nous.


Je déposai mon carton "Précieux" dans ma chambre et m’assis sur le lit. La pièce était plus petite que mon ancienne chambre, mais elle avait une vue sur la rue, avec des arbres qui bordaient le trottoir. En face, un parc. « C’est pas si mal, » pensai-je en regardant par la fenêtre. Il y avait des enfants qui jouaient, des gens qui promenaient leurs chiens. La vie continuait, même ici, loin de tout ce que je connaissais.


Un coup à la porte me sortit de mes pensées. Maman apparut avec un sourire fatigué. « Tu veux m’aider à déballer ? » demanda-t-elle. J’acquiesçai et la suivis dans le salon. On ouvrit les cartons, en sortant des cadres, des livres, des objets qui rappelaient la maison qu’on venait de quitter. Chaque chose trouvait sa place, petit à petit.


Alors que je sortais un cadre photo, je tombai sur une vieille photo de Clara et moi, prises lors de notre premier jour à l’école. Nos sourires étaient immenses, nos mains entrelacées. Une vague de nostalgie me submergea. « Tu sais, » commençai-je en montrant la photo à Maman, « Clara et moi, on se disait toujours qu’on ferait tout ensemble. Comment je vais faire sans elle ? »


Maman posa une main sur mon épaule. « Les vraies amitiés ne disparaissent pas avec la distance. Tu te feras de nouveaux amis ici, mais Clara restera toujours ta meilleure amie. C’est ça, la magie des vrais amis. »


Je souris, touchée par ses mots. Peut-être avait-elle raison. Peut-être que Londres n’était pas une fin, mais un nouveau départ. Un battement de cœur plus tard, la sonnette retentit, me faisant sursauter. Maman alla ouvrir la porte, et une voix inconnue résonna dans l’entrée.


Je m’avançai, curieuse. Une jeune fille d’environ mon âge se tenait là, souriante, avec des cheveux blonds en bataille et un air confiant. « Salut, je suis Lucy, ta voisine. Je me suis dit que tu aimerais peut-être faire un tour du quartier ? » proposa-t-elle, son accent anglais chantant dans l’air.


Surprise, je ne savais pas quoi dire. Mais en regardant son sourire amical, je sentis mes peurs s’évanouir un peu. Peut-être que ce déménagement n’allait pas être aussi terrible que je le pensais. Peut-être que Londres avait déjà commencé à dévoiler ses secrets. Je hochai timidement la tête en souriant à Lucy, mais au fond de moi, la perspective de rencontrer quelqu’un de nouveau m’angoissait un peu. « Peut-être une autre fois, » dis-je doucement. Lucy, compréhensive, hocha la tête. « Pas de souci, je suis juste à côté si tu changes d’avis, » dit-elle avant de s’éclipser.


Je fermai la porte, un soupir de soulagement s’échappant de mes lèvres. Je n’étais pas prête. Pas encore. Ce déménagement m’avait déjà épuisée émotionnellement, et l’idée de devoir me socialiser tout de suite était trop pour moi. Je retournai dans ma chambre, cherchant du réconfort dans mon carton "Précieux". En fouillant à l'intérieur, je trouvai un vieux carnet de croquis que j’aimais tant. Je m'assis sur le lit, ouvris le carnet et laissai mon crayon danser sur le papier.


Chaque trait apaisait mon esprit, chaque dessin m'offrait une évasion bienvenue. Je dessinais des paysages fantastiques, des créatures imaginaires, des endroits où j'aurais aimé me cacher. Mon imagination débordante me transportait loin de Londres, loin de mes inquiétudes. Ici, dans mon monde de papier, je me sentais en sécurité, à l'abri des attentes et des changements.


Les heures passèrent, et la lumière du jour déclina, mais je ne remarquai rien. Plongée dans mon univers, j’oubliais tout le reste. Ma mère m’appela pour le dîner, mais même alors, je restai dans mon silence, absorbée par mes pensées.


Assise à la table, j'écoutais distraitement mes parents discuter de leurs plans pour explorer la ville, de ce qu'ils allaient faire ce week-end. Je hochai la tête aux bons moments, souriant de temps en temps, mais mon esprit était ailleurs. Les changements me pesaient, mais je savais que je trouverais un moyen de m’adapter, à ma manière. Pour l'instant, j'avais mes livres, mon carnet de croquis, et c'était suffisant.