Neo Life by PierrotNovels at Inkitt
Customize readability
Aa

Neo-Life

All Rights Reserved ©

Summary

2245. Marlon, un jeune homme à la santé chétive, voit ce qui lui est le plus cher arraché d’une horrible manière. S’échappant dans le monde virtuel pour survivre, il veut se venger. Une IA partageant un désir de vengeance avec Marlon lui proposera un marché : l’aider à gagner un pari afin d’obtenir leur vengeance à tous deux. Sauf que lorsque la magie et la mort s'en mêlent, tout est chamboulé, et l'épopée de Marlon s'annonce longue et tumultueuse...

Status
Ongoing
Chapters
10
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

Dans les rues du vieil Annecy, le soleil ne parvenait pas à transpercer les couches nuageuses dues à la pollution intense qui avait pris une place permanente dans le ciel de 2245.

L’on pouvait voir les nombreux véhicules volants circuler le long des couloirs aériens dédiés, ignorant la misère et la crasse des basses rues pour se diriger vers les ilots atmosphériques des plus fortunés ou simplement pour transporter les diverses marchandises manufacturées vers d’autres villes.

Presque tous ces véhicules étaient conduits par des androïdes, ou par des IA dont le rôle était de débarrasser l’humanité des tâches superflues et épuisantes, et la stridulation des moteurs à pile nucléaire résonnait à des centaines de mètres alentours.

Dans les rues de la ville, qui ressemblaient plus à un ghetto sordide qu’à une ancienne métropole d’un pays déchu nommé France, déambulaient des hommes et des femmes pour la plupart drogués ou alcoolisés, riant aux éclats ou bien hurlant au viol, suivant les quartiers et les humeurs.

Des androïdes de service circulaient dans les rues propres qui contrastaient étonnamment avec l’état des bâtiments et des gens.

Les murs étaient sales, tous recouverts d’affiches dépeignant tel ou tel spectacle sexuel ou de combat, des morceaux de moellons manquants dans les structures résidentielles et montrant parfois l’intérieur de squats délabrés où plusieurs familles pouvaient s’entasser et se serrer pour survivre aux nuits glaciales qui parfois régnaient sur cette région.

L’on pouvait apercevoir par-delà la brume de pollution un cratère géant longeant la ville et faisant plusieurs dizaines de kilomètres de superficie. C’était autrefois un lac, plusieurs siècles auparavant, avant la Grande Sécheresse, mais maintenant c’était devenu une énième zone résidentielle pour tous ceux qui n’avaient pas les moyens de se payer un squat dans le centre-ville.

Car il fallait comprendre que même si la ville était un ghetto de taille géante, elle était tout de même composée de plusieurs niveaux de pauvreté.

Plus l’on se rapprochait du centre, plus les androïdes étaient présents et entretenaient la zone, la maintenant dans un état de fonctionnement plutôt correct comparé à ce que l’on pouvait voir dans le Cratère.

Des prostituées, des repris de justice, des affamés, tous se mélangeaient et se battaient ou copulaient sous l’influence des drogues de synthèse que le gouvernement impérial fournissait à tous les citoyens qui en désiraient.

Dans une des ruelles menant vers ce fameux centre, un jeune homme était en train de se faire tabasser copieusement, le bruit sourd des coups venant frapper ses côtes se perdant dans le brouhaha de débauche qui prenait place toutes les nuits et même certains jours dans le Vieil-Annecy.

Des loques à forme humaine passaient devant la ruelle et voyaient le jeune adulte se faire violenter, mais aucun n’en avait cure, trop défoncés ou malheureux pour se soucier des autres.

Après tout, il ne serait qu’un corps de plus retrouvé au petit matin par les androïdes de nettoyage, comme l’on pouvait en voir des dizaine tous les jours.

Le garçon, Marlon, était en position fœtale et tentait par tous les moyens de minimiser les impacts de coup de pieds que son tortionnaire continuait à lui envoyer à chaque instant.

Un mauvais coup avait ouvert son arcade sourcilière droite et le sang coulant abondamment avait imbibé sa chevelure longue et de couleur châtain, formant une petite flaque sombre sur le sol bétonné de la ruelle, de laquelle émanait des remugles d’urine rance et d’ordures en décomposition.

Il serrait contre lui son précieux butin, les lèvres serrées, prêt à endurer toutes les douleurs du monde pour le conserver et le ramener à la seule personne qui comptait réellement pour lui sur cette Terre.

De petit boulot en petit boulot, il lui avait fallu trois mois pour économiser suffisamment pour pouvoir l’acheter au magasin de vivres impérial.

Trois mois de dur labeur, de sueurs, de douleurs intenables, pour pouvoir se l’offrir.

Et au moment où il put enfin réaliser son objectif, un Cramé, un de ces types tellement défoncé par les drogues de synthèse qu’il n’a plus d’humain que l’apparence, décida qu’il voulait racketter le petit jeune qui sortait heureux du magasin.

Rien à foutre.

Il tiendra, quel que soit le prix à payer.

Ce n’est pas comme si la vie l’avait gâté, après tout.

Malnutrition, malformations, problèmes cardiaques…Marlon n’avait pas grand-chose pour lui, si ce n’était son visage parfaitement symétrique et ses grands yeux aux reflets bleu violacé, et tout ce qu’il avait jamais eu, c’était en se battant ou bien grâce à elle.

« Donne-moi ce putain de sac, allez, j’veux pas tuer un gosse ! Mais si tu m’y pousses, t’iras t’plaindre à c’putain d’bon dieu qui nous a fourgués cette vie d’merde ! HHAHAHAHHAHHA !!! »

Tous les trois ou quatre mots un nouveau coup de pied venait frapper la chair de Marlon, et si ce n’avait été la masse musculaire du Cramé totalement atrophiée par les drogues, il serait surement déjà mort sous les impacts répétés.

Il conserva sa position aussi fermement qu’il le pouvait, ignorant la douleur, ignorant la peur, comme il avait dû le faire à de bien trop nombreuses reprises pour un garçon de son âge, à peine majeur.

Il se concentra sur les substances graisseuses qui se collaient à son visage, au goût du sang dans sa bouche, aux remugles immondes de la cité qui venaient chatouiller ses narines insensibles à cause de l’habitude

Il pouvait tenir. Tant qu’il ne perdait pas conscience, il pouvait tenir.

Il couvrait sa tête avec ses mains, les genoux repliés sur son ventre, le sac bien protégé contre son estomac, les dents serrées au point de faire saigner ses gencives.

Dix-sept coups.

Dix-huit.

Et toujours pas un cri n’était sorti de sa bouche.

Le Cramé se fatiguait de plus en plus. On pouvait entendre sa respiration laborieuse par-dessus le son de la musique électronique qui jouait non loin de là, les rires scabreux de quelques gros porcs bedonnants pelotant de la petite minette droguée se rajoutant au capharnaüm nocturne de la ville.

« PUTAIN ! PUTAIN PUTAIN PUTAIN PUTAIN MAIS TU VAS LACHER BORDEL DE MERDE !!!!! »

Le Cramé dut s’appuyer contre un mur pour ne pas perdre l’équilibre alors que des vertiges commençaient à l’assaillir de plus en plus violemment, puis il insulta copieusement le garçon en ramassant une bouteille au sol, ou du moins ce qu’il en restait.

« Tant pis, j’vais t’saigner, p’tit batard ! »

Des bruits mécaniques s’élevèrent dans la ruelle, mais le garçon ne se risqua pas à regarder, sachant qu’il était sur le point d’être poignardé par le Cramé, si le bruit crissant qu’il avait entendu était bien le tesson brisé à côté duquel il était tombé quelques minutes auparavant quand il s’était fait bousculer par ce connard.

Mais alors qu’une certaine forme de résignation commençait à se former en son cœur, une voix métallique et dépourvue de timbre résonna juste au-dessus de lui, accompagné d’une lueur rouge.

« Citoyen 12BR467-CY, vous êtes sur le point de commettre une infraction caractérisée envers le Citoyen 003287GT-FD. Les drones d’intervention sont prévenus et devraient être sur place dans quinze secondes. »

Marlon leva finalement la tête en entendant la phrase déclamée comme une sentence et ne put s’empêcher de relâcher un soupir bruyant et sanglotant en voyant le drone de patrouille le survoler, deux mètres au-dessus du sol, son capteur optique balayant le Cramé et le jeune homme en alternance sans discontinuer.

Le Cramé, sachant très bien que s’il se faisait attraper par les drones d’intervention il serait envoyé dans les mines pour y crever, se mit à courir aussi vite que son frêle corps le permettait, lâchant le tesson qui tinta à plusieurs reprises alors qu’il rebondissait sur le béton sans se briser.

En quelques secondes, le cauchemar de Marlon était terminé. Mais cela ne voulait pas dire qu’il était tranquille pour autant. Il connaissait les drones un peu trop bien. Et la phrase suivante lui donna raison.

« Citoyen 003287GT-FD, la rue ne peut être utilisée comme lieu de repos par les humains et les animaux. Vous êtes priés de libérer l’espace public sous peine de voir les drones d’intervention venir. Il vous reste une minute avant que votre présence prolongée ne soit considérée comme un délit d’entrave. Merci de votre collaboration. »

Putains de machines. Putain de monde. Vive 2245.

Marlon se redressa doucement, des grognements de douleur s’échappant de ses lèvres alors que les côtes durement frappées par le Cramé se rappelaient à son doux souvenir.

Il les tâta d’une main et fut content de constater qu’aucun os n’était brisé. Cela aurait été un véritable problème. Il n’avait pas les moyens d’aller se faire soigner à la clinique, et l’hôpital public était à peine mieux qu’une déchetterie publique.

Il vérifia l’intérieur du sac qu’il avait serré avec tant de ferveur contre lui et fut soulagé de voir que son contenu était toujours intact, malgré le traitement qu’il avait subi.

Il s’aida du mur crasseux lui faisant face pour se redresser, doucement, mais sans traîner, le drone d’entretien toujours présent pour vérifier qu’il vidait bien les lieux. Il s’essuya les mains sur ses vêtements déjà sale.

Il jeta un œil vers lui et fronça les sourcils à la vue de l’outil technologique qui lui faisait face.

Ce putain de robot flottant était plus perfectionné et valait plus cher que tout ce qu’il avait jamais tenu dans ses mains, et il ne servait qu’à nettoyer les rues. Couvert d’une peinture noire brillant sous le reflet des lampadaires, un matricule était visible sur chaque face de sa structure, et un capteur optique était visible sur le dessous de sa coque, tel un télescope inversé. Un sifflement léger provenait de son moteur, et de temps à autre, on pouvait deviner un cliquetis, dû à il ne savait quel mécanisme.

Par ondes soniques, ou thermiques, il ne savait pas trop, ce truc parvenait à décrasser le sol des rues, mais rien de plus. Ce qu’il savait aussi, c’est que ce condensé de technologie pouvait très bien vous désintégrer en quelques secondes si on s’en prenait à lui.

Heureusement, à part les drones d’intervention, tous les mécanoïdes ne pouvaient pas s’en prendre directement aux humains. Enfin, plus maintenant. Pas depuis la BRIDE.

Mais de temps en temps, il y avait des bugs, ou des drones piratés. Et ça devenait toujours moche quand ça se produisait…des morts, des bâtiments détruits, des humains transformés en poussière…

Marlon commença à marcher doucement dans la ruelle, s’enfonçant vers le cœur de la vieille ville, jetant un coup d’œil par-dessus son épaule et vérifiant que le drone se barrait bien, et c’est ce qu’il fit.

Il ignora la douleur de ses côtes, celle de son cœur défaillant dont les battements n’étaient pas des plus réguliers, et il avança, pas à pas, s’appuyant contre les barrières ou les murs autant qu’il le pouvait.

Sortant de la ruelle, il retrouva le chemin familier de sa maison, ou du moins ce qui lui servait d’habitation, et il ignora les appels familiers des catins, humaines ou androïdes, qui l’appelaient avec des voix suaves, lui décrivant par le menu ce qu’elles pourraient lui faire et pour combien de crédits.

Certaines humaines avaient des augmentations cybernétiques, certaines androïdes des implantations humanoïdes. Ce monde était un vrai asile de fous.

Il ne put s’empêcher de jeter un regard rêveur vers le ciel couvert, en direction des ilots où les riches vivaient , en dehors de la pollution, en dehors de tout ce zoo.

Il ne se faisait pas d’illusions. Il ne pourrait jamais arriver là-bas. Mais d’autres solutions existaient…

Il arriva dans le quartier où il résidait, et les murs étaient moins sales, l’ambiance du quartier un peu moins insalubre que dans le reste de la cité. Celle qui comptait tant pour lui avait tout sacrifié, jusqu’à son corps, pour pouvoir le faire vivre en dehors des bas-taudis.

Ils vivaient dans un deux pièces, petit et miteux, sans extérieur, mais c’était bien mieux que les neuf dixièmes de la population de la ville.

Il avait accepté ce qu’elle était et ce que cela entrainait pour tous les deux. Il enrageait juste de ne pas pouvoir faire plus. De ne pas pouvoir la sauver à son tour.

Mais avec le corps défectueux qu’il possédait, il n’avait pas de solutions immédiates.

Il arriva en bas de l’immeuble et alors qu’il allait ouvrir la porte, un homme de forte corpulence en sortit, la veste sur l’épaule, un sourire béat sur le visage. Son visage rond et rubicond était gras, tout comme l’entièreté du personnage.

Marlon le reconnut, pour l’avoir vu plusieurs fois sortir de chez lui. Et l’homme sembla aussi le remettre, lui faisant un clin d’œil alors qu’il glissait un billet de cinq crédits dans sa main libre.

« Héhé, salut garçon. C’est toujours un plaisir de venir ici… »

Marlon ne répondit rien, le laissant s’éloigner en sifflotant un vieil air de musique connu, mais il ne put s’empêcher de ressentir une forme de colère alors que l’homme venait surement de se fai…

Il secoua la tête, chassant ces pensées négatives. Il n’y pouvait rien, et ce type ne faisait pas partie des pires. Il y en avait d’autres, pour ça…et il ne reprochait rien à personne. Elle faisait ce qu’il fallait pour survivre, rien d’autre.

Il rentra dans l’immeuble, et monta au premier étage, évitant la marche cassée sur laquelle il s’était rétamé tant de fois.

Une odeur de propre régnait dans la cage d’escalier, et il inspira un grand coup, profitant de ce changement olfactif si agréable comparé à la ville où tout n’était que pestilence. Il toqua à la porte de l’appartement huit, et attendit qu’on vienne lui ouvrir.

Il ne fallut que quelques secondes pour qu’une femme blonde, dans la quarantaine, sublime que cela soit par ses courbes ou son regard de braise, ne vienne lui ouvrir. Elle portait une chemise de nuit légère qui laissait deviner des sous-vêtements noirs et sexy, portés surement pour le type qui venait de sortir de l’immeuble.

Un air choqué prit place sur son visage d’ange alors qu’elle vit le jeune homme sur le palier de la porte. Ses yeux s’écarquillèrent et sa bouche s’ouvrit en un ‘O’ apeuré.

« Marlon ! Qu’est ce qui s’est passé, chéri ? Tu t’es encore battu ? Rentre vite ! Je veux voir ça de plus près… »

Mais Marlon l’interrompit en tendant le sac en plastique devant lui, un grand sourire venant décorer son visage bleui par les coups et crasseux à cause de la poussière présente dans l’air de la ville.

« Que…qu’est-ce que… »

La femme sortit du sac deux sphères de couleur orange, une odeur fruitée et puissante s’élevant de sac alors qu’elle les portait à son nez.

« Des mandarines ?!? Mais comment as-tu eu ça ?!? On n’en trouve quasiment plus !»

Les yeux du garçon se mirent à briller, comme s’il avait replongé en enfance. Il savait qu’elle adorait ce fruit, et il avait travaillé si dur pour lui offrir.

Il maudissait cette existence, presque prêt à tout pour pouvoir y échapper, mais les petits instants de bonheur comme celui-là valaient tout l’or du monde.

« Je voulais te faire la surprise, maman… »

Let PierrotNovels know what you thought about this chapter!
Love this

0

Love this

Funny

0

Funny

Spicy

0

Spicy

Suspenseful

0

Suspenseful

Emotional

0

Emotional

Profound

0

Profound

Heartwarming

0

Heartwarming

Shocking

0

Shocking

Good Writing

0

Good Writing

Compelling Plot

0

Compelling Plot

Great Character

0

Great Character

Strong Dialog

0

Strong Dialog

Further Recommendations

Merry Christmas - Adventskalender 2025

Aelyn Raven: Wieder eine tolle Geschichte. Leider bin ich erst jetzt dazu gekommen sie zu lesen, aber das tut der Geschichte keinen Abbruch *g* ich freue mich schon auf den nächsten Adventskalender

Read Now
My Playboy Roommate

luisasabato: Spitze! Sehr zu empfehlen und hoffe auf ein Happy End

Read Now
Luna auf der Flucht

Grazia: Wirklich tolle Geschichte mit Klasse Charakter 👍🏻

Read Now
Bear Roberts

C.: This is not the run of the mill story. Great attention to detail and wonderful weaving of words. A complete and total story, young adult and adult interests. Well done Sophia 👏 thank you!

Read Now
 Mehrfach zurückgewiesene Gefährtin

ceawlin_57bwwa: Für alle die auf Herz Schmerz Geschichten stehen. Gebrochene Frau trifft Alpha der nur das Beste will, aber keine Ahnung hat wie man mit Jemand verletztem umgehen soll.

Read Now
Les fondations du Désir - Tome 1

Anne-Marie Janelle: J’aime bien l’intrigue. Un roman passionné et partageant les valeurs familiales.

Read Now
Fashion victime du PDG

estelle: 18/20. Je recommande ce livre, drôle excitant, l'intrigue nous emporte, on va à l'essentiel, c'est court et parfait.

Read Now
The Alpha's Exiled Mate

Sandra Hosler: I like the character development. Aria, Declan, and Celeste are all solid characters. I’m curious what twist the author is about to make with the introduction of this new character, who recognizes Aria.

Read Now
Silver's Second Chance

Shriya: It's such a touching story. Loved every bit. No extra drama. Beautiful characters and story.

Read Now