Derrière le front.

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Summary

Dans une petite auberge modeste mais accueillante, située loin des horreurs du front, un groupe de dix soldats retrouve un semblant de paix après deux années passées dans les tranchées. Cette auberge, bien que simple, offre tout ce dont ils ont besoin : des chambres confortables, un bar animé, et un espace où ils peuvent enfin relâcher la pression accumulée pendant la guerre. La terrasse extérieure et l'intérieur chaleureux, marqué par une cheminée et un décor rustique, créent une atmosphère de réconfort qui contraste avec le chaos qu'ils ont laissé derrière eux. Le protagoniste, Victor Louison Martineau, un soldat guadeloupéen du 24e régiment d'infanterie, incarne le cœur de cette histoire. Grand et robuste, Victor est un homme marqué par les souffrances de la guerre. Malgré les traumatismes qu'il porte en lui, ce soir, il est déterminé à noyer ses souvenirs dans l'alcool et à profiter du moment, même si ce répit sera de courte durée. La vie dans les tranchées l'a rendu insensible à bien des choses, mais l'auberge et ses habitants semblent réveiller en lui des sentiments et des sensations qu'il avait longtemps réprimés. Victor se trouve au bar, où une barmaid nommée Isabel, une femme franco-hispanique habillée d'une robe bleue avec un décolleté en dentelle, attire l'attention des soldats. Bien que ses atouts physiques ne soient pas exagérément marqués, son charme naturel ne

Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
18+

Le Répit des Braves

Derrière le front.

Dans une auberge, un groupe de dix soldats se réunit après avoir passé deux ans dans les tranchées. Ils peuvent enfin profiter d’un moment de détente. L’auberge, modeste mais accueillante, se compose de deux étages. À l’extérieur, une terrasse est aménagée avec des tables en bois et des cendriers au centre de chaque groupe de chaises.

Au rez-de-chaussée, la réception est ornée d’un tapis bleu représentant un lion majestueux. Le comptoir, tenu par un vieil homme semblant tout droit sorti des guerres napoléoniennes, accueille les clients avec un sourire fatigué. Juste en face, un escalier mène aux chambres où logent les soldats, toutes équipées de lits doubles et de salles de bain avec eau chaude et articles de toilette.

Cependant, ce n’est pas le confort des chambres qui fait la renommée de l’auberge. Derrière la porte à droite, un bar géré par une barmaid chaleureuse attire les clients. Le bar dispose de plusieurs tables, chacune dotée de cendriers, et fait face à une grande baie vitrée. Une cheminée en pierre ajoute une ambiance chaleureuse. Les cocktails y sont populaires, et la cuisine attenante prépare des plats savoureux qui attirent encore plus de clients.

La nuit, les prostituées des environs viennent offrir des danses aux clients. Si un client se montre assez généreux, il peut monter à l’étage pour un moment d’intimité avec elles. Le vieil homme qui gère l’établissement ne s’en soucie guère, tant que les dames paient ce qu’elles lui doivent. Ensuite, elles sont libres de faire ce qu’elles veulent.

Il n’y a pas de meilleure occasion pour les soldats. Après avoir reçu leur solde, ils comptent bien profiter de cette nuit pour se détendre, même s’ils savent que leur répit sera court.

Parmi eux se trouve Victor Louison Martineau, membre du 24e régiment d’infanterie. Après avoir survécu à deux ans de guerre, aujourd’hui, il peut enfin relâcher la pression. Plus de bombardements imprévisibles, plus d’attaques suicides où chaque instant pouvait être son dernier, plus de nuits glaciales à même le sol, où l’angoisse de voir l’ennemi attaquer rôdait.

Victor est un soldat guadeloupéen, grand et robuste, un afro-caribéen qui a réussi à traverser cet enfer. Lui-même ne sait pas comment il est encore en vie.

Ce soir, il est décidé à noyer ses souvenirs dans l’alcool et à profiter du bar jusqu’à ne plus tenir debout.

Il est en train de parler à la barmaid, une femme franco hispanique, habiller d’une robe bleue avec un décolleté en dentelle. Bien qu’elle n’est pas un fort poitrine, tout les soldat ne pus s’empêcher de plongé leur regard, et peux d’entre eux observa c’est beau yeux vert , ni les quelque mèche rose qu’elle avais mis dans c’est cheveux.

Barmaid : « Alors, dis-moi, t’aimes bien le rhum ? »

Victor : « Il n’a pas tout à fait le goût de chez moi, mais ça va. »

Intriguée, la barmaid s’approcha un peu plus. Il faut dire que des hommes noirs dans ce petit village, elle n’en voyait pas souvent.

Barmaid : « Et tu viens d’où, toi ? »

Victor : « De Guadeloupe. »

Barmaid : « Guadeloupe ? C’est où ça ? »

Victor : « C’est près de l’Amérique latine. Tu prends la Guyane, tu fais un arc de cercle jusqu’à la Floride. »

Barmaid : « Ah, je savais pas qu’on avait des territoires là-bas. »

Victor : « Ouais, j’ai bien vu la tête des gars des autres régiments quand je leur explique d’où je viens. »

Barmaid : « Mais, tu n’as pas peur que tes alliés te tirent dessus quand vous attaquez ? » demanda la barmaid d’un ton interrogateur.

Victor : « En face, ils n’ont pas de soldats noirs. Du coup, si un allié venait à nous tirer dessus, le commandant lui collerait une balle dans la tête. »

Barmaid : « D’accord, ça répond à ma question, » répondit-elle en lui servant un nouveau verre de rhum.

Victor regardait son verre, les yeux perdus dans le vide, comme si quelque chose l’avait possédé. La barmaid posa le nouveau verre à son niveau mais… rien, pas une réaction.

Barmaid : « Son esprit est décidément parti ailleurs ! » s’écria-t-elle, avant de s’approcher et de lui prendre la main en le fixant du regard.

Victor sursauta, fit un léger bond sur son tabouret et regarda autour de lui, un peu confus.

Barmaid : « Voilà ton nouveau verre, je pense que tu en as besoin. C’est la maison qui offre, » dit-elle en prenant le verre vide et en poussant le nouveau plus près de lui.

Victor sentit la main de la barmaid saisir le verre, et le bruit du verre glissant sur le comptoir attira son attention.

Victor : « Merci… merci beaucoup, » dit-il avant de boire trois bonnes gorgées de rhum.

Barmaid : « Tu sais, si tu as besoin de te vider l’esprit, on a de belles danseuses, » ajouta la barmaid avec un sourire complice en pointant la salle du doigt.

Victor se retourna et vit de belles femmes, vêtues de fines robes qui cachaient à peine leur peau, laissant deviner qu’aucune ne portait de soutien-gorge. Elles se déhanchaient au rythme d’un tambour, joué par un jeune homme, visiblement trop jeune pour avoir participé à la guerre.

Leurs mouvements de hanches accompagnaient parfaitement les battements du tambour, et elles faisaient attention à ne pas tomber des tables sur lesquelles elles dansaient. Victor, qui quelques secondes plus tôt regardait dans le vide, se laissa captiver par ce spectacle. Désormais, il admirait les corps des jeunes femmes, toutes sublimes et aux physiques variés, mais chacune possédant une beauté attrayante.

Il sirota son nouveau verre de rhum en observant les différentes couleurs de leurs robes et se rendit compte qu’elles étaient cinq à danser sur cinq tables. Par moments, elles faisaient voler le bas de leurs robes, dévoilant leurs cuisses et parfois le bas de leurs fesses.

Il n’était pas le seul à admirer ce spectacle. Les dix autres hommes avec qui il était venu en permission étaient là aussi, et pour tout dire, ils étaient même aux premières loges. Ils étaient tous au moins trois par table, sauf à la dernière où un soldat observait une femme qui semblait encore un peu timide, ce qui ne le décourageait visiblement pas.

La barmaid venait de finir d’essuyer les verres. Elle posa délicatement le dernier sur le présentoir avant de se retourner vers Victor. S’approchant lentement, elle remarqua que son visage, marqué par la tension il y a quelques minutes, semblait désormais plus apaisé.

— Alors, comment trouves-tu notre petit spectacle ? demanda-t-elle avec un sourire complice.

Victor, surpris par la question, tourna la tête vers elle. Il prit une seconde pour réfléchir avant de répondre :

— C’est… plutôt divertissant, il faut l’admettre, dit-il, ses yeux se posant enfin sur la jeune femme.

Il se rendit compte qu’il ne l’avait pas vraiment regardée avant cet instant. Son esprit étant ailleurs, il avait ignoré la beauté discrète de ses cheveux roux, qui tombaient en boucles souples sur ses épaules, et les petites taches de rousseur qui parsemaient son visage. Ses traits étaient différents de ceux qu’il avait l’habitude de voir, ni semblables aux visages métropolitains qu’il croisait en France, ni aux quelques visages familiers qu’il connaissait chez lui.

Ses yeux, d’un marron clair profond, semblaient étudier chacun de ses mouvements. Ses lèvres fines dessinaient un sourire doux, et un nez fin complétait son visage délicat. Sa silhouette, bien que discrète, laissait entrevoir des courbes féminines, suggérant une poitrine généreuse sans exagération.

Victor, étrangement fasciné par cette nouvelle vision de la barmaid, resta silencieux un moment de trop.

— Euh… tout va bien ? demanda-t-elle en fronçant légèrement les sourcils, un peu amusée par son silence prolongé.

Victor sursauta légèrement, embarrassé de s’être laissé absorber par ses pensées. Il baissa un instant les yeux, se sentant un peu stupide d’avoir été pris ainsi.

— Pardonnez-moi, je... je ne me suis même pas présenté, dit-il maladroitement. Je m’appelle Victor, et vous ?

Elle le regarda avec un éclat de malice dans les yeux, éclatant de rire doucement :

— Ah ! On se vouvoie maintenant ? répliqua-t-elle en souriant.

Victor, un peu déstabilisé par son rire, tenta de s’expliquer :

— Je ne voulais pas vous manquer de respect…

— Isabel, je m’appelle Isabel, répondit-elle en le coupant avec chaleur, tout en lui tendant la main. Enchantée, Victor.

Victor serra fermement la main tendue, sans vraiment maîtriser sa force, résultat des mois passés sur le front. Il observa la serveuse alors qu’un sourire discret commençait à se dessiner sur son visage fatigué.

La jeune femme lui rendit son sourire, et après quelques secondes, tout en gardant son air radieux, elle dit :

– Tu es en train de m’écraser la main, là, dit-elle d’un ton à moitié amusé.

– Ah, pardon ! répondit Victor en relâchant immédiatement sa prise. Il détourna le regard, gêné par sa maladresse, puis fixa à nouveau les femmes qui dansaient sur les tables. Il se sentait loin de cette insouciance.

– Si tu veux, tu peux choisir une des danseuses pour la nuit, souffla-t-elle d’une voix douce, presque complice.

– C’est tentant, mais ce n’est pas vraiment le moment, répondit-il, son regard s’assombrissant légèrement, comme alourdi par des souvenirs récents.

Isabel s’approcha alors de lui et posa une main délicate sur son épaule. Mais Victor, habitué à réagir à la moindre menace après des mois dans les tranchées, se retourna brusquement, poing levé, brisant son verre de rhum dans l’élan.

Surprise, Isabel retira immédiatement sa main, et pendant un instant, leurs regards se croisèrent. Un long silence s’installa, lourd de non-dits et de tension.

Victor détourna le regard, sentant ses mains trembler malgré lui. Il baissa les yeux vers les éclats de verre éparpillés sur le sol, avec le rhum répandu sur le parquet. Un sentiment de honte et de frustration l’envahit.

« Ce n’est rien, je m’en occupe », dit une femme de ménage avec une expression rassurante, s’approchant pour nettoyer le désordre.

Reconnecté au monde, Victor leva la tête et réalisa que tous les regards étaient rivés sur lui. Il se sentit mal à l’aise, comme s’il était examiné sous une loupe. Chaque regard semblait peser sur lui, renforçant le poids de son désespoir.

« Désolé pour le verre, je… je ferais mieux de monter me reposer dans ma chambre », dit-il à Isabel en se dirigeant vers les escaliers. Sa voix trahissait une fatigue profonde, une épuisement qui ne se mesurait pas seulement en heures de sommeil manquées mais en années de conflit intérieur.

Isabel, qui avait observé la scène avec une curiosité croissante, ressentit un élan d’empathie. Elle avait entendu des histoires de soldats, mais la détresse que dégageait Victor était palpable, quelque chose de plus profond et de plus complexe que ce qu’elle avait connu jusque-là. Il y avait quelque chose dans sa démarche, dans la manière dont il essayait de se cacher, qui la touchait profondément.

« Comment faire pour qu’il se détende, celui-là ? » lança-t-elle à haute voix, avec une note de désespoir dans sa voix. Ses mots étaient teintés d’une sincère préoccupation, un reflet de sa propre inquiétude face à la détresse qu’elle voyait.

« Laisse faire, je m’en occupe », répondit la danseuse la plus proche d’elle, faisant sursauter Isabel.

« Depuis quand es-tu là ? » demanda Isabel, surprise, avec une pointe de culpabilité. Elle se rendait compte qu’elle avait été tellement absorbée par Victor qu’elle avait négligé l’autre femme.

« Depuis une bonne vingtaine de minutes, mais tu étais tellement concentrée sur ce soldat que tu n’as même pas remarqué ma demande de tequila », répondit la danseuse avec un sourire amusé mais compréhensif.

« Je… je suis désolée. Je vais m’en occuper tout de suite », répondit Isabel, gênée, réalisant qu’elle avait été tellement captivée par la détresse de Victor qu’elle avait négligé ses responsabilités.

« Ne t’en fais pas. Si tu me laisses gérer le soldat, je vais faire comme si de rien n’était », dit la danseuse avec une touche de sympathie.

« Ne me cherche pas », répondit Isabel automatiquement, son visage rougissant en réalisant à quel point elle était impliquée émotionnellement. Elle serra son verre de tequila avec force, essayant de masquer sa gêne derrière un sourire.

« Ah ! Voilà enfin un homme qui t’intéresse ? Alors, c’est son côté mystérieux qui te plaît ? » demanda la danseuse sur un ton moqueur mais également curieux.

Isabel, bien que tentant de sourire, sentait une vague d’émotions conflictuelles la submerger. « Ne me fais pas empoisonner ton verre, ma belle », répondit-elle, essayant de détendre l’atmosphère avec humour tout en cachant sa propre anxiété.

« Je… désolée, mais il a clairement besoin de compagnie ce soir. Tu devrais peut-être aller lui parler », suggéra la danseuse, la voix pleine de compréhension.

Isabel regarda Victor, dont la silhouette se perdait dans l’escalier. Un sentiment d’empathie grandissant s’empara d’elle. La détresse évidente dans ses yeux, l’incapacité à se détendre malgré l’innocuité apparente du lieu, éveillait en elle un désir de comprendre, d’offrir une échappatoire à sa solitude.

Avec une détermination nouvelle, Isabel se leva, ses pensées tourmentées par l’énigme de Victor. « Très bien, je vais aller lui parler », dit-elle, sa voix révélant une résolution mélangée à une vulnérabilité croissante. Elle se dirigea vers les escaliers, son cœur battant la chamade, se demandant ce qu’elle allait découvrir derrière cette façade de tristesse.

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