Je voulais seulement un plan cul pour Halloween

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Summary

Cela devait être une soirée d'Halloween comme les autres. Musique, alcool et sexe étaient les seules choses qui devaient composer le programme de Noa pour cette fête du trente-et-un octobre. Et pourtant, lorsque la pleine lune s'en mêle, tout peut déraper. Lui, loup-garou, se retrouve lié contre son grès à son plan cul d'Halloween.

Genre
Romance
Author
Talhiam
Status
Ongoing
Chapters
9
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

Première lune

Noa était ce qu’on appelait communément un hybride. Né d’un père humain et d’une mère louve, il était ce que le folklore local nommait « un loup-garou ». Contrairement à ce que pouvait penser le commun des mortels, ces créatures surnaturelles ne naissaient pas d’une morsure, mais d’un mélange entre humain et métamorphe lupin. Il n’avait en aucun cas la capacité de se transformer complètement en loup comme sa mère, mais il en avait les facultés physiques : l’ouïe, l’odorat, la vitesse, la force, toutes ces capacités étaient accrues chez lui. Certes, il lui arrivait parfois d’avoir certains attributs liés à sa part animale, comme une queue, des oreilles ou bien des griffes acérées, mais jamais il n’avait fini le corps recouvert d’une fourrure épaisse comme sa mère.

Cette particularité ne l’avait cependant jamais empêché de mener une vie normale, au milieu des humains. Il était allé à l’école, s’était fait des amis, dont certains avec qui il avait gardé contact, avait fait des études et trouvé un travail. Il logeait dans un petit appartement en centre-ville, et rendait régulièrement visite à ses parents qui ne pouvaient quitter la campagne et ses grandes forêts.

Mais comment, me direz-vous, peut-il vivre en ville sans commettre le moindre impair ? Comment se fait-il que personne n’ait découvert son secret alors qu’une fois par mois, la pleine lune fait ressortir les instincts de loup qu’il a hérités de sa mère ?

Je vous répondrais simplement qu’il a appris dès son plus jeune âge à contrôler ses transformations et ses pulsions grâce aux enseignements de sa mère. Et même s’il ne pouvait rien pour les oreilles et les yeux, il gardait un contrôle total sur ses envies et ses autres attributs lupins les nuits de pleine lune.

Le seul jour de l’année où il n’avait que faire de son apparence, c’était à Halloween. Personne ne faisait attention à de pauvres attributs de loup quand tous étaient déguisés pour cette fête mettant à l’honneur les monstres, les frissons et l’horreur. L’avantage, c’était qu’il n’avait pas vraiment besoin de se creuser la tête pour choisir un costume chaque année. Il n’avait qu’à laisser ses caractéristiques lupines apparentes et il était prêt pour n’importe quelle soirée déguisée.

En parlant de ça, le jeune loup-garou se préparait justement pour une soirée d’Halloween chez un des rares potes qu’il avait gardé du lycée. Nul ne doutait que l’alcool coulerait à flots, que les filles seraient toutes plus sexy les unes que les autres – même si avouons-le, Noa s’en fichait pas mal – et les garçons tous prêts pour un after plus intime avec qui voudrait bien d’eux.

Attention, je vous vois venir. Oui, tout le monde n’est pas comme ça, mais dans le cas de notre brun préféré, les soirées auxquelles ils participent sont majoritairement remplies de ce genre d’individu. Après tout, à vingt-cinq ans passés, il avait des besoins que n’importe quel mec célibataire de son âge avait, et rien de mieux qu’une bonne fête alcoolisée pour trouver chaussure à son pied le temps d’une nuit.

Fin prêt, Noa prit ses clés, son casque et partit rejoindre sa moto dans le parking privé de son immeuble. C’était une belle bête, sa petite chérie comme il aimait l’appeler, qu’il s’était offert à la sortie de son école. Il avait travaillé tous les étés de ses années étudiantes, mettant l’argent de côté pour enfin se la payer. Il avait tout de même profité de sa jeunesse en participant à toutes les soirées étudiantes de son école, à toutes les sorties le jeudi soir avec ses camarades de promo, et en enchaînant les fêtes presque tous les week-ends des vacances estivales avec ses potes de collège ou de lycée. Il savait qu’il aurait beaucoup moins de temps une fois entré dans la vie active, alors il en avait profité au maximum. Même maintenant qu’il avait un job sérieux et un salaire fixe, il sortait de temps en temps, ne serait-ce que pour assouvir son désir et soulager sa frustration. Et les soirées privées étaient toujours les lieux parfaits pour se lâcher totalement.

C’est sans prise de tête que Noa arriva chez Nathan, l’organisateur de la fête. Pour l’occasion, il utilisait la villa de ses parents, bien plus grande que ses vingt mètres carrés, et avec un atout non-négligeable, à savoir plusieurs chambres à l’étage. Profitant que personne ne soit présent sur le parking, Noa fit apparaître sa queue, ses oreilles, ses crocs et ses pupilles de loup-garou pour parfaire son « costume ».

Beaucoup profitaient des derniers rayons de soleil dans le jardin avant de devoir aller s’entasser dans le salon. Il fallait dire que pour un trente-et-un octobre, il faisait encore relativement bon.

La musique n’était pas encore au maximum, la vraie partie ne commençant qu’à la tombée de la nuit, soit d’ici une petite heure. Malgré cela, Noa appréciait toujours cet avant-fête. Cela lui permettait de faire un rapide tour des invités sans qu’ils ne soient déjà complètement torchés, et repérer ses futurs potentiels plans cul. Il pouvait aussi discuter calmement avec ceux qu’il n’avait pas vus depuis longtemps sans avoir à crier. De toute façon, une fois la musique lancée, peu continuait à parler et laissait plutôt place au langage du corps.

Prenant une bière, le jeune homme se mêla à la foule. Les costumes étaient très variés. Anges, démons, vampires, sorciers et sorcières, loups-garous, monstres en tous genres ou bien médecins de l’horreur se mélangeaient sur la pelouse de son ami. Discutant à droite, à gauche, Noa fit connaissance avec certains potes de boulot de Nathan et raviva de vieux souvenirs avec d’autres datant du lycée ou des nombreuses soirées auxquelles il avait participé pendant ses études.

— Noa, comment tu vas depuis le temps ? l’interpella une voix qu’il ne connaissait que trop bien.

— Kayli ! Ça va et toi ? Toujours avec Brian ?

Meilleurs amis depuis le collège, ils parlaient toujours de tout, sans aucune retenue. Parfois, Noa se demandait comment elle arrivait à les supporter, lui et son vocabulaire parfois cru. Mais d’un autre côté, elle n’était pas mieux, toujours à répondre à ses remarques salaces par d’autres du même registre. A l’époque, beaucoup pensaient qu’ils finiraient ensemble, mais Noa n’était pas vraiment de ce bord-là, et Kayli le savait très bien.

La jeune femme portait un magnifique costume de pirate qui mettait ses jambes en valeur. Son corset lui faisait une taille parfaite, même si elle n’en avait pas besoin pour que cela soit le cas. De nature sportive, elle avait toujours un corps au top. Noa avait beau être gay, il lui trouvait tout de même un certain charme.

— C’est de l’histoire ancienne. Ce type était une vraie ordure, en plus d’être nul au lit. Imagine-toi, je devais simuler à chaque fois tellement c’était chiant. J’en venais même à simuler de dormir pour éviter d’avoir à le faire.

— Je t’avais bien dit qu’il n’était pas fait pour toi, fit le brun en rigolant.

— Tu n’as pas besoin de me le rappeler, bouda la jeune femme. Sinon toi, toujours à changer de plan cul chaque semaine ?

— J’en cherche justement un pour cette nuit. Tu veux m’aider ?

— Alors que dirais-tu de celui-là, là-bas ? proposa-t-elle en lui montrant le blond proche de la véranda.

— Joli cul. En revanche, sa tête ne m’excite pas le moins du monde.

— Et celui-là ?

— Totalement hétéro. Tu peux le garder pour toi, ma belle.

La jeune femme scanna la foule, cherchant la perle rare pour son meilleur ami et s’arrêta finalement sur un grand brun qui se tenait un peu à l’écart, une bière à la main.

— Celui-là est parfait, trépigna-t-elle.

Grand, musclé, de magnifiques cheveux ondulés qui lui tombaient sur les épaules, des yeux clairs et un cul parfait, en bref, un dieu qui faisait baver toutes les filles –et les garçons par la même occasion – qui l’entouraient. Et Noa n’y échappait pas. Devant cette perfection, il resta bouche-bée à relooker – voir même à déshabiller – sur place celui que venait de lui montrer Kayli.

— Tu sais que tu peux avoir l’œil quand tu veux, la complimenta le loup-garou.

— Tu n’en as pas marre de remuer sans cesse le couteau dans la plaie.

— Tu sais bien que je ne m’en lasse jamais, ma belle, dit le jeune homme en lui faisant un clin d’œil. Allez, en piste, parce que ce soir, je compte bien baisser et soulager toute cette maudite frustration.

Sur ces mots, le jeune homme se dirigea vers sa cible. Elle n’avait toujours pas bougé, et personne n’était venu la rejoindre, ce qui était parfait pour lui. Il était plus simple de séduire quelqu’un lorsque personne n’était présent pour parasiter ses tentatives.

— Tu ne t’ennuies pas tout seul dans ton coin, demanda poliment le loup-garou.

— C’est peut-être parce que j’en ai envie, répliqua froidement l’homme.

Monsieur n’était pas très commode apparemment. Mais Noa n’était pas du genre à renoncer aussi facilement. Voyant le regard noir de son vis-à-vis, il se dit néanmoins qu’il allait attendre qu’il ait bu quelques verres de plus, histoire d’être de meilleure humeur.

Laissant là sa première tentative, le jeune homme gagna le salon où le volume de la musique augmentait progressivement, signe que la vraie soirée allait enfin pouvoir commencer. Prenant une autre bière en passant, Noa rejoignit la piste de danse. Beaucoup y étaient déjà rassemblés, se trémoussant les uns contre les autres. Il se glissa entre eux, prenant place au centre du salon.

Il avait toujours aimé ce genre d’ambiance, où tout le monde se laissait aller sans prise de tête, sans penser au lendemain. Chacun était libre de draguer et embrasser qui il voulait sans jugement, les gestes se perdant dans la foule.

La soirée suivait son train, tous buvaient et s’amusaient. Noa avait perdu le fil du nombre de bières qu’il avait bues, mais pas son objectif. Il comptait mettre ce grand brun dans son lit, et il y arriverait. Pour le moment, il prenait du plaisir sur la piste de danse, collant ses hanches à un, en embrassant un autre. Il n’oubliait pas de surveiller sa cible, qui était finalement rentrée pour se mettre dans un coin en enchaînant les verres. Leurs yeux s’étaient plusieurs fois croisés, Noa en profitant pour lui lancer des regards lourds de sous-entendu. Il le provoquait, et aimait les réactions qu’il voyait.

Voyant que l’homme était de nouveau sorti sur la terrasse, le loup-garou estima que c’était le bon moment pour aller fumer. Il prit une cigarette dans son paquet et rejoignit le bouclé. Il s’appuya sur la balustrade, alluma sa cigarette et tira une bonne bouffée. Il contempla les étoiles quelques minutes avant de se tourner vers ce qui l’avait amené dehors. L’homme contemplait la lune et semblait absorbé dans ses pensées. Il finit néanmoins par remarquer la présence à ses côtés.

— Tu ne lâches pas l’affaire aussi facilement, n’est-ce pas ?

— En effet, je suis plutôt tenace. Je finis toujours par obtenir ce que je veux, répondit Noa en posant un regard empli de sous-entendu sur son vis-à-vis.

Il savait qu’il le troublait. Son ouïe lui avait permis de percevoir les différents changements dans son rythme cardiaque lorsqu’ils s’étaient observés plus tôt. Il savait aussi que l’homme avait souvent posé les yeux sur lui lors de ses petits manèges sur la piste de danse. Et au moment où il avait vu le loup-garou à ses côtés, son cœur s’était brièvement accéléré avant de reprendre un rythme plus calme.

— Il faut bien qu’il y ait un début à tout alors.

— Je suis plutôt doué pour convaincre les gens dans ce domaine.

— Mais qui te dit que je suis de ce bord-là ?

— C’est en tout cas l’impression que j’ai eue quand tu me regardais danser, répliqua Noa en se rapprochant.

— Tu le faisais exprès pour me chauffer, avoue.

— Peut-être bien, souffla le jeune homme à l’oreille de son vis-à-vis.

Celui-ci fut parcouru d’un frisson, hérissant les poils de sa nuque. Noa était fier de ce petit effet qu’il provoquait chez l’autre, et il ne comptait pas s’arrêter là.

— Et il semblerait que mon petit jeu ait été efficace.

— Je n’en serais pas aussi sûr à ta place.

— Quel mauvais menteur. Tout ton corps est tendu, frustré de ne pouvoir avoir ce qu’il veut, continua le jeune homme en posant sa main sur l’épaule du brun avant de la faire remonter lentement vers son cou.

— Je suis comme ça depuis que je suis arrivé.

— Raison de plus pour me laisser faire alors, continua Noa d’une voix suave en posant son autre main dans le bassin de l’homme en face de lui.

Dans cette position, chacun pouvait sentir le souffle de l’autre sur sa peau, faisant grimper leur plaisir. Noa savait l’autre proche de succomber, alors il rapprocha ses lèvres de leurs semblables sans pour autant les toucher. Il voulait qu’il craque, qu’il admette qu’il avait raison.

Cela ne tarda pas. Le bouclé prit la bouche du loup-garou d’assaut dans un baiser violent, exprimant toute la frustration qu’il avait accumulée au cours de la soirée. S’en suivit une bataille endiablée entre leurs langues pour savoir qui dominerait l’autre, mais aucun n’y parvint. Ils se séparèrent le temps de reprendre leur souffle, avant de se jeter à nouveau sur les lèvres de l’autre.

Malgré la fraîcheur de la nuit, Noa crevait de chaud. Il promenait ses mains sur le buste de son partenaire qui avait décidé d’en faire de même. Celui-ci alla même jusqu’à le soulever en le tenant fermement par le cul, avant de l’asseoir sur la balustrade de pierre qui entourait la terrasse. Le jeune homme ayant ainsi les jambes libres, il entoura l’homme qui l’embrassait avec toujours autant d’ardeur pour l’avoir au plus proche de lui. Il put alors sentir son désir contre sa cuisse, devinant aisément qu’il devait se sentir à l’étroit dans son costume d’Halloween. Cette constatation ne fit que l’exciter davantage. Il était à deux doigts de lui sauter dessus pour le déshabiller et profiter de son corps dans le jardin plutôt que de rejoindre une chambre à l’étage.

— Une chambre, ne put qu’articuler le loup-garou avant que sa bouche ne soit de nouveau scellée.