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Summary

Naru et Tsukasa sont deux adolescents orphelins recueillis pour sauver l'humanité d'une terrible menace. Malheureusement, leurs apprentissages ne se passent pas comme prévu et l'un d'eux est amené à subir une terrible perte. Quelle puissance se cache au fond de leur cœur ? Dotés d'un symbole unique et de pouvoirs surnaturels, vont-ils être capables d'affronter le danger, quitte à devoir faire un grand sacrifice ? L'amour peut-il être plus fort que la mort ? Ou au contraire, les mener à leur perte ?

Status
Ongoing
Chapters
47
Rating
n/a
Age Rating
18+

Décision

Près du mont Tate, dans la préfecture sud-est de Toyama, vivait une personne âgée dans un temple Shinto* entouré par une dense forêt de cèdres centenaires.

Cet homme méditait souvent dans le calme sur le perron, caressant sa longue barbe blanche et réfléchissant aux événements récents après sa rencontre avec les grands sages des lumières.


Au cœur des montagnes brumeuses de Hida, dans les Alpes japonaises, loin des regards des mortels, se trouvait le fanum d’argent, un ancien sanctuaire où se rejoignaient les énergies cosmiques et terrestres. Perché sur un pic escarpé, le repaire affleurait les nuages comme un phare céleste, projetant un feu doré qui égayait les environs, même dans les nuits les plus sombres.

L’architecture de l’édifice se dressait avec majesté, s’ancrant dans la roche comme une extension du massif. Un sanctuaire mystique, fusionnant nature et emblèmes sacrés. Ses murs de pierre, gravés de motifs complexes illustrant les cycles de la vie et de l’univers, semblaient émerger de la montagne, en parfaite harmonie avec le paysage.

À l’intérieur, un vaste hall circulaire accueillait les sages. Les parois retranscrivent d’énigmatiques fresques des légendes d’antan et des prophéties à venir. Au centre de la salle, un autel de cristal étincelant diffusait une lueur douce et apaisante, symbole de l’intelligence et de la pureté des âmes présentes.

Les fenêtres en arc laissaient entrer une clarté divine, créant des jeux d’ombres et de reflets qui dansaient sur la pierre comme des esprits éthérés. Une atmosphère de tranquillité et de respect régnait, tandis que les érudits se réunissaient en cercle, partageant des connaissances millénaires et discutant des destins du monde.

Au sommet de l’auditoire, une ouverture ronde dévoilait l’infini du ciel constellé, offrant un lien direct avec les mystères du cosmos. Les étoiles scintillaient comme des joyaux célestes, témoins silencieux des délibérations des érudits et des choix qui façonneraient l’histoire.

C’était l’antre de lumière, un lieu sacré où la clairvoyance et la spiritualité se rencontraient, transcendant les frontières terrestres pour embrasser l’immensité de l’univers. C’est là que maître Yuzo recevait sa réprimande.

—Tu n’es plus tout jeune, Yuzo, affirma l’un d’eux d’une voix profonde, cachée sous son capuchon verdâtre.

Le vieil homme, courbé devant ces êtres supérieurs, subissait les paroles en réponse à ladécision qu’il avait prise.

—Je vous en fais la promesse, mes seigneurs, seront les derniers que je formerai, implorait-il. Un calme suivit sa déclaration. Les grands sages le scrutaient d’un regard sévère.

Ils étaient cinq, vêtus chacun d’une longue robe sombre.Sur le tissu de velours, des filigranes d’or étaient brodés, représentant les flammes du courage pour l’aîné de droite, l’eau de la force pour son voisin, et des constellations symbolisant la connaissance sur le maître du centre.

Deux sages étaient animés dans un échange. L’un portait une toge gris-anthracite, ornée de gouttes de métal argenté qui se fondaient dans le tissu. L’autre arborait une tunique verdâtre, parcourue de lianes grimpantes.

—Et où sont les autres ? s’inquiéta le maître de l’eau.

Yuzo baissait de plus en plus la tête, accablé par cette question. Il savait qu’en y répondant, il en soulèverait d’autres.

—Disparus... murmura-t-il.

Les deux seigneurs, en désaccord depuis le début, se turent et s’approchèrent du vieillard qui courba davantage l’échine à leur démarche soudaine. Le maître de métal l’interrogea de sa voix froide :

—Il est réapparu ?

Yuzo acquiesça après un long moment d’hésitation, provoquant des protestations au sein de la réunion. Chacun s’animait, débattant de l’impossibilité de telles assertions.

—Soit...

Une voix s’éleva parmi les semblables. Le maître de la création s’avança au-devant des autres, frappant le sol marbré de sa canne en saule tortueux. Son pas était assuré, ses gestes mesurés.Aveugle de naissance, aucun signe de vulnérabilité ne transparaissait dans sa approche. Autour de lui, les discussions s’éteignirent. Tous le fixaient avec gravité, reconnaissant sa force et une sagesse qui transcendaient sa condition.

—Tu as notre accord.

Son timbre était doux et à la fois sonore. Soudain, le vent se leva, soulevant un nuage immaculé qui enveloppa les cinq maîtres. En un instant, ils disparurent, ne laissant derrière eux qu’une salle déserte et silencieuse.

Yuzo s’inclina davantage, remerciant leur bienveillance, même si le vide régnait à présent devant lui. Puis, il s’éclipsa à son tour.


Un lent soupir s’échappa des lèvres du vieil homme assis sur le perron du temple. Il écouta les bruits environnants. Les arbres frémissaient au gré du vent, revêtus des couleurs chatoyantes de l’automne, tandis que les sources s’écoulaient le long de la montagne pour rejoindre la rivière. Dans un bassin, des carpes koïs frétillaient sous les nénuphars, laissant paisiblement le shishi-odoshi* cogner la pierre à chaque descente. Cette fontaine avait le don particulier de l’apaiser lors de ses méditations.

Yuzo continuait de caresser sa longue barbe hirsute, se demandant quand il allait pouvoir trouver de nouveaux prodiges pour entamer son dernier enseignement. Il tassa du tabac dans sa fine pipe en bois puis l’alluma. Ce magnifique orfèvre, sculpté dans du bambou, comportait un dragon gravé sur le foyer.

Une quinte de toux le secoua, le forçant à cracher ses poumons. La vieillesse se faisait de plus en plus présente,mais il savait qu’il devait dénicher ceux qui pourraient le vaincre.

Il se leva et parcourut le perron pour rejoindre le dojo. En chemin, Yuzo s’arrêta un instant, contemplant avec mélancolie les cadres accrochés au mur de droite, représentant les héros qu’il avait eu la chance de former. C’était son univers, sa mission. Perdu dans ses pensées, il continua la traversée du couloir puis regagna sa demeure où ses valises l’attendaient dans l’entrée. Il prit son passeport, enfila un haori* sombre en coton, mit un chapeau et attrapa son sac à dos de randonnée, où un futon était méticuleusement enroulé. Il prit soin de fermer à double tour ses appartements privés et partit pour entamer sa recherche à travers le monde, espérant en son for intérieur de ne pas croiser à nouveau ce regard empreint de sang.


Temple Shinto* : Les sanctuaires shinto, appelés le plus souventjinja(神社)en, sont des lieux de culte du, où l’on vénère un.

Shishi-odoshi* :Est un type deà eau employé dans les. Il est constitué d’un tube segmenté, habituellement en pivotant sur un côté de son point d’équilibre.

Haori* :Le haori (羽織) est unequi descend jusqu’aux hanches ou aux cuisses et qui se porte par-dessus un.