Entre l'Ombre et la Lumière

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Summary

Irina Dragoman, une jeune étudiante en droit des juges, qui se retrouve plongée dans le monde dangereux de la mafia roumaine, suite à une rencontre inattendue avec Marius Blàs, le chef de la mafia. Ce dernier, mystérieux et charismatique, va bouleverser la vie d'Irina. Alors qu'ils se croisent dans un contexte tendu, une relation complexe et tumultueuse se tisse entre eux. Marius, malgré son côté impitoyable et ses secrets, éprouve des sentiments sincères pour Irina. Mais leurs mondes sont irréconciliables : elle, innocente et guidée par ses valeurs, et lui, marqué par une vie de violence et de trahisons.

Status
Complete
Chapters
41
Rating
5.0 1 review
Age Rating
16+

Rencontre innattendue


Les rues de Bucarest étaient glaciales ce soir-là, l’air frais mordant ma peau comme une lame. Le vent d’hiver fouettait mes joues, et je me hâtais dans les ruelles sombres pour rejoindre l’université. La ville semblait vibrer, presque vivante, sous l’éclat pâle des réverbères et des néons qui se reflétaient sur les pavés humides. Mon sac à main serré contre moi, je pressais le pas, cherchant à échapper à la lourdeur de l’atmosphère. J’avais l’impression que quelque chose, une tension invisible, flottait dans l’air.

J’avais passé un examen crucial en droit des juges plus tôt dans la journée. Je n’étais pas quelqu’un qui se laissait submerger par le stress, mais ce soir-là, l’inquiétude m’envahissait. Il y avait des gens qui s’épanouissaient dans l’incertitude, moi, je l’avais toujours vue comme un poison. L’angoisse me rongeait silencieusement. Pourquoi avais-je l’impression qu’aujourd’hui, tout était différent ? Comme si cette journée marquait la fin d’une époque et le début d’autre chose. Peut-être à cause de l’étrange rencontre que j’avais eue ce matin avec le professeur Petrescu, un homme trop influent pour être laissé de côté. Peut-être était-ce autre chose, quelque chose que je ne comprenais pas encore.

Je traversai une place déserte, le bruit de mes talons résonnant dans la nuit. Tout à coup, un frisson me parcourut l’échine. Je n’étais pas seule.

Je ralentis instinctivement, mes sens se mettant en alerte. Une silhouette sombre se découpait devant moi, juste à la sortie de la rue. Elle se tenait là, dans l’ombre, immobile comme un prédateur guettant sa proie. Je savais déjà, avant même de la distinguer, qui c’était. Il n’y avait qu’un homme qui pouvait provoquer cette sensation de malaise aussi instantanément, une présence aussi imposante dans la nuit. Marius Blàs.

Je me figeai. Marius Blàs. Le nom résonnait dans ma tête comme une menace voilée. C’était l’un des hommes les plus puissants de Bucarest, un chef de la mafia roumaine dont l’influence s’étendait à tous les recoins de la ville. Son nom était dit dans les murmures, dans les couloirs des universités comme dans les ruelles sombres, où il n’était question que de lui, du pouvoir qu’il détenait et de la peur qu’il inspirait.

Je n’étais pas prête à le rencontrer, pas maintenant, pas ici. J’avais toujours su que le destin finirait par nous faire nous croiser, mais je n’avais jamais imaginé que ce serait ainsi. Ma gorge se serra. Qu’est-ce qu’il me voulait ? Pourquoi maintenant ?

Il avança lentement, ses pas lourds et mesurés, comme s’il se dirigeait vers moi en toute tranquillité. Il ne me quittait pas des yeux, ses prunelles sombres et impénétrables fixant chaque mouvement que je faisais. Je me sentais comme un animal pris au piège, figée sur place.

Quand il arriva à ma hauteur, il s’arrêta et, d’un ton calme mais autoritaire, il prononça mon prénom:

“Je pensais que tu serais en train de réviser pour ton examen, Irina.”

Je me tendis. Comment pouvait-il savoir mon nom ? Je n’avais jamais eu de lien avec lui, jamais croisé son regard de près. Ce genre d’homme ne s’intéressait pas aux petites étudiantes en droit, ou du moins c’était ce que je croyais.

“Je… Je ne vois pas comment vous pourriez connaître mon nom, Monsieur Blàs”, répondis-je, une pointe de confusion dans la voix. Il fallait que je garde mon calme, même si le simple fait qu’il sache qui je suis me mettait mal à l’aise.

Il laissa échapper un petit rire, sans joie, un son qui semblait plus un murmure qu’un éclat. “Les gens comme moi savent toujours qui ils croisent, Irina”, dit-il, son regard ne me quittant pas. Ses mots étaient lourds, pleins de sous-entendus. Il y avait une assurance dans sa voix qui me déstabilisait. “Et toi, tu es plus que ce que tu crois.”

Il fit un pas en avant, si proche que je pouvais sentir sa chaleur contre le froid de la nuit. Je reculai d’un pas, sans pouvoir m’empêcher de le suivre des yeux. Il était grand, impressionnant, un homme qui dégageait une aura de pouvoir brut, qui faisait que les gens se pliaient à sa volonté, souvent sans même comprendre pourquoi. C’était un homme qui contrôlait tout, de l’ombre des rues à la lumière des salons politiques. Un homme dont la réputation seule suffisait à faire trembler quiconque l’approchait.

Je le regardai avec défi, mon esprit cherchant déjà à se défendre contre la pression qu’il exerçait. “Je n’ai rien à voir avec votre monde, Marius”, répondis-je d’une voix plus forte, plus assurée. “Vous faites partie de ce monde, pas moi. Et je n’ai pas l’intention de le rejoindre.”

Un sourire amusé, presque moqueur, se dessina sur ses lèvres. Il me jaugeait, comme s’il savait exactement ce que j’allais dire avant même que je ne l’aie prononcé. C’était le genre d’homme qui faisait sentir à chacun qu’il avait toujours un coup d’avance. Il s’approcha un peu plus, et je dus lever les yeux pour le regarder, mon regard défiant mais incertain.

“Ce monde finit toujours par te rattraper, Irina”, dit-il doucement, comme une prédiction. “Tu n’as pas encore compris, mais tu fais déjà partie du jeu. Ce n’est pas toi qui choisis, tu sais.”

Je fronçai les sourcils, un sentiment étrange m’envahissant. C’était une menace ? Une simple observation ? Je n’en savais rien, mais une chose était sûre : il ne disait pas cela sans raison. Il savait quelque chose que je n’avais pas encore vu, un aspect de la vie, de la ville, que je n’avais pas encore compris. Je sentais que chaque mot qu’il prononçait était un fil tendu, un piège invisible.

“Je ne joue pas vos jeux, Marius”, répliquai-je, ma voix plus ferme cette fois. “Je ne vous crains pas. Et je n’ai pas l’intention de faire partie de votre petit monde.”

Un éclat dans ses yeux. Comme une étincelle d’amusement, mais aussi de froideur. Il avait l’air de savourer ma résistance, de l’apprécier. Il se redressa légèrement, me fixant intensément. “Tu dis ça maintenant”, dit-il d’un ton presque languissant. “Mais tu verras. Ce monde finit toujours par rattraper ceux qui croient qu’ils peuvent le fuir.”

Il tourna alors les talons, sans un mot de plus, s’éloignant d’un pas mesuré, laissant derrière lui un air glacé qui semblait se refermer sur moi. J’étais là, figée, sous le poids de ses paroles.

Je n’étais pas prête à ce genre de rencontre, ni à ce qu’il venait de m’annoncer. Et pourtant, malgré mon désir de le repousser, une petite voix au fond de moi me disait que cette rencontre n’était que le début. Le début de quelque chose que je n’avais pas encore compris.

Alors que je le regardais s’éloigner dans l’ombre, une certitude s’ancrant dans mon esprit, je savais que cette rencontre n’était pas la dernière. Marius Blàs et moi, nous n’avions pas fini de nous croiser.

Deux jours. Cela faisait deux jours que j’avais croisé Marius Blàs dans cette ruelle sombre. Et, malgré mes tentatives pour ignorer l’impact de cette rencontre, il n’avait cessé de hanter mes pensées. C’était absurde. Il n’avait pas le droit d’occuper mon esprit de la sorte. J’étais une étudiante en droit, déterminée à construire mon avenir en dehors des jeux de pouvoir et de manipulation dans lesquels il se vautrait. Je n’étais pas intéressée par sa mafia, ni par ses intrigues.

Mais, chaque fois que je fermais les yeux, je revivais cette scène. Ses paroles, son regard, cet air de prédateur qui m’observait de loin. Ce n’était pas juste une rencontre anecdotique. C’était comme si quelque chose en moi s’était déconnecté, comme si j’avais franchi une frontière invisible et qu’il était désormais impossible de revenir en arrière.

Ce matin-là, après avoir passé une nuit quasi blanche, j’avais pris mon petit-déjeuner dans un état de fatigue extrême, mais une énergie nerveuse me poussait à agir. Les événements de ces deux derniers jours m’avaient épuisée, mais il y avait quelque chose de plus grand, une sorte de pression invisible. Peut-être était-ce cette sensation persistante qu’il était toujours là, quelque part, à m’observer.

Je devais retourner à l’université. Le droit, les juges, la justice. C’était mon but. Pas la mafia. Pas Marius Blàs.

Cependant, ce que je n’avais pas prévu, c’était de le retrouver.

Il était là, devant l’université, comme une ombre qui m’attendait. Le vent soufflait sur la place, mais rien ne semblait perturber sa silhouette imposante. Marius Blàs n’était pas un homme qui se fondait dans la foule. Au contraire, il en était le centre, sans même le vouloir. Légèrement détourné, il semblait discuter avec un autre homme, mais c’était son regard qui m’attira. Quand il m’aperçut, il cessa instantanément de parler. Ses yeux sombres se fixèrent sur moi, une lueur de curiosité se dessinant dans ses prunelles.

Mon cœur s’emballa. Pourquoi fallait-il qu’il apparaisse ici, maintenant, à cet instant précis ?

Je tentais de détourner les yeux, de faire comme si de rien n’était, mais je n’étais pas assez rapide. Il s’avança vers moi, chaque pas résonnant dans mon esprit comme un écho.

“Nous nous croisons décidément souvent ces derniers temps, Irina”, dit-il, sa voix grave, presque amusée. Cette fois, il n’y avait pas de menace directe, mais quelque chose dans ses mots me fit froid dans le dos. Comme s’il savait exactement ce que je pensais.

Je m’efforçai de garder une apparence calme, bien que l’intérieur de mon esprit soit en proie à la panique. “Je ne vous ai pas cherché, Marius”, répondis-je, me forçant à ne pas trembler, à ne pas lui laisser l’impression que ses apparitions me troublaient. “J’essaye simplement de vivre ma vie.”

Il sourit lentement, un sourire presque imperceptible, mais qui en disait long. Ce n’était pas un sourire amical. C’était un sourire qui disait : “Je sais quelque chose que toi, tu ignores.”

“Tu penses vraiment que tu peux vivre ta vie sans croiser mon chemin, Irina ?” Il s’approcha de quelques pas, son regard désormais plus pénétrant, comme si chaque mot qu’il prononçait était calculé pour faire écho en moi. “Le destin, la vie… ce sont des concepts un peu trop faciles à comprendre quand on n’a pas de véritable pouvoir.”

Je ne pouvais m’empêcher de frissonner. Il y avait une vérité cruelle dans ses paroles. Mais je n’allais pas lui donner cette satisfaction.

“Je ne suis pas intéressée par ce que vous appelez pouvoir”, répliquai-je, tentant de rester ferme. “Mon objectif est de réussir dans ma carrière, pas de jouer à vos petits jeux.”

Il sembla réfléchir un instant, puis secoua la tête avec un air presque diverti, comme si ma réponse l’amusait. “Tu es jeune, Irina. Tu penses que tout est aussi simple. Mais rien n’est jamais aussi simple que ça.” Ses yeux s’éclairèrent d’un éclat presque mystérieux. “Tu crois pouvoir échapper à tout ça. Mais le monde dans lequel tu veux vivre, il n’est pas aussi innocent que tu le crois.”

Je le dévisageai, ne sachant quoi répondre. Que voulait-il dire par là ? Qu’était-il en train de sous-entendre ? Pourquoi cet homme, un criminel notoire, continuait-il à me parler de cette manière ?

“Pourquoi vous me dites tout ça ?” demandai-je finalement, ma voix plus tremblante que je ne l’aurais voulu. “Pourquoi vous m’approchez-vous ?”

Marius resta silencieux un moment, observant mes réactions avec une attention déconcertante. Puis, il s’approcha encore, son visage se rapprochant du mien, tout en restant à une distance respectable, comme s’il mesurait l’impact de chaque mot.

“Parce que je crois que tu es plus impliquée que tu ne le penses, Irina.” Sa voix était douce, mais il y avait une lourdeur dans ses paroles, comme s’il pesait chacune d’elles. “Et je crois aussi que tu es plus forte que ce que tu imagines. Tu n’es pas simplement une étudiante en droit. Tu pourrais être bien plus que ça. Mais il te faudra apprendre à jouer selon mes règles, si tu veux aller plus loin.”

Je le fixai, choquée par ses mots, mon esprit en ébullition. Pourquoi me disait-il cela ? Que voulait-il de moi ?

“Je ne sais pas de quoi vous parlez”, répondis-je, bien que j’en fusse parfaitement consciente. J’essayais de repousser ces pensées, ces craintes, mais une petite voix dans ma tête commençait à s’élever : Et si c’était vrai ?

Marius laissa échapper un léger sourire, presque imperceptible. “Tu le sauras bientôt.” Et avec cela, sans un mot de plus, il tourna les talons et se dirigea vers sa voiture, une silhouette imposante, implacable, se fondant dans la foule.

Je restai là, le cœur battant, me demandant si ce qu’il venait de dire était une promesse, une menace, ou les deux à la fois. Une chose était certaine : je ne pouvais pas ignorer Marius Blàs. Pas maintenant.