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INDOMPTÉS

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Summary

Au cœur des ténèbres du Japon, la famille Kōshitsu règne en maitre, une dynastie de Yakuza redoutée. Leila Lopez, une femme au passé mystérieux se retrouve entrainée malgré elle dans ce monde dangereux et intrigant. Ryûji Kōshitsu, encore appelé le "démon" est quant à lui hanté par des souvenirs douloureux qui font de lui un être brisé et remplis de haine. Et, lorsque l'Ange, un ennemi implacable refait surface avec un seul but, la vengeance, Ryûji et sa famille plongeront dans un tourbillon de vengeance et de trahison. Entre alliances fragiles, secret enfouis et amours interdits, chaque membre de la famille devra lutter pour sa survie tandis que le destin les poussera à affronter des forces qui risqueraient de les détruire, tous. " La vengeance est un poison, mais parfois, c'est le seul remède pour apaiser une âme tourmentée."

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

CHAPITRE 1

CHAPITRE 1



LEILA


   Connaissez-vous l'expression « Le ciel me tombe sur la tête ? » ? Oui ? Parce que c'est exactement ce que je ressens à cet instant.


   Je quitte la grande bâtisse qu'est le MILANO, restaurant italien dans lequel je travaille depuis trois ans déjà. Enfin, restaurant dans lequel je travaillais puisque l'on vient de me mettre gentiment à la porte pour une raison dégueulasse.


   J'ai refusé les avances de ce gros porc d'Enzo, mon ex-supérieur ! Et accessoirement, le patron de ce restaurant qui, sous prétexte de sa richesse et de sa notoriété, se permettait de faire des avances et des chantages sexuels à ses employés.


   Je me souviens encore de cette pauvre Chloé, une gentille fille quoique naïve qui a fini par mettre fin à ses jours. Ses parents n'avaient pas pu déterminer la cause de sa mort, mais au sein du MILANO, on savait tous qu'elle subissait du chantage de ce porc d'Enzo et, sûrement, sous la pression, elle avait fini par se suicider.


   Nous n'avions malheureusement rien pu faire et voilà que cet homme s'en était pris à moi. Me faisant chanter encore et encore, mais malheureusement pour lui, il n'avait pas réussi à obtenir quoi que ce soit venant de moi.


   On ne peut pas briser quelqu'un qui l'est déjà.


   Mais quoiqu'il en soit, je viens de me faire virer, perdant ainsi ma seule source de revenu, ce qui est très fâcheux. Je n’ai pas énormément d’économies et si je veux survivre, il va falloir trouver un nouveau travail, et vite !


— Je dois me trouver un nouveau travail avant que je ne me retrouve à sec... Soupirais-je en rentrant dans une boulangerie.


   Je ne finis pas par commander mes pains au raisin, mes péchés mignons avant de rentrer chez moi, maussade, puis sors mon téléphone afin d'appeler la seule personne à qui je pouvais parler dans ces moments-là.


Mon meilleur ami.


— Hey, je viens de perdre mon boulot. Dis-je la voix rieuse bien que tremblante.


Cette nouvelle m'avait peut-être plus ébranlé que je ne le pensais finalement.


— J'arrive, ma Déesse. Répond une voix grave mais douce à l'autre bout du fil.


   Je raccroche en souriant légèrement. Parfois, il m'arrive de me demander ce que je serai devenu si je ne l'avais pas rencontré à mon arrivée à Paris. Lui qui avait su devenir mon meilleur ami, mon pilier dans les moments difficiles, mon confident. Je n'aurai probablement jamais la réponse.

mais je suis heureuse d’avoir rencontré quelqu’un d’aussi lumineux.


   Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvre, laissant place à un beau jeune homme tenant dans ses mains un bouquet de fleurs et des pots de glaces. Comme toujours il avait pensé à tout.


— Ma Déesse, ton chaton est là. Dit-il en souriant tout en s'approchant de moi, souriant, faisant ressortir ses fossettes et ses yeux se fermant en de petits croissants de lune.


— Tu en as mis du temps...


— Excuse-moi, ma belle. J’ai eu un appel de mon père et il m'a tenu longtemps. C’était très important donc je ne pouvais pas me défiler. Mais dis moi, il s’est passé quoi ? Pourquoi as-tu été virée ? Je croyais que tout se passait bien au MILANO.


   Sans attendre, je viens me blottir dans ses bras tout en lui expliquant la mésaventure de la journée et les harcèlements que je subis de la part de mon ex-patron depuis des mois déjà.


— Je vois... Mais Leila, pourquoi ne m'as-tu rien dit depuis que ce fils de pute a commencé à t'emmerder ? On aurait pu faire quelque chose ! Merde ! Ça me fou en rogne, d'autant plus que c'est à cause de moi si tu travaille dans cet endroit... Imagine s'il t'était arrivé quelque chose ? Cet enfoiré ne va pas s'en sortir comme ça, c'est trop facile !


   Aoto ne s'arrêtait pas de parler et de débiter des insultes en japonais, ce qui me fit doucement rire. Même si, je comprends sa colère. Si j’ai commencé à travailler dans ce restaurant c’est grâce à lui. Il avait des connaissances là-bas et de fil en aiguille, il a recommandé mon dossier ce qui m’a permis d'être accepté et juste pour ça, je lui en serai éternellement reconnaissante. C’est vrai que je n’ai pas beaucoup d’économies mais, j’ai mis assez de côté pour ne pas être jetée à la rue ce mois-ci.


— Merci d'être toi, mon chaton...


   Il se tourne vers moi avant de tendrement m'embrasser le front, comme il a l'habitude de le faire, avant de sourire, faisant ressortir ses fossettes.


— Tout pour toi, ma Déesse, tout pour toi.




                                  ***





— Tu sais, Aoto, je me sens un peu perdue maintenant que je n'ai plus de travail, dis-je en soupirant tandis que je laisse mes doigts se balader distraitement le long du bord du sweat de mon ami.


   Aoto pose doucement sa main sur mon épaule, m'offrant un soutien silencieux.


— Ne t'inquiète pas, ma belle. On trouvera une solution ensemble. D'ailleurs, j'ai une idée qui pourrait te plaire. Dit-il le regard malicieux faisant briller ses yeux en demi-lune.


  Je relève la tête vers lui attendant ce qu’il va me sortir comme conneries parce que oui, lorsque Aoto vous regarde, avec ce petit sourire malicieux et ses yeux pétillants, généralement, ça n’annonce rien de bon.


— Toi, je suis sûre que tu as encore des idées tordues... Alors, qu'est-ce que c'est ? Demandé-je suspicieuse.


   Un sourire espiègle étire ses lèvres tandis qu'il joue avec mes cheveux.

— Et si tu venais avec moi au Japon, Leila ? Ou du moins, prends-le comme un ordre et viens avec moi, ma déesse !


    Je vous avais déjà dit que cet idiot avait des idées farfelues ?


   Mes yeux s'écarquillent de surprise par la proposition. Enfin, ce n'était même plus une proposition, mais un ordre à ce stade.


— Je savais que rien de bon n'allait sortir de ta bouche... Non, Aoto, je ne peux pas venir avec toi au Japon comme ça sur un coup de tête ! Je viens de me faire virer, je n'ai presque plus d'économie. Donc non, je ne peux pas y aller.


   Je me mis à débarrasser ma tablette en ramassant les pots de glaces désormais vides sous le regard scrutateur de Aoto.


— Mon grand frère Kise se marie dans quelques semaines et je dois retourner au Japon pour l'occasion, d'où l'appel de mon père qui me rappelait de ne pas manquer cela. Et si je te propose de m'accompagner, c'est justement parce qu'après ce qui t'est arrivé aujourd'hui, je n'ai pas envie de te laisser seule. Je veux pouvoir veiller sur toi et dis-toi que ce voyage sera des vacances. Tu as travaillé trois ans non stop, tu mérites un peu de repos, tu ne penses pas ?


   Je le regarde à nouveau avant de soupirer. Des vacances, je n'en avais jamais pris, en effet, et en prendre ne me ferait pas de mal. J'en avais même bien besoin.


  J'ai besoin, ne serait-ce qu'une fois dans ma vie, de souffler sans constamment avoir peur de... Enfin, bref, j'ai besoin de vacances.


— Je ne souhaite pas embarrasser ta famille Aoto. Je sais que les Japonais sont très traditionalistes et ce n'est pas tous les jours qu'une personne de ma couleur de peau se pointe dans ton pays. Ils ne vont pas me trouver étrange et me dévisager ?


   Aoto secoua doucement la tête, sa détermination lisible dans son regard, avant de me pincer doucement le nez.


— C'est vrai que les Japonais ont longtemps vécu reclus sur eux-mêmes, mais ne t'en fais pas, ta couleur de peau ne dérangera personne. Et puis, tu es si belle que je parie que personne ne voudra te quitter des yeux ! Dit-il en rigolant légèrement, ce qui me fait moi aussi sourire. Ma famille, quant à elle, est très ouverte et je suis certain que tu vas te sentir à l'aise avec eux. Vraiment, viens avec moi, tu ne le regretteras pas !


   Les mots réconfortants d'Aoto dissipèrent mes derniers doutes. Qui sait peut-être que ce voyage était exactement ce dont j'avais besoin pour me réinventer et découvrir de nouveaux horizons.


— D'accord, je viendrai avec toi au Japon, Chaton !






                                      ***




POV EXTÉRIEUR


   Quelque part dans un entrepôt au Japon


   Dans l'obscurité étouffante de l'entrepôt abandonné, une scène de chaos se déroulait.

Le grondement sourd des combats résonne dans l'air, entrecoupé par des cris étouffés et le fracas des corps qui s'entrechoquent.


   Des ombres se déplacent furtivement dans les ténèbres, chacune d'elles cherchant à prendre l'avantage sur l'autre dans ce ballet macabre de la vie et de la mort.


   Au milieu de cette cacophonie lugubre, une silhouette se distingue, glissant silencieusement d'un coin sombre à un autre, tel un spectre impitoyable.

Cet homme, redouté dans les bas-fonds de la ville et même dans les hautes sphères, est connu sous le nom du « démon ».


   Ses mouvements sont fluides, presque hypnotiques, alors qu'il se fond dans l'ombre, émergeant uniquement pour infliger la mort à ses ennemis.


   Dans un coin obscur de l'entrepôt, deux hommes se tiennent dos à dos, leurs armes prêtes à fendre l'air à la moindre menace.

Leurs respirations haletantes sont les seuls bruits audibles dans leur sphère de tension.


   Soudain, une ombre surgit de nulle part, se mouvant avec une agilité démoniaque.

Avant même qu'ils ne réalisent ce qui se passe, le démon est sur eux, prêt à arracher leurs vies.


— Saigo no Negai ? Sa voix est froide et tranchante, tout droit sortie des tréfonds de l'enfer.


(Dernière volonté ?)


   Sans attendre les réponses et en un éclair de mouvement, la lame du démon fend l'air, tranchant net l'un des hommes de haut en bas.

Un gémissement étouffé s'échappe de ses lèvres tandis qu'il s'effondre au sol, son sang maculant le sol froid de l'entrepôt.


  Le deuxième homme se retourna vivement, tentant désespérément d'attaquer, mais il était déjà trop tard.

   Il se rendit compte qu'il perdait son sang et ce n'était qu'une question de temps avant que la vie s'achève en lui.


   Le démon, lui, était déjà parti, se fondant de nouveau dans l'obscurité comme s'il n'avait jamais existé.


   Le silence oppressant qui suivit était palpable, chargé de la terreur des témoins impuissants de cette scène d'horreur.

Dans l'entrepôt déserté, la mort règne en maître, et le démon est son messager implacable, effaçant les vies une par une dans son sillage sombre et impitoyable.







                                      ***




RYUJI


   Dans la pénombre de sa salle de bain, j'observe le sang s'écouler dans les sillons du carrelage, formant des traînées sombres dans le sillage de la douche.


  Combien sont morts sous ma lame aujourd'hui ? Vingt personnes ? Trente ? Je ne m'en rappelle plus. Beaucoup, sans aucun doute.


   La lumière blafarde de l'ampoule vacille légèrement, créant des ombres dansantes qui semblent danser avec les gouttes de sang qui s'échappent lentement de mes mains.


   Une teinte austère imprègne la pièce, contrastant avec la brutalité de mes actes précédents.

Moi, le démon, je me tiens là, immobile, sous le jet d'eau froide, laissant la sensation glacée me pénétrer jusqu'au fond de son être.


   L'eau ruisselle sur mon corps, emportant avec elle les traces de la violence qui m'ont marqué, mais la culpabilité et la douleur que je ressens ne semblent pas pouvoir être effacées aussi facilement.


   Mon reflet dans le miroir est celui d'un homme grand, imposant, aux longs cheveux sombres dépassant dans un désordre négligé.

Mes yeux, d'un marron très clair presque doré, semblent refléter la lueur vacillante de la pièce, mais derrière cette apparence calme se cache une profondeur insondable, témoignage des nombreuses vies que j'ai prises.


   Mes mains sont tachées de sang, des stigmates de mon dernier acte de violence.

Pourtant, malgré l'horreur de mes actions, je reste là, dans la solitude glaciale de sa salle de bain, confronté à mon propre reflet et à la sombre réalité de ce que je suis devenu.


  Un monstre. Un être sans cœur, sans émotion, une machine créée pour tuer.


   La légèreté qui aurait dû accompagner ce moment de détente est absente, remplacée par le poids écrasant de mes péchés.


  Soudain, la sonnerie de mon téléphone me tire de ma rêverie et, avec une lenteur assez effrayante, je sors de la douche et prend mon téléphone avant de soupirer en voyant le nom.


   Mon père. Il ne manquait plus que lui. Je décroche, la mâchoire serré et l’écoute me demander si j’ai bien accompli la “ mission”.


— Ryûji à l'appareil. Oui... Je l'ai fait, oui. Aucun survivant. Oui... bien? J'ai compris.


   Je raccroche avant de regarder la pendule. 04 heures 30. Il se fait tard, ou devrais-je dire tôt, je suppose ? Enfin peu importe. Je n’avais pas réalisé que j'avais fini aussi tard cette nuit. Dans cette chambre d'hôtel, perchée dans les hauteurs, je peux admirer au loin les lumières scintillantes de la ville. Tokyo ne dort jamais, c’est un fait. Et même si je ne suis pas du genre à me perdre dans les clichés, force est de constater qu’il y’a une vérité indéniable dans cette image qu’on peint souvent de cette ville ; certains Tokyoïtes semblent ne vivre que pour la nuit. 


   Et j’en fais partie.


   Je sors une cigarette tout en allant vers le balcon, une fumée nocive s'échappant de mes lèvres, le regard vide. Au loin, les néons des clubs et des izakayas pulsent dans un rythme frénétique qui contraste avec le calme étrange de cette chambre ? Une ruelle plus bas, quelques silhouettes errent, sans doutes des noctambules comme moi ou des travailleurs de l’ombre. Bizarrement, je fais partie de ceux-là aussi. Bref. Je ne sais pas si c’est le poids de la fatigue mais, un sentiment étrange me saisit. Une mélancolie étrange. C’est comme si je faisais partie de cette ville sans vraiment y appartenir.


  Je m’adosse contre le balcon, le regard fixé sur l’agitation en contrebas. Tokyo vit, Tokyo respire, mais moi…Moi je me sens étrangement figé, coincé dans une bulle où le temps semble suspendu.


   J’ai tellement sommeil. Mais même ce privilège semble me fuir comme la peste. Encore une nuit sans sommeil. Je suis déjà habitué à vrai dire.


   Il n’y a que moi que le marchand de sable oublie chaque jour.


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