LES VENDANGES DE L'AMOUR

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Summary

Marianne a consacré 20 ans de sa vie à Bastien, sacrifiant sa carrière et ses ambitions pour lui. Mais leur relation prend fin après qu'il l'a trompée. Brisée par cette trahison, Marianne décide de retourner au domaine familial pour tenter d'oublier les rêves qu'elle a laissés derrière elle. Là-bas, elle retrouve une vie plus simple, loin du tumulte de Paris, et commence à reconstruire son existence. Au domaine, elle fait la connaissance de Cédric, le maître de chais, un homme veuf et père de deux petites filles. Bien que leur première interaction soit marquée par des malentendus et des maladresses, Marianne se rend compte qu'il cache une sensibilité derrière son apparence décontractée. Tandis qu'elle lutte pour retrouver son équilibre, Cédric, avec ses propres blessures, pourrait bien devenir une figure inattendue dans sa vie en pleine reconstruction.

Genre
Romance
Author
CAROLE73
Status
Complete
Chapters
25
Rating
5.0 6 reviews
Age Rating
16+

Chapitre 1

Marianne venait de monter dans son Audi grise. Les mains tremblantes, elle tourna une dernière fois son regard vers l’immense maison, celle qui avait abrité sa vie pendant presque vingt ans. Elle la contempla une dernière fois, comme si elle voulait graver chaque détail dans sa mémoire avant de démarrer et de partir, sans retour.

Vingt longues années… Vingt années à vivre auprès de Bastien, son amour d’enfance, l’homme qu’elle avait cru être l’homme de sa vie. L’homme avec qui elle avait tout partagé, qui était devenu, petit à petit, l’homme de son ancienne vie.

Pour lui, elle avait tout sacrifié. Sa passion pour les vignes familiales, un héritage qu’elle avait toujours chéri et qu’elle avait laissé derrière elle pour suivre Bastien. Sa famille, qu’elle avait mise de côté, abandonnant les traditions et les liens qui lui étaient chers pour se concentrer uniquement sur lui et leur vie à deux. Elle avait quitté son travail dans une grande société où elle s’épanouissait, pour rejoindre la petite entreprise de son mari et devenir sa comptable. Elle avait pris ce rôle, bien loin de ses rêves, avec l’espoir que cela renforcerait leur complicité, mais au fond, elle savait que c’était plus par obligation que par véritable désir.

Mais ce qu’elle avait le plus sacrifié, ce qu’elle regrettait profondément au fond d’elle, c’était son désir d’enfant. Un désir qu’elle n’avait jamais osé formuler à haute voix, mais qu’elle portait en elle, jour après jour, comme une douleur silencieuse. Bastien était stérile, et malgré les années qui passaient, il avait toujours refusé catégoriquement l’adoption ou la procréation médicalement assistée. Chaque fois que le sujet venait sur le tapis, il détournait la conversation, lui assénant une excuse après l’autre. Au début, elle espérait encore, croyait que le temps allait faire changer les choses, qu’un jour il accepterait. Mais rien n’avait changé.

Et plus les années passaient, plus elle se retrouvait seule avec ce vide immense. Ce manque. Elle avait longtemps ressenti cette douleur lancinante chaque fois qu’elle voyait une mère avec son enfant, chaque fois qu’une amie lui annonçait une grossesse. Il y avait des jours où elle aurait tout donné pour avoir un petit être à elle, un bébé à aimer. Mais au lieu de cela, Bastien lui avait offert… un chien. Un petit labrador, mignon et plein de vie, qui n’était que l’ombre du rêve qu’elle nourrissait. Le chien, certes, lui apportait de la compagnie et de l’affection, mais il ne comblait jamais ce vide, ne remplaçait jamais cet enfant qu’elle aurait tant voulu.

Le chien courait autour d’elle, la léchait, jouait joyeusement, mais il n’était qu’une distraction, un pansement temporaire sur une blessure profonde. Marianne, malgré les années, n’avait jamais cessé de rêver de ce qui aurait pu être. Et chaque sourire de Bastien, chaque tentative maladroite de lui faire oublier ce manque, ne faisait qu’ajouter à sa douleur.

Puis, un jour, le labrador s’était fait renverser par une voiture. La douleur avait été brutale, inattendue, et la perte, bien que le chien ne soit qu’un substitut, l’avait laissée dévastée. Ce petit compagnon qui apportait un peu de lumière dans sa vie sombre s’en était allé, emportant avec lui un peu de chaleur et de réconfort. Et avec lui, la solitude du cœur était revenue, encore plus présente, plus pesante.

Marianne se retrouva à nouveau seule face à cette absence. Une absence qu’elle avait tenté de combler de toutes les façons possibles, mais qui n’avait jamais cessé de la hanter. Chaque coin de la maison lui rappelait cette absence d’enfant, ce vide qu’elle avait accepté d’ignorer pendant des années, mais qui, à chaque perte, devenait plus insupportable.

Pourtant, malgré la douleur, elle était restée là, silencieuse. Parce qu’elle aimait Bastien de tout son cœur. Elle l’aimait malgré ses défauts, malgré ses failles, malgré les trahisons qu’il avait lui-même semées. Elle avait sacrifié son désir d’enfant, ses rêves, son bonheur personnel, dans l’espoir qu’il la verrait, qu’il l’aimerait davantage. Mais chaque jour, chaque souffrance accumulée, elle l’endurait sans rien dire. Elle ne voulait pas le perdre, même si, au fond, elle savait qu’elle avait déjà perdu une partie d’elle-même.

Elle se répétait sans cesse qu’elle ne finirait pas sa vie avec ses enfants, si elle en avait eut, mais avec son mari. Peut-être que ce n’était pas ce qu’elle avait imaginé, mais c’était la réalité, la seule qu’elle avait désormais. Elle devait accepter ce sacrifice silencieux, et puis elle se mis a trouver des occupations qui lui faisait penser a autre choses.

Ainsi, elle vivait avec cette douleur enfouie, la chassant au fond de son cœur, la dissimulant sous des sourires forcés et des gestes tendres. Parce que l’amour qu’elle portait à Bastien, même défiguré par les années et les blessures, était plus fort que tout.

Bastien Maréchal… Elle se souvenait encore de leur premier baiser, de ses promesses, de son regard d’adolescent naïf. Mais tout cela semblait appartenir à un autre temps, un temps révolu. Bastien avait tout mis en cendres lorsqu’il l’avait trompée avec Marceline, sa secrétaire. Et tout ça, sous son nez, dans le même bureau où elle exerçait son talent de comptable, avec toute la rigueur qu’il lui avait toujours admirée.

Elle avait 43 ans aujourd’hui, et la douleur qu’elle ressentait était aussi étrange qu’intense. Elle avait cru en leur histoire, elle avait cru en lui, en l’avenir qu’ils s’étaient promis. Mais ce soir-là, tout avait volé en éclats.

Quand elle avait découvert la vérité, c’était comme si le sol s’était dérobé sous ses pieds. Ce n’était pas juste une trahison de plus, c’était une souffrance infinie. Si seulement il avait tenté de se défendre, si seulement il avait nié, même, si ça avait été un mensonge, elle aurait peut-être pu y croire. Mais non.

Elle se souvint encore de ce jour fatidique, de la façon dont il s’était mis à nu, sans même essayer de la protéger, de la sauver de cette vérité cruelle.

C’est vrai… j’aime une autre femme… avait-il dit, sans fard, sans honte. Ses yeux fuyants n’avaient même pas eu la décence de la regarder dans les siens. Je te demande pardon, Marianne, si je te fais du mal, mais… je l’aime. Et je vais m’installer avec elle Je veux vivre avec Marceline !

Le choc, la douleur, l’effroi, tout s’était mélangé dans son esprit. Elle était restée là, figée, la bouche sèche, comme si le monde entier venait de lui échapper. Elle avait cru qu’il reviendrait sur ses paroles, qu’il chercherait à la reconquérir, qu’il tenterait de lui expliquer. Mais non, il n’avait rien fait. Rien d’autre que l’aveu brutal de son amour pour une autre femme.

Elle avait essayé de se convaincre que c’était moins grave que la mort de ses parents, il y a quelques années. Elle s’était sentie perdue à ce moment-là aussi, mais là… c’était une souffrance plus profonde, plus intime, plus violente. Comme si elle venait de perdre une part d’elle-même.

Marianne secoua la tête, le volant entre les mains, serré avec une détermination qu’elle ne se connaissait plus. C’était fini. Elle vait preferer partir et lui laisser la maison, du moin jusqu’au divorce, ou il lui donnerait la moitié ou vendrait la maison, en faites, l faisait comme il le voulait, elle s’en moquait eperdument, elle voulait juste fuir, oublier, se reconstruir.

Elle démarra enfin le moteur, la voiture ronronnant doucement sous ses doigts. Le bruit de l’Audi se mêla à un silence lourd et pesant dans la maison derrière elle. Une maison qui ne serait plus jamais la sienne.

Le rétroviseur lui renvoya une dernière image de la maison, ses fenêtres grandes ouvertes sur un passé qu’elle ne pouvait plus retenir. Ses yeux se remplirent d’un mélange de tristesse et de résignation, mais aussi d’une forme de soulagement. C’était fini. Elle avait pris sa décision, ou plutot il avait pris la sienne... il lui avait même demander de quitter l’agence !

Du jour au lendemain , elle s’était retrouvé sans mari et sans travail !

Elle prit une profonde inspiration, ressentant l’air frais pénétrer ses poumons, comme pour effacer les dernières traces de ce qui venait de se passer

Chaque virage semblait la séparer un peu plus de cette vie qu’elle avait laissée derrière elle, une vie marquée par la trahison et les sacrifices qu’elle avait longtemps acceptés sans un mot.

Dans son coffre de voiture, une partie de sa vie. Quelques cartons, quelques objets personnels qu’elle n’avait pu abandonner. Des souvenirs matériels, plus que symboliques, mais qui, à présent, semblaient aussi lourds que le fardeau qu’elle portait depuis toutes ces semaines. Leurs souvenirs communs, les petites choses qui l’avaient un jour liée à Bastien, étaient là, en silence, témoins d’une époque révolue. Elle savait qu’elle ne pourrait jamais tout effacer, mais elle espérait qu’un jour, elle pourrait tourner la page.

Le vent soufflait doucement à travers la fenêtre ouverte, et, pour la première fois depuis longtemps, Marianne sentit la liberté l’effleurer. Ce n’était pas la fin qu’elle avait envisagée, mais c’était le début de quelque chose de nouveau. La route qui s’étendait devant elle, vide et incertaine, semblait, contre toute attente, pleine de promesses.

Claire sa soeur lui avait proposer de revenir vivre au domaine avec elle et son mari, aprés tout, il lui appartenait de moitié depuis la mort de ses parents.

Sa mère était morte d’un cancer du pancréas et son père s’était suicidé juste après, les laissant elle et sa sœur orpheline;

Sa sœur Claire avait trois ans de plus qu’elle et n’avait jamais quitté le domaine, elle s’était marie et avait eut deux enfants, et tout le monde vivait au domaine meme au temps ou ses parents étaient encore en vie.

Des centaines de kilomètres les séparaient désormais. Marianne avait quitté l’Alsace pour s’installer en région parisienne, là où Bastien avait toujours voulu vivre, là où il avait construit leur vie commune. Mais aujourd’hui, à 43 ans, elle retournait chez elle, dans cette région qu’elle avait quittée il y avait si longtemps, mais qui, au fond, ne l’avait jamais vraiment quittée.

Elle se sentait comme une étrangère à Paris, malgré les années passées dans la capitale. Les souvenirs de son enfance, de ses racines, avaient toujours été plus forts que l’illusion d’une vie citadine qui, finalement, n’avait pas su combler le vide qu’elle ressentait. En Alsace, au moins, elle retrouverait un semblant de paix, un peu de sérénité. C’était là qu’elle finirait probablement sa vie, loin des trahisons et des mensonges, loin de cet homme qui avait tout détruit.

Elle reviendrait à ses premières amours : la comptabilité du domaine familial. Ce serait différent, mais au moins, ce serait une tâche qu’elle connaissait par cœur. Elle deviendrait la secrétaire du domaine, et peut-être qu’avec le temps, elle pourrait aussi contribuer d’une autre manière, partager ses connaissances et son expérience acquise à Paris, si cela pouvait servir à quelque chose.

Marianne, tout en conduisant, se surprit à penser qu’au fond, elle avait peut-être de la chance. Parce qu’elle aurait pu se retrouver à la rue, sans rien, brisée et sans ressources. Ou pire, être forcée de continuer à cohabiter avec cet enfoiré, attendant désespérément de trouver un autre travail, un autre logement. Mais ce n’était pas le cas. Elle avait pris une décision, une décision qui, bien qu’elle fût difficile, la libérait peu à peu. Elle avait un toit, elle avait une direction. Et même si la route était incertaine, elle ne se sentait plus prisonnière.

Peut-être que, quelque part, il y avait encore un peu d’espoir. Un jour, elle pourrait reconstruire, redonner du sens à sa vie. Mais pour l’instant, elle se concentrait sur ce qui était devant elle : un retour aux sources, un nouveau départ. Un avenir qu’elle construirait, non plus en fonction de quelqu’un d’autre, mais pour elle-même.

Et puis au domaine, elle ne serait pas seule, il y aurait sa sœur , son beau frère et leur enfants Daphné et Françoise.