Chapitre 1: Le début de la chute
Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. La rentrée, la première fois que j’ai posé les pieds dans ce lycée, l’excitation mêlée à une angoisse sourde., L’univers semblait être un endroit immense, mais tout d’un coup, il s’est resserré autour de moi. Je n’avais pas d’amis. Tout le monde semblait déjà avoir trouvé sa place, et moi, j’étais seule.
Puis, il y a eu Samir, un garçon à la fois cool et mystérieux, celui qui, d’une manière ou d’une autre, m’a donné l’impression que j’étais enfin incluse dans quelque chose de réel. On est devenus très proches, presque inséparables. Samir, mon “meilleur ami”. Je lui confiais tout, mes rêves, mes peurs, et il était là, il m’écoutait. Je pensais qu’on ne pourrait jamais être séparés. Mais je me trompais.
Tout a basculé lors de cette excursion scolaire. D’un coup, je me suis retrouvée séparée de Samir. C’était la première fois que j’étais loin de lui. Il n’était pas dans mon groupe et, au fond de moi, je sentais que c’était un test, un signe que quelque chose allait se passer.
Je m’étais assise dans le car, le regard dans le vide, quand je les ai vues. Mouna et Yasmina. Je savais qu’elles étaient des amies de Samir, mais je n’avais aucune idée de ce qui allait suivre. Un simple échange, une conversation anodine, et voilà qu’elles étaient mes nouvelles “copines”.
Mais rien n’est jamais aussi simple. Deux jours après, l’horreur a commencé. Des rumeurs ont fusé. “Elle embrassait des garçons derrière les bâtiments.” “C’est une fausse amie.” Des insultes, des mots cruels, des accusations absurdes. Comment pouvais-je comprendre tout ça ? Je n’avais rien fait, rien demandé.
Le pire est arrivé lorsque, un jour dans la cour, elles sont arrivées avec un groupe de leurs amis, une trentaine de personnes. Mouna, Yasmina, et leurs alliés m’ont encerclée. J’ai vu des regards pleins de haine, des sourires moqueurs, et puis Mouna m’a tiré les cheveux devant tout le monde. “T’as des pellicules”, qu’elle a dit, comme si c’était la chose la plus importante à dire. Chaque insulte, chaque geste me pénétrait comme une lame. Je n’avais plus de repères, plus de refuge. Où était Samir ? Il m’avait laissée. Il n’avait pas levé le petit doigt pour me défendre. Il disait que c’était “trop tard”, qu’il était “fatigué”.
Les journées étaient devenues des épreuves, je me cachais dans les coins, loin de leur vue. Je n’étais plus moi-même. Je n’étais plus qu’une ombre de ce que j’avais été, une victime. Et Samir… Mon meilleur ami… Il s’était évaporé, disparu quand j’avais besoin de lui le plus. Le pire, c’est qu’il n’a rien dit, rien fait.
Mais derrière tout ça, il y avait une vérité cachée. Pourquoi Mouna et Yasmina avaient-elles agi ainsi ? Pourquoi cette haine ? La réponse m’a sidérée. “Yasmina était jalouse de toi, elle voulait Samir, et pour elle, tu étais un obstacle.”
Une jalousie irrationnelle, un besoin de domination. C’était tout ça.