Prologue
Le soleil brûlant de l’été se couchait lentement derrière les arbres, à l’extrémité de la prairie. La couleur orangée de ce spectacle se reflétait sur les hautes herbes, qui bougeaient de gauche à droite au rythme du vent.
- Non ! Je vous en supplie... Je ferais tout ce que vous voudrez...
Un coup de feu retentit, faisant taire la jeune fille qui sanglotait, agenouillée dans l’herbe. Ses bras étaient attachés derrière son dos par une corde toute simple. Les oiseaux s’envolèrent des arbres dans un bruit de croassements mécontents. L’homme qui avait tiré, abaissa son arme et fit un pas vers elle. La malheureuse le regardait avec un regard implorant de la pitié, mais il n’en avait que faire. Avec un visage dépourvu de toute émotions, il se pencha légèrement vers elle.
- On a déjà ce qu’on veut, fillette. Toi.
L’arrogance dégoulinait de sa bouche à chacun de ses mots, et fut confirmé par un sourire moqueur au coin de ses lèvres fines. Se redressant, il recula d’un pas, insensible au regard que lui lançait la fille. Ses compagnons, tous vêtus de noir des pieds jusqu’à la tête, ricanèrent entre eux. Leur chef n’eut aucune réaction, et se contenta de hocher la tête au plus proche. Un homme dans la quarantaine avec des sourcils gris épais et une petite barbe. Ses cheveux étaient cachés par la capuche de sa veste noire. Celui-ci sourit, dévoilant ses dents dont une était en or. Dans ses yeux, pétillait un éclat d’excitation, qui était souvent présent chez ses hommes quand ils étaient occupés à faire ce qu’ils fessaient, la maintenant. Avec l’autorisation de son supérieur, l’homme tira sa propre arme de sa poche. Un simple pistolet, chargé. A cette vue, les yeux de l’adolescente s’écarquillèrent et elle secoua la tête, secouée de sanglots désespérés
- Non... Pas ça... S’il vous plait... Tout mais pas ça....
- Tu parles trop. » la coupa l’homme qui tenait le pistolet.
Insensible à ses supplications, il pointa l’arme droit vers son front. Alors qu’elle commençait à implorer leur pitié pour la troisième fois au moins, il tira. La fille le fixa avec un regard apeuré avant de rendre son dernier soupir. Une seconde après que la balle eut atteint son front, le sang gicla et elle tomba en arrière, inerte. L’herbe qui avait le teint orangé du soleil couchant fut couvert de sang. Rangeant son pistolet dans sa poche, l’homme souffla.
- Tous les mêmes. Toujours les mêmes paroles de désespoir avant de mourir. Ça devient ennuyeux.
Il se détourna et marcha jusqu’à une Mercedes grise, à l’arrêt quelques mètres plus loin, totalement inaffecté de son acte. Alors que les autres hommes se détournèrent également pour rejoindre les trois autres véhicules qui étaient placés dans un demi-cercle autour d’eux, le chef les arrêta.
- Débarrassez-vous du corps.
Comme l’autre, il était complètement dépourvu d’émotions. Les autres acquièrent et en un seul mouvement, rebroussèrent chemin. L’un d’eux remonta sa capuche, recouvrant ainsi ses cheveux bruns en désordre. Après avoir donné cet ordre, il grimpa du côté conducteur de la Mercedes et regarda ses hommes finir le travail. L’un fit rouler un réservoir d’essence jusqu’aux autres, et l’ouvrit. L’essence recouvra toute l’herbe, et vint lécher le cadavre. Un autre prit un briquet de sa poche. Il l’alluma et se pencha afin de le rentrer en contact avec le liquide. Aussitôt, le feu se propagea à une vitesse étonnante.
Alors que toutes les voitures quittèrent la prairie, les flammes s’élevèrent jusqu’au ciel dans l’espoir de ne laisser aucune trace de la scène qui venait de se dérouler.