Justice ou vengeance: que choisis-tu ?

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Summary

Nadia est morte. Assassinée. Mais son histoire ne s'arrête pas là. Revenue sous forme d'esprit, elle découvre que l'horreur continue : son assassin s'attaque maintenant à sa sœur. Prisonnière entre le monde des vivants et des morts, Nadia n'a qu'une obsession : la sauver. Mais le temps est compté. Déchirée entre justice et vengeance, Nadia doit affronter son passé, ses peurs... et ses propres démons. Le choix qu'elle fera décidera de son salut... ou de leur perte à tous. Un voyage glaçant à travers la douleur, la rédemption et des choix impossibles. Êtes-vous prêt à choisir avec elle ?

Genre
Fantasy/Thriller
Author
Lou
Status
Ongoing
Chapters
9
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapter 1:les fragments d'une vie brisée





Le hurlement strident du réveil déchira la tranquillité du matin comme un coup de tonnerre, arrachant brutalement Nadia à un sommeil agité dont elle ne se souvenait déjà plus. Ses yeux, encore embués de rêves flous, scrutèrent la pénombre de sa chambre avant de se poser sur son téléphone posé à côté de son oreiller. D'un geste rageur, elle le saisit, prête à l'envoyer s'écraser contre le mur. Mais au dernier moment, un voile de lassitude l'en empêcha. Elle le laissa tomber lourdement sur la table de nuit, se pelotonnant sous sa couverture avec une résignation amère.






La voix réprobatrice de sa mère résonnait déjà dans son esprit, insistant pour qu'elle se lève et se comporte "comme une fille respectable". Mais Nadia n'en avait rien à faire. Chaque jour ressemblait à une lutte sans fin, et elle n’avait plus l’énergie de se battre contre un système familial qui semblait l’écraser davantage.






Des rires joyeux émanaient du rez-de-chaussée, apportant avec eux une pointe de frustration. Pas besoin de descendre pour savoir ce qui se passait ; elle imaginait déjà sa mère enveloppant Ariana, sa demi-sœur parfaite, de bisous et de compliments incessants. Ariana, toujours souriante, toujours impeccable, contrastait cruellement avec elle-même.






Avec un soupir résigné, Nadia finit par se traîner hors du lit, ses muscles endoloris protestant à chaque mouvement. Une douche froide effaça momentanément la fatigue, mais ne parvint pas à alléger le poids lourd qui pesait sur sa poitrine. Elle enfila ses vêtements d'un geste mécanique, attrapa son sac à dos et descendit les escaliers, prête à affronter une autre journée de reproches et d’indifférence.






Comme prévu, la scène en bas était exactement ce qu’elle avait imaginé. Sa mère riait aux éclats en câlinant Ariana, les enveloppant de tendres attentions qui laissaient Nadia se sentir invisible. Elle roula des yeux et racla la gorge pour signaler sa présence, espérant une réaction différente de la normale.






Sa mère se tourna vers elle, son sourire chaleureux s’évaporant instantanément pour laisser place à une moue sévère.






— Tu es encore en retard, Nadia, grogna-t-elle. Tu ne pourrais pas, une fois dans ta vie, prendre exemple sur Ariana ?






Nadia haussa les épaules, laissant ses excuses se perdre dans un murmure sarcastique. Elle savait que, quoi qu’elle dise, cela ne suffirait jamais à apaiser la frustration de sa mère.






— Tu n'as plus le temps de manger, ajouta sa mère en attrapant ses clés avec impatience. Prends un taxi si tu veux, mais avec ton propre argent.






Nadia observa sa mère et Ariana monter dans la voiture, suivies par son beau-père portant les jumeaux dans ses bras. La petite Niane, la plus jeune de la famille après les bébés, descendit en sautillant comme une enfant, provoquant un rire tendre de leur mère.






— Je suis prête ! chantonna Niane en saluant tout le monde avec une innocence rayonnante.






Avant de partir, Niane se tourna vers Nadia, un sourire innocent illuminant son visage.






— Au revoir, grande sœur ! lança-t-elle joyeusement.






Pour une fois, Nadia lui répondit avec douceur, levant une main en guise de salut.






— Au revoir, Niane.






C'était un geste simple, mais suffisant pour allumer une étincelle de chaleur dans le cœur de Niane. Nadia la regarda partir, un sentiment doux-amer l'envahissant. Elle ressentit un mélange de culpabilité et de soulagement, consciente que malgré tout, elle ne pouvait pas ignorer ses propres besoins.






Une fois seule, elle monta à l'étage, ses pas résonnant dans le silence oppressant de la maison. Elle se dirigea vers la chambre de sa mère, ses doigts tremblants effleurant le sac à main accroché au dos de la chaise. Avec une précision presque mécanique, elle l'ouvrit et en sortit quelques billets. Un rictus amer se forma sur ses lèvres lorsqu'elle prit l'argent, un geste désespéré pour se libérer de l'emprise financière de sa mère.






— Puisque je dois payer mon taxi, autant me servir.






De retour dans sa chambre, elle se laissa tomber lourdement sur son lit, son regard se posant sur le portrait de son père et de sa sœur aînée. Leurs sourires figés dans le temps semblaient la juger silencieusement.






— Vous êtes fiers de moi, hein ? murmura-t-elle, les larmes menaçant de couler. Fiers de voir ce que je suis devenue... Une voleuse dans une maison où personne ne m’aime.






Un flot de souvenirs s'imposa à elle : l'accident, le feu, les cris déchirants. Le regard de sa mère ce jour-là, un mélange de mépris et de rage, la hantait toujours. Elle était la seule à avoir survécu, et parfois, elle aurait préféré que ce ne soit pas le cas.






Ses doigts tremblaient tandis qu’elle effleurait le cadre du portrait. Elle se mordit la lèvre pour étouffer un sanglot, puis inspira profondément.






— Je suis désolée... mais je ne peux pas continuer comme ça.






Elle attrapa son sac, ferma la porte derrière elle avec une détermination qu'elle ne se connaissait pas, et se dépêcha de quitter la maison qui n’était plus qu’un lieu de souffrance.



Le soleil brillait haut dans le ciel, inondant la rue de sa lumière impitoyable, mais Nadia n’en ressentait aucun réconfort. Elle attendait au bord de la route depuis dix minutes, scrutant les taxis qui passaient sans daigner s’arrêter. Ses bras étaient croisés, ses doigts serrés en poings, manifestant une frustration qu’elle tentait de masquer.






Enfin, un taxi noir ralentit devant elle. Elle poussa un soupir de soulagement et se précipita pour monter à l’intérieur. La première chose qu’elle remarqua fut la tenue étrange du conducteur : tout en noir, des gants qui semblaient inutiles en plein été, des lunettes de soleil épaisses, une casquette tirée bas sur son front et un masque chirurgical qui lui couvrait la moitié du visage. Un contraste saisissant avec le monde lumineux qui l’entourait.






Elle hésita un instant, une pointe de méfiance la retenant, mais finit par s’asseoir, refermant la portière derrière elle avec une détermination hésitante.






— Lycée Saint-Jean, s’il vous plaît, dit-elle d’une voix ferme, essayant de paraître assurée malgré ses doutes.






Le conducteur hocha légèrement la tête et démarra sans un mot. Nadia ne put s’empêcher de le dévisager, son regard scrutant chaque détail de sa tenue mystérieuse.






— Pourquoi... vous êtes habillé comme ça ? demanda-t-elle finalement, une pointe de méfiance dans la voix.






Il mit un moment à répondre, comme s’il réfléchissait à la meilleure façon d’expliquer son apparence insolite.






— Allergies, dit-il simplement, sa voix basse et rauque résonnant dans l’habitacle silencieux.






Nadia fronça les sourcils, trouvant la réponse insatisfaisante, mais ne dit rien de plus. Elle s’adossa au siège, fixant le ciel par la fenêtre. Le bleu intense semblait se moquer de son humeur sombre, amplifiant son sentiment d’isolement.






Le moteur ronronnait doucement, presque apaisant, et la fatigue qu’elle portait depuis des semaines commença à peser lourdement sur ses paupières. Elle ferma les yeux, s’imaginant loin de cette vie, loin des reproches, loin des souvenirs douloureux qui la hantaient.






Mais soudain, une sensation étrange l'envahit. Sa tête semblait tourner, ses membres devenaient lourds comme du plomb. Une chaleur inhabituelle monta en elle, brouillant ses pensées et rendant ses mouvements maladroits.






— Qu’est-ce qui... murmura-t-elle, essayant désespérément de garder les yeux ouverts.






Le monde autour d’elle s’assombrit rapidement, les couleurs s’évanouissant dans une obscurité oppressante. Le siège devint instable sous elle, et une vague de vertige la submergea. Avant qu’elle ne puisse réagir, tout devint noir.



Lorsque Nadia reprit conscience, une douleur sourde pulsait dans son abdomen. Elle tenta de bouger, mais se rendit vite compte qu’elle était attachée à une chaise, ses poignets et ses chevilles ligotés fermement. Ses affaires avaient disparu, laissant son corps vulnérable et exposé.






La pièce était petite et austère, éclairée uniquement par une ampoule suspendue qui vacillait, projetant des ombres inquiétantes sur les murs nus. La panique s’installa instantanément, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine.






— Qu’est-ce que... ? murmura-t-elle, sa voix tremblante d'angoisse.






Un grincement soudain retentit, faisant écho dans la pièce silencieuse. La porte en métal s’ouvrit lentement, révélant la silhouette du conducteur du taxi. Cette fois, il avait retiré son masque, mais gardait ses lunettes et sa casquette. Ses traits étaient sévères, et ses yeux, bien qu’en partie cachés, semblaient percer jusqu’à son âme.






Nadia ouvrit la bouche pour parler, mais avant qu’elle ne puisse formuler une seule question, ses yeux furent attirés par l’éclat métallique d’un couteau qu’il tenait fermement dans sa main.






Elle sentit une vague de terreur pure l’envahir, son esprit se figer dans un état de choc paralysant.






— Attendez... Non, s’il vous plaît, balbutia-t-elle, sa voix brisée par la peur.






Mais l’homme ne répondit pas. Il s’élança soudainement vers elle, levant l’arme avec une rapidité effrayante. Le couteau s’enfonça dans son abdomen avec une précision glaciale, la douleur fulgurante la fit hurler de terreur et de souffrance.






— Pourquoi ?! hurla-t-elle entre deux sanglots, ses forces s’étiolant sous l’impact.






L’homme resta impassible, son regard vide fixant son œuvre avec une indifférence troublante. Le sang jaillit de la blessure, coulant en rivières écarlates sur le sol de la pièce. Nadia sentit le liquide chaud s’échapper de sa bouche, chaque battement de son cœur accélérant l’inévitable.






La douleur était insupportable, comme si des flammes dévoraient son corps de l’intérieur. Elle tenta de bouger, de se débattre, mais ses membres refusaient d’obéir, la laissant impuissante face à sa propre détresse. Sa vision commença à se brouiller, des éclats rouges et noirs dansant devant ses yeux.






L’homme murmura quelque chose, un chuchotement si bas qu’elle ne put comprendre. Mais il le répéta trois fois, une voix douce, presque apaisante, en contraste total avec l’horreur de ses actes.



Avant qu’elle ne puisse répondre, l’homme recula, laissant tomber le couteau avec un bruit sourd sur le sol. Sans un mot de plus, il disparut par la porte, la laissant seule avec ses pensées tourbillonnantes et une multitude de questions sans réponses.






Nadia sentit sa vie s’éteindre lentement. La pièce semblait s’assombrir davantage, comme si les ténèbres venaient la chercher. Sa respiration devint saccadée, faible, chaque inspiration une lutte contre la douleur insoutenable. Elle murmura une dernière pensée, peut-être une prière, avant que tout ne devienne noir.