Chapter 1All For Us (Labrinth et zendaya)
Isis
Les flammes rougeoyantes dansaient autour de moi. L’air brûlant me collait à la peau et me donnait l’impression de fondre. L’atmosphère était étouffante, presque insupportable.
Mais l’incendie n’est pas ce qui m’inquiète le plus à cet instant. Ce feu, bientôt incontrôlable, est au contraire mon allié, pour le moment. Il va nous aider à couvrir nos traces.
En revanche, les sirènes de police, qui se rapprochent bien trop rapidement à mon goût, sont bien plus urgentes.
Il faut détruire les preuves, vite, avant que l’on nous attrape.
Ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate s’ils pensent me coincer aujourd’hui. Jamais !
Autour de moi, soignants et patients fuient l’hôpital en flammes, paniqués. Le sont-ils à cause du feu qui se propage ? Ou alors à cause de la police qui risque de les arrêter ? Peut-être un peu des deux. Après tout, ici, tout le monde trempe dans l’illégalité, aussi bien soignants que malades. Des cris, des pleurs, des supplications retentissent.
Je les entends, mais les ignore.
Impossible de faire abstraction du brouhaha et des bousculades qui s’accumulent dans les couloirs. Me frayer un chemin à travers le bâtiment va se révéler être un véritable parcours du combattant,me dis-je en soupirant, épuisée et agacée par la situation.
Tu dois te calmer :
- calme toi Isis, calme toi !
Si tu cèdes à la panique c’est la prison où la mort pour tout le monde.
Je me répétais en boucle ces paroles dans ma tête, en essayant tant bien que mal de continuer à avancer malgré toute ce chaos.
La fumée emplissait de plus en plus ma gorge, m’empêchant de presser le pas. Je devais faire vite le temps pressé.
- Isis ! m’interpella quelqu’un.
Je me retourne pour voir Halba, ma directrice d’hôpital, courir vers moi.
-J’ai récupéré tous les dossiers confidentiels que je pouvais et ai détruit le reste, m’informa-t-elle en haletant.
Elle me tendit un sac rempli de documents. Ses mains tremblaient. Je l’ouvris, jetai un coup d’œil à l’intérieur et refermai le sac, satisfaite.
- Bien. Suis le plan. Rassemble les bonbonnes de gaz dans la pièce protéger. On fait sauter le bâtiment ! Tu as ving minutes.
Je lui lança alors un regard d’avertissement.
- Tu sais ce qui arrivera si ça se passe mal ?
- Oui, je sais ! Me répondit-elle, le souffle court. Puis elle repartit, prête à donner les ordres.
Les émanations toxiques m’emplissaient les poumons. Elles devenaient de plus en plus épaisses. Ma respiration devenait de plus en plus difficile, ma vitesse faiblissait, je devais sortir, et VITE.
Problème : A cause de toutes ces exhalésons je n’y voyais plus grand-chose. Seuls se dessinaient des silhouettes floues, trébuchantes, effrayées se bousculent pour tenter de trouver la sortie la plus proche.
Je couvris alors ma bouche et mon nez avec mon pull et me dirigeai rapidement vers la sortie. Des morceaux de plafond commençaient déjà à tomber tout autour de moi. Chaque pas devenait plus risqué. Si je ne faisais pas vite je finirais vite enseveli sous les décombres avant même de finir en taule. Mon corps en sueur peinait à tenir le sac, Tant mes mains devenaient glissantes. Quand enfin, j’entrevi la sortie.
Alors que je me dirige vers elle, les sirènes de police se font entendre, elles sont proches. Trop proches. Merde, on a trop traîné. Il faut ralentir leur progression. L’équipe d’Halba a besoin de plus de temps. Mon esprit s’accélère. J’attrape mon talkie-walkie et ajuste la fréquence pour contacter Noah.
- Noah, place les charges maintenant. Active les pièges dans le couloir nord et près de l’aile est. La police ne doit pas arriver avant que tout ne soit réglé ici.
J’entends un simple « OK » puis me dirige vers un local technique. L’hôpital a été conçu pour être discret, avec des zones secrètes que seuls quelques hauts gradés de notre organisation connaissent. A l’intérieur du local je me précipite sur le compteur électrique et abaisse le deuxième levier en partant de la droite sur la deuxième ligne. Un digicode apparaît alors sur le mur droit, j’y entre le mot de passe et une trappe s’ouvre devant moi. Me m’y faufile, descend quelques marches et atterris dans la salle d’armes où se trouve les dispositifs explosifs préparés à l’avance. Des dizaines de petites bombes y étaient entreposées dans des boîtes compartimentées spécialement conçue pour éviter les déclenchements involontaires. Elles étaient toutes chargées d’une quantité de poudre soigneusement calculée au gramme près, pour que l’explosion soit stratégiquement localisée. Je saisis les boîtes, les empiles dans de grands sacs pour faciliter leurs sorties et les déposes dans le local technique. Je referme le passage et poursuit ma route.
Une fois dehors je me redirige vers l’hôpital et tends un fil de fer au bas de la sortie d’urgence, attache une petite charge explosive au plafond avant de ressortir du bâtiment. Avec la fumée, ils ne remarqueront rien. Plus que 9 pièges à poser.
- Ils vont prendre le couloir nord, annonce Noah d’une voix calme dans mon talkie walkie. Une équipe d’intervention est déjà en route. Fais vite.
10 minutes plus tard je place mon dernier détonateur et fais demi-tour. Mon cœur bat à tout rompre.
Des coups sourds résonnent dans le bâtiment. Une explosion, étouffée par l’épaisseur des murs, signale que les pièges ont été activés. J’entends ensuite les cris de confusion des policiers se mélanger aux supplications des patients et soignants. Tous désormais prisonniers, de leurs funeste destin .
A travers une fenêtre j’aperçois certains policiers qui tentent de contourner le bâtiment, mais c’est inutile ils ne feront que perdre du temps. Si tout se déroule comme prévu, les piges de Noah les freineront rapidement pendant quelques précieuses minutes.
Ça ne les retiendra pas longtemps, je le sais. Mais il nous suffit de quelques secondes, juste assez pour que le gaz se répande suffisamment.
- Halba a fini, m’annonce Noah.
- Sors toi aussi.
- Bien reçu.
Un grondement sourd retentit. Un autre piège explose quelque part. Je dois rester sur mes gardes. Ils se rapprochent.
Je commence à me diriger vers la sortie, mais je suis ralentie par des débris. Ma tête commence à tourner à cause de la fumer devenue insupportable. Merde ! Je me retiens au mur, manquant de tomber. Mais le mur s’écroule, déjà fragilisé. Et je trébuche pour de bon. Mon cœur bat à tout rompre. Ma respiration s’accélère. Je vais mourir.
Non ! Je rassemble mes forces pour me relever.
Je sens la chaleur près de ma tête, et une forte odeur de brûlé me parvient.
ALORS LA NON ! Une mèche de cheveux est en train de brûler ! Je l’arrache vite, sans réfléchir et la douleur irradie mon cuir chevelu. Je n’y prête pas attention pour le moment. On verra plus tard.
Courage. Un pas devant l’autre. Concentre-toi. Tu peux le faire. Tu dois le faire !
J’arrive à sortir de l’hôpital grâce à la seule issue que j’avais laissée pour m’échapper. J’ai envie de vomir, et je n’arrête pas de tousser. Mais je suis encore trop proche. Je dois m’éloigner le plus possible et me diriger rapidement vers le point de rendez-vous.
Mais je dois d’abord prendre une pause. Je n’arrive plus à tenir debout. Je repère un petit endroit discret où je m’écroule.
De là, je peux observer les flammes et les policiers qui arrêtent toutes les personnes qu’ils peuvent.
Je regarde la mèche rousse de mes cheveux à moitié calcinée. Quel gâchis. J’ai mis des années à les faire pousser.
Mes épaules s’affaissent, j’ai chaud, je transpire. J’ai quelques brûlures et égratignures sur mon corps, mais je ne m’en sors pas si mal. Au moins, je suis vivante et libre..... Enfin pour le moment.....
Mais je ne peux pas rester là. J’ai assez récupéré. Je me lève et me remets en route.
Derrière moi, les sirènes de police deviennent de plus en plus confuses. Je ne peux m’empêcher de sourire.
Pas cette fois. Ils ne m’auront pas.
Le bâtiment, rongé par le feu, s’écroule après une énorme explosion, tuant certainement tous ceux qui étaient trop proches de l’hôpital, ainsi que les gens restés à l’intérieur.
On a perdu des hommes et des patients. Ça va nous coûter cher. Mais on verra ça plus tard. Pour l’instant, je dois rejoindre le groupe.
Ce point de rendez-vous est parfait : assez éloigné de l’hôpital pour être discret mais assez proche pour y aller à pied. Je me détends peu à peu à mesure que je m’éloigne.
Heureusement que j’aime prévoir toutes les possibilités et que j’avais anticipé ce cas de figure en établissant un protocole précis. Mais de là à ce que ça se réalise... Quelle poisse.
Fait chier brûler un établissement flambant neuf à cause de ça, c’était bien en dernier recours que je les fais, soyez en sûr.
On peut voir l’incendie de loin illuminer le ciel et observer les pompiers tenter de maîtriser les flammes. De toute façon, il va bientôt pleuvoir. La pluie devrait les aider dans leur travail.
Pendant le trajet, je réfléchis. Des questions me viennent. Comment la police nous a-t-elle retrouvés ? C’est bizarre. Juste quand mon contact à la police part en vacances...
C’est peut-être une simple coïncidence, mais je veux être prudente et ne rien laisser au hasard.
Quinze minutes passent, le temps d’arriver devant le vieux hangar rouillé. Il donne l’impression d’être sur le point de s’effondrer à la prochaine bourrasque.
Pourtant, ces quinze minutes ont suffi pour me frigorifier totalement. Il fait très froid pour une mi-septembre.
Mais où est le réchauffement climatique quand on en a besoin ?
Je rentre dans le hangar et la première chose qui me frappe, c’est l’odeur atroce d’ un mélange de brûlé et de transpiration avec un goût métallique de sang en arrière plan. La nausée me monte aux lèvres, mais pas le temps de gerber, les autres sont déjà là.
Je rejoins Halba et Noah, qui, comme à son habitude, est en t-shirt.
Sérieusement, comment il fait ?
Derrière eux, des médecins, des patients et quelques-uns de nos mercenaires attendent, le visage tendu.
Je remarque que les médecins ont déjà commencé a soigner les blessés.
- Comment ça se fait que la police soit ici ? me demande Noah, avançant vers moi accompagné d’Halba.
On s’écarte du groupe pour plus d’intimité.
Comme si je le savais...moi aussi je voudrais bien savoir qui est la **** qui nous as balancée. Et sinon le policier qui nous as démasqué.
- Je ne sais pas comment ils ont trouvé l’hôpital, dis-je à Noah. Mais j’aimerais bien le savoir aussi, rétorquais-je d’une voix agacée par ses questions.
Il fronce les sourcils encore plus que d’habitude en entendant ma réponse, lui aussi doit être contrarié. Il s’apprête à me répondre, mais Halba le coupe avant.
- Stop ! Nous sommes tous très tendus et fatigués après cette soirée catastrophique. On doit se calmer ou la situation empirera.
C’est facile à dire pour elle. Le sommet est dans deux jours. Ce désastre va les réjouir. Ils ont tous envoyé des membres de leur organisation dans mon hôpital. Ils ont sûrement perdu des hommes dans l’accident. Ils vont en profiter pour me descendre et me faire payer cher. Ces vautours n’attendent que ma chute.
Mais il est hors de question que je me laisse faire. J’ai déjà trop sacrifié pour devenir celle que je suis aujourd’hui.
Tranquille Isis. Tu es la cheffe, tu ne dois pas t’emporter. Tu ne PEUX pas t’emporter.
Je prends une grande inspiration et me ressaisis. Je rationalise :
De toute façon, l’hôpital n’est pas mon activité principale, juste un moyen supplémentaire d’asseoir ma supériorité sur les autres chefs.
D’ailleurs... Il se pourrait que l’un d’entre eux soit derrière tout ça. Mais qui ?
Je soupire, sachant qu’il y a peu de chances que le coupable se dénonce. Cela fera donc plus de travail pour moi.
- Je veux un rapport détaillé de la situation dès que possible, demandai-je à Halba d’une voix calme, posée mais autoritaire.
- Très bien, je te l’apporterai demain, me répondit-elle en massant ses mains, un tic nerveux qu’elle a lorsqu’elle est stressée.
Puis je me tourne vers Noah, qui attend mes ordres, les bras croisés, attentif, avec son éternel air sérieux. Il est l’un de mes meilleurs éléments.
Raison pour laquelle je lui ai confié l’équipe d’intervention.
- Noah, choisis quelques hommes pour trouver un endroit sûr et mieux protégé pour reconstruire l’hôpital.
- D’accord, j’ai déjà une liste en tête. Je leur envoie un message pour qu’ils commencent dès maintenant.
Sur ce, il prend son téléphone et tape à toute vitesse dessus. J’en étais sûre, il est réactif. C’est une des qualités les plus utiles qu’il possède.
- Mais Isis, le plus urgent pour l’hôpital, ce n’est pas le bâtiment, mais le manque de personnel soignant. Je n’ai pas encore fait les comptes, mais il restait pas mal de monde à l’intérieur quand ça a explosé, me fait remarquer Halba, soucieuse.
Elle a raison. Le pire dans cette situation n’est pas la perte de l’hôpital en lui-même. Non, on a assez d’argent pour le reconstruire. Ce n’est pas grave, juste chiant.
Cependant, trouver des soignants qui veulent bien travailler illégalement et qui soient un minimum dignes de confiance, ça, c’est plus compliqué.
- Je peux m’en occuper aussi, intervient Noah, me sortant alors de mes pensées.
Le travail qui m’attend est déjà énorme. Je me vois déjà enchaîner les nuits blanches. Alors, si je dois aussi gérer le recrutement, je deviendrai folle et finirai sûrement par tuer quelqu’un.
- Bien, tu travailleras avec Halba pour ça. Rentrons à l’Amaryllis.
Ils acquiescent tous deux par un hochement de tête puis nous nous mettons en route.
Première fois où j’écris ce qui se passe dans ma tête j’espère que vous aimerez rentrer dans mon univers, dites-moi ce que vous en pensez.😁
Et abonnez-vous🙏❤️