Sýndesmos by Novaephyr at Inkitt
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Sýndesmos

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Summary

Nidyrka est une jeune femme qui a une capacité de régénération étrange. Lors d’un crash en avion, elle atterrit dans un autre monde et toutes ses croyances s'écroulent alors que toutes les créatures des mythes et légendes qu’on connait, y existent. Elle apprend par la même occasion qu'elle et toutes les autres personnes invoquées dans cette étrange académie ont un Dona, une forme bestiale en laquelle ils peuvent se métamorphoser. Nidyrka se retrouve enrôlée, malgré elle, dans une guerre où elle n'a pas d'autres choix que de se battre pour survivre. Mais peut-être trouvera-t-elle des réponses sur sa régénération et cette voix dans sa tête.

Genre
Fantasy
Author
Novaephyr
Status
Complete
Chapters
34
Rating
5.0 3 reviews
Age Rating
18+

Arc 1 : Un nouveau monde - Chapitre 1

Moi, Novaephyr, immortelle, voyageuse des mondes et conteuse des mémoires, écrit aujourd’hui l’histoire d’un des êtres les plus fascinants que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Dans ce récit, tous les faits et noms des personnes ont été conservés. Ce roman est basé sur les souvenirs que m’a volontairement transmis cette femme pour vous permettre de plonger au plus près de son histoire.

Voici l’histoire de Nidyrka Syl.




Me retrouver face aux yeux reptiliens de ce qui était sans aucun doute un dragon, était la dernière chose à laquelle je m’attendais en reprenant mes esprits. Je peinais à respirer, alors que ses serres maintenaient fermement le col de mon sweat-shirt, m’étouffant par la même occasion.

J’agitais mes membres, tentant de me défaire de son emprise pour fuir.

Pour quelqu’un qui ne connaissait ces créatures que dans des livres de fantaisie, je restais étonnement calme. Sûrement en état de choc. Après tout, les dragons n’existaient pas.

Un coup d’œil autour de moi m’informa que j’étais dans une caverne sombre, immense. Des personnes marchaient en file indienne vers une sorte de portail à la lueur verte qui les faisait disparaître. Une scène plutôt déconcertante.

Je dois être morte, c’est ça.

Mes autres sens ne me donnaient plus d’informations sur le lieu qui m’entourait, sur la température ou les odeurs, comme s’ils avaient été rompus.

— Pas sous ma garde, grogna la bête, ses naseaux repoussant les cheveux collés sur mon front à chaque expiration.

Je continuai de remuer mon corps pour qu’il me libère. Ma tête devait faire la taille de son œil cuivré. Des écailles noires de jais brillaient sur l’intégralité de son corps.

Un autre souffle réchauffa ma peau couverte de sueur.

— Tu n’as rien à faire ici, retourne chez toi.

Les cornes torsadées sur sa tête brillèrent et ses ailes s’allongèrent.

En un temps, il relâcha l’emprise sur ma nuque et frappa l’air de ses ailes, me propulsant hors de ce lieu irréel.

Il disparut de mon champ de vision alors que le néant englobait mon corps.

Génial, je tombe maintenant.

Je pris une grande bouffée d’air frais. Ah non. L’odeur de soufre et de chair brûlée déclencha une toux incontrôlable. Ma bouche se tordit en un rictus amer et je fronçais les sourcils en constatant que mes nerfs brûlaient sous mes vêtements. Il n’y avait pas un seul endroit indolore et même si je n’en avais aucune envie, j’ouvris les yeux.

Le ciel était assombri par une fumée opaque. Elle dansait au rythme du zéphyr impétueux. Je crachais mes poumons en tentant de me redresser. Au moins, il n’y avait plus de dragon, plus de caverne. Ce ne devait être qu’un rêve.

On va attendre un peu que la douleur s’atténue avant de bouger.

L’immensité se dressait au-dessus de moi. La teinte jaune du Soleil que je connaissais avait laissé place à un point lumineux plus blanc qui éclairait la Terre.

Ce n’était pas le Soleil, mais une autre étoile. Une étoile jaune-blanche, bien plus chaude que mon soleil.

Je ne suis plus sur Terre, réalisai-je, même si c’était insensé.

Avec prudence, j’examinai ma main droite, la brûlure s’estompait à vue d’œil, mes nerfs et ma peau se régénéraient sous mes propres yeux qui n’en étaient même plus étonnés. Au bout de longues minutes, seule une légère, à peine perceptible, teinte plus claire, restait.

Je tentai une grande inspiration pour voir l’étendue des dégâts restants et une quinte de toux éclata, cette fois, je crachai du sang sur ma main.

Je ne pouvais toujours pas bouger la nuque et un liquide rouge brouillait ma vision. Je devais encore avoir une coupure ouverte sur le front.


Lorsque je pus finalement pivoter la tête, mon rythme cardiaque s’emballa. L’avion me revint en mémoire.

J’étais supposée aller aux États-Unis.

Je me remémorai les turbulences, devenant plus fréquentes et plus violentes. Les hurlements des passagers. Moi, recroquevillée sur le siège, les genoux plaqués contre ma poitrine, remuant mes doigts à un rythme régulier pour ne pas céder à la panique.

— Je suis vivante, murmurai-je en toussant, testant au passage mes cordes vocales. Ma voix rauque me faisait souffrir à chaque mot.

Une nouvelle grande inspiration. L’impression que mes tripes étaient sorties de mon corps avait disparu.

Je pouvais enfin relever le haut de mon corps. Je m’étouffais encore et gémissais sous les dégradations que j’avais subies. Ce qui m’entourait, me fit néanmoins déglutir. Je ne pus contenir la nausée qui me prit et rendis une partie de mon dernier repas.

J’ai survécu à ça ?

Ce qui était autrefois un avion, n’était plus qu’amas de corps et débris. Il y avait des membres éparpillés avec des os brisés et sur les quelques têtes qui étaient restées à peu près en un seul morceau, les expressions effroyables de leurs derniers instants y étaient restées gravées. Ce qui restera inscrit dans ma mémoire également.

Je vidais le contenu de mon estomac, une nouvelle fois.

“C’est pour ça que je n’aime pas les avions, la gravité fait toujours son travail”, rappela la voix dans ma tête.

Un frisson fit trembler mon corps et des spasmes saisirent mes muscles. J’avais presque oublié cette voix avec tout ce chaos.

La balafre que j’avais sur le poignet gauche attira inconsciemment mon attention. Il y a trois ans, je m’étais réveillée en hurlant, la blessure de cette main en cours de cicatrisation et comme à chaque fois que ça m’arrivait d’être blessée gravement durant mon sommeil, j’étais incapable d’en expliquer la raison. C’était la dernière cicatrice que j’avais reçue de cette manière. En revanche, cette satanée voix était apparue.

Je divaguai sur les fines traces blanches qui remontaient le long de mon bras, quasi invisibles. Il y en avait d’autres qui parsemaient mon corps, par contre celle du poignet et celle de mon cou étaient foncées. Visibles.

Je suis vraiment devenue folle depuis cet évènement.

Cette fois, c’était le reste de mon corps que j’analysais, mon pied droit était cassé et hors de son axe, un long morceau de métal était planté sur ma jambe gauche. Des brûlures importantes sur une grande partie de mon corps s’estompaient néanmoins rapidement.

Je saisis en premier un morceau de siège qui trainait à côté de moi et je le glissai entre mes dents. J’allais en avoir besoin.

Je réalignai mon pied.

Un hurlement s’étouffa dans la mousse, ma mâchoire se serra tant que du sang coula dans ma bouche. Des larmes coulaient sur mes joues.

Bordel, que ça fait mal !

Après avoir fixé le morceau de métal dans ma jambe, repoussant l’inévitable, il était évident qu’il ne sortirait pas seul. Je n’avais pas d’autres choix que de le retirer moi-même.

Il n’y avait plus âme qui vive autour pour m’aider, de toute façon.

La guérison ayant déjà commencé, c’était d’autant plus difficile de retirer l’acier alors que des tissus cicatriciels l’entouraient. Il me fallut rassembler le reste de mes forces et de mon courage, pour parvenir à le retirer.

Le sang coulait à flot, une artère avait été touchée.

Évidemment, il ne manquait plus que ça.

Je plaquai ma main sur la plaie précipitamment et restais dans cette position pendant de longues minutes. Lorsque je sentis que les muscles la repoussait, je retirais ma main.

Il me faudra encore quelques minutes pour que ça cicatrise totalement.

Je rigolai nerveusement face à ce constat, en effet, j’avais compris très tôt, trop tôt, que ça n’était pas normal, pensant à ma mère qui avait mis des mois à se rétablir suite à une opération des ligaments croisés. J’étais consciente d’être une anomalie. Et personne de mon entourage ne l’avait réalisé.

C’était un massacre, il ne devait pas y avoir d’autres survivants. Mon corps frissonnait, j’avais eu une chance inouïe. J’aurais pu faire partie de ces cadavres. Sans trop de conviction, je me levai et tentais de trouver ne serait-ce qu’un survivant.

C’est impossible que je sois la seule survivante, n’est-ce pas ?

J’appelais sans aucune réponse en retour. Je n’avais par ailleurs plus aucune plaie sur mon corps et je pouvais me déplacer plus aisément.

J’avais dû vomir une bonne dizaine de fois, face à toutes ces horreurs. J’avais beau bouger les débris, regarder en dessous des cadavres démembrés, je ne trouvais personne qui respirait.

En revanche, j’étais parvenue à retrouver mon sac, qui n’avait pas été projeté à des kilomètres et n’avait pas entièrement brûlé, bien qu’en piteux état.

Mon téléphone était de toute évidence inutilisable, vu l’écran brisé. Dans tous les cas, j’avais de sérieux doutes concernant l’existence d’un quelconque réseau.

Une feuille dépassait de la fermeture éclaire partiellement fondue. Je tirais fortement sur mon porte-vue pour l’extraire du sac. Un liquide rouge s’écoula au sol et je remarquai enfin la tache rouge qui s’élargissait sur le sol terreux autour de mon sac à dos. Je forçais sur la fermeture pour découvrir avec horreur le sang imbibé sur toutes mes affaires, y compris sur les vêtements de rechange que j’espérais enfiler.

— Évidemment, soufflai-je en me laissant tomber sur les fesses, affligée.

La paume de ma main heurta mon protège-document et le vent manqua d’emporter le papier que je voulais examiner. C’était mon admission dans une école des États-Unis.

Master de Bio-informatique était écrit en anglais. Un rêve réduit à néant.

“Ce n’est pas le moment d’avoir des regrets.”

Sur une autre feuille tachée de sang, j’y lus :



Correspondance adressée à :

Nidyrka Syl, Dr Alain Legrand

Cher confrère,


J’ai reçu en consultation de neurologie votre patiente Nidyrka Syl, âgée de 16 ans, dans le cadre du trouble de migraine chronique hémiplégique traité par…



Le reste était soit imbibé de sang, soit brûlé, dans tous les cas, illisible. Ce document datait déjà de cinq ans.

Un sentiment d’agacement, qui n’était pas le mien, traversa mon corps. J’inspirai et expirai lentement pour détendre mes muscles et ralentir mon rythme cardiaque, puis je me redressai pour reprendre mes recherches. J’avais fini par accepter cette voix qui me donnait des informations sur ce qui m’entourait. Parfois, je sentais ses émotions. Surtout au début, où je ressentais sans arrêt de l’émerveillement pour des événements et objets qui étaient banalsx. Lorsque j’avais envie de dessiner, peindre, tricoter, voyager, écrire ou bien de lire un livre dont tout le monde parlait.

“Trop de choses”, me sermonna la voix. “Tu changes constamment de hobbies, aussi”, ajouta-t-elle.

En piétinant sur une plaque de métal mélangée à du sang, mes fesses rencontrèrent le sol sans que ce soit pour autant volontaire.

“Fais attention, tu veux !”

La gravité est fascinante, linéaire, précise, prévisible. Comme sur Terre, observai-je.

Malheureusement, mon regard passa sur une famille entièrement composée de roux.

Dire qu’en France seuls cinq pourcents de la population est rousse, quelle perte pour l’humanité.

C’est injuste, pensai-je face à l’un des enfants, je mordis ma lèvre inférieure, tentant de réprimer un gémissement et des larmes.

“Tu dois avancer et ce même alors que ton monde s’écroule”, commanda cette voix.

Une boule dans la gorge, je me redressais prudemment, je n’avais pas le temps de pleurer ces morts, pas le temps de me plaindre, l’évolution était comme ça, ceux dotés de meilleurs gènes vivent, les autres succombent aux aléas de la vie.

Je devrais chercher la boîte noire pour comprendre ce qu’il s’est passé, de la nourriture, de l’eau, pensais-je mécaniquement. La survie avant tout.

Un bruit de cliquetis, comme des crabes se déplaçant sur du métal, attira mon attention. Je tombai à la renverse, les yeux écarquillés et le cœur battant la chamade. Un cri se noya dans ma gorge.

À mes côtés ne se trouvait ni plus ni moins qu’un centaure. Comme si ce n’était pas déjà assez absurde, à la place de la partie équine se trouvait un corps de scorpion, l’aiguillon présent, évidemment.

“Un Selhat”, me souffla la voix dans ma tête.

C’est la fin, je suis devenue folle, constatai-je alors.

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Good Writing

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Compelling Plot

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Great Character

3

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Strong Dialog

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author

Alors par où commencer : j’ai adoré l’image de tous les passagers qui passent le portail quand elle ne le fait pas. Tu décris à merveille l’horreur d’un crash d’avion, j’avais l’impression d’y être. L’héroïne reste un peu floue et j’ai hâte d’en apprendre davantage sur elle. Ça promet !

8 months
1
author

je finis ce premier chapitre avec la bouche ouverte, c'est simple j'ai juste envie de ne pas perdre une seule seconde pour pouvoir dévorer la suite du livre. c'est vraiment un don d'avoir une telle imagination.
J'espère que les gens pourront avoir le plaisir de tomber sur cette pépite !

8 months
1
author

c'est vrai, pour le bien commun il nous faut plus de roux

8 months
1

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