Prologue
Cela va faire environ deux millions d’années que l’ancien royaume de Licans a été détruit. Autrefois, le royaume de Licans regroupait les loups-garous et les Lycans. Les Lycans, étant plus forts, étaient les chefs et le roi du royaume en était un. Une nuit où tout était calme, une bande de rebelles loups-garous a attaqué le Palais Royal et l’un des rebelles s’est jeté sur le roi avant de le tuer. Les Lycans ont déclarés la guerre aux loups-garous et sont ressortis vainqueurs. Mais comme les Lycans voulaient rendre hommage à leur roi, ils ont décidés qu’à partir de ce jour-là, la moitié du royaume appartiendrait aux Lycans et l’autre moitié appartiendrait aux loups-garous, qui devront la diviser en plusieurs parties pour chacune de leurs meutes. Les Lycans ont aussi décider que chaque alpha loup-garou devra prêter serment au roi Lycan sinon celui-ci détruirait la meute entière.
Le temps passa et tout se passait comme prévu : les Lycans étaient toujours les chefs et les loups-garous étaient en paix. Les deux royaumes étaient bien distincts et plus personnes n’entendît parler du royaume Licans qui devint même un mot tabou. Tous les livres à son sujet avaient été brûlés sauf ceux de la réserves royale de la bibliothèque des Lycans.
Les Lycans avaient leurs propres règles et les loups-garous aussi. Les loups-garous étaient plutôt du genre « esclave » et « maître » tandis que les Lycans étaient plutôt « domestique » et « salaire ». Les Lycans et les loups-garous redevinrent peu à peu amis même si parfois quelques petites disputes éclataient. Et même si le roi Lycan gouvernait les Lycans et les loups-garous, les alpha loup-garou avaient leur propre autorité dans leurs meutes.
En échange de leur obéissance, le roi Lycan offrait la protection contre le royaume des vampires et celui des dragons aux meutes loups-garous. Et si une meute manquait d’argent, le roi Lycan était obligé de leur donner le double de ce dont ils avaient besoin.
Chaque année, le roi Lycan devait être obligatoirement invité à l’anniversaire de chaque alpha. Si un alpha n’invitait pas le roi Lycan, la meute était aussi décimée.
Mais les roi Lycan n’étaient pas des monstres. Chaque fois qu’une meute désobéissait, les enfants étaient envoyés dans d’autres meutes et les adultes étaient d’abord endormis avant d’être tués.
Il y a environ un millions d’années, les loups-garous sont rentrés en guerre contre les dragons. Le roi Lycan, au lieu d’aller aider les loups-garous, est allé demander au roi dragon de stopper la guerre. Bien sûr cela n’a pas marché et le roi dragon a tué le roi Lycan. C’est donc le fils du roi Lycan qui est monté sur le trône et il est allé lui aussi voir le roi dragon, cette fois pour le tuer. Mais contre toutes attentes, le nouveau roi Lycan a juste menacé le roi dragon et, contrairement à son père, il a posé une condition. Il lui a dit que si il ne stoppait pas la guerre, il le tuerait. Le roi dragon a accepté à contre cœur et alors que les dragons allaient gagner la guerre, le roi dragon a fait stopper les combats. Les loups-garous étaient très contents mais les dragons étaient tellement fâchés qu’ils ont fermés les frontières de leur royaume avant d’assassiner leur roi. Plus personne n’a jamais entendu parlé d’eux.
***
Dix-huit ans plus tôt :
-Mon alpha ! Mon alpha !
Un soldat court à toute vitesse dans le château et atteint la salle du conseil et sans toquer, il entre. Un jeune homme se lève de sa chaise en or et se tourne vers le soldat. Des vieilles personnes assistent à une table suivent le regard du jeune homme. Le garde s’agenouille devant la grande table du conseil.
-Que se passe-t-il, soldat ? La voix du jeune homme et froide et remplie de colère.
-Mon…mon alpha, le garde tremble, deux…deux esclaves…ils ont…ils ont réussis à retirer leurs colliers…nous n’avions rien vu et…
-Et quoi ?! Le jeune homme semble à présent en colère.
-Et…c’est une petite fille, mon alp…
Le jeune homme grogne de rage et se transforme en un immense loup noir. Il ne laisse pas le temps au garde de finir et se jette sur lui. Un bruit horrible de craquement ainsi qu’un cri de douleur inachevé retendit dans la salle de conseil avant que tout redevienne calme. On entend une mouche voler. Plus personne n’ose bouger, à peine respirer.
Le jeune homme reprend lentement sa forme humaine et va tranquillement se rassoir. Les vieux conseillers connaissent très bien le tempérament de leur alpha mais ils frissonnent tout de même et voyant le sang sur les vêtements et les mains de celui-ci. L’alpha pose tranquillement ses mains sur la table et ses yeux se voilent de blanc et une paupière transparente et opaque les recouvres. Il fait un lien mental. Cinq minutes plus tard, deux gardes entrent dans la salle de conseil. L’un récupère soigneusement le corps de son camarade et l’aitre contourne la table et s’agenouille respectueusement devant son alpha.
-Parle.
-Mon alpha…j’ai fait ce que vous avez demandé. Le nouveau-né a été transporté dans le district n°60 200. Deux autres soldats sont chargés de lui apporter le collier et le vêtement.
-Bien. Retirez-vous.
Le soldat se relève, s’incline profondément et quitte la salle.
Dès que la porte est fermée, l’alpha se tourne lentement vers le reste de son conseil.
-Mes très cher conseillers, (sa voix est calme et lente : mauvais signe) que me conseillez-vous de faire ? Je pourrais évidemment tuer ces deux misérables esclaves qui ont faillis aux règles…
Les conseillers se regardent entre eux. Aucun d’eux souhaite la mort de deux esclaves qui devaient sans doute être compagnons.
-… Mais je pourrais aussi les garder en vie. Après tout, ce ne sont pas les premiers et se ne seront certainement pas les derniers.
Le jeune homme se tait et regarde ses conseillers. L’un des conseillers les plus vieux fait signe à un autre conseiller. Les yeux du conseiller se voilent de blanc et la paupière transparente et opaque les recouvres. Lien mental. Le vieux conseiller s’éclaircit la gorge.
-Mon alpha, je…nous pensons qu’il serait préférable de laisser les deux esclaves en vies. Après tout, les esclaves sont chers et se font rares en ce moment.
Le conseiller ainsi que toutes les autres personnes dans la pièce regarde le conseiller qui est en lien mental. Celui-ci l’arrête presque instantanément et plante son regard bleu-vert dans ceux du jeune homme.
-Mon alpha, j’ai eu le responsable de l’étage des esclaves et il m’a informé de « l’identité » des deux esclaves en tort. Il s’agit de l’esclave femelle n°41 234 et de l’esclave mâle n°41 390. Leurs districts étant côte à côte, ils ont réussi à… bon bref, les deux esclaves nettoient habituellement les cuisines et se sont toujours montrés sages. Je pense donc que vous devriez les garder. Et puis… vous pouvez tout simplement les punir, non ?
Le jeune homme grogne mais ne relève pas. Il s’étire sur sa chaise et regarde la seule conseillère de la pièce.
-Toi, tu vas aller chercher les deux esclaves. L’esclave n°41 234 doit avoir les oreilles et les orteils coupés. Quant à l’esclave n°41 390, je pense que vous savez ce que vous devez lui couper…
-Bien… mon alpha…
La conseillère se lève d’une allure tremblante et s’incline profondément devant le jeune homme. Elle se tourne vers le conseiller aux yeux bleu-vert. Celui-ci lui adresse un petit sourire à peine visible mais la conseillère se détend et quitte la salle.
Le jeune homme se tourne vers le conseiller aux yeux bleu-vert.
-Que vient-il de se passer ?
-Je… rien, mon alpha…
-Vous mentez, vous avez souri à cette femelle.
Les autres conseillers retiennent leurs souffles.
-Alors ? Avouez-vous avoir souri à cette femelle ?
-O…oui, mon alpha
-Oh… mais quelle charmante nouvelle ! Vous préférez qu’elle soit décapitée ou écartelée ?
Le conseiller aux yeux bleu-vert se lève de sa chaise en hurlant un grand « Noooooooooooon ! ». Le jeune homme sourit.
-Bien, j’en conclut donc qu’il s’agit de votre compagne. Mais je vais passer outre, après tout je suis un gentil alpha.
Les conseillers se regardent avant d’acquiescer. Aucun d’eux ne le pense mais ils ne peuvent rien dire. Il n’ont pas envie de finir comme le garde. Le jeune homme s’éclaircit la gorge.
-Bien, maintenant retirez-vous.
C’est un ordre. Les conseillers se lèvent chacun leurs tours avant de s’incliner et de serrer la main de l’alpha (c’est la tradition). Le conseiller aux yeux bleu-vert est le dernier à sortir. Dès qu’il a franchit la porte, il s’effondre presque et les conseillers qui étaient restés là le soutienne et le réconforte.
-Et, Mitchel, c’est pas grave tu sais !
Le conseiller aux yeux bleu-vert lève les yeux vers le conseiller qui a parlé. Il renifle bruyamment et se dégage de l’emprise des conseillers.
-Et puis tu sais… l’alpha, c’est peut-être pas le meilleur mais au moins, quand il s’agit des compagnes et compagnons de son entourage proche, il est moins sévère.
-Oui… je sais mais… voilà quoi !
Le conseiller lui tapote l’épaule.
-En plus, Katherine déteste voir les esclaves souffrir.
-Oui, ça tu nous l’as déjà dit des milliard de fois ! Bon, t’as qu’à aller l’attendre dans votre logement.
-Oui, t’as raison.
Les conseiller donne chacun une tape affectueuse sur l’épaule du conseiller aux yeux bleu-vert. Il ne reste plus que le plus vieux des conseillers et lui. Le vieux conseiller commence à partir mais au dernier moment, il se retourne et empoigne fermement le bras du conseiller aux yeux bleu-vert. Il se penche à son oreille et lui murmure :
-Écoute Mitchel, tu sais ce qui se passera si quelqu’un découvre ce que nous trafiquons. N’oublie pas, boucle-là sinon on va avoir des problèmes.
Le conseiller lâche son bras et s’en va. Le conseiller aux yeux bleu-vert se masse le bras. Il souffle et regarde sa montre. Il vérifie que personne ne le regarde et il s’approche d’un mur. Il tâtonne le mur jusqu’à ce qu’une pierre s’enfonce, actionnant un mécanisme. Le mur coulisse et une ouverture bien trop petite pour passer debout apparaît. Le conseiller aux yeux bleu-vert s’y engouffre à quatre pattes. L’ouverture se referme aussitôt derrière lui. Il rampe dans un tunnel humide et glissant sur quelques mètres avant de se mettre debout. Le tunnel débouche en fait sur une toute petite grotte. Au centre de celle-ci, se trouve une sorte de puit protégé par une barrière en pierre. Le conseiller passe par-dessus la barrière et saute dans le puit. Il atterrit des dizaines de mètres plus bas, dans une grotte plus grande. Dans un coin, il y a un bureau avec des étagères et il y a aussi une grosse armoire. Au fond, il y a une corde qui permet de remonter tout le chemin. Des échos de voix lui parviennent, comme si il était juste à coté :
-… ien ça, le numéro 41 234 et le 41 390. Oui… c’est… alpha… non… en effet…
Le cœur du conseiller aux yeux bleu-vert se serre en reconnaissant la voix féminine. Les voix disparaissent petit à petit jusqu’à ce qu’il n’entende plus rien. Il souffle un bon coup et se dirige vers le bureau. Il sort et jette des papiers jusqu’à en trouver un. Il remet les autres en place et remonte la corde, le papier à la bouche.