Chapitre 1

12 ans
Comme d’habitude, je me lève de mon lit et il fait froid. Je suis accueilli par le froid de la maison. Pourtant, nous sommes au printemps, il ne fait pas si froid que ça, mais on dirait qu’il fait moins 5 degrés. Comme à mon habitude, je sors de ma maison chaotique, celle dont je rêve de quitter, et je pars sur le chemin de l’école. Je croise quelques camarades qui font des câlins et des bisous à leurs parents. Une fois arrivé au niveau du portail, là où un professeur vérifie que tous les élèves entrent bien et soient en sécurité, je me pose juste à côté d’elle, mais à une certaine distance pour pouvoir avoir ma bulle, mon intimité.
J’attends, j’attends et j’attends encore. J’ai l’habitude d’arriver en avance pour pouvoir profiter de ce moment de solitude. Je peux admirer les voitures, les enfants qui passent devant moi et la vie de la ville tout autour. Mais cela me permet également d’attendre Blake, mon meilleur ami, mais aussi peut-être le seul. Après quelques minutes passées dehors avec mon manteau et mon cartable à la main, j’entends les rires et les cris des enfants. Ça y est, c’est l’heure de pointe où tous les parents déposent ensemble les enfants pour le matin, et avec eux Blake qui, dès qu’il me voit, quitte son groupe d’amis avec qui il discutait et court vers moi pour me faire un grand câlin. Je l’accueille dans mes bras, heureuse de le retrouver, puis, avec les autres élèves qui discutent à voix haute, qui parlent de discussions lambda, lui et moi, nous rentrons en classe.
Une fois les portes de l’entrée de l’école ouvertes, il m’attrape la main et il m’entraîne dans une course-poursuite sur plusieurs étages. Notre collège, qui fait aussi office d’école primaire, n’est pas très grand. Il y a 3 bâtiments au total, reliés en forme de U. Les deux branches du U correspondent à l’école primaire et au collège, et au milieu, le bâtiment qui les relie n’est autre que la partie administrative et la cantine. Alors que je me questionne sur où nous allons, je reconnais les portes qui mènent au bâtiment administratif puis au bâtiment de la primaire. À vrai dire, entre chacun des bâtiments, il y a simplement des portes de couleur différente pour marquer la séparation.
Blake continue à me faire courir sur les étages, mais cette fois du bâtiment en face d’un autre. Nous arrivons enfin, après notre course effrénée, dans un local qui n’est autre que les toilettes pour handicapés de l’étage 2 du bâtiment des primaires. Alors que Blake referme la porte et la verrouille, moi, je reprends mon souffle petit à petit et essaie de parler pour comprendre ce qui se passe.
- Waouh, quelle course-poursuite, mais qu’est-ce qui se passe pour qu’on aille dans le bâtiment des primaires ? dis-je.
Rien qu’à son regard malicieux, j’ai tout de suite compris, il a un nouveau plan en tête. Il faut dire que lui et moi, nous sommes connus de l’administration dans les mauvais termes. Lui et moi, nous avons bien fait les 400 coups ensemble simplement pour nous amuser. Alors je reconnais très bien ce regard entre mille. Je sais que dès que l’un de nous a ce fameux regard espiègle avec cette idée en tête de faire des bêtises, nous ne pouvons résister à la tentation, alors les enseignants n’ont qu’à bien se tenir.
Eh bien, j’ai peut-être une idée. Bientôt, il y a une fête foraine qui va passer dans la ville. Et j’aimerais trop y aller avec toi, me dit-il avec ce sourire. Ma mère m’a dit que la fête foraine ne resterait qu’une semaine, et ma mère a un jour de congé pendant la semaine où il y aura la fête foraine. Mais comme elle a dit qu’elle ne me ferait pas rater l’école pour y aller, alors on va saboter l’école, me dit-il avec détermination.
Je suis surprise. Je connais sa mère et c’est une personne qui travaille excessivement, la plupart du temps Blake ne la voit pas et c’est son père qui s’occupe de lui, alors que lui aussi est un acharné du travail. C’est donc tout à fait normal que Blake et moi soyons surpris qu’elle ait un congé pendant cette semaine-là où normalement elle a beaucoup de travail. Mais à vrai dire, je pense comme Blake, on doit saisir cette chance. Après tout, nous habitons dans une petite ville paumée au milieu des États-Unis, il ne se passe pas grand-chose à part peut-être les nouveaux films au cinéma, et encore, c’est seulement quand les cinémas en question n’oublient pas de demander les films au maire de la ville. Alors savoir qu’une petite fête foraine viendra en ville est une chance à ne pas louper.
- Mais attends une seconde, qu’est-ce que tu as en tête au juste ? lui dis-je.
- Moi ? Eh bien je pensais simplement utiliser tes talents à bon escient, dit-il avec un air faussement dramatique.
- Mes talents ? Tu sais que j’en ai énormément, dis-je en jouant également la dramatique avec lui.
- Eh bien tu es forte en sciences, n’est-ce pas ? dit-il en clignant plusieurs fois et rapidement des yeux.
Je ne peux m’empêcher de ricaner puisque notre jeu de théâtre improvisé devient beaucoup trop drôle pour me retenir. Blake en fait de même.
Pour mon plan, j’avais pensé que tu pouvais utiliser des produits pour faire en sorte que les toilettes explosent, comme ça tout l’établissement explosera et on dira dans les journaux que c’était une toilette apocalypse.
Je dois dire que niveau bêtises et idioties que nous avons faites tous les deux, de la primaire jusqu’au collège et peut-être même jusqu’au lycée, étaient des plus ingénieuses. Je me dis que si Blake et moi prenions ce temps pour réviser ou travailler certaines matières, on serait considérés comme des génies. Mais que voulez-vous, quand on a une graine du mal à l’intérieur de soi, il faut la cultiver jusqu’au bout afin de voir quelle fleur va germer.
- Je pense que si on arrive à s’introduire dans le local des personnes qui font le ménage, on pourra faire ce qu’on veut. Par contre, il faut qu’on couvre nos traces, donc moi je m’occupe des produits et toi tu vas nous chercher des gants.
- Compris, on sera les rois du crime des toilettes apocalypse, jubile Blake.
Alors qu’il déverrouille la porte et vérifie à droite et à gauche que personne n’est dans le couloir, il se précipite vers la classe d’arts plastiques. Tandis que moi, je cours vers la salle administrative et plus particulièrement vers la cantine, là où se trouve le local des femmes qui font le ménage. Une fois arrivée devant la porte et en vérifiant que je suis bien seule, je sors de ma poche une épingle à cheveux et un outil de crochetage. Avec ces deux outils que j’insère dans la serrure, j’arrive facilement à déverrouiller les verrous à l’intérieur. J’ouvre légèrement la porte, vérifiant que personne n’est là, puis j’entre complètement en ouvrant en grand la porte. Et par pur réflexe, je regarde partout pour voir s’il n’y a pas une caméra cachée, un réflexe qui me suit depuis toujours. Je regarde ensuite le placard contenant les produits ménagers, la plupart d’entre eux ont une étiquette marquée toxique et dangereux au contact de la peau. Je prends quelques minutes pour lire le nom de chacun de ces produits, puis je prends ceux dont la composition chimique serait parfaite pour l’apocalypse des toilettes.
Je rejoins Blake qui est revenu avec deux paires de gants, mais en essayant de les mettre, Blake se rend compte qu’il s’est trompé dans les tailles. Il n’a pris que des petites tailles et non des grandes. Alors, bien que nous n’ayons pas le temps, je l’aide à mettre les gants que je portais et qui étaient un peu plus grands que les siens. Bien que Blake ait 12 ans également, il fait la taille d’un enfant de 10 ans. Et moi, beaucoup plus grande que lui, j’aime et j’adore le taquiner sur sa taille. Après avoir enfin enfilé les gants de Blake, qui étaient vraiment beaucoup trop petits pour mes mains, nous arrivons au moment de verser le mélange que j’ai concocté. C’était un mélange de plusieurs produits différents, donc je savais exactement la bonne dose pour que les canalisations rouillent et dérèglent les machines installées au sous-sol. Blake était à côté de moi pendant que je verse le fameux liquide qui causera effectivement une apocalypse pour les professionnels de la tuyauterie.
- Alors ? Alors ? C’est bon ? dit-il.
- C’est bon, j’ai versé tout le produit et normalement, le produit fera effet dans quelques jours. Quelques jours ? Mais on est vendredi, et si ça ne marchait que dimanche ?
- Ne t’inquiète pas, Blake, ça mettra au minimum 3 jours et d’ici lundi midi, on nous demandera de partir de l’école et de rentrer chez nous. Et vu la concentration que j’ai mise, ça va durer au moins jusqu’à vendredi prochain.
- Trop cool !
- On ferait mieux de retourner en classe, sinon on va encore se faire taper sur les doigts.
Blake acquiesce et enlève ses gants qu’il jette à la poubelle, puis, sans même vérifier si quelqu’un est à l’extérieur comme tout à l’heure, il se précipite en classe. Quant à moi, je tire la chasse et vérifie qu’il ne reste aucun reste du produit que nous venons de jeter dans les toilettes. Puis, comme Blake, j’enlève mes gants que je jette à la poubelle et je récupère les produits ménagers que je repose et nettoie à leur place, pas d’empreintes digitales, pas de crime. Puis je referme la porte que je verrouille à nouveau avec les mêmes outils pour crocheter la serrure. Une fois la porte verrouillée, je fonce en classe. Blake est arrivé bien avant moi et a expliqué que nous étions à l’infirmerie car nous ne nous sentions pas bien.
Blake a l’avantage du physique pour lui, avec sa tête et son petit corps frêle, il ressemble à un petit écolier tout gentil, mignon, qui ne ferait pas de mal à une mouche. Ce qui fait qu’à chaque fois que nous nous absentons pour préparer un plan, c’est lui qui nous couvre tous les deux et à chaque fois les professeurs tombent dans le panneau.
Notre journée de cours se passe relativement bien, bien que les professeurs, en nous regardant ricaner dans notre coin comme des petits démons, se soient doutés que nous avions préparé quelque chose. Certains de ces professeurs nous ont même passé un interrogatoire devant la classe entière ne serait-ce que pour découvrir une petite partie de notre plan. Et comme d’habitude, nous n’avons absolument rien dit et nous avons gardé le secret, au regret des professeurs qui espéraient que cette fois la farce ne serait pas contre eux. Quand la sonnerie retentit, chaque enfant descend les escaliers à toute vitesse et rentre chez lui avec le sourire aux lèvres d’être sorti enfin de ses cours barbants à en mourir. Blake, lui, retrouve sa mère qui l’attend devant l’école avec sa voiture. Quant à moi, je lui dis au revoir et je salue poliment sa mère avant de m’en aller pour rentrer dans ma maison que je souhaite ne jamais revoir. Sur le chemin, bien entendu, comme à mon habitude, je préfère largement passer par un détour pour rallonger mon trajet. Je passe donc la fin de ma soirée dans l’entrepôt avec les autres. Puis, quand la nuit est tombée et que je n’ai pas d’autre choix que de partir, je repars et, en arrivant chez moi, en ouvrant cette porte que je déteste voir ouverte, je replonge dans mon enfer
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Ça y est, nous sommes mardi, le jour où la mère de Blake a un jour de congé. Elle ne travaille pas et quant à nous, nous n’avons plus école jusqu’à vendredi prochain. Notre petit produit que nous avons lancé dans les toilettes a merveilleusement bien fait son travail, puisque toutes les canalisations de l’établissement, primaire, administratif et collège, ont complètement explosé. Le produit lancé a bel et bien rouillé la tuyauterie et a fait des trous, inondant certaines parties, tandis que dans d’autres, notamment dans les toilettes, cela a créé un bouchon avec les excréments et autres saletés jetées, que toutes les toilettes ont complètement remontés et inondé toutes les classes. Sans parler évidemment des robinets où l’eau remontait toute seule puis descendait puis remontait. Bien entendu, Blake et moi, en apprenant la nouvelle, nous avons explosé de rire. Le mieux dans tout ça, c’est que le produit, étant liquide et dans l’eau, a été rapidement évacué, donc aucune trace possible de notre crime. Bien que j’aie un peu de pitié pour le personnel de ménage qui va devoir nettoyer derrière cette catastrophe.
Mais nous voilà Blake et moi à l’arrière de la voiture de sa mère qui nous conduit tous les trois vers la fête foraine. Et contrairement à ce que j’ai pu penser, la petite fête foraine était bien plus grande que je ne l’aurais imaginé. Il y avait des manèges énormes et gigantesques qu’on ne voit que dans les grandes villes, et visiblement la fête foraine a réussi à obtenir l’autorisation de s’installer sur le parking du centre commercial. Je précise bien sûr, et c’est ce qui est un peu incongru, que le parking est simplement un terrain plat goudronné avec en blanc les emplacements pour les voitures et qu’il est à au moins 1 km du centre commercial. Et oui, je sais, le centre commercial, ce splendide bâtiment d’au moins 4 étages, est à 1 km du parking. À vrai dire, le centre commercial est dans un endroit rempli d’autres entrepôts pour d’autres enseignes, ils n’ont donc pas eu la chance d’avoir un parking juste à côté de leur magasin et ont donc dû construire à au moins 1 km ce tas de goudron carré. Mais passons les détails, la fête foraine est immense et remplie de gens, nous avons dû faire la queue pendant au moins 15 minutes pour pouvoir espérer rentrer. Je crois bien que toute la ville est réunie en un seul et même endroit, car on se bouscule presque et il n’y a aucun endroit où s’asseoir qui ne soit pas déjà occupé. Mais pour autant, Blake, tout excité, marche devant nous alors que derrière lui, sa mère et moi, côte à côte, on regarde à droite et à gauche pour notre sécurité. Blake et moi faisons plusieurs manèges pour enfants, notamment les auto-tamponneuses, un classique, et après des manèges à sensations comme la maison des miroirs ou la maison hantée. À vrai dire, la maison des miroirs a été mon moment préféré. Le but de cette maison, c’est simplement de rentrer et à l’intérieur un labyrinthe de miroirs, et comme on s’en doute, Blake s’est cogné comme un enfant après toutes les vitres. Tandis que moi, hilare, je pleurais de rire en le regardant essayer plusieurs méthodes pour trouver rapidement la sortie alors qu’en conclusion il ne se faisait que de plus en plus mal. Mais alors qu’on arrivait à la sortie, nous découvrons un escalier, ce qui était bien étonnant. En les montant jusqu’en haut, nous avons vu une plateforme et au bout un embout de toboggan. De là où on était, le vent fouettait nos visages, pas très fort certes, mais assez pour sentir la hauteur et de là où on était, on pouvait facilement voir toute la fête foraine. Étrangement, il n’y avait aucun adulte qui était là pour vérifier que nous ne tombions pas, alors par instinct ou simplement par curiosité, je regarde en dessous à l’entrée du manège et je vois la mère de Blake regarder l’entrée, impatiente, tapotant du pied nerveusement.
De là où je suis, c’est presque amusant de la voir si petite, mais également si insignifiante. Mais quand le regard de sa mère dérive vers le haut, je me retourne afin de fixer l’opposé. Je sais que je ne devrais pas faire ça, que je devrais soutenir ce regard, lui faire un sourire et lui faire coucou et puis après prévenir Blake que sa mère nous regarde, mais étrangement, au fond de moi, je n’ai pas envie, ça me donne la nausée, ça me stresse. Il n’y a pourtant rien de grave à cela et pourtant... je regarde Blake en face de moi, qui me questionne du regard, ce à quoi je lui réponds simplement que je vais bien. Puis nous nous engouffrons dans le toboggan, à deux, collés l’un à l’autre. En redescendant dans le toboggan, je sens mes jambes devenir flageolantes.
Mais je me reprends assez rapidement car nous arrivons à la fin, nous descendons sur un tapis en mousse recouvert d’une couleur assez criarde. Puis nous rejoignons sa mère qui décide que nous devions rentrer maintenant d’une façon autoritaire. Sur le chemin du retour, elle se met à notre niveau pour nous demander :
- Alors dites-moi, ces problèmes dans votre école, je suppose que vous n’essaieriez pas d’y être pour quelque chose par hasard ? dit-elle avec un grand sourire.
- Voyons maman, on n’oserait jamais faire ça, dit Blake, lui aussi avec un grand sourire et encore dans l’euphorie.
- Hum, tu n’oserais pas me mentir ?
- Mais nous n’avons rien fait, nous sommes innocents, continue Blake.
- Très bien, parce que c’est étrange que ça se passe le jour où je suis en congé et qu’il y a une fête foraine.
- Voyons, comme je te l’ai répété, nous n’y sommes pour rien, il s’agit simplement d’un coup de chance, renchérit-il.
- Très bien, très bien, j’abandonne.
Une fois dans la voiture et sur le trajet du retour, Blake et moi, nous discutons de ce qui s’est passé tout au long de la journée pour nous remémorer les meilleurs moments. Et nous créons de nouveaux rêves entre nous. Et je ne sais pourquoi, je décide de croiser le regard de la personne qui me donne la sensation d’être observée depuis que je suis montée dans la voiture, et dans le rétroviseur, ses yeux marron foncé qui m’observent avec une sorte de dédain ou de mépris. Je décide alors de détourner le regard et de continuer à discuter avec Blake, du moins jusqu’à ce qu’on arrive devant chez eux.
Arrivés, la mère de Blake enclenche le frein à main et demande à Blake de rentrer à la maison le temps qu’elle discute avec moi. Blake, légèrement suspicieux, demande pourquoi et insiste pour rester avec moi. Mais sa mère, avec un ton autoritaire, lui demande de sortir et de rentrer à la maison. Avec son air déçu de chien battu, mais obéissant à sa mère, il sort en me disant au revoir et court rentrer à la maison. Je me retrouve donc seule avec sa mère qui me fixe dans le rétroviseur, et moi, qui arborais un sourire, il s’efface immédiatement pour redevenir sérieuse et distante, presque froide.
- Tu te doutes de pourquoi je t’ai demandé de parler avec moi ? commence-t-elle.
- Oui, je crois savoir.
- Bien, dans ce cas, je ne vais pas y aller par quatre chemins, je ne veux plus te voir avec mon fils. Je crois que tu comprends pourquoi.
Je ne réponds rien, tout simplement parce que je le savais, elle me déteste, elle ne veut pas de moi avec son fils. Mais elle ne sait pas à quel point j’ai besoin de sa lumière pour survivre dans mes ténèbres.
- Et si je refuse ?
- Tu dois le faire pour lui, après tout, depuis ce jour... je veux juste que mon fils ne soit pas mêlé à tout ça, tu peux le comprendre, non ?
- Vous dites ça pour lui ou pour vous ?
- Comment oses-tu ? dit-elle de plus en plus énervée. Moi, au moins, je ne suis pas mêlée à tout ça. Je ne sais pas ce que tu faisais exactement ce jour-là, mais il est clair que tu es une très mauvaise influence pour lui.
- Une mauvaise influence ? Je crois que vous confondez les rôles.
- Ne commence pas avec ça, moi je le protège en tant que mère, et toi tu n’es rien pour lui, tu es juste une camarade de classe avec qui il s’amuse de temps en temps. À cause de toi, il fait n’importe quoi à l’école et ne travaille même pas. C’est mon dernier avertissement. ...- Sors de ma voiture, dit-elle froidement.
Je sors, il fait un peu froid et il y a du vent, mais le ciel est bleu et il fait un peu chaud. Une température agréable normalement, mais qui reste glaciale. En voyant passer la mère de Blake pour rentrer chez elle, une seule pensée me vient à l’esprit : c’est toi qui n’es rien pour lui si tu continues comme ça.