Collègue
Je mangeais mes chips saveur barbecue en regardant tout mes amis qui parlaient de tout et de rien, on se réunissait tout les samedis après une semaine de boulot, on organisait toujours un pique-nique, chacun apportait ce qu’il fallait, Tessa la couverture, John les verres, Mike les boissons et Lise la nourriture, elle adorait nous cuisiner des plats, elle était une très bonne cuisinière d’ailleurs. Je l’observais d’ailleurs, elle riait avec Eddy et Billy, ses cheveux bruns s’agitait de temps à autre, je croisais rapidement quelques fois ses yeux noisettes, elle me souriait alors après. Qu’est-ce qu’elle est belle...
« Alix ça a été ta semaine ? Me demanda John.
- Fatigante. Soufflais-je en mangeant une chips.
- Ah ouais, t’as eu du monde ?
- C’est vrai qu’il y avait pas mal de monde hier à la cafétéria. Parla Lise à ma place. La prochaine fois Alix quand il y a autant de monde demande moi je viendrais donner un coup de main. » Sourit-elle.
Je lui rendis son sourire. Lise et moi travaillons au même endroit, ou plutôt dans la même entreprise, je m’occupe de la restauration tandis qu’elle bosse dans les bureaux, on se croise tout les matins. Elle est d’une gentillesse qu’elle fait craquer tellement de monde sous son charme, beaucoup de nos collègues la regardent avec admiration ou amour et... Cela me rend un peu jalouse à vrai dire.
« Et toi ta semaine Lise ? Interrogea Steve.
- Crevante. Soupira-t-elle. J’étais tellement épuisée hier que je ne suis même pas allée à la salle.
- Oh, c’est pour ça que je ne t’ai pas vu alors. Fit Abby.
- Ouais, je me suis écroulée sur mon lit en arrivant chez moi haha, et puis en vrai je préférais me reposer pour être en forme aujourd’hui. »
Abby et Lise font du sport dans le même club, elles se voient donc souvent et sont plutôt proche, d’ailleurs la blonde semble plus communicative quand le sujet porte sur la brune.
« T’es vraiment trop mignonne Lise, tu penses toujours à nous avant tout. Ria Mike en la prenant dans ses bras.
- Haha qu’est-ce que tu crois petit mouton, je fais passer mes potes avant tout. »
Je me mordis la lèvre en voyant mon ami aussi proche d’elle, je le connaissais suffisamment bien pour savoir que Lise était son type de femme. J’étais tombée amoureuse de cette femme il y a quelques années déjà, quand nous étions dans le même lycée, elle venait tout juste d’arriver en ville, on s’était croisée le jour de la rentrée, je n’avais pas prit de petit déjeuner et elle m’a donné ses chips barbecue, j’ai eu le coup de foudre. Quand elle a intégré notre classe elle a clairement dit haut et fort son orientation sexuelle, elle ne s’en cachait absolument pas, une pansexuelle au look de garçon manqué et comme à l’époque, elle attire toujours tout les regards sur elle sans le vouloir.
« A la semaine prochaine les gars ! S’écria Lise.
- A la prochaine ! » Crièrent tout mes amis.
Comme à chaque fois Lise partait toujours la première avant la fin d’après-midi pour rejoindre son petit frère qui a vingt ans, elle et lui ont cinq ans de différence mais ils s’entendent si bien même si des chamailleries éclatent souvent entre eux.
Lundi matin, 7h30 :
« Heyy Alix ! Me fit Lise avec un grand sourire.
- Salut, t’as passé un bon week-end ? Lui demandais-je.
- Ouais fin comme d’hab quoi, mon frangin veut que je teste une de ses nouvelles applis qu’il développe alors j’ai pas pu profiter complètement.
- Sur quoi il travaille en ce moment ? M’intéressais-je.
- Je sais pas trop j’ai pas trop compris son charabia haha. Je passerais sûrement vers 10 heures prendre un chocolat chaud je vais en avoir besoin pour tenir la journée. A tout à l’heure ! »
Et la revoilà partit aussi vite qu’elle était arrivée, sa bonne humeur toujours présente. Je retrouvais bien vite ma collègue Hannah dans les vestiaires, on se salua avant de nous poster derrière le comptoir où les premiers employer s’asseyaient pour prendre leur commande, du café ou du thé, un expresso ou un décaféiné, toujours la même routine, les mêmes choses, toujours les même visages ennuyés et ennuyants. Le temps passait lentement le matin, je regardais souvent l’horloge, j’avais hâte de la revoir.
Quand j’entendis la clochette de la cafétéria je tournais ma tête par réflexe, et mon cœur rata un battement comme à chaque fois. Elle venait d’arriver toute souriante et s’approchait rapidement du comptoir.
« Salut Hannah. Salua-t-elle.
- Heyy Lise, t’as l’air en forme ce matin.
- Haha pourtant je suis crevée ! Les dossiers arrêtent pas de s’empiler je me demande quand est-ce que je vais en voir le bout. Ria-t-elle.
- Un chocolat chaud comme d’habitude alors ? Demanda ma collègue.
- Yep ! »
Hannah me jeta un regard, j’étais la plus près de la machine alors je fis la commande de mon amie. Une fois fait je m’approchais en lui tendant, son sourire s’agrandit et je vis ses yeux noisettes pétiller.
« Merci Alix, t’es la meilleure. »
Son compliment alla droit à mon cœur et je me sentis rougir. Elle nous salua une dernière fois avant de disparaître dans l’ascenseur en dégustant sa boisson. J’entendis ma collègue soupirer, je lui lançais donc un regard et je la vis légèrement avachie sur le comptoir, sa main retenant sa tête et ses yeux semblaient rêver, son sourire était étiré aussi.
« Si on pouvait avoir des clients comme Lise mes journées seraient beaucoup moins ennuyeuses.
- C’est vrai que se serait agréable. Affirmais-je.
- Agréable moralement et un délice pour les yeux. Dit-elle dans un souffle.
- Comment ça ? Je fronçais les sourcils.
- Tu ne la trouves pas sublime toi ? Elle me regarda de biais. T’as tellement de chance de la côtoyer plus souvent que moi. Ça fait combien de temps que vous vous connaissez au juste ?
- Hem... Sept ans je crois ?
- Whaao ! Si longtemps ? J’aurais pas cru, remarque je comprends mieux pourquoi elle débarque au boulot si tôt maintenant.
- Comment ça ? »
Je fronçais les sourcils d’incompréhension. Que voulait-t-elle dire exactement ? Lise commençait toujours à la même heure, et je la connaissais suffisamment pour savoir qu’elle déteste arriver en retard alors elle prend toujours de l’avance.
« Tu sais bien qu’elle ne commence qu’à 8h30 non ? Alors pourquoi elle arrive à 7h30 ? Elle n’habite pas loin d’ici il me semble pourtant. »
J’écarquillais légèrement les yeux. Comment ça, elle commençait si tard ? Il est vrai qu’elle habite qu’à une quinze de minutes en moto d’ici, mais pourquoi venir une heure plus tôt ? Je secouais la tête.
« Elle veut peut-être prendre de l’avance sur ses dossiers, ou les finir ?
- Mouais, peut-être mais je suis sûr que c’est pour une autre raison. Conclut-elle. Dis ?
- Oui ?
- Tu crois que j’aurais une chance avec elle ? »
Mon cœur rata un battement avant de se tordre. Hannah eu une expression de panique sur son visage en me voyant, je devais certainement être livide face à sa question.
« Tu dois bien la connaître, tu sais quel son ses goûts en matière de fille non ? Enfin j’ai cru comprendre qu’elle était pan, mais elle a peut-être des préférences comme tout le monde.
- Eh bien hm... C’est assez compliqué à dire en vrai. »
Je détournais les yeux en me grattant l’arrière de la tête, étais-je vraiment obligée d’en parler avec elle ? Devais-je lui dire ou garder ses informations pour moi ? Je me mordis la lèvre inférieure, je n’avais pas envie de lui dire, après tout je l’aimais moi même et je n’avais pas envie que quelqu’un tente sa chance sous mon nez.
« Bah de toute manière je suis sûr que je ne pourrais pas l’intéresser. Soupira Hannah. Elle doit tellement avoir du succès que je ne pourrais pas faire le poids. Je vais simplement continuer à rêver. »
Je la regardais du coin de l’œil. Lise, avoir du succès ? Inconsciemment j’eus mal d’imaginer des personnes la courtiser, lui faire des avances ou encore la draguer ouvertement. Une légère peur s’inséra en moi également, elle n’allait pas resté éternellement célibataire, même si depuis que nous nous connaissons elle ne nous a jamais dit qu’elle avait trouvé quelqu’un, viendra bien un jour où elle se mettra en couple.
Lundi soir, 20h :
Je sortis du bâtiment après la fermeture de la cafétéria, la nuit était déjà tombée et je n’aimais pas tellement cela, avec tout ce qui se passe en ce moment en ville, les promenades nocturnes n’étaient pas les meilleures idées du monde. Je traversais rapidement la route pour retrouver ma voiture, pourtant des bruits étranges attirèrent mon attention, comme des coups et des jurons. Inconsciemment mes pas m’amenèrent vers une ruelle plutôt sombre, je ne penchais que la tête pour voir ce qu’il se passait à l’intérieur et j’y vis trois silhouettes au dessus d’une qui essayait de se protéger. Je poussais un cri, faisant sursauter les agresseurs qui prirent la fuite par la suite. Je courus vers la personne au sol et je l’aidais à se relever, mon cœur s’arrêta en voyant de qui il s’agissait.
« Lise mon dieu ça va ?! M’inquiétais-je.
- A-Alix ? Marmonna-t-elle. Ouais t’inquiète c’est trois fois rien haha. »
Son rire sonnait vraiment faux, elle se tint la tête dans une grimace et mon inquiétude s’amplifia. Pourquoi des types s’en sont prit à elle ? Elle se recula en me faisant un signe avant de basculer en avant, je la rattrapais donc.
« Je t’amène chez moi.
- Pas la peine t’inquiète pas Alix. »
Son sourire ne me convenait pas, il n’était ni vrai ni rassurant. Je ne l’écoutais alors pas, je l’emmenais jusqu’à ma voiture où je l’installais sur la place passager avant de me mettre du côté conducteur. Le silence se fit sur tout le trajet, elle ne me regardait pas.
Quand on fut arrivée je l’aidais à monter jusqu’à mon appartement au premier étage et une fois à l’intérieur je la fis s’asseoir sur un tabouret, j’allais ensuite dans ma salle de bain pour prendre ma trousse de secours.
« Eeh t’inquiète ça va j’ai rien je t’assure. »
Je lui lançais un regard sévère qui la fit déglutir, je m’assis alors en face d’elle et je commençais à soigner son visage qui avait quelques égratignures par-ci par-là.
« Qui s’était ces types ? Demandais-je finalement.
- C’est personne... De simples mecs du club qui supportent pas de s’être prit une raclée par une fille. »
Elle se mit à rire légèrement avant de grimacer de douleur. Étrangement je ne la croyais pas, cela sonnait trop comme un mensonge à mes oreilles. Je l’observais, elle fuyait mon regard.
« La vérité Lise. Ma voix était sérieuse.
- C’est vraiment personne, je les connais même pas.
- Alors pourquoi ils s’en sont prit à toi ? »
Elle avait baissé la tête, comme honteuse. Que me cachait-elle au juste ? J’allais pour lui relever son haut, elle eu un sursaut de peur et je lis dans son regard une faible lueur de panique. Je fronçais les sourcils et je la forçais donc à enlever son t-shirt, je compris en voyant son corps ce qu’elle ne voulait pas que je vois. Il y avait beaucoup d’hématomes, certains dataient et commençaient même à disparaître, d’autres ne devaient pas être vieux de plus de deux jours.
« C... Comment tu t’es fait ça ?
- C’est... A la salle, Abby peut parfois frapper fort durant les entraînement haha, et puis Tessa non plus n’est pas en reste.
- Arrête de me mentir.
- C’est... Sûrement des parieurs mécontents.
- Des parieurs ? »
Je ne comprenais pas ce qu’elle me disait, comment des parieurs pouvaient s’en prendre à elle exactement ? Dans quel contexte elle s’était retrouvée en contact avec ces gens ?
« Des parieurs de combat clandestin... Souffla-t-elle finalement. Je participe à des combats clandestins assez souvent. »
J’écarquillais les yeux d’horreurs tandis que les siens essayèrent de s’ancrer aux miens.
« Depuis combien de temps ? Fut ma seule question.
- Cinq ans. Au début je participais qu’à quelques combats quand les fins de mois étaient compliqués et... J’y ai pris goût, et je me suis fait une réputation dans le milieu. »
Cinq ans ? Depuis si longtemps elle fait cela ? Comment est-ce qu’elle a pu me cacher ça ?
« C’est pas un truc dont j’aime en parler Alix, seule Abby est au courant, elle m’aide à m’entraîner même si ça ne l’enchante pas des masses. »
Elle se massa la nuque nerveusement en fuyant mon regard. Si elle avait pu me cacher ce genre de choses, que me cachait-elle encore ? Un petit-ami ? Mon cœur se serra à cette simple pensée.
« Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ? Fis-je d’une petite voix.
- C’est pas un truc dont je suis fière crois moi, c’est devenu une routine limite, un moyen pour moi de décompresser de temps à autre, et en prime je gagne de l’argent pour aider mon frère dans ses recherches.
- Est-ce que... Ça arrive souvent que des parieurs te tabassent ?
- Nan, c’est la première fois, je t’assure. »
Elle prit mes mains dans les siennes, me lançant un regard sincère et vrai, je pouvais y lire tellement de choses à l’intérieur.
« Et crois moi que s’ils s’étaient battus à la régulière je les aurais rétamé en un clin d’œil. »
Je ne pus retenir un léger rire face à son insouciance et son sourire tendre. Une lueur brilla dans ses pupilles.
« Je préfère te voir comme ça tu es bien plus belle ainsi. »
Mon souffle se coupa le temps d’une seconde et je me sentis rougir face à son compliment.
« Est-ce que... Ça te dérange que je reste dormir ici ? Ma moto est restée sur le parking de l’agence et au vu de la nuit je ne vais pas tenter le diable.
- Pas de problème. Souris-je.
- Merci Alix. »
Elle remit une mèche de ses cheveux bruns derrière son oreille avant de s’étirer, je l’observais donc plus attentivement désormais et un feu s’embrasa en moi. Elle avait des abdominaux finement sculptés, ni trop ni pas assez, le juste milieu qui rend son corps terriblement attirant. A-t-elle toujours été ainsi ?
« Ça va Alix ? Demanda-t-elle. Tu as de la fièvre ? »
Je secouais la tête pour décrocher mes yeux de son corps, elle me regardait avec un brin d’inquiétude, je lui souris pour la rassurer et elle me le rendit avant de remettre son t-shirt. Était-elle au courant de l’effet qu’elle me procurait au moins ? Après qu’on eu mangée un petit quelque chose elle alla s’allonger sur mon canapé, je lui souhaitais alors bonne nuit et j’allais directement dans mon lit, fatiguée de cette journée. Mes rêves furent bien prit néanmoins, je revoyais encore les courbes de mon amie, les petits détails sur sa peau. Quelle goût elle a d’ailleurs ?
Mardi matin, 7h :
Mon réveil me sortit de mes songes, j’avais horriblement chaud, mon cœur battait encore très fort dans ma poitrine, je n’ai pas arrêté de fantasmer sur Lise. J’essayais de m’étirer pourtant quelque chose m’en empêcher, j’ouvris alors les yeux et je vis la jeune femme contre moi, je me mise alors à rougir fortement en me rendant compte de notre proximité, un incendie embrasa mon corps tout entier. Qu... Que faisait-elle là au juste ? Je l’observais en détail, les traits de son visage étaient apaisés et délicats, elle devait bien dormir et elle devait faire un beau rêve au vu de son sourire adorable. Je la secouais doucement, elle émit un petit grognement qui fit fondre mon cœur. Elle est si mignonne.
« Lise, réveille toi. Murmurais-je à son oreille.
- Hmm... Encore cinq minutes... »
J’émis un faible rire, elle me serra un peu plus contre elle, je me mise alors à caresser tendrement ses cheveux bruns, ils étaient si soyeux. Je sentis sa tête se relever légèrement dans mon cou, son souffle s’écrasant contre mon épiderme découvert.
« Hmm... Alix... ? » Marmonna-t-elle.
Je croisais son regard noisette, elle était encore un peu endormie, elle se recula d’un mouvement en se rendant compte de notre proximité et je crus voir de faible rougeur sur ses joues.
« Oh pardon ! Je... Excuse moi je... Ton canapé n’était vraiment pas confortable et... Et j’ai pas voulu te réveiller excuse moi. »
Je riais un peu plus en l’observant, elle se leva rapidement et fila dans le salon. Je finis par la rejoindre quelques minutes plus tard, elle semblait occuper à préparer le petit déjeuner, je me sentis rougir en la voyant ainsi, je m’imaginais un peu vivre ma vie avec elle, le rêve.
« Tu prépares quoi ? Demandais-je.
- Oh pas grand-chose, des pancakes. » Me répondit-elle.
Elle me sourit par dessus son épaule et je m’installais donc à table en la regardant faire, elle était toujours aussi sublime quand elle cuisinait, une véritable chef. Comme à chaque fois elle disait que ce qu’elle préparait n’était pas grand-chose, à chaque fois je me régalais en mangeant ses plats, elle se sous-estimait.
Après cela on alla ensemble à l’entreprise, elle me remercia une nouvelle fois de l’avoir accueilli et de l’avoir soigner avant de filer dans l’ascenseur. Je pris comme à mon habitude mon service après m’être changer, je retrouvais donc Hannah et les premières heures commencèrent à défiler petit à petit. Je regardais souvent l’horloge, impatiente de revoir Lise, pourtant quand 10h arriva elle ne passa pas la porte de la cafétéria comme d’habitude. Ma collègue et moi nous nous étions regardées, elle n’était jamais en retard pourtant.
« Va lui apporter son chocolat chaud, elle a peut-être trop de boulot pour descendre. Me proposa Hannah.
- T’es sûr ?
- Ouais allez vas y ! »
Je préparais donc la boisson de mon amie avant de monter dans l’ascenseur, si je me rappelais bien elle travaillait au cinquième étage, dans la partie community manager, elle était graphiste il me semble. Une fois arrivé à destination je m’approchais des bureaux et je vis celle qui hantait mes rêves, j’allais l’appeler quand je remarquais un de ses collègues qui lui parlait, il était assis sur son bureau et la regardait d’une manière que je n’aimais pas, il avait aussi un sourire séducteur.
« Franchement on a pas mal avancé aujourd’hui. Disait-il.
- C’est vrai, on devrait avoir fini ça avant ce soir j’en suis sûr.
- Et dis moi, ça te dit qu’on se fasse un restau un de ces quatre ? »
En l’entendant l’inviter j’eus mal au cœur, mon pire cauchemar se déroulait sous mes yeux. Il replaça une mèche de ses si beaux cheveux derrière son oreille, ce simple geste me dégoûta. Je sursautais en voyant Lise lui prendre le poignet d’un mouvement violent, elle lui souriait pourtant on pouvait facilement voir son aura menaçante.
« Ne me touche plus jamais et pour ton invitation, merci de me proposer mais je n’ai absolument pas envie d’un restau avec toi. »
Son ton froid fit déglutir son collègue, elle ne parlait que très rarement avec ce ton et il faisait toujours aussi peur à entendre. Elle se tourna vers son ordinateur.
« Merde je suis en retard ! » S’exclama-t-elle.
Elle se leva de sa chaise avant de prendre son portefeuille, elle regarda rapidement dedans avant de se retourner, elle se stoppa net en me voyant posté à l’entrée des bureaux, je n’avais pas bougé d’un centimètre depuis que j’étais arrivée.
« Alix ? Qu’est-ce que tu fais là ? S’étonna Lise.
- Eh bien hem... Je t’apportais ton chocolat chaud. »
J’étais plutôt gênée de me retrouver là. Elle dévia son regard de mes yeux et je vis dans ses pupilles noisettes de multiples émotions avant qu’un sourire n’apparaisse sur son beau visage.
« Bon sang j’allais justement venir le chercher, t’es vraiment merveilleuse Alix ! »
Je m’approchais de quelques pas en rougissant, elle me prit le gobelet des mains avant de le poser sur son bureau, elle vint me prendre dans ses bras et mon cœur rata plusieurs battements, elle était plus petite que moi, elle était si adorable.
« Désolée de t’avoir obliger à monter, ça ne se reproduira plus. Sourit-elle. Merci mille fois encore de t’être déplacer.
- Y-Y a pas de quoi. Bégayais-je.
- J’ai tellement de chance de t’avoir tu sais ? »
Son sourire était si innocent, cela me fit fondre encore plus, j’avais tellement envie de l’embrasser.
« Eh ça te dit un restau comme au bon vieux temps ? Me demanda-t-elle. Ça pourrait être cool tu penses pas ?
- Eh bien oui pourquoi pas.
- Génial ! »
Je devais certainement être rouge pivoine, elle m’invitait réellement à un rendez-vous ? Sous le nez de son collègue qui lui avait proposé un dîner il y a quelques minutes qui plus est.
« Samedi midi ça te convient ? M’interrogea la brune.
- Hmm oui mais le pique nique ?
- Ils peuvent bien se passer de nous deux pour une fois, et on aura qu’à les rejoindre après. » Sourit-elle.
Tout mon corps frissonna, elle me faisait passer avant tout nos amis, et elle me confirmait par la même occasion qu’il n’y aurait qu’elle et moi. Elle vint déposer un rapide baiser sur ma joue avant de retourner à son bureau, je fis de même, et je trépignais de joie intérieurement. Quand je retrouvais Hannah elle me lança un regard qui voulait tout dire et son sourire était si évocateur.
« Toi tu as un rendez-vous.
- C-Comment tu peux le savoir ? Demandais-je, hésitante.
- Tu es plus rouge que quand tu es partie ! Allez dis moi !
- Je... Eh bien c’est juste Lise qui m’a proposé un restau comme avant c’est tout. Dis-je en rougissant.
- Geeeenre ?! Mais arrête c’est pas rien ça ! Tu sais combien voudrait être à ta place là ?!
- Rooh... Arrête c’est juste un repas.
- Un repas avec la plus belle femme de l’agence ! Alala je t’envie maintenant. »
Je me mise au travail tandis que Hannah commençait à rêvasser, j’étais très gênée je dois bien l’avouer, je me rendais bien compte de la chance que j’avais de pouvoir avoir un rendez-vous avec elle, combien aurait voulu être à ma place ? Trop pour pouvoir les compter je pense.
« Franchement c’est quand que vous vous mettez ensemble ? Finit par dire Hannah.
- C-Comment ça ?
- Ça se voit à des kilomètres que vous êtes faites pour être ensemble, et puis je le vois bien comment Lise te regarde à chaque fois qu’elle vient.
- Comment elle me regarde ? Fis-je, intéressée.
- Avec amour. Sourit-elle. Et puis ça expliquerait tellement de chose aussi ! Le pourquoi elle vient aussi tôt au boulot et puis ce jour où tu étais absente, quand elle est venue chercher son chocolat chaud elle avait pas le même sourire que d’habitude, ni le même entrain. »
Donc... Lise m’aimerait aussi ? Intérieurement je hurlais ma joie rien qu’à l’idée que mes sentiments puissent être partager. Je devrais peut-être enfin lui dire ?
Le reste de la journée se fit plus lente et à la fois rapide, j’avais tellement hâte de finir la semaine désormais, je me disais que je pouvais demander à Chloé des conseils pour ma tenue de samedi.
Samedi, 11h50 :
J’arrivais enfin à l’adresse que Lise m’a donné par message, j’observais la devanture du restaurant, quelque chose de simple mais avec un certain charme. Je me regardais une dernière fois, Chloé m’a bien aidé à choisir cette robe, elle est assez banale mais elle est aussi élégante. Je soufflais une dernière fois avant d’entrer dans le bâtiment, je vis très vite la femme de mes rêves qui m’attendait, adossée contre un mur et habillée d’une belle chemise entrouverte d’un bouton, d’un jean noir et de chaussures en cuir, je pus apercevoir une chaîne autour de son cou, il ne me semblait pas l’avoir vu la dernière fois ainsi qu’une bague à son majeur. Elle semblait légèrement nerveuse, elle se mordillait légèrement l’ongle de son pouce, un petit tique qu’elle avait quand elle stressait pour certaines choses, cela la rendait adorable. Nos regards finirent par s’accrocher, elle s’approcha alors de moi avec un grand sourire.
« Heyy. Commença-t-elle. Tu es sublime aujourd’hui.
- Merci beaucoup. Dis-je en rougissant. Tu es belle aussi. »
Je la vis rougir en détournant légèrement le regard, elle est tellement chou. Elle m’accompagna jusqu’à notre table et on commanda nos plats, on se mit ensuite à discuter de tout et de rien, du temps où on était au lycée, des fous rire qu’on a pu avoir avec Mike et John, des interminables heures de shoppings avec Chloé pour Lise, elle me parlait de ses entraînements de boxes aussi. Elle se battait souvent contre Abby et Tessa, les deux avaient établie une sorte de duel silencieux pour savoir qui mettrait la brune au sol en moins de temps que l’autre.
« Franchement à chaque fois elles n’y vont pas de main morte haha, mais ça me permet de bien m’entraîner je dois dire, grâce à elles je peux tenir un début d’un quatrième round. Ria-t-elle. Et puis je suis sûr que cela les a bien rapprocher les deux.
- Comment ça ? Demandais-je, curieuse.
- Tu n’as pas remarqué les regards qu’elles se lancent parfois ? Je suis sûr qu’il y a quelque chose entre elles.
- C’est vrai que maintenant que tu me le dis. Confirmais-je.
- Si elles mettaient leur fierté de côté elles formeraient un beau petit couple. »
Son sourire était si étincelant et si sincère, je la vis faire tourner sa bague autour de son doigt, je fronçais légèrement les sourcils et je posais finalement la question qui me taraudait l’esprit.
« C’est un vieux bijou de famille, je n’avais jamais eu l’occasion de le porter jusqu’à aujourd’hui.
- Ah oui ? Et quel est l’occasion aujourd’hui alors ? » Fis-je, intéressée.
Elle eut les joues rouges soudainement avant de détourner le regard, je retins un léger rire, elle tritura une nouvelle fois sa bague. Avait-elle quelque chose à me dire ? Intérieurement j’espérais que mon rêve se réalise enfin.
« Eh bien... Tu sais que ça fait huit ans qu’on se connaît aujourd’hui ? Demanda-t-elle.
- Huit ans ? J’écarquillais les yeux. C’est aujourd’hui ?
- Ouais enfin plutôt le jour de notre première rencontre. Un petit sourire naquit sur ses lèvres. Je me rappelle de ce jour comme si s’était hier, je débarquais à peine en ville et t’es la première personne que j’ai rencontré.
- Je m’en souviens aussi. Souris-je.
- Je suis vraiment heureuse d’avoir fait ta connaissance ce jour là, j’ai eu la chance de tomber sur toi, j’ai de la chance de t’avoir dans ma vie. »
Son sourire s’agrandit et ses rougeurs s’intensifiaient, mon cœur s’accélérait également face à ses mots qui me touchaient. Elle se frotta la nuque, elle cherchait à priori ses termes, je me mordis la lèvre inférieure, je contenais mon impatience, elle finit par souffler.
« Bon sang c’est plus compliqué à dire que ce que j’imaginais. L’entendis-je marmonner. Eh bien... Elle souffla une nouvelle fois. Je me rends bien compte de la chance que j’ai de t’avoir dans ma vie, et je sais qu’elle peut être aussi très courte, je voudrais alors qu’on arrête de perdre plus de temps. Commença-t-elle, sérieuse. Je t’aime Alix, depuis des années déjà et j’ai jamais eu le courage de t’en parler avant aujourd’hui. Elle se mordit la lèvre. Accepterais-tu de bien vouloir sortir avec moi ? »
Je la regardais droit dans les yeux, elle semblait si fragile à cet instant, elle est simplement et purement belle ainsi. Je me levais de ma chaise pour m’approcher d’elle et l’embrasser, elle se laissa faire et approfondit même notre baiser, on en avait rien à faire d’être entourer, des regards des gens, il n’y avait plus que nous. Depuis le temps que j’attends de goûter à ses lèvres, depuis le temps que j’attends cet instant, il est encore plus beau que dans mes rêves les plus fous. On finit par se séparer, on se sourit mutuellement.
« Je t’aime Alix Brauner. Fit-elle.
- Je t’aime aussi Lise Dosson. » Dis-je.
THE END