Prologue
Digne-les-Bains est une ville située dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en France. Elle est réputée pour ses paysages pittoresques, ses thermes et son cadre naturel magnifique au cœur des Alpes-de-Haute-Provence. La ville est entourée de montagnes et de rivières, offrant de nombreuses possibilités pour les activités de plein air telles que la randonnée et le vélo. En 1999, la population de Digne-les-Bains était d’environ 17000 habitants. La ville a toujours su préserver son charme provençal tout en offrant des services modernes à ses résidents et visiteurs.
Une femme est endormie dans une salle d’opération dans l'Hospital de cette charmante ville.
Autour d’elle, l’équipe médicale, vêtue de blouses blanches et bleues, surveille attentivement les constantes de la jeune femme et de son bébé.
-Nous allons commencer la césarienne , s’exclame le chirurgien.
-Pouvez-vous vérifier que tous les instruments sont en place ?demande-t-il à Hélène, l’infirmière.
-Oui, docteur, tout est prêt. Les constantes sont stables , répond Hélène.
-Bien, je fais l’incision maintenant. Sophie, pouvez-vous aspirer le liquide amniotique s’il vous plaît ? demande le chirurgien.
Les gestes du chirurgien sont précis et minutieux. Ce n’est pas la première césarienne en urgence qu’il pratique.
-C’est fait, docteur. Le bébé est bien visible, s’exclame Sophie.
-Je vais maintenant sortir le bébé. Préparez l’équipe pédiatrique , ordonne le chirurgien.
-L’équipe pédiatrique est prête, docteur , répond Hélène.
« Le bébé est sorti ! Félicitations, c’est une petite fille », annonce le chirurgien en souriant.
-Je coupe le cordon ombilical , ajoute le chirurgien.
Hélène prend le nouveau-né et l’enroule dans un linge pour éviter qu’elle n’attrape froid.
-Bienvenue petite princesse. Je vais la nettoyer et vérifier ses signes vitaux ,dit Hélène en sortant du bloc.
-Le placenta est retiré , informe le chirurgien.
-La maman va bien. Les constantes sont toujours stables , indique Sophie.
-Parfait. Continuons avec la suture de l’utérus et refermons la paroi abdominale », répond le chirurgien.
La césarienne s’est bien déroulée, chaque membre de l’équipe ayant joué son rôle pour assurer le bon déroulement de l’intervention.
Les infirmières s’occupent du bébé en nurseries.
-Aspiration des mucosités et désinfection des yeux faites , dit Hélène à sa collègue.
-La fréquence cardiaque est bonne, 2 points ; respiration nickel, 2 points ; aucun problème de mouvement, 2 points ; pleurs, 2 points ; une petite fille bien rose, 2 points , dit Anaëlle en notant le score d’Apgar.
(Le score Apgar est une méthode rapide d’évaluation de l’état de santé général d’un nouveau-né immédiatement après sa naissance. Il a été mis au point par la docteure Virginia Apgar en 1952. Le test est effectué à une minute et à cinq minutes après la naissance, et peut être répété plus tard si les résultats sont préoccupants.
Le score Apgar évalue cinq critères :
Apparence (coloration de la peau)
Pouls (fréquence cardiaque)
Grimace (réactivité réflexe)
Activité (tonus musculaire)
Respiration
Chaque critère est noté de 0 à 2, le score total variant donc de 0 à 10. Un score élevé indique que le bébé se porte bien, tandis qu’un score plus bas peut nécessiter une attention médicale immédiate.
-10, c’est parfait , sourit Hélène en regardant le nouveau-né.
-Pas de malformation. Elle pèse 3 kg et mesure 50 cm , précise Hélène.
Hélène prend une petite seringue contenant de la vitamine K. Elle pique la cuisse du bébé qui grimace et se met à pleurer.
-Oh, je sais, ce n’est pas agréable , dit Hélène en la consolant.
-La césarienne s’est bien déroulée. Il faut prévenir le papa ? , demande Anaëlle.
-Père inconnu. Les parents de la patiente attendent dans la salle d’attente. On a réussi à sauver les deux, c’est limite un miracle , répond Hélène.
-Comment ça ? , demande Julie, une jeune aide-soignante.
-La maman a eu beaucoup de chance dans son malheur. Un accident de voiture, enceinte, répond Anaëlle en grimaçant.
-À peine arrivée, elle nous a suppliés de sauver son bébé avant de reperdre connaissance.
-Les grands-parents ont dû avoir si peur de perdre leur fille et leur petite-fille , dit Julie avec une voix remplie de compassion.
-Les grands-parents ne savaient pas que leur fille était enceinte. Ils doivent être très angoissés. Je vais aller les voir. Le chirurgien a été très transparent. C’était soit la césarienne se passait bien, soit il y aurait des complications graves , répond Hélène en s’écartant du bébé.
-Elle s’appelle comment ? , demande Julie.
-On ne sait pas encore. On doit voir avec la maman , dit Hélène en sortant de la nurseries.
L’infirmière sort et se dirige vers la salle d’attente. Elle entre et regarde les deux personnes assises. Un monsieur avec des lunettes, une moustache et des cheveux blancs, semblables au Père Noël. À ses côtés, une dame bien portante, les cheveux bouclés foncés avec quelques mèches grisonnantes. La grand-mère se lève en voyant l’infirmière.
-Alors ? , demande-t-elle avec une voix tremblante.
-Tout s’est bien passé. Votre fille va bien et la petite aussi, répond Hélène.
Les grands-parents soupirent de soulagement et un sourire se dessine sur leurs visages.
-Peut-on aller voir notre fille ? , demande le grand-père.
-Il serait judicieux de venir la voir demain. Votre fille est en salle de réveil pour l’instant et elle devra se reposer , explique Hélène.
La grand-mère affiche une mine déçue ; elle avait hâte de voir sa fille bien-aimée.
-Mais si vous voulez, vous pouvez venir voir votre petite-fille , propose Hélène.
Les grands-parents acceptent immédiatement et suivent Hélène.
-Bonjour, votre petite-fille est en pleine forme , dit Anaëlle en souriant.
La grand-mère s’approche et ses yeux s’illuminent de joie en voyant le petit bébé endormi. Les grands-parents réalisent la chance qu’ils ont que leur fille et petite-fille aillent bien. Même si, pour leur fille, les mois à venir seront difficiles avec les nombreuses opérations, la rééducation et le gros traumatisme. Leur dernière fille n'a que 32 ans et ils savent qu'elle sera marquée à vie. Les infirmières continuent de surveiller les constantes du bébé, en veillant à ce que tout soit parfait. Hélène sort discrètement de la pièce, laissant les grands-parents profiter de ce moment précieux avec leur nouvelle petite-fille.
-Je vais vous laisser, mais est-ce que vous savez le prénom de cette petite fille ? , demande Anaëlle.
Le grand-père répond.
-Oh, que c’est joli.
Elle prend un bracelet rose et note le prénom.
-Bienvenue, Vittoria.
Après quelques jours passés à l’hôpital, le nourrisson peut sortir enfin dans avec sa maman de la maternité. Le soleil hivernal éclaire par moment leur chemin à cause des petits nuages. Il fait 5 degré dehors. Une légère brise venant du nord caresse les grands-parents qui les accompagnent.
Durant les mois qui suivent, les grands-parents de la petite fille prennent soin d’elle avec une infinie tendresse, veillant à chaque instant sur leur propre fille, encore fragile et dépendante. Leur maison embaume les douces senteurs des repas mijotés, tandis que les rires et les gazouillis de la petite fille remplissent les pièces de joie . Chaque soir, malheureusement , encore traumatisée de l'accident de sa maman, la jeune Vittoria pleure en hurlant de peur. Seul son pépé arrive à calmer ses angoisses avec une berceuse corse.
"O ciucciarella
Nun sai quantu t’adoru
Le to bellezze
Le to cullane d’oru
Ciucciarella inzuccarata
Quantu hè longa sta nuttata
Fà la ninna fà la nanna
U to babbu hè à la campagna
Cullà ne vogliu
Quassù per sse cullette
Ci sò le capre
Le muvre è le cervette
Quassù sò li trè cuniglii
Corri tù, sè tù ti piglii
Fà la ninna fà la nanna
U to babbu hè à la campagna
Trovu aghju un nidu
Nentru c’era duie ove
Sò statu à vede
L’acellu chì le cova
Era un nidu di culomba
È trè volte l’aghju trova
O culomba cullerata
Cusì longa sta nuttata
So statu à l’ortu
Stamane di bon’ora
Ciucciu nun c’era
Chì era andatu à la scola
Tuttu era per vede à tene
O màzzulu di viole
Fà la ninna fà la nanna
U to babbu hè à la campagna
Zifulà puru
È mughja o tramuntana
Filgu lu linu
È carmingu la lana
Fattu t’aghju lu mantellu
È guarnitu la suttana
Lu to mantellu fatatu
Tutt’intornu riccamatu".








