Chapitre 1
Pdv de Jisung
Je touche ma côte pour sentir si elle me fait mal… Aïe… encore… j’espère qu’elle n’est pas cassée… j’entends la sonnerie retentir, comme si elle se moquait de moi, qu’elle ne voulait pas me laisser le temps de me rétablir… je n’arrive pas à me relever, encore sur le sol d’une des cabines. Le sol est sale et mouillé d’eau des toilettes qui coule encore de mes cheveux et de mes vêtements, j’ai froid, je tremble. Mon sac et lui aussi trempé, tout comme mes cahiers qu’il contient.
Je tente de me relever une deuxième fois et malgré la douleur, je parviens à tenir sur mes deux jambes, c’est un miracle. J’en arrive à la seconde étape, ouvrir la porte de la cabine mais… impossible. Je regarde le verrou qui lui est bien ouvert. Je commence à m’agiter et à forcer de plus en plus, mais rien à faire… Pourquoi je n’arrive pas à ouvrir cette putain de porte?! Je me laisse tomber sur les toilettes et des larmes de frustration et de douleur commencent à déborder de mes yeux. Soudain, j’entends un bruit venant de la porte, comme si on enlevait quelque chose qui la bloquait, puis elle s’ouvre enfin, laissant apparaître Mme.Cho, une surveillante. Elle me dit:
-Alors comme ça on essaie de sécher les cour? Bonne imagination, se faire passer pour une victime c’est plutôt intelligent, mais ça marche pas avec moi. Allez, sort maintenant, avant que je ne tire par les oreilles.
Pourquoi elle pense que je joue la comédie? Pourquoi personne ne s’inquiète pour moi? Je suis si insignifiant que ça?
-Pardon Mme.Cho.
C’est la seule chose que je trouve à dire, ou plutôt que j’ai le courage de dire. Je ne veux pas m’attirer plus d’ennuis que je n’en ai déjà.
En sortant, je vois une chaise à coté de la cabine où j’étais…
Mme.Cho me raccompagne jusqu’à là où je dois être, c’est à dire en cours de philosophie. Elle ouvre la porte de la salle et en m’affichant annonce:
-Han Jisung, en retard car joue avec l’eau des toilettes et s’enferme dans une des cabines.
Je baisse la tête de honte, sentant tout les regards sur moi, certains moqueurs, d’autres méprisants comme celui du professeur.
La surveillante me pousse ensuite à aller m’asseoir, ce que je fais. Je m’installe au fond de la classe comme d’habitude, les yeux des autres toujours sur mon petit corps faible. Je n’ose pas relever la tête, de peur qu’on me juge d’avantage. Je ne voulais surtout pas que mon harceleur ne voit la souffrance dans mes yeux…
Pdv de Minho
Qu’est-ce que j’aime voir le nabot se faire humilier devant tout le monde, un sourire malsain se forme sur mon visage. Il a l’air tellement faible comme ça, la tête baissée, encore trempée de l’eau des toilettes. J’en rigole encore. Je lui avais foutu la tronche dans la cuvette, c’était si drôle! C’est tellement facile de l’avoir à ma merci, de lui faire peur. Il tente de me fuir comme la peste mais je suis bien plus rapide et fort que lui. De toute façon, il ne vaut pas grand-chose, il faut bien le remettre à sa place. Et puis, jamais je ne me ferai choper. D’abord parce que personne ne le croit et également car je suis craint de tout le monde, même des surveillants et des profs!
