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Amours de Nuit

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Summary

Elle l’aime comme la lune aime le soleil. Lilith, 18 ans, fraîchement diplômé de son baccalauréat, se voit envoyer dans les laboratoires d’expérimentation de l’État. Comme tous les jeune de son ages, il est temps pour elle de découvrir avec qui elle passera le restant de ses jours. Mais les sentiments ne sont jamais guidés que par le cœur, la logique n’a rien à faire l’a dedans. [Hiatus]

Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

- Je ne comprends pas comment tu peux rester de glace, comme ça. Moi, je suis super nerveuse, mais grave excitée aussi !

- Alors premièrement titre et deuxièmement moi, je ne comprends pas en quoi ce truc devrait affecter ma journée.


Bien loin de la douce vie de lycéenne, je suis une femme adulte maintenant. Mais qui dit adulte dit aussi vivre le grand amour dans notre société. Je ne veux pas, ils peuvent se le mettre là où je pense leur grand amour. Mais étant donné que l’on ne nous demandait pas vraiment notre avis, je n’avais pas d’autre choix que de faire ce qu’ils voulaient. Me conformer, la conformité est une connerie que l’État a créée pour garder le contrôle. Pour être sûr que personne n’ait jamais le souhait de changer quoi que ce soit, car eux seuls ont le droit de tirer les fils de cette mascarade.


Marchant aux côtés de la femme que je considérais comme ma meilleure amie, je me dirigeais tout droit vers l’abattoir, soit le laboratoire de compatibilité.

Le laboratoire de comptabilité était là pour nous dépouiller de tous nos secrets, ceux que l’on ne dit à personne. Pour exploiter chaque petit trait de nos personnalités et de nos habitudes à l’unique fin de trouver une personne de notre âge qui nous serait “compatible”. Je ne l’ai sûrement jamais assez dit, mais c’est d’une absurdité, une absurdité dirigée par des imbéciles arrogants, qui eux-mêmes ne se confrontent pas à ces foutaises.


Les portes de la bâtisse ne m’inspiraient rien. Un bâtiment ridiculement grand se tenait face à nous, blanc, d’un blanc si immaculé que j’aurais presque pu voir mon reflet à travers celui-ci. Je me faisais d’ailleurs bien remarquer parmi tout ce blanc. Non en fait, il serait plus correct de dire que n’importe qui extérieur à la froideur de ces lieux saurait fait remarquer.

La semelle de mes bottes couinait contre le sol carrelé de l’intérieur qui était tout aussi blanc et insensible que l’extérieur.

Ma présence semblait importuner la paix dérangeante de cet endroit. Ma queue de cheval, d’un noir immaculé, se balançait de droite à gauche, la teinture rouge des pointes, comme des flammes qui dansent avec passion. Celle de mon ardent désir de réduire cet endroit en cendres. Mes bottes de combat noires crissaient sur le sol, lisse qui ne possédait aucune adhérence. Tous les regards se braquèrent sur ma personne malgré la présence de mon amie, à l’aura solaire et captivante, à mes côtés. Je les entendais, ces chuchotements qui résonnaient dans le hall, me traitant de gamine pourrie gâtée à me pointer dans un lieu considéré comme sacré par cette société, avec un tel accoutrement. Cependant, je ne leur enlèverai pas qu’il n’y a eu aucun effort pour être présentable dans mon choix de vêtement. Étant vêtue d’une veste sweat-shirt noir qui se terminait en se déposant dans le bas de mon dos. Rien de bien scandaleux à propos d’une telle veste. Le souci était ce qu’il y avait en dessous, juste une brassière de sport rouge, qui compresse ma poitrine, mais qui pour autant n’en cache en rien son volume. Les regards absolument indignés se posaient sur ma personne tandis que je restais de marbre, je me fichais bien de ce qu’ils pensaient. Je n’apportais d’intérêt qu’à ma personne, mon monde tourne autour de moi et rejetait tout corps étranger.


- C’est pour quoi ? fait un réceptionniste désagréable au possible, me jaugeant de son regard scrutateur, son regard se fait moins agressif lorsqu’il aperçoit mon amie.

- On est ici pour le test de compatibilité ? Mais si il s’agit d’un mauvais jour, nous pouvons revenir. Fait-elle de sa voix douce, à laquelle je suis plus qu’accoutumée.

- Bien sûr, on est là pour ça après tout. Répond la voix grinçante de ce réceptionniste que je ne supporte déjà plus après deux minutes à ses côtés, je plains ceux qui travaillent avec le personnage. Je vais avoir besoin d’un nom et prénom pour chacune. Ajoute-t-il.

- Cordelia Delacroix. Répond du tac au tac la voix mielleuse de ma meilleure amie.

- Avec un X et tout attaché pour le nom de famille ? Elle hoche pour toute réponse.


Alors qu’il parlait, mes pensées avaient dérivé, ennuyée par ces formalités dont je me fichais complètement. Tout ça pour trouver ce qu’il appelle nos âmes-sœur. Si une âme-sœur, c’est ça, alors, je n’en veux pas. Leur phrase “qui se ressemble s’assemble”, me donnait envie de vomir mon déjeuner. Un raclement de gorge m’interrompit.


- Quoi ? J’aboie au réceptionniste.

- Nom prénom. Répète-t-il avec un air encore plus méprisant que lorsque ses yeux se sont posés sur moi pour la première fois.

- Lilith Cochet. Je soupirai. Un “e” et un “t” à la fin. Lui indiquai-je afin qu’il n’importune pas plus.


Cela semblait d’ailleurs fonctionner étant donné que maintenant, il était plongé sur son écran d’ordinateur à taper nos noms et nous enregistrer avec une lenteur qui me donnait envie de l’assommer pour prendre sa place. Cordelia était-elle impatiente, ses cheveux blond doré se balançaient de haut en bas, tressautant de ses incessants petits sauts d’excitation. Ses yeux couleurs bleu ciel étaient remplis d’étoiles, et sa robe rose, pleine de froufrou, faisait de même que sa chevelure. À tel point qu’il avait fallu que je l’arrête avant que toutes les personnes présentes dans ce hall ne voient ses sous-vêtements. Le réceptionniste fit un signe à un garde, et ce dernier nous emmena quelque part.

Nos pas claquaient contre le sol, les talons de Cordelia émettaient un léger claquement, tandis que mes bottes crissaient sur la lissité infinie du carrelage, les chaussures du garde ne semblaient émettre aucun son, ou était-ce, car nous les couvrions ?


Il poussait les portes, la seule chose de couleurs dans cet endroit, qui m’écœure au plus haut point. Les portes, de bois foncé, semblaient lourdes. Assez lourdes pour que peu de personne puissent les pousser, par pur manque de force physique. Je me demandais si je pourrais en être capable…

À l’intérieur, des dizaines et des dizaines de personnes paraissant extérieur au lieu étaient présents. Je pouvais déterminer leur non-appartenance de par les couleurs de leurs vêtements, qui semblaient éclatantes, au milieu de cette blancheur. Alors que les scientifiques, eux, n’étaient toujours que vêtus de blanc uniquement, fade et épuré à l’image de cette mascarade. Une scientifique, au large sourire, approchait Cordelia, alors qu’elle allait lui prendre la main sans un mot. J’agrippais son poignet, à mi-chemin, et lui lançais un regard noir qui fit tout de suite disparaitre son sourire, faux, comme tout ce qu’il y a entre ses murs. Son regard ambré heurta mes yeux d’un marron si profond qu’ils tiraient vers le noir abyssal.


- Lilith Cochet… Elle me salua de la tête alors que je tenais fermement sa main.


Je la jaugeai encore une bonne dizaine de minutes du regard avant de déclarer, ferme sur mes appuis, mes mots dégoulinant de haine.


- Je passe avant elle.


Elle hochait de la tête, comprenant bien qu’elle n’avait point le choix dans cette situation. Je lâchais sa main, et elle se frottait son poignet, probablement endolori par ma poigne. Je remarquai une trace rouge dessus une fois qu’elle éloigna son autre main. Je ne m’excuserai pas, Jamais à quelqu’un comme elle. Je la suivis, lorsqu’elle me le demanda. On s’enfonçait dans l’immense pièce, qui devait servir de lieu de test. Quand elle trouva une table d’examen vide, elle bifurqua et ferma les rideaux, pour plus “d’intimité”, qu’ils disaient. Je m’asseyais sur la table d’examen et elle en face de moi sur un tabouret. Elle lança un ordinateur qui se trouvait là avant de venir m’y connecter avec des électrodes.


- Nom, Prénom et âge, pour que la machine puisse t’identifier. Elle fit. Ses sourcils se froncèrent de concentration.

- Cochet Lilith, dix-huit ans. Je répondis.


La machine faisait dérouler une liste rapidement, jusqu’à se stopper et afficher une fiche. Je reconnus l’écriture de ma “charmante” mère, la signature de mes deux parents, avec une photo de moi à seize ans, prise à mon entrée au lycée.


- Je vais te poser des questions. Réponds simplement par mots clefs. Me dit-elle, sachant très bien que je n’ai d’autres choix que de me soumettre. J’acquiesçai. Frères et sœurs ?

- Aucun.

- Une phobie ?

- La conformité.

- Niveau sociabilité ?

- Je hais la race humaine.

- Degré d’indépendance ?

- Totale.

- Jalouse ?

- Très. possessive aussi.


L’interrogatoire continua dans cette tension constante alors qu’elle continuait de violer ma vie privée.

Je sais que Cordelia sera plus à l’aise que moi à ça. C’était une grande extravertie avec une âme de Bisounours. Des fois, je me demande même pourquoi elle reste avec moi alors que je broie du noir rien qu’à l’idée de l’endroit où on est actuellement et que je hais tout particulièrement.


Une fois terminé, j’ai pu m’arracher de cet endroit. Ayant promis de raccompagner mon amie, je m’adossai à la façade de cet enfer et fumais une clope. La fumée grise quittait mes lèvres. J’ai toujours trouvé que la fumée de cigarette avait une certaine beauté, une élégance que peu peuvent, et veulent, voir.


Les portes de verres s’ouvrèrent doucement, et ma meilleure amie arriva vers moi. Ses boucles blondes se rebondissant dans son dos et ses yeux aigue-marine rencontrèrent mes onyx. Je me détachai du mur et écrasai de mon épaisse semelle la cigarette que je fumais.


- Comment tu t’en es sortie ? Me demanda-t-elle avec sa voix délicate, qui fait fondre même mon cœur de glace.

- Ce n’est pas un test noté, tu sais. Je répliquai, ma voix rendue légèrement plus rauque par le tabac.

- Je sais, mais on connaît aussi toutes les deux ta passion dévorante pour cet endroit. Ironisa-t-elle.


Je soupirai et laissai un ricanement passer le bord de mes lèvres.


- T’as raison. J’admis.

- J’ai toujours raison quand il s’agit de toi.


Nous marchions côte à côte dans les rues qui ont marqué notre enfance.


La ville de Osterson est la ville la plus grande de notre société, mais aussi la plus proche des frontières. Elle possédait des frontières adjacentes à deux autres sociétés. On ne savait rien de ces autres civilisations. Notre état nous cachait tout d’eux, absolument tout, notre monde doit tourner autour de notre société et la nôtre uniquement.

Tout se ressemblait ici et quand je dis tout c’est absolument tout. Les routes parfaitement lisses et bétonnés, les façades crème de chaque maison, impeccablement propre et de taille exactement similaire vue de l’extérieur. Même les habitants se ressemblaient. Toutes des personnes de bonne famille qui éduquaient leurs enfants à n’aimer que leur âme-sœur, car c’est la meilleure chose qui puisse leur arriver. Être aimé par la personne parfaite.


Il y a une chose que je savais et dont peu était au courant, lorsque l’on arrive au centre, on emménage avec celui que notre gouvernement à déterminer comme étant notre âme-sœur. À partir de là tout le monde le savait, nous sommes observés, scruter tels de petits animaux de laboratoire, de vulgaire test scientifique, changeable, jetable. Mais, là où beaucoup pensaient que ces expérimentations s’arrêtaient après leur mariage entre ses murs, la réalité est tout autre. Vous serez traqués et utilisés encore une fois jusqu’à la naissance de votre premier enfant. Selon de très anciens textes d’histoire, c’est une question de repopulation, qu’importe ce que mot signifie. D’après mon père, pour ces scientifiques et l’État, c’est l’aboutissement de toute une relation, un enfant. L’unique raison pour laquelle je suis née.


Lorsque nous arrivions chez Cordelia, nous étions chaudement accueillis. Sa famille à elle est la définition de la réussite de cet environnement qui me bouffe de l’intérieur depuis ma naissance. Sa famille était composée de son père, un homme qui préfèrerait cent fois rester à la maison avec ses enfants plutôt que d’aller travailler. Sa mère, une femme douce, magnifique, serviable et qui vivait pour la santé de sa famille. Parmi les enfants, le plus âgé Skyler était marié, un mariage d’amour avec son âme-sœur, Melina, une jeune femme sublime et enceinte, surtout. La fille cadette n’était autre que Cordelia, elle vouait un culte complet aux âmes-sœurs, contrairement à moi. La plus jeune, Carina, semblait se trouver, elle aussi, au diapason de sa famille parfaite.

J’étais mal à l’aise dans cet environnement dégoulinant de bonheur et d’amour, je n’y étais en aucun cas habitué, ou à ma place. Je m’excusai rapidement et pris congé d’eux, pour le bien de ma santé mentale.


Mes pieds jouaient avec les quelques cailloux présents sur le trottoir, ils ne seront probablement plus là quand je repasserais la prochaine fois. Je traînais les pieds, parce que je sais ce qui m’attendait chez moi.

Je poussais la porte de bois de chêne, de mon entrée, sans un mot, je la refermai. Je retirais mes bottes et lorsque que je me relevais, la première chose que j’aperçus fut ma mère à, à peine quelques centimètres de moi, me faisant faire un bond en arrière.


- Putain ! tu ne pourrais pas être normal une fois dans ta vie ! Je crachai à ma mère.

- …


Elle ne relevait pas l’insulte à son égard, sûrement déjà habituée depuis le temps.


- Où est mon père ?

- Au travail. Répondit-elle doucement, elle sembla hésiter avant que ses mots ne s’échappent de ses lèvres. A- Alors comment c’était ? le test. précisa-t-elle, après.

- Étouffant, comme toi. Je répondis sèchement.


Je passais devant elle avant de me diriger vers la cuisine, où elle me suivit.


- Tu n’as rien d’autre à dire à ta … à ta mère ? Fait-elle déçue, comme si nous étions proches.

- Tu n’es pas ma mère. Je répliquai.

- Bien sûr que si je le suis ! Faisait-elle semblant, indignée de mon accusation, selon elle injustifiée.

- La maison est là où le cœur se trouve. Je fais, citant une expression connue. Mon cœur ne se trouve pas, et ne se trouvera jamais avec toi, soit en sûr. Alors non, tu n’es pas mère à mes yeux. Tu n’es rien d’autre que la femme que mon père a épousée, par obligation. Je lui répliquai en réponse.

- Il a choisi de m’épouser.

- Pense ce que tu veux, mais personne n’a le choix. J’argumentais. Tu m’as toujours critiqué et maintenant, tu espères vraiment que je t’appelle ma mère ? Tu me dégoutes comme tous ceux qui ont créé cette merde ! Je lui hurle dessus.


Je sortais en trombe de la cuisine, et me dirigeai vers ma chambre, claquant la porte derrière moi, sachant très bien qu’elle hait ça.

Je la déteste. Ma famille n’en est pas une. Nous sommes trois étrangers dans une maison. Mon père, toujours absent, même s’il m’avait inculqué ses valeurs, me le disait à chaque fois : ce n’est pas toi, c’est elle. Ma mère, elle, n’était qu’un pantin de cette société comme les autres. Mon père la haïssait. Elle faisait tout pour être constamment à ses côtés, afin qu’il l’accepte. Quant à moi, elle m’assommait depuis l’enfance, sur comment devrait se comporter une femme, de ce monde d’hypocrite. Elle m’avait enlevé mon père, mais elle ne m’enlèvera jamais qui je suis, Jamais.


Le lendemain de cette journée de pure horreur, je prenais mon père dans mes bras sur le pas de notre porte, ma valise à côté de mes jambes à la peau halée.


- N’oublie jamais que tu es plus forte qu’eux Lil. Il me chuchota à l’oreille. Et si tu n’y arrives pas, utilise leur règle à ton avantage, quitte à devenir comme moi.

- Je te le promets papa, même si je ne suis rien d’autre qu’une lame émoussée face à ses gens. Je chuchotai en retour.


Je me détachai de lui, ignorant ma mère qui tenta de me prendre dans ses bras. J’attrapai fermement la poignée de cuir de ma valise, me tournai et partis en direction du site principal.

À mon arrivée, je donnai mon nom à la réceptionniste et elle me guida à travers les couloirs jusqu’à l’un des appartements. J’entrai, c’était décemment grand, je laissais ma valise dans l’entrée et lorsque je m’enfonçai jusqu’au salon, je vis tout de suite le guet-apens que l’on avait mené contre moi.


- Mademoiselle Cochet. Me salua tout sourire un scientifique.

- Monsieur Plantier, je vous présente votre âme-sœur, Lilith Cochet, ou devrais-je vous appeler Lilith Plantier ?

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