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Reine du chaos I

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Summary

Havana Sanchez n’a jamais connu la douceur d’une vie ordinaire. Élevée dans la rudesse des quartiers oubliés de la Riviera, elle a grandi en protégeant farouchement son frère, seule lueur dans un monde qui ne lui a jamais fait de cadeaux. Mais lorsque celui-ci est laissé pour mort dans un incendie criminel, quelque chose en elle se fissure. Un cri silencieux naît dans ses entrailles : celui de la vengeance. En s’enfonçant dans les entrailles d’un univers régi par la loi du sang et du silence, Havana pensait tout affronter. Tout… sauf lui. Carlés. L’ami d’enfance, le souvenir tendre devenu chef de cartel. Celui dont le regard pourrait faire plier un empire. Celui dont les mains tachées de crimes sont les seules à pouvoir la ramener à la vie. Ce qu’ils partagent est inavouable, incandescent, et trop puissant pour être ignoré. L’amour qu’ils s’étaient interdit rejaillit comme une déflagration sauvage, brûlant, impérieux. Mais dans un monde où le pouvoir exige des sacrifices, où l’amour est une faiblesse et la loyauté un poison, chaque sentiment est une arme, chaque choix, une trahison potentielle. Et si, pour devenir libre, elle devait embrasser le chaos au lieu de le fuir ? Et si, pour la sauver, il devait tout perdre… jusqu’à lui-même ? Reine du chaos I est une romance noire, poignante et viscérale, où l’amour se conjugue à la violence, et où deux âmes déchirées s’accrochent l’une à l’autre au cœur de la tempête.

Genre
Action
Author
AshivA
Status
Complete
Chapters
31
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
18+

Havana Sanchez

Je suis née au soleil, sur la French Riviera. Pas celle des cartes postales. Oh non. La mienne sent le bitume brûlant, la pisse et la misère. Ma mère m’a mise au monde dans son salon, au neuvième étage de la plus grande tour de la cité, en périphérie de la ville. Trop défoncée pour foncer à l’hôpital et m’offrir une vraie chance de survie.

Si Madame Alvez, une voisine de palier, ne s’était pas inquiétée des hurlements provenant de l’appartement de la nourrice du quartier, j’aurais sans doute fini dans une benne à ordures. C’est ce que Méva, ma mère, m’a répété pendant seize ans, chaque fois que je nettoyais son vomi, que je la ramassais à même le sol ou que je la délestais d’un deal qui avait mal tourné.

Méva nous a quittés sans surprise à l’aube de mes dix-sept ans et des seize ans de mon frère. Une dernière prise. Celle qui l’a fait tellement planer qu’elle n’a jamais pu redescendre. Elle nous détestait. Elle nous a détestés jusqu’au bout.

Après sa mort, nous avons soufflé quelques mois en foyer. L’Institution départementale de l’Aide à l’Enfance nous a offert un répit. Loin de la cité, loin de la drogue, loin des dealers. Pour la première fois, j’ai dormi sans craindre qu’un camé défoncé défonce la porte pour récupérer son fric. C’était presque des vacances. Ou plutôt, un simulacre de vie normale au milieu d’orphelins et de jeunes en détresse, enchaînés à leur suivi psychologique peu convaincant.

Élodie, la responsable du service adolescent, était persuadée que l’Aide à l’Enfance souffrait d’une mauvaise réputation et que son service redorait l’image du département. Elle rêvait. L’Aide à l’Enfance est à l’image de la société : sournoise, égoïste et sans pitié. Si Élodie quittait son bureau, si elle levait le nez de ses dossiers, peut-être qu’elle verrait la misère qui hante ses couloirs. Peut-être qu’elle remarquerait la drogue qui circule dans ses dortoirs.

Ma mère m’avait appris à encaisser. À résister à la douleur d’une lèvre fendue. À ne pas broncher sous les ecchymoses. À survivre avec une fracture. Elle passait ses nerfs sur moi. Tout le temps. Pour n’importe quoi. Le foyer, lui, m’a appris à rendre les coups. Pas une semaine sans que je sois impliquée dans une bagarre. Je ne frappais jamais la première. Mais à force, je suis devenue une putain de guerrière.

La violence est partout. Constante. Elle ne disparaît jamais.

Nous avons été relâchés dans la nature un 11 mars. Un simple passage dans le bureau d’Élodie, qui était honorée d’avoir contribué à notre “sauvetage”, une signature sur une page, et c’était officiel.

Libre.

J’avais 18 ans et 6 mois tout pile, et j’étais officiellement la putain de tutrice de mon petit frère. On s’était promis de réussir, de vivre et de sourire chaque jour. J’avais 27 euros en poche et la motivation d’un milliardaire.

Je me souviens de ce putain de 11 mars comme si c’était hier. On a pris un bus. Soucieux d’économiser le moindre centime, on avait choisi de ne pas acheter de ticket. On ne nous avait pas promis d’être honnêtes, juste d’être heureux.

On est revenus dans notre ancienne cité. L’assistante sociale avait fait ce qu’elle pouvait. Un toit sur la tête, une porte qui ferme à clé, une salle de bain à nous, pas partagée avec tout un dortoir. C’était mieux que rien. J’y voyais un nouveau départ. J’y croyais sincèrement.

J’avais tort.

BIP BIP BIP. Il est 6h30. Le réveil sonne, strident, comme un crieur de mauvaises nouvelles. D’un revers de la main, j’éteins cette machine à mauvaise humeur. Je roule hors du lit, encore enveloppée dans cette demi-somnolence qui ne me quitte jamais le matin. La première pensée qui me traverse l’esprit : Un café. Il me faut un café.

Je me dirige vers la cuisine, en quête d'une tasse. Sur la table, un mot est posé, comme une petite bombe de douceur au milieu du chaos de la matinée. Je passe le doigt sur l’écriture familière de mon frère, Lyo.

“Joyeux anniversaire, ma sœur, je t’aime fort. Rejoins-moi au stade ce soir, je t’emmène dîner après ma victoire.”

Putain. C’est mon anniversaire. 24 ans. Le temps file, mais il n’arrête jamais de me rattraper.

J’avale mon café en hâte, la chaleur du liquide m’enroulant comme une couverture légère. Puis je me dirige vers la salle de bain. Les affaires de Lyo traînent par terre, comme d’habitude. Une chaussette ici, un t-shirt là. Je soupire, me promettant intérieurement que les seules chaussettes sales que je ramasserai dans cette vie seront celles de mon frère. Pour lui, je ferai toujours ça et tout ce qu'il faut d'autre.

Je saute sous la douche, l’eau chaude tombant sur ma peau comme une bénédiction. Elle fait fondre la tension dans mes muscles, mes nuits sont courtes et trop agitées. Une douche rapide, efficace, juste ce qu’il faut pour démarrer la journée.

Je me sèche, enfile un pantalon noir, une chemise blanche cintrée. Pas trop de fioritures. Une touche de rouge sur les lèvres, pour marquer le coup, puis je suis prête à partir. Pas de temps à perdre.

Arrivée à “Le Coquelicot”, la boutique, à 8h00 tapantes, une heure avant l’ouverture. Je m’assure que tout est en place pour affronter le flux inévitable des riches acheteuses de ce samedi. Elles sont prêtes à tout pour le dernier chemisier en cachemire, et moi je suis là, prête à répondre à leurs attentes, les plus farfelues soient elles. La porte s’ouvre, et Barbara, ma patronne fait son entrée, l’air dynamique, comme toujours.

— Joyeux anniversaire, ma chérie !

— Merci, Barbara. Qu’est-ce que tu fais là ?

— Tu n’as pas voulu prendre ta journée, alors je suis venue t’apporter un café, un croissant et un gros baiser.

Je lui devais beaucoup. Elle m’avait tendu la main quand je n’étais rien. Pas de CV, juste des Converse déchirées et un regard déterminé. Et pourtant, elle m’a fait confiance. Elle connaît mon histoire, chaque morceau cassé, chaque cicatrice, et pourtant, elle ne m’a jamais regardée avec pitié. Elle a été dure, parfois. Et aujourd’hui, je la remercie mille fois pour ne jamais m’avoir laissée sombrer dans la facilité. Elle m’a appris à me battre, toujours.

— Où est le beau gosse du quartier ? demande-t-elle, en souriant.

— À cette heure-là, il dort encore, tu sais. Le samedi, Lyo fait la grasse matinée. Je le rejoins tout à l’heure, il m’emmène dîner. Et toi ? Tu n’as pas été à l’Altro cette nuit ?

— Si, et la soirée était folle. Je rentre me reposer un peu, quelques heures. Profite de ton dîner ce soir, j’espère que vous rentrerez tard ! Profitez de votre jeunesse ! Est-ce que tu peux récupérer la recette du salon de coiffure ce soir ?

— Je dépose l’argent de la boutique et du salon chez toi, dans le coffre ?

— Non, ne t’embête pas, tu passes toujours déjeuner avec moi dimanche ?

— Est-ce que j’ai déjà raté un de nos déjeuners du dimanche ?

— Tradition familiale oblige !

Barbara me lance un sourire complice avant de filer, me laissant dans le tumulte de la boutique. Elle est un modèle pour moi, une femme de pouvoir et de détermination. Elle gère tout, la plage privée L’Altro, la boutique de prêt-à-porter Le Coquelicot, le salon de coiffure Le Diva, sans compter ses nombreux appartements et maisons d’hôtes. Chaque activité était une extension d’elle-même, chaque projet un reflet de sa rigueur. Elle est dure et impitoyable et dans son monde, c’est ce qu’il faut pour survivre. Elle savait exactement où elle allait.

La journée fila à une vitesse folle. Je remerciai mes vendeuses, Tiff et Mady, en refermant les lourdes portes de la boutique. Je pris la direction du Diva pour récupérer la recette de la journée, puis, sans traîner, je rentrai chez moi. En traversant le hall de l’immeuble, je croisai Dany, le concierge, fidèle à sa place, l’air un peu plus jovial que d’habitude.

— Comment ça va, Dany ?

— C’est une merveilleuse journée, Havana ! Joyeux anniversaire ! Antonia a un petit quelque chose pour toi. Tu passes à la maison bientôt, d’accord ?

— Votre femme est tellement gentille, je passe très vite, promis.

— Ces orchidées auront ma peau, je te le dis ! Part vite avant que je ne devienne grincheux !

Dany me lança un sourire chaleureux, et, comme une attention délicate, me tendit une orchidée blanche que je glissai derrière mon oreille. Il continua de marmonner contre les pauvres plantes qu’il chérissait tant, prétendant qu’elles ne fleurissaient jamais assez longtemps a son goût. Mais c’était un homme de cœur, et j’aimais ces petites interactions quotidiennes qui faisaient de mon immeuble un véritable havre de vie. La cour, qu’il entretenait avec passion, était splendide, en toutes saisons.

Je claquai la porte derrière moi. Mon sac atterrit sur le sol avec un bruit sec, tandis que je fouillais rapidement dans la cuisine à la recherche de quelque chose à boire. Une bouteille d’eau, traînant sur le comptoir, me tendait les bras. Je la saisis, pris une gorgée et me dirigeai vers la terrasse, face à la Méditerranée. L’air était doux, chaud, un soupir du printemps. Le parfum salé de la mer me faisait déjà oublier les fatigues de la journée. Je m’installai confortablement, laissant mes pensées dériver avec le vent.

Là, sur cette terrasse, je me suis laissée envahir par la gratitude. Le temps, ce traître qui ne fait que filer, m’avait pourtant permis de m’arrêter un instant et regarder le chemin parcouru. Je repensais aux moments partagés avec Lyo, aux épreuves traversées, aux sacrifices faits. Tout était inscrit dans ma mémoire, chaque instant, chaque sourire, chaque larmes, tout comptait. Rien n’était futile, rien n’était anodin.

Je souris en pensant à mon tout premier salaire, celui qui nous avait permis de payer le loyer de notre petit appartement délabré, et de manger à notre faim. On avait dormi par terre pendant deux mois, le sol froid contre notre peau, avant de pouvoir enfin se permettre un vrai lit. Un luxe auquel on ne croyait plus, mais on l’a eu. Et ce jour-là, on s’était regardés, Lyo et moi, avec des yeux pleins de larmes, et on avait su que rien ne pourrait nous arrêter.

Mon cœur s’emballa en repensant à cette première année. Il y a six ans déjà, cette année fantastique qui semblait à peine concevable à l’époque. Lyo avait eu son bac, et j’étais la grande sœur la plus fière du monde. On avait fait un pacte silencieux : lui, il se concentrait sur ses études, et moi, je bossais chez Barbara, qui avait eu la gentillesse de nous louer un appartement cosy. Loin des tours de béton, loin de la cité, dans un endroit paisible, comme je l’avais toujours rêvé.

Cette année-là, cependant, avait aussi été marquée par notre première dispute sérieuse. Lyo n’était pas d’accord pour que je travaille le soir, chez Upster, une entreprise qui me confiait des missions de ménage, quatre fois par semaine. Il n’avait pas vu le poids de mes inquiétudes. Je ne lui avais pas dit que j’étais souvent à découvert, que les fins de mois étaient une lutte constante. Barbara, elle, avait vu juste. Elle était intervenue, sans détour, et quand elle avait appris notre désaccord, elle m’avait tout simplement annoncé que mon salaire de vendeuse serait augmenté. Elle savait que je donnais tout, que chaque centime était mérité. Elle n’avait pas besoin de justification, juste de résultats. Et au file des années je me suis surpassée.

Puis, j’ai eu 20 ans. Et un petit frère en filière informatique. J’étais tellement heureuse. Mon travail m’avait permis de lui offrir son permis de conduire et… notre deuxième dispute. Lyo, déjà mature à 19 ans, voulait contribuer aux frais du foyer, mais moi, je voulais qu’il se concentre sur ses études. Il avait une carrière en perspective, une carrière brillante dans l’informatique. Il était intelligent, assidu et si passionné par ce qu’il faisait. Mais, malgré sa taille impressionnante, il restait mon petit frère. Celui que je protégeais. Celui sur qui j’avais toujours eu l’ascendant, celui qui me respectait comme sa grande sœur, et c’était moi qui avais le dernier mot. Du moins, c’était ce que je croyais. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

Les années passées et je voyais mon frère devenir un homme, et c’était un sentiment étrange. J’effleurais du bout des doigts cette sensation de revanche que j’avais toujours attendue. Mon frère, ce jeune homme solaire, avait un charisme incroyable. Il était beau comme un dieu, et son sourire illuminait tout sur son passage. Il ne lui manquait plus qu’une année pour obtenir son diplôme et pouvoir postuler dans les plus grandes entreprises d’informatique. Il se destinait à une carrière brillante, j’en étais certaine.

Lyo n’était pas seulement un programmeur talentueux, il était aussi un coach de boxe dévoué. Le mardi, le mercredi et le week-end, il entraînait les plus jeunes, leur transmettant sa discipline, sa rigueur et son esprit de combat. C’était dans sa nature de donner, d’aider, de partager. Quand il eu 22 ans il contribua aux factures de la maison, non pas par obligation, mais parce que cela le rendait heureux. Le voir aussi épanoui, réussir à allier études et passions, me remplissait de fierté.

Avec son premier salaire, il m’a offert mon premier jean Levi’s, le cadeau que je n’avais jamais osé me faire. Le cadeau parfait pour mes 23 ans.. Mais ce n’était pas tout. Il m’offrit aussi un carnet d’écriture en cuir tressé, un objet simple mais d’une beauté rare, où étaient gravées nos initiales. Ce carnet, il me l’avait choisi, pensant à mon amour de l’écriture, à ce rêve que j’avais de tout coucher sur papier. C’était plus qu’un cadeau ; c’était une promesse. Une putain de promesse.

La sonnette de la porte retentit, me sortant brusquement de mes pensées. Je n’attendais personne.

— Bonjour, vous êtes Havana Sanchez ? me demanda le livreur, dissimulé derrière un énorme bouquet de roses rouges.

J’acquiesçai d’un signe de tête, intriguée. Qui pouvait bien m’envoyer des fleurs ? Certainement pas mon frère.

Je pris le bouquet, le déposai dans l’évier et le remplis d’eau. Les roses, d’un rouge profond, semblaient presque trop belles pour cette cuisine modeste, trop belles pour moi.

L’heure avançait, et je me dirigeai vers la salle de bain, les pensées encore embrouillées. Je laissai mes vêtements glisser au sol, un à un, sans vraiment y prêter attention. Puis, en croisant mon reflet dans le miroir, je sursautai.

Je lui ressemblais tellement. La parfaite copie de Méva. Et je détestais ça. D’un coup, je revoyais cette image d’elle : la mère absente, volage et perdue dans ses démons. Son reflet dans mes traits me rappelait tout ce que j’avais essayé d’oublier.

Je poussai un soupir et laissai l’eau chaude couler sur mon corps. Je fermai les yeux, plongeant ma tête sous le jet, espérant que l’eau me débarrasse de ces pensées persistantes. Mais elles étaient là, indélébiles. Méva, toujours présente, hantait mon esprit et toutes mes nuits.

Les larmes commencèrent à rouler sur mes joues, incitant mes muscles à se tendre. L’image de ma mère, gisant sur le canapé, les yeux vides, me parut plus vivace que jamais. Ma respiration se fit plus lourde, plus rapide. Mes mains s’agrippèrent à la paroi de la douche, cherchant désespérément un peu de stabilité. Mais c’était inutile. Ma tête tournait. Je me laissai tomber sur le sol froid, ramenant mes genoux contre ma poitrine.

Je revivais la panique que j’avais ressentie ce soir-là. L’odeur du crack, de la cocaïne chauffée, m’envahissait presque. Le désordre dans notre ancien salon. Les portes qui claquaient, les éclats de voix des dealers. Je me sentais étouffée, submergée par l’odeur de la violence qui flottait encore dans cette pièce. Pourquoi mon cerveau me forçait-il à revivre ça maintenant ? Pourquoi cette nuit, la pire de toutes, devait-elle revenir hanter mon esprit ? La nuit où Méva, ma mère, nous a quittés, définitivement. La nuit ou je l'ai tuée.

Putain. C’est mon anniversaire. Et l’anniversaire de sa mort. L’unique lien qui me rattache à elle.

Je suis tellement en colère. Méva nous détestait, ça oui, mais moi, je la détestais encore plus fort. Et ce qui me brise, c’est que je n’aurai jamais l’occasion de lui dire, de lui faire payer tout ce qu’elle nous a fait. L’injustice de ne pas avoir pu lui faire face, de ne jamais avoir eu cette conversation qu’on attend toujours, mais qui n’arrive jamais.

Je laissai l’eau brûlante de la douche me cuisiner la peau, le rouge vif me réconfortant presque, comme une manière de me punir et de me purifier en même temps. J’attrapai une serviette, la pressai contre ma peau encore chaude et me dirigeai vers mon dressing, le cœur toujours lourd. J’avais besoin de me changer. J’avais besoin de me transformer.

Je choisis une robe rouge, une robe que je n’avais jamais osé porter. Elle épousait parfaitement mes formes, et, pour la première fois depuis longtemps, je me sentis… belle. Forte. J’appliquai deux traits d’eyeliner noir sur mes yeux verts, accentuant leur profondeur. Je démêlai mes longs cheveux noirs, les laissant sécher naturellement. Ils formeraient de jolies ondulations. Je souris intérieurement, reconnaissante à la vie pour cette petite touche de grâce qui m’était donnée.

Je tournais la clé dans la serrure de la porte, espérant laisser derrière moi ces pensées pesantes, ces fantômes du passé qui m’étranglaient depuis trop d’années.

— Wahou, Havana, tu es magnifique. Tu fais de l’ombre à mes coquelicots.

— Merci, Dany !

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Good Writing

3

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Compelling Plot

4

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Great Character

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Strong Dialog

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author

Bonjour chers lecteurs, n’hésitez pas à me laisser vos avis. Vos retours sont précieux et seront grandement appréciés 🍀

a year
3
author

Ton écriture est sublime je cherchais une histoire pour divaguer mais tu m as carrément eblouie merci d ecrire

8 months

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