Une connexion Imprévue
Rémus avait toujours été différent des autres, et surtout, il avait toujours été seul. Puis, il avait rencontré James, Sirius et Peter, et sa vie avait changé à jamais. Là où il n’avait connu que la solitude et la douleur, il avait compris qu’il ne serait plus jamais seul.
Mais ce maudit soir était arrivé : la mort de James et Lily Potter. Ce soir-là, il n’avait pas seulement perdu son meilleur ami, il avait perdu sa famille. Ce traître de Peter s’était retourné contre eux, livrant leur ami aux griffes de Voldemort et envoyant Sirius pourrir douze ans à Azkaban. Une fois de plus, Rémus se retrouvait seul, sans plus personne sur qui compter.
Puis, en septembre 1993, Dumbledore l’avait engagé comme professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il avait aussitôt accepté, ne serait-ce que pour voir Harry, le fils de ses amis disparus.
Cependant, rien ne s’était passé comme il l’aurait imaginé. Au lieu de se concentrer sur Harry, il s’était retrouvé pris dans une spirale qui le tourmentait dès l’instant où la porte du compartiment du train s’était ouverte. Moony, son loup, s’était agité en lui, attiré par une fragrance douce et enivrante. Il avait tout fait pour garder les yeux ouverts et rester maître de lui, mais il s’était senti bouleversé comme jamais.
Ce fut lorsqu’il intervint face à l’attaque des Détraqueurs qu’il comprit ce qui était en train de se passer. Son regard croisa alors deux yeux noisette aux reflets dorés, un regard qui lui évoquait un chocolat chaud réconfortant. Moony hurla de joie dans sa tête, réclamant qu’il prenne possession de la propriétaire de ces yeux. Rémus, mortifié, réalisa avec horreur la nature de cette pensée.
Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre : il venait de trouver son compagnon. Mais elle n’était qu’une jeune fille de treize ans. Une révélation qui l’enfonça encore plus dans une spirale de dégoût et de terreur.
Cette année fut une véritable épreuve pour Remus. Entre le combat incessant contre sa nature de loup qui réclamait sa compagne, sa propre volonté de la fuir autant que possible, le retour de Sirius et sa démission forcée, il vécut une période particulièrement difficile. Le jour de son départ fut le plus éprouvant : il dut se contraindre à quitter celle avec qu’il était lié, alors qu’il aurait tant voulu continuer à la protéger, même de loin.
Cependant, il devait se rendre à l’évidence : il resterait toujours en contact avec elle. Elle faisait partie de sa vie, mais aussi de celle de ses proches, notamment Harry et Sirius, qu’elle avait sauvés et qui la considérait comme une sœur.
Plus la guerre approchait, plus il devenait difficile pour Remus d’ignorer sa compagne. Comment pouvait-il faire abstraction du fait qu’elle était en danger au quotidien ? Pire encore, elle prenait de l’âge et se rapprochait de sa majorité, ce qui le laissait dans un état de lutte constante contre son loup intérieur, qui n’aspirait qu’à la réclamer.
Pourtant, il se força à résister, même après que Sirius, ayant découvert la vérité, l’eut supplié de foncer et de prendre la jeune sorcière pour lui, affirmant qu’elle lui appartenait. Non, Remus refusait de s’accorder ce droit. Il n’avait rien à lui offrir. Et pourtant, Merlin savait combien il lui était difficile de se contenir. Elle était parfaite pour lui : ils partageaient les mêmes passions, la même intelligence… mais surtout, cette proximité entre eux.
À chaque vacance qu’elle passait chez Sirius, elle se retrouvait avec lui à la bibliothèque. Tous deux pouvaient passer des heures à discuter de sujets variés. Malgré son jeune âge, son intelligence était indiscutable. À plusieurs reprises, Remus s’était surpris à penser qu’elle n’était peut-être pas si jeune que cela. Mais il se rappelait aussitôt qu’elle était la meilleure amie d’Harry… et refermait immédiatement la porte à ce genre de pensées.
Ce qui fut le plus douloureux pour Remus, ce ne fut pas tant la guerre qui grondait, mais d’apprendre que sa compagne se rapprochait de cet étranger. Plus d’une fois, il dut se retenir d’aller à Poudlard pour mettre en pièces ce garçon de toutes ses forces. Sirius lui-même avait dû l’enfermer lors des pleines lunes pour l’empêcher de partir à sa recherche et la réclamer comme sienne.
Aussi, lorsque cet étranger quitta finalement le pays, laissant derrière lui celle qu’il convoitait, Remus ressentit un profond soulagement – tout comme Monny. La jeune femme avait refusé toute relation avec cet homme en raison de la guerre, et cela suffisait à apaiser leur tourment.
Lorsque la sixième année débuta, le conflit éclata de plein fouet, et Remus comprit qu’il pouvait la perdre à tout instant. Pour la première fois, il osa se rapprocher d’elle, s’autorisant même quelques étreintes lorsqu’elle en avait besoin. Dès la première fois qu’il la prit dans ses bras alors qu’elle pleurait, il dut se faire violence pour ne pas enfouir son visage dans son cou et s’enivrer de son odeur. Monny, lui, rayonnait de bonheur d’avoir enfin leur compagne dans leurs bras. Peu à peu, Remus s’autorisa ces moments tendres et réconfortants.
Tout semblait aller pour le mieux entre eux, jusqu’à ce que la petite cousine de Sirius apparaisse dans sa vie et ne le lâche plus. Remus remarqua alors que sa compagne prenait peu à peu ses distances. Elle ne venait plus le voir en dehors du travail, l’ignorait totalement lorsque Tonks était dans la même pièce. Il commença à ressentir un profond malaise, et Monny, lui, le lui faisait payer chèrement à chaque pleine lune.
À plusieurs reprises, il tenta de faire comprendre à Tonks qu’il n’y aurait jamais rien entre eux. Mais rien n’y faisait, jusqu’au jour où elle l’embrassa dans un couloir… au moment précis où sa compagne arriva.
À cet instant, Remus comprit qu’il était dans une bouse de dragon bien profonde. Jamais il n’avait ressenti une telle douleur au cœur, et il sut immédiatement d’où elle venait. Il voulait s’expliquer, mais il ne comprenait même pas son propre trouble. Pourquoi se sentait-il aussi mal ? Pourquoi cette tristesse écrasante, comme s’il venait de commettre un acte impardonnable ? Après tout, ils n’étaient même pas ensemble…
Mais quand son regard croisa celui de la jeune sorcière, il comprit. Il venait de briser quelque chose. Il le vit dans ses yeux couleur chocolat, dans ce sourire forcé qu’elle lui adressa avant de les féliciter d’une voix faussement enjouée… puis de disparaître avant même qu’il puisse protester, avant même qu’il puisse lui dire que tout cela n’était ni voulu, ni vrai.
Dès cet instant, Remus comprit que la jeune fille avait pris ses distances. Mais le moment le plus douloureux pour lui fut le soir de la bataille du ministère. Ce soir-là, il sentit son être tout entier brûler, torturé par l’angoisse.
Il avait vu sa magnifique compagne sauver, une fois encore, la vie de son meilleur ami, Sirius. Puis, sous ses yeux, elle reçut un sort qui la laissa à l’agonie sur le sol. À cet instant, plus rien n’existait, si ce n’était elle, hurlant de douleur. Il voulut se précipiter à ses côtés, mais Sirius le retint, les larmes aux yeux devant l’horrible scène qui se déroulait sous leurs yeux.
Soudain, Remus s’effondra à genoux, poussant un cri déchirant lorsqu’il sentit le cœur de sa compagne s’arrêter. Instinctivement, Sirius prit le relais et se jeta sur la jeune femme pour tenter de ranimer son cœur éteint. Après de longues minutes d’angoisse, Remus sentit son souffle se calmer lorsque la jeune femme revint à la vie. Pourtant, une douleur brûlante continuait de le consumer.
Ce jour-là, Dumbledore comprit enfin le lien puissant qui unissait Remus à la jeune femme. Il en discuta avec lui, cherchant à le rassurer : elle allait bien, malgré la douleur qu’elle ressentait encore. Le vieux sorcier lui confia alors qu’il avait depuis longtemps des soupçons, bien qu’il n’en ait jamais parlé. Il avait vu les signes.
Ce soir-là, Dumbledore lui dit qu’il était temps d’arrêter de se priver du bonheur. La jeune femme avait été créée pour lui, et elle ne serait jamais véritablement heureuse sans lui.
Dès cet instant, quelque chose changea chez Remus. L’acceptation ? La peur ? Il n’en savait rien, mais pour la première fois en trente ans, l’homme et le loup ne firent plus qu’un. Et il se promit de tout faire pour que sa compagne et lui soient heureux.
Il veilla sur elle tout au long de son coma et l’aida à son réveil. Même si elle se montrait réticente, il ne lui laissa pas le choix. Après tout, Sirius lui-même n’avait pas hésité : cette jeune femme lui avait sauvé la vie à deux reprises, comment aurait-il pu l’abandonner ? Il la voyait comme sa sauveuse, sa sœur.
Lorsque Dumbledore fut tué, la guerre éclata véritablement. Tout s’enchaîna si vite que Remus n’eut même pas le temps de comprendre. Il n’eut même pas le loisir de penser avant de voir sa compagne disparaître devant lui, accompagnée de Ron et Harry. Tout ce dont il se souvenait, c’était du regard chocolat de la jeune femme, empli d’un sentiment qu’il n’arrivait pas à définir. Puis elle disparut, le laissant seul avec sa peur et la douleur de l’avoir perdue.
Sirius et lui crurent devenir fous durant ces longs mois sans nouvelles du trio. Chaque nouvelle victime sur la liste lui donnait l’impression de mourir un peu plus, priant pour ne jamais y voir apparaître le nom de sa compagne. Pourtant, il savait au fond de lui que si quelque chose lui était arrivé, il l’aurait senti grâce à leur lien.
Ce fut un jour, alors qu’il dormait, qu’il se réveilla en sursaut, une douleur brûlante traversant son corps. Il comprit aussitôt : sa compagne était en danger. L’homme et le loup tournèrent en rond, cherchant une solution pour la retrouver, sans succès. Ils étaient piégés dans l’angoisse, priant pour qu’elle aille bien.
Le lendemain matin, Bill Weasley lui apprit la terrible nouvelle : la jeune femme avait été torturée par Bellatrix. À cet instant, Remus se jura de la tuer de ses propres mains, tandis que le loup hurlait qu’il la déchiquetterait sur place. Pour la première fois, l’homme et la bête étaient en parfait accord.
Le soir de la bataille, Remus et Sirius avaient élaboré un plan pour ne pas quitter des yeux le trio d’or et se battre à leurs côtés. Dès l’instant où il apparut dans l’enceinte du château, Remus inspira profondément, cherchant sa compagne. Soudain, il se mit à courir pour la retrouver, traversant les rangs de combattants. Sans perdre de temps, il sortit sa baguette et élimina tout ce qui menaçait sa compagne.
Les combats étaient violents et glacials. L’atmosphère de cette nuit-là était lourde et chargée de tensions. Remus se rappela que le Seigneur des Ténèbres avait annoncé la mort d’Harry. Il sentit son monde s’effondrer avant de tourner son regard vers sa compagne, qui tomba à genoux, les larmes coulant sur ses joues. Immédiatement, Remus s’agenouilla devant elle pour lui offrir son soutien. Même s’il savait que la guerre était perdue, il ne mourrait pas sans la protéger.
Lorsque Harry revint à la vie, il fut pris au dépourvu lorsqu’il sentit une paire de lèvres sur les siennes. Cependant, il n’eut pas le temps de réagir que sa compagne se recula, un sourire heureux sur les lèvres, avant de courir vers le combat. Sirius, éclata de rire en voyant la scène, les yeux grands ouverts, stupéfait par ce qui venait de se passer.
La guerre fut gagnée, bien qu’il y ait eu des pertes douloureuses des deux côtés. Celui de la lumière, cependant, en sortit heureux. Remus se souvint d’avoir cherché la jeune femme partout avant de la trouver assise, entourée de ses deux meilleurs amis, se tenant par la main. L’homme avait préféré les laisser tous les trois, comprenant qu’ils avaient besoin de ce moment ensemble.
Quelques semaines plus tard, Sirius lui annonça qu’il avait proposé à sa compagne de vivre avec eux, après avoir effacé les souvenirs de ses parents. Remus prit cette information comme une occasion de se rapprocher enfin d’Hermione et de tout lui avouer, de lui dire ce qu’il ressentait pour elle.
Car oui, Remus devait l’admettre, il était tombé amoureux de sa compagne. Son cœur n’appartenait qu’à Hermione Granger. Depuis le jour où elle avait eu dix-sept ans, il ne parvenait plus à contenir ce qu’il ressentait. Pourtant, il n’avait pas eu le courage ni le moment idéal pour lui confier ses sentiments.
Ce fut ainsi qu’Hermione emménagea avec eux au 12 Grimmauld Place, un moment chargé d’émotion pour Remus. La jeune femme agissait comme si elle n’avait jamais eu de relation intime avec lui. Pire encore, elle se comportait comme s’il n’était qu’un professeur, parfois même un simple ami, ce qui plongeait Remus dans une agitation constante. Cela rendait fous tant lui que son loup, de voir leur compagne agir comme si de rien n’était, et encore plus, comme si elle le fuyait ouvertement.
Un soir, après plusieurs mois de cohabitation, Remus en eut assez de la voir l’éviter. Elle ne restait plus avec lui à la bibliothèque, ne lui adressait plus que des salutations formelles, sans plus. Sirius remarqua l’état de son meilleur ami et lui conseilla de réagir, de se bouger et de foncer. Ce fut alors, pour la première fois de sa vie, que Remus écouta son ami.
Ce soir-là, après le repas, Remus annonça son départ pour sa chambre et s’attendait à entendre la jeune femme s’enfermer dans la bibliothèque. Il attendit quelques minutes avant de descendre doucement, lançant un sort de silence sur la pièce. Il entra et bloqua la porte. Immédiatement, il sentit l’ambiance se transformer. La jeune femme ne laissait rien paraître, mais Remus pouvait percevoir qu’elle était tendue, prête, comme si un combat allait éclater. Cela fit déglutir difficilement Remus.
Doucement, pour ne pas l’effrayer, Remus s’approcha du canapé et prit place. Le silence qui régnait dans la pièce était lourd. Son regard se tourna vers la jeune femme, l’observant tandis qu’elle semblait lire. Du moins, c’était l’impression qu’elle donnait, car Remus la connaissait suffisamment pour savoir qu’à cet instant, elle ne lisait rien. Elle refusait simplement de reconnaître sa présence. Ce ne fut qu’après de longues minutes que Remus inspira profondément et prit la parole.
- Hermione ? dit-il doucement.
Rémus vit la jeune femme se redresser et prendre une profonde inspiration. Pourtant, c’était son propre cœur qui s’emballait, résonnant plus fort que tout dans la pièce.
— Oui ?
— Peut-on discuter ? demanda-t-il doucement.
Hermione hocha la tête sans le regarder, jouant distraitement avec la page de son livre. Rémus eut envie de se rapprocher, mais il se retint et resta assis sur le canapé.
— Hermione… ai-je fait quelque chose de mal ? demanda-t-il d’un ton empreint de regret.
Aussitôt, la jeune femme releva les yeux vers lui, et en un instant, tout changea pour Rémus. Comme si un puzzle venait de s’assembler, une chaleur inexplicable l’envahit.
— Pas du tout ! s’exclama-t-elle d’une voix ferme.
— Alors… pourquoi cette… ? Rémus laissa sa phrase en suspens, incapable de trouver les mots justes.
— Pourquoi quoi ? demanda Hermione en penchant légèrement la tête.
Remus déglutit doucement avant de plonger son regard dans celui de la jeune femme, il savait que cette discussion aller ce passé bien soit tout cassé et il espéré ressortir de cette pièce avec la femme qu’il aimait.
— Pourquoi m’évites-tu ? demanda Remus à voix basse.
Hermione écarquilla les yeux avant de baisser le regard. Elle se mit à jouer nerveusement avec l’ourlet de son pull, puis prit la parole d’une voix douce, sans oser le fixer :
— Je ne t’évite pas. C’est juste que… je ne veux pas être un poids pour toi.
Remus ouvrit de grands yeux, son souffle se coupant net. Comment pouvait-elle penser, ne serait-ce qu’une seconde, qu’elle était un poids pour lui ? Il avait beau réfléchir, il ne voyait ni où ni quand il avait pu lui donner cette impression. Fronçant les sourcils, il serra les dents, troublé par les paroles de sa compagne.
— Je ne comprends pas.
Hermione soupira, puis se leva lentement sous le regard surpris de Remus. Elle reposa son livre sur une étagère avant de se diriger vers la porte. Sans hésiter, l’homme se leva à son tour, décidé à l’empêcher de partir.
— Hermione, réponds-moi. Je ne comprends pas ce que tu veux dire.
La jeune femme lui tourna le dos et inspira profondément avant d’abaisser les épaules.
— Je sais que j’ai déjà beaucoup abusé de ton temps et de ta compagnie, Remus… Je comprends que tu sois trop gentil pour me le dire, mais je suis désolée. J’ai fait tout mon possible pour ne plus t’importuner.
Le cœur de Remus s’accéléra face à ces mots. Une fois le choc passé, il grogna doucement en se pinçant l’arête du nez.
— Par Merlin, peux-tu m’expliquer à quel moment tu t’es dit que tu m’importunais ? Je ne comprends rien, Hermione. Du jour au lendemain, tu as pris tes distances avant de finir par m’ignorer complètement ! s’emporta-t-il.
Hermione serra les poings, les ongles s’enfonçant légèrement dans sa paume alors qu’elle fermait les yeux. Elle aurait voulu fuir, disparaître, éviter cette confrontation qui lui serrait la gorge. Mais Remus méritait la vérité.
— Parce que… parce que j’ai fait quelque chose que je n’aurais jamais dû faire, lâcha-t-elle d’une voix tremblante.
Remus fronça les sourcils, intrigué. Il fit un pas en avant, doucement, tentant de capter son regard.
— Qu’as-tu fait ? demanda-t-il avec douceur.
Hermione mordilla sa lèvre inférieure, visiblement tiraillée entre l’envie de parler et la peur de le blesser. Finalement, elle releva les yeux, et Remus fut frappé par l’émotion qui s’y lisait : de la culpabilité, du remords… mais aussi autre chose qu’il ne parvenait pas à identifier.
— Tonks est venue me voir, il y a quelques mois. Avoua-t-elle dans un souffle.
Le cœur de Remus rata un battement.
— Et ?
— Elle m’a dit que vous sortiez ensemble.
Cette fois, ce fut comme si le sol s’effondrait sous ses pieds.
— Quoi ? lâcha-t-il, complètement abasourdi.
Hermione hocha la tête, fixant un point invisible sur le sol.
— Elle m’a dit que vous étiez ensemble, qu’elle tenait à toi… et qu’elle espérait que je respecterais ça.
Remus secoua vivement la tête, tentant d’assimiler ces informations.
— Mais ce n’est pas vrai ! protesta-t-il.
Hermione releva brusquement les yeux, le souffle coupé.
— Comment ça, ce n’est pas vrai ?
— Tonks et moi… nous ne sommes pas ensemble, Hermione ! Jamais je n’ai… Je n’ai jamais rien promis à qui que ce soit.
La jeune femme resta figée, son cerveau essayant désespérément de faire le tri dans ses émotions.
— Mais alors… pourquoi m’aurait-elle dit ça ? murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.
Remus ferma brièvement les yeux, comprenant peu à peu la situation. Il connaissait Tonks. Il savait qu’elle avait des sentiments pour lui, et il soupçonnait maintenant qu’elle avait tenté, par jalousie ou par désespoir, d’éloigner Hermione de lui.
Il rouvrit les yeux et s’avança jusqu’à être juste devant la jeune femme.
— Hermione, regarde-moi.
Elle obéit, et cette fois, il n’y avait plus d’échappatoire.
— Tu m’as évité parce que tu pensais que j’étais avec Tonks ?
Elle hocha la tête, hésitante.
— Et… et aussi parce que…
Elle détourna le regard, les joues en feu. Remus sentit son estomac se nouer.
— Parce que quoi ? insista-t-il.
Hermione inspira profondément avant de murmurer :
— Parce que je t’ai embrassé.
Un silence pesant s’abattit sur la pièce.
Remus écarquilla les yeux, rejouant les mots dans son esprit pour être sûr d’avoir bien entendu. Il déglutit avec difficulté.
— Regrettes-tu ? Demanda-t-il d’une voix rauque.
Hermione ouvrit la bouche, puis la referma. Son regard dériva sur le sol, comme si elle cherchait une réponse enfouie dans le bois du parquet.
— Non, avoua-t-elle enfin.
Le souffle de Remus s’accéléra.
— Alors pourquoi… ?
— Parce que je croyais que tu étais avec elle ! Je ne voulais pas être… celle qui gâche tout.
Un silence. Puis, Remus avança d’un pas, réduisant à néant l’espace qui les séparait.
— Et si je te disais que c’est toi que je veux ? murmura-t-il.
Le cœur d’Hermione rata un battement.
— C’est toi, Hermione. Depuis le début.
Elle le fixa, bouleversée. Puis, dans un élan incontrôlé, elle se hissa sur la pointe des pieds et captura ses lèvres dans un baiser empreint de tout ce qu’elle avait retenu jusque-là.
Remus répondit aussitôt, passant une main derrière sa nuque pour approfondir l’instant.
À cet instant, plus rien n’existait pour eux deux. Rémus entendit Monny hurler de joie dans sa tête tandis que leur compagne les embrassait. Pour la première fois depuis des années, il se sentit libre, complet, comme s’il appartenait enfin à ce monde.
L’homme resserra son étreinte autour d’Hermione, comme s’il craignait de se réveiller à tout moment de ce rêve.
Lorsque le baiser prit fin, il ne lâcha pas la jeune femme, dont les joues étaient rougies, et posa son front contre le sien.
— Je ne pourrai jamais aimer une autre femme que toi, Hermione. Tu es tout pour moi... pour nous, murmura Rémus.
Hermione fronça les sourcils en entendant ces mots et le fixa, tandis que Rémus faisait de son mieux pour lui faire comprendre.
— Je ne comprends pas, Rémus…
Il ferma les yeux un instant, inspira profondément, puis les rouvrit. C’était le moment de vérité.
— Hermione… Quand je te dis que je ne pourrai jamais aimer quelqu’un d’autre que toi, c’est la vérité. Tu es ma compagne. Sans toi, je ne serai jamais heureux, jamais complet.
Hermione resta figée, assimilant les paroles de Remus. Son cœur battait à tout rompre, mais une part d’elle ne pouvait s’empêcher de douter.
— Ta… compagne ? murmura-t-elle, comme si prononcer ces mots à voix haute les rendait plus réels.
Remus hocha doucement la tête, son regard plongé dans le sien. Il savait qu’elle avait besoin d’explications, qu’il ne pouvait pas simplement lui lâcher une révélation pareille sans lui donner le temps de comprendre.
— C’est compliqué, Hermione, admit-il. Mais je veux être honnête avec toi. Mon loup… il t’a choisie depuis longtemps.
Elle eut un léger frisson. Elle connaissait la lycanthropie de Remus, mais elle n’avait jamais vraiment réfléchi à ce que cela impliquait en profondeur.
— Tu veux dire que… à cause de… de ton côté loup-garou ? balbutia-t-elle.
— Pas “à cause”, la corrigea-t-il doucement. Grâce à lui. Il sait ce que je ressens, même quand moi, j’essaie de l’ignorer.
Il marqua une pause avant de poursuivre d’une voix plus grave :
— Et j’ai essayé, Hermione. J’ai voulu me convaincre que c’était une folie, que je ne devais pas te mettre en danger, que tu méritais mieux qu’un homme comme moi.
Le regard d’Hermione s’adoucit.
— Mais ça n’a servi à rien, continua-t-il avec un sourire triste. Mon loup te voulait. Moi, je te voulais. Et maintenant que je sais que mes sentiments sont partagés, je ne peux plus faire semblant.
Hermione passa nerveusement une main dans ses cheveux, son cerveau en ébullition.
— C’est beaucoup d’informations d’un coup… souffla-t-elle.
Remus acquiesça.
— Je sais. Et je ne te demande pas de répondre tout de suite. Mais sache juste que… si tu veux de moi, Hermione, je suis à toi. Entièrement.
Elle releva les yeux vers lui, lisant toute la sincérité et la vulnérabilité dans son regard. Son cœur lui hurlait déjà la réponse.
Alors, au lieu de parler, elle se rapprocha et déposa un nouveau baiser sur ses lèvres. Cette fois, il était plus lent, plus doux, mais chargé de promesses.
Lorsqu’elle se recula légèrement, elle murmura :
— Alors sois à moi, Remus. Comme je suis à toi.
Un sourire illumina le visage du loup-garou avant qu’il ne l’attire de nouveau contre lui, scellant ainsi leur destin.
Le temps sembla suspendu autour d’eux. Remus resserra doucement son étreinte, enfouissant son visage dans les boucles d’Hermione, inspirant son parfum comme pour graver cet instant à jamais.
— Tu ne sais pas à quel point j’ai rêvé d’entendre ces mots, murmura-t-il contre sa peau.
Hermione ferma les yeux, savourant la chaleur réconfortante de ses bras. Tout doute s’était dissipé. Elle savait que ce ne serait pas toujours facile, mais elle ne voulait plus fuir ce qu’elle ressentait.
— Alors arrêtons de lutter, dit-elle en relevant la tête pour plonger son regard dans le sien.
Un sourire tendre étira les lèvres de Remus avant qu’il ne l’embrasse à nouveau, un baiser empli de douceur et de promesses.
Les jours suivants furent teintés d’un mélange d’émerveillement et de complicité. Remus lui dévoila un peu plus de son monde, lui parlant de sa dualité, de ce que signifiait être lié à quelqu’un par son loup. Hermione, curieuse et passionnée, absorba tout avec une patience infinie, trouvant dans chacune de ses confidences une raison de plus de l’aimer.
Une nuit alors qu’ils marchaient main dans la main dans la clairière derrière le Terrier, Remus s’arrêta et tourna son visage vers elle.
— J’ai passé ma vie à craindre ce que je suis… Mais avec toi, je n’ai plus peur, souffla-t-il.
Hermione caressa tendrement sa joue, son regard brillant sous la lueur argentée.
— Tu n’as jamais été un monstre, Remus. Tu es l’homme le plus courageux que je connaisse… et je t’aime.
Le souffle de Remus se coupa un instant, puis un sourire éclatant illumina son visage.
— Je t’aime aussi, Hermione.
Et alors que les étoiles brillaient haut dans le ciel, baignant la forêt d’une lumière douce, ils scellèrent leur avenir dans une étreinte indéfectible, prêts à affronter ensemble tout ce que l’avenir leur réserverait.