Futur guerrier
Dieudonné vivait à Ibadan, au Nigeria.
Il était de la tribu des Oumba, et vivait avec sa mère, Temitope, qui avait eu huit enfant:
Tout d’abord Malaika, dix-huit ans, et mariée depuis deux ans a Ochieng, le fils du chef.
Venait ensuite Nyah, quinze ans, lui, treize ans, quatorze demain, et Rudo, son frère, dix ans.
Arrivait enfin Marjani, une petite aveugle de cinq ans, et les jumeaux Yaw et Sefu, deux ans, avant Nia, petite choupette de trois lunes.
Son père, Amalric, avait disparu, il y a six lune dans une bataille contre les Imend du Benin, pays voisin, et ennemi juré.Il n’avait pas connu sa dernière fille, qui trouvait très difficile la vie sans père.
Malgré les recherches d’Odhiambo, le chef de la tribu et beau-père de Dieudonné par Malaika, et de Nkechi, la chaman, son corps n’avait jamais été retrouvé.
Au village, avant sa disparition, son père avait un statut particulier.En effet, on l’avait trouvé un matin dans la brousse, déshydraté, affamé, et décoloré par le soleil.
Au début, la chaman avait pris sa peau blanche comme les rayures du zèbre pour un attribut du démon, mais, une fois mis à l'abri dans une hutte, l’on s’était rendu compte que sa peau ne changeait pas de couleur.
Il parlait une langue bizarre, rocailleuse, dans ses délires, en répétant le mot Erfurt.
Une fois sortit de ses fièvres, il raconta son histoire:
Il venait d’un pays appelé Thuringe, et d’un grand village, Erfurt, où vivaient plusieurs milliers de guerriers.
Il s’appelait Amalrich, venait du lac sans fin, qui ne l’était donc pas, et de pirogue géante aussi haute qu'un baobab, longe comme une migration d’éléphant, et large comme le village.Il était topographe, et créait des cartes, en dessinant avec une plume, sur du parchemin, des ronds, des traits et des signes bizarres qu’il appelait lettre, grâce à une eau foncée et mortelle.
Il avait passé le rituel du guerrier et s’était marié avec Temitope, tout en honorant un dieu qui s’appelait Jésus, seul, qui avait créé le monde en sept soleil, et avait été acroché à un bout de bois.Il n’avait pas de dieux nature, eau, soleil, animaux, rien.
Vraiment bizarre.
Il avait décidé de donner un prénom de son dieu à son premier garçon, d'où le nom de Dieudonné.
Le jeune garçon vivait, quant à lui, dans une grande hutte ronde, en terre, avec un trou au plafond de torchis pour laisser passer la fumée du feu, et, en guise de porte, un trou recouvert d’une peau de girafe.
Le murs était solidifié par des planches de bois posées à la verticale, et qui l'empêchait de s'écrouler pendant la mousson.
Le village était composé d’une cinquantaine de hutte pareille à celle ci, celle des guerriers décoré de trophé de guerre ou de chasse, et celle du chef de dents-sagaie que portrait les animaux-dieux, éléphants, dans le langage d’Amalric, et qui était craint pour sa fureur qu'il criai vers le ciel avec son nez, en brisant forêt et village comme des brin de paille.
Souvent, quand Dieudonné allait se laver à la rivière, il était rejoint par son chien Niam, offert par son père.Il partait ensuite jouer et s'entraîner pour son initiation guerrière toute proche.
Il ne s'arrêtait que pour aller manger, et repartait aussitôt.
Une de ses occupations favorites était de parler avec Dakarai, la fille du chef, dont il était secrètement amoureux.
Il aimait aussi beaucoup entendre raconter les histoires des temps anciens ou des batailles d’où naissaient les héros.
Un soir, à la veillée, l’histoire portait sur la guerre imminente avec les Imend Benin, et sur les légendes les entourants.
Le plus ancien du grand conseil prit la parole alors que Marjani se couchait sur les genoux de son grand frère.
“Depuis peu, l’Imend se montre plus féroce:
Il enlève les femmes et les enfants, fait prisonnier les guerriers, et ils disparaissent à jamais!
Il se nourrit de substance inconnue, fait sortir de la fumée d’un bâton creux et recourbé, bois un liquide rouge qui rend fou, et a de nouvelles armes.
Il utilise notamment des sagaies au manche de la longueur d’une main et à la lame longue comme un bras, des bouclier en fer incassable par nos lances, et des étranges bâton creux, long comme un homme et avec des bout de métal, qui crachent une bille de fer jusqu' à deux cent cinquante pas, petit projectile mortel qui traverse sans effort boucliers et corps.
Pour avoir cela, il ont pactisé avec des démons blanc, habillé entièrement de plaque de métal, jusque à sur la tête, qui débarquent par centaine des pirogues géantes…”
Une fois l’histoire terminée, Dieudonné alla se coucher, s’endormant avant même d’avoir embrassé sa famille, tout impatient pour son initiation du lendemain.
Cette nuit là, Dieudonné refit le rêve qui habitait son sommeil depuis plusieurs semaine:
Il se voyait, lui, sa peau claire et luisante étincelante au soleil, ses muscles qui faisait fureur chez les jeunes filles de la tribu ,bien huilé, beau, fort, dans la bataille, implacable, imbattable, avec tout ce qui fallait pour faire un bon héros.
Il ne lui manquait rien.
Sauf peut-être la modestie…
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