Amour Ephémère

Summary

Samson et Mathilda se sont aimés d'un amour pur et passionné dans leur jeunesse, mais un incident tragique les a séparés à l'adolescence. Depuis, leurs chemins ont divergé, et le silence s'est installé entre eux. Six ans plus tard, Samson reçoit un diagnostic bouleversant : il est atteint d'une maladie incurable et ses jours sont comptés, bien qu'il ignore combien de temps il lui reste. Déterminé à affronter son passé, il prend une décision audacieuse : retrouver Mathilda pour renouer avec elle et tenter de réparer ce qu'ils ont perdu. Mais les blessures du passé sont profondes, et Mathilda, désormais une femme plus forte mais marquée par leur séparation, hésite à rouvrir son cœur. Alors qu'ils réapprennent à se connaître, Samson et Mathilda partagent des moments d'une intensité rare, oscillant entre joie, regrets et l'urgence de vivre pleinement. Leur histoire devient une course contre le temps, une quête de pardon et une célébration de l'amour capable de surmonter les douleurs du passé.

Genre
Romance/Drama
Author
karina
Status
Complete
Chapters
32
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

— Je suis désolée, mon enfant... mais il ne te reste que quelques mois. Peut-être un an, tout au plus.


Je baissai les yeux, tentant de contenir ce poids qui écrasait ma poitrine.


— Pouvez-vous me dire exactement combien de temps ? demandai-je d’une voix rauque.


— Je préférerais ne pas te mentir, Samson. La maladie a été détectée trop tard... Elle progresse vite, trop vite. Je suis sincèrement désolée.


Je hochai lentement la tête, comme si je pouvais retenir l’évidence en niant la panique.


— Merci, docteur. Pour tout.


Elle secoua la tête, les yeux humides.


— Ne me remercie pas. J’aurais aimé faire plus. Tu devrais en parler à ta famille, ils ont le droit de savoir. Tu ne devrais pas traverser ça seul.


Un sourire triste s'étira sur mes lèvres.


— Ils savent déjà. C’est dur pour eux... mais ils me soutiennent, autant qu’ils le peuvent.


Elle parut soulagée.


— Tu leur as dit. Je suis heureuse que tu ne sois plus seul. Tu sais que je te considère comme mon propre fils. Je serai toujours là, d’accord ? Tu peux venir me voir quand tu veux.


— Je le sais, Doc. Merci. Je dois aller en cours, maintenant.


— Bonne journée, mon enfant.


Je quittai le cabinet, laissant derrière moi une odeur de désinfectant et une part de mon courage. Le couloir blanc de l’hôpital me semblait plus étroit que d’habitude. Chaque pas que je faisais sonnait comme un tic-tac dans ma tête.


Je m'appelle Samson Lores, j'ai 22 ans et j’habite à Nice. Mes parents sont parmi les plus riches du pays, mais tout cet argent ne peut rien contre la chose qui ronge mon corps. Ironie du sort.


Je suis antillais, plutôt grand — 1m90 —, les yeux bleu clair et le teint caramel, paraît-il que ça fait mon charme. J’ai un grand frère, Joe, installé en Floride avec sa femme et ses jumeaux, Manuel et Emmanuel, de vraies tornades adorables. Et puis, il y a Alyana, ma petite sœur de 5 ans. Mon trésor. La peur de ne plus la voir me hante chaque nuit.


Mes parents sont humbles malgré leur fortune. Ils nous ont appris que rien ne tombe du ciel. Ils ont travaillé dur, très dur. C’est pour ça que j’ai choisi la fac, pas une école de fils à papa.


Mais voilà, la maladie a frappé. Rare, incurable. Deux ans de combat. Deux ans de faux espoirs. Deux ans à sourire pour ne pas effondrer ma famille. Et elle, Mathilda… mon amour de toujours, mon plus grand regret.


FLASHBACK — Six ans plus tôt


On avait 16 ans. On croyait encore que l’amour était plus fort que tout, que nos erreurs seraient toujours pardonnées. J’étais jeune, immature, stupide. Et j’ai tout gâché.


Mathilda et moi étions ensemble depuis presque un an. Une fille incroyable, belle à couper le souffle, douce, digne, fière. Sa peau caramel brillait au soleil, et ses yeux — Dieu, ses yeux — savaient me désarmer d’un seul regard. Elle n’était pas née dans le luxe, mais elle avait cette richesse qu’on ne peut acheter : la force de caractère.


Ses parents faisaient de leur mieux, mais c’était difficile. Alors, pendant les vacances, elle travaillait. Au début, c’était dans un petit resto modeste, jusqu’à ce que ma mère lui décroche un poste plus confortable dans un établissement huppé. Mathilda avait accepté, à contre-cœur, après de longues discussions. Elle ne voulait pas dépendre de moi. Elle voulait mériter chaque chose.


Je n’étais pas à sa hauteur.


Ce soir-là, je suis venu la chercher à la sortie du restaurant avec ma moto flambant neuve. Elle n’avait pas l’air bien. Ses yeux semblaient fuir les miens, sa voix tremblait.


— Samson… je suis enceinte.


Tout s’est figé. L’air est devenu lourd, irrespirable.


— Quoi ? Mais… comment ? Tu prends pas la pilule ?


— Je t’ai déjà dit que c’est pas fiable à 100 %. Et je t’ai toujours demandé de te protéger. Mais tu t’en fichais.


Je sentais la colère monter. Pas contre elle. Contre moi. Contre la situation. Contre ma peur.


— Mais tu te rends compte de ce que tu dis ? Je peux pas avoir un gosse, Mathilda. T’es folle ? Mes parents vont me tuer. Tu dois avorter. Y’a pas d’autre solution.


Ses yeux se sont emplis de larmes.


— Samson… je veux le garder. On est jeunes, oui, mais on peut y arriver ensemble. Je t’aime. Et j’ai peur de mourir si je fais ça…


Elle n’avait pas fini sa phrase que j’avais déjà explosé. Une rage que je ne comprends toujours pas aujourd’hui. J’ai crié. J’ai perdu le contrôle. Je l’ai saisie par les bras, violemment. Trop violemment.


— Tu sais quoi ? Je veux pas de cet enfant. Je veux pas de cette vie. Et encore moins avec toi. T’es qu’un poids ! Tu crois que je t’aime, mais t’as tort. Et tu sais quoi ? Si tu crèves, au moins je serais libre.


Le silence qui a suivi a été plus brutal que mes mots. Mathilda, figée, m’a regardé comme si elle ne me reconnaissait plus.


— Très bien, Samson. Je m’occuperai seule de cet enfant. Mais sache que je t’aimais. De tout mon cœur. Et ce que tu viens de dire, tu le regretteras.


Elle a tourné les talons, le pas précipité, les épaules secouées par les sanglots. J’ai voulu la rattraper… trop tard.


Une voiture. Un cri. Du sang. Et moi, figé sur place, incapable d’agir.


Elle est tombée dans le coma. Notre enfant n’a pas survécu.


Je me suis effondré. Mes parents ont été là, étrangement. Pas de colère, juste du soutien. Ils ont pleuré avec moi. M’ont aidé à tenir.


Quand Mathilda s’est réveillée deux mois plus tard, elle n’a pas voulu me voir. Pas une seule fois. La seule chose qu’elle m’a dite, la seule, c’était :


— Je ne te pardonnerai jamais. Tu m’as détruite. Je te déteste.


Puis elle a hurlé. Pleuré. Son cœur s’est brisé en mille morceaux. Et moi, j’étais là, inutile. Coupable.


Depuis, elle a fait sa vie. Du moins, je le crois. Elle m’a dit, il y a un an, qu’elle me pardonnait… mais que je devais rester loin d’elle. Définitivement.


Alors peut-être que cette maladie est une punition. Mon châtiment pour l’avoir brisée. Pour avoir été un lâche.



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