Prologue
« Décharge dans 3… 2… 1… Maintenant ! »
Le bruit de l’électricité déferlant dans son corps résonna dans tout le bâtiment. Peu importe où nous étions, nous ne pouvions qu’entendre ses hurlements de douleur.
« C’est l’un des leurs ? »
L’officier attendit quelques instants, vérifiant les données tout juste arrivées sur l’ordinateur à sa gauche, puis dit à son collègue :
« Oui, il l’est. »
New York, Jeudi 7 Décembre 2023, à peine cinq minutes plus tôt.
Un pauvre garçon avait atterri au beau milieu de la ville, créant un long bouchon le long de la quatrième avenue.
Il semblait aussi perdu que les agents présents sur place.
« Jeune homme ? Que vous est-il arrivé ? », demanda l’un d’eux.
Seul un grognement fatigué sortit de la bouche du garçon.
Rapidement, les agents l’embarquèrent sans qu’il n’éprouve la moindre résistance. Il semblait résilié à son sort.
Par chance pour eux mais par malchance pour lui, le poste n’était qu’à quelques mètres de l’endroit où ils étaient. Il ne fallut que quelques pas pour l'atteindre.
Les deux agents l’observèrent alors qu’ils marchaient, examinant sa taille plutôt moyenne, ses cheveux dorés se balançant au rythme du vent, et beaux yeux océaniques cachés derrière une paire de lunettes ronde au contour sombre, ce qui contrastait grandement avec sa chevelure claire et ses pupilles incandescentes.
Ils regardèrent ensuite sa drôle de tenue, clairement insolite pour quelqu’un de si jeune.
Le garçon arborait un style assez... original. Des chaussures hautes et noires créaient une barrière entre le sol et lui, un large pantalon, presque aussi noir que ses chaussures, recouvrait le bas de son corps. Son haut, quant à lui, possédait un pull anthracite épais, à ras la peau, surplombé par un long et sombre manteau qui atteignait de peu ses genoux. Lorsqu’ils eurent fini leur analyse, ils se lancèrent un regard confus et fixèrent le poste qui n’était plus très loin désormais.
Bientôt, le petit groupe entrèrent dans le bâtiment, un policier de chaque côté de l’enfant, et se dirigèrent dans une petite salle à part, au fond du hall.
L’atmosphère était pesante, le décor était effrayant, et tout était drôlement silencieux.
C’était une expérience nouvelle, pour le garçon, qui n’avait pas l’air de comprendre grand-chose à ce qui était en train de lui arriver.
Lui, qui avait toujours fait les bonnes choses, qui était toujours gentil avec les autres, qui avait reçu une excellente éducation de la part de ses parents — certes, absents, mais le peu qu’ils furent à ses côtés avait été utilisé à cette fin.
Qu’ai-je donc fait... ?
Effectivement, qu’avait-il bien pu faire de si grave pour se retrouver dans une telle situation ?
Au même moment, le groupe entra dans une pièce sombre d’où une certaine odeur de javel en sortait, piquant instantanément les narines du garçon qui ne se cacha pas d’afficher son dégoût sur son visage.
Dedans, une large table en métal qui reflétait le peu de lumière présente occupait le centre de la pièce. Les murs étaient faits de pierres rugueuses et sobres, et l’un d’eux arborait une grande vitre teintée qui laissait ceux de l’autre côté observer l’interrogatoire.
Du côté du mur vitré, deux lourdes chaises, elles aussi en métal, étaient posées derrière le bureau, prêtes à accueillir le postérieur des deux agents.
Juste en face, une pauvre chaise abîmée se trouvait seule, celle-ci prévue pour accueillir le supposé suspect.
Ils entrèrent donc dans la salle, regardèrent l’angoisse s’installer peu à peu sur le visage du garçon, puis refermèrent la porte derrière eux.
Combien de temps ça va durer ?!
Les agents lui firent signe de s’asseoir sur la chaise solitaire, puis allèrent eux-mêmes s’installer en face de celle-ci, proche de la vitre noire.
« Alors, mon garçon, nous ne sommes pas là pour te disputer, nous voulons seulement savoir ce qu’il s’est passé. Mais pour commencer, dis-nous comment tu t’appelles ? »
Hésitant, le garçon fuit soudainement le regard accusateur des deux hommes âgés, puis finit par rétorquer:
« Je... Je m’appelle Koma, monsieur... »
Celui ayant posé la question une dizaine de secondes auparavant marqua un petit temps de pause, puis reprit, une voix sage et autoritaire :
« Bien... C’est un bon début. »
Un « bon début » ?! S’il est aussi optimiste, ça devrait bien se passer... !
L’autre agent prit une pile de dossiers au sol, la posa sur la surface froide du bureau, et commença à les feuilleter un par un, ses sourcils se fronçant à chaque fichier défilant.
« Très bien, alors... Koma, c’est ça ? Désolé, je suis un peu sur les nerfs à cause d’une autre affaire et... »
Son collègue lui donna un coup de coude dans l’épaule, grogna, puis lui coupa la parole d’une voix rauque :
« Il n’a pas besoin de savoir toute votre vie, agent Mulder. Je m’excuse également, jeune homme, nous ne nous sommes pas présentés.»
L’homme plus âgé posa sa main droite sur sa poitrine, et continua :
« Je suis l’agent Jane, et l’illuminé à côté de moi, c’est l’agent Mulder. Excuse-le, il est perdu quand son duo n’est pas là. Malheureusement, l’agent Scully a dû s’absenter pour une raison... personnelle, disons.»
Koma le dévisagea, légèrement intrigué par cette réponse vague et mystérieuse, puis haussa simplement les épaules en guise de réponse.
Quelque chose me dit que rien ne va dans cette histoire...
Alors que la pièce semblait se refroidir au fur et à mesure que le temps passait, le plus jeune agent se racla la gorge et prit la parole, hâté :
«Merci, Jane... Enfin bref, je suis chargé de tout ce qui touche au paranormal, et... comment dire... ta soudaine apparition au beau milieu de la ville ne permet aucune analyse rationnelle. Alors... Comment es-tu arrivé ici ? Non, attends, d’où viens-tu, d’abord ? Tu n’as certainement pas l’air d’être du coin, peut-être même pas du pays, voire... »
Il s’arrêta un instant, jeta un regard à Koma, ensuite à son supposé supérieur, puis reprit, après une grande inspiration :
« ...Du monde. »
Tandis que Koma se préparait à répondre, regardant ses pieds se balancer sous la chaise, quelqu’un toqua violemment sur la porte.
Tous sursautèrent, expirèrent leur souffle, puis l’agent Jane cria :
« Entrez... ! »
La personne derrière la porte posa sa main sur la poignée, l’actionna, laissant tout le monde dans un curieux suspens, l’atmosphère devenant un peu plus lourde qu’auparavant, puis le battant en métal s’ouvrit, laissant entrevoir une silhouette élancée.
« Tenez, votre café, monsieur Jane. Double dose, corsé, un seul sucre, et une pointe de lait, comme vous me l’aviez demandé ! »
Le jeune homme mince s’avança jusqu’à la table, plaça la tasse brûlante délicatement sur la surface froide du bureau, puis fit une légère révérence avant de repartir.
...Enfin, le cadet ne partit pas tout de suite. Il se retourna une dernière fois, regardant Jane dans les yeux avant de conclure, calmement :
« Oh, j’ai failli oublier ! Il y a... un homme, qui vous demande, à l’accueil. Selon lui, vous l’auriez appelé il y a une vingtaine de minutes. Il a dit s’appeler... John, voilà, c’est ça ! John vous attend, monsieur. »
Sur ce, il esquissa un sourire, fit volte-face, passa le cadre de la porte et la referma derrière lui.
L’homme d’âge mur sourit à son tour, rigola discrètement, puis posa ses coudes sur la table en joignant ses mains, regardant le garçon droit dans les yeux.
« Ah... Ça va enfin être intéressant... Ne croyez-vous pas, agent Mulder ? »
Le jeune agent secoua vivement la tête, inquiété, avant de regarder Koma dans les yeux avec un soupçon de pitié.
...John ?
⋇⋇⋇
CONCIERGE, dans une réalité parallèle
Il était presque deux heures quand je descendis de chez moi. Je mis mes chaussures, enfilai mon manteau et sortis. Je fis seulement claquer ma porte d’entrée, je ne voulais pas perdre de temps à la fermer à double tour. Le temps est compté.
Je traversai le hall de mon immeuble et franchis la porte de sortie. Le bâtiment était dans un piteux état. Cela faisait maintenant quelques années que je vivais ici, j’ai fini par m’y habituer. Mais cette dégradation avait créé une barrière en moi. J’avais honte d’inviter des gens.
Mon appartement était propre et ordonné, là n’est pas le problème, mais la route pour y accéder pouvait en faire reculer certains. La peur qu’on juge l’endroit où je vivais était plus forte que tout. Je vis donc seul. Et j’aime ça. Enfin, je crois...
Jamais je n’ai été habitué à parler à des gens, les faire rire, les mettre à l’aise. Mais avec vous, j’ai l’impression de faire ça depuis toujours. Le temps de cette pensée, j’étais déjà arrivé à ma voiture. Je m’installai, allumai le moteur et partis de là où j’étais garé.
C’était un vieux tas de ferraille d’au moins trente ans. On pourrait croire que j’aime le vintage, mais la vérité, c’est que je n’ai pas et que je n’aurai jamais assez d’argent pour m’en procurer une nouvelle. On s’en fout de son apparence, l’essentiel, c’est qu’elle puisse rouler...
J’étais plus qu’à quelques minutes de la destination. Les lampadaires créaient un fort contraste avec la nuit noire d’un soir d’hiver, j’en étais presque aveuglé. Il n’y avait pas un chat dans les rues de la ville. Vous allez sûrement me dire que c’est normal, il est deux heures.
Et vous auriez raison. Du moins en général.
Mais dans cette ville, la plupart des gens vivent la nuit. De ce fait, je n’étais pas serein. Quelqu’un pouvait surgir de n’importe où et me surprendre. J’agrippais fermement le volant qui glissait de mes mains moites.
Je tournai à gauche dans une ruelle et y laissai ma voiture. J’en sortis en faisant attention à ne pas me faire voir. Je réussis à atteindre mon objectif : la bibliothèque municipale. Je me dirigeai à l’arrière de celle-ci afin d’y entrer.
Je retirai le cadenas, le posai lentement au sol et poussai la lourde porte en fer. J’avais pénétré dans le bâtiment. Vous vous en doutez, je n’étais pas censé être là. Mais c’était pour la bonne cause. De toute façon, je travaille ici. Si jamais on me voit, je dirai seulement que j’ai égaré quelque chose ici.
Ce n’est pas non plus la première fois que je m’y introduis la nuit. Au contraire, j’étais un habitué. Quand j’ai du mal à dormir ou que je ne me sens pas bien, je viens ici pour me calmer. Ne me jetez pas la pierre. Je suis connecté à cet endroit.
Des gens m’appellent ici, ils ont besoin de moi. Et puis, je sens la présence de mes parents en ce lieu. Tous mes souvenirs avec eux se sont faits ici. Quand ils sont décédés, je pensais ne jamais m’en remettre.
Mais la première fois que je suis venu le soir, je les ai aperçus. J’essaye de leur rendre visite souvent, quand je sens que c’est nécessaire. Je ne les ai plus jamais revus depuis ce soir-là. Mais j’ai toujours une lueur d’espoir.
Le livre que je m’apprête à lire serait capable de ramener nos êtres les plus chers. C’est ça, ma lueur d’espoir. Des gens appelleraient ça de la folie, moi, j’appellerais ça de l’amour. Je suis prêt à tout pour les revoir une dernière fois.
Je posai mes affaires, pris une chaise en bois, et mis mon manteau dessus. Je secouai la tête afin d’y chasser les mauvaises pensées qui traversaient mon esprit. Je m’asseyais sur cette chaise et soufflai. La réunion nocturne avait commencé.
“Bienvenue, chers lecteurs !”, dis-je d’un ton enthousiaste. Je me raclais la gorge.
“Je suis le concierge. Je vous accompagnerai jusqu’au bout de l’aventure.” ai-je dit en regardant les gens autour de moi.
Je me levai de ma chaise en bois, et me dirigeai vers la bibliothèque à ma gauche.
Je pris le premier livre de la série. L’entièreté de celle-ci est arrivée hier.
Personne ici ne l’avait commandé. Pourtant, nous l’avons bel et bien reçu. Un employé les avait mis en rayon.
C’était donc la première fois que je voyais ces livres, et que je les touchais. Leur bel enrobage de cuir noir mat arrivait tant bien que mal a reflété la lumière de la lune qui passait par la rangée de fenêtres derrière moi.
Il y avait un sentiment étrange qui planait dans la pièce. Je commençai à comprendre d’où venaient ces fameuses rumeurs selon lesquelles ces livres feraient réapparaître les morts. Ces ouvrages ne sont clairement pas banals.
Je frottai ma main gauche sur les reliefs de la couverture. Bien que je travaille dans une bibliothèque, je n’avais jamais vu de livre pareil. Les matériaux étaient assez nobles pour un si simple objet.
Leur créateur voulait faire passer un message, nous faire comprendre que ce n’est pas une histoire ordinaire, faire sortir du lot cette œuvre au milieu de toutes les autres présentes dans la bibliothèque sans même l’avoir lue.
“Cet endroit, où je suis actuellement, appartenait à mes parents autrefois. Quand ils sont morts, c’est mon petit frère qui en a hérité”, dis-je en m’asseyant de nouveau.
Rien que le fait de tenir ce livre entre mes mains me mettait une pression énorme. Et si je faisais tout ça pour rien ? Et si ça ne marchait pas ? Et si je ne les revois jamais... ? Je sens un poids sur mes épaules que je n’avais pas auparavant.
Mes mains moites firent glisser le livre. Je le rattrapai avant qu’il ne touche le sol.
“Ouf... On était à deux doigts de la catastrophe...”, marmonnai-je, pendant que la sueur coulait le long de ma tempe gauche.
Je remis le livre à l’endroit, la couverture en face de moi, et lus le titre auquel je n’avais pas prêté attention jusqu’à maintenant :
“Tiens, “Rift” ? Pourquoi ce titre me dit quelque chose...”
À la simple vue de cette enseigne, de faux souvenirs entrèrent dans ma tête : je voyais des évènements que je n’ai jamais vécus. Comme si j’avais mené une double vie. C’était plutôt étrange. Je pouvais jurer que je n’avais jamais vécu cela, mais ça semblait si réel...
Je me posai, et lus les premiers chapitres. C’était impressionnant, une histoire comme jamais j’en avais lu. Elle n’était pas seulement différente d’apparence, elle l’était également de contenu. L’écriture m’avait happé. Je devais lire seulement les premiers chapitres, mais je n’ai pas réussi à m’arrêter.
Le premier tome finit, je n’ai pas vu le temps passer.
“Alors ? Vous voulez savoir de quoi ça parle, n’est-ce pas ?”.
J’allai reposer le livre à sa place, comme si personne ne l’avait pris. Je me rassis après avoir pris une gorgée d’eau.
“Cette histoire ne se passe pas dans un monde, mais dans plusieurs.”, dis-je, avant de regarder l’horloge en face de moi.
“Pour la faire courte, il y a un peu moins de cent ans, il n’existait que deux mondes : le monde réel, celui dans lequel, vous et moi, sommes actuellement, et le monde des ombres, lieu de résidence des morts.”
Je regardai encore l’heure. Voyant les aiguilles tourner à une vitesse fulgurante, je me suis levé de ma chaise et m’empressai d’aller voir à la fenêtre.
Toujours personne. Aucune voiture. Je me suis donc rassis, et repris mon histoire, essoufflé.
“Chacun avait une faille. C’était une source d’énergie importante. Notre monde avait la faille blanche, tandis que le monde des ombres avait la faille noire. Elles agissaient par paire : si l’une d’elles se voyait dérobée, les deux exploseraient."
J'hochai la tête.
"Mais le Roi des ombres n’en avait que faire de ces avertissements, il était en quête de puissance. Il alla donc la voler. Quand il s’en empara, notre faille, explosa, ce qui créa une immense onde de choc qui fit le tour du monde."
Regardant le public invisible, je leur souris poliment et continua.
"La faille noire, quant à elle, implosa. L’énergie des deux se cumula, et créa une infinité de dimensions, ce qui fit apparaître d’autres failles dans la plupart de ces nouveaux mondes."
Je repris une mince gorgée d'eau.
"L’implosion de la faille noire aspira tous les habitants de son monde et les éparpilla dans les autres, ce qui mit le désordre et imposa un chaos constant. Les morts étaient dangereux pour les autres."
Il était temps de conclure.
"Le “héros” de cette histoire se nomme K... Koma... World.”
J’avais hésité en disant son nom, alors que celui-ci était répété maintes et maintes fois dans le livre.
Le prononcer m’avait mis un coup de pression.
“Il aura la lourde tâche de faire coexister toutes les dimensions en une seule”.
Je regardai une dernière fois l’heure, pressé par le temps.
“Sur ce, je vous laisse découvrir cette... merveilleuse... histoire... Bonne chance... !”.
Avant de partir, je fis le tour de cette grande pièce remplie de bouquins. De jour comme de nuit, cette pièce m’a toujours fait peur, mais m’a également fasciné.
Je n’avais pas ouvert la lumière. Je préférais être éclairé par la lune, ça rendait mon excursion plus exaltante.
Les rayons de lumière de notre satellite terrestre passant par les carreaux des fenêtres firent apparaître les nuages de poussière flottant dans la pièce.
Il était temps pour moi de partir de cet endroit. Je dis au revoir à mes auditeurs nocturnes, vérifiai de n’avoir laissé aucun indice de mon passage ici, repris mes affaires et sortis du bâtiment.
Quand je fus de nouveau chez moi, je vidai mon sac, et vis quelque chose qui me figea sur place. Je le sortis et lâchai un cri de surprise. Le livre que j’avais pourtant reposé sur son étagère était là, dans mes mains.
Je n’arrivai pas à rationaliser cette situation. C’était tout bonnement impossible. Il n’y avait plus aucun doute, cette chose est tout sauf banale : elle est diabolique. Ce serait ça, le prix à payer pour les ramener ? J’en ai bien peur...
Il est six heures passées, c’est désormais trop tard pour y retourner et le reposer. Le véritable concierge de cette bibliothèque maudite allait bientôt arriver.
Je suis bloqué avec ce putain d’ouvrage. Je suis hanté. Nous sommes hantés.
Je rangeai mes affaires à leur place, posai le livre sur ma commode et allai faire ma toilette. Je me regardai dans la glace en même temps que je me lavai la figure. J’avais l’impression que quelque chose avait changé chez moi, je commençais à devenir parano. Je retournai à ma chambre, pris le livre, m’installai dans mon lit et inspectai les pages. J’en tremblais. Les pages étaient rugueuses et n’avaient pas l’odeur qu’un livre était censé avoir. Elles sentaient la mort.
Koma World... Rien que de penser à son nom me mettait la chair de poule...