Chapitre 1
Putain de métro, jamais à l’heure..!
Il est 19 heures, et comme à chaque fois c’est bondé, j’essaye de me frayer un chemin parmi la foule, difficilement.
La sonnerie retentit, je me hâte à l’interieur. Les portes se referment. Ouf j’ai eu chaud.
J’essaye de trouver une place assise et mets mon casque sur les oreilles. Sept stations avant la mienne j’ai du temps à passer. Je cale ma tête contre la vitre froide et regarde le monde à l’extérieur. Paris c’est vivant.. ça ne s’arrête jamais, malheureusement..
Septième station à l’approche, je me lève et je m’engouffre à l’extérieur.
L’air est frais en ce début d’été, les terrasses sont déjà bondées et les corps déjà bien trop dénudées. Moi, je viens de la campagne. Alors quand j’ai su qu’il fallait partir, la décision a été compliqué..
Mais j’ai pas eu vraiment le choix finalement.
« Soit tu me suis soit tu m’oublies ». Après 2 ans de relation, le choix a été vite fait. Et j’en étais amoureuse à en crever.
Alors, me voilà dans cette vie parisienne depuis déjà trois ans. Je peux pas dire que ça me déplaît mais pour une introvertie comme moi, la vie me semble souvent en décalage. Les pieds ancrés au sol, immobile, pendant que le monde lui tourne trop vite autour de moi t’sais.
Les voix me ramènent à la réalité, à ma réalité.
À la sortie du métro, j’ai un peu de marche. Quinze-vingt minutes avant d’arriver à l’appartement. J’aime bien ce moment. Ça me permet de souffler, de penser et surtout, de faire redescendre la pression de la journée.
Je sonne, une fois, deux fois, TROIS FOIS, mais il répond merde!
- « QUOI !! » j’entends à l’interphone.
- T’as encore pris mes clés avec le badge ce matin Matthis…
Un clic retentit et la porte d’entrée s’ouvre. Je roule des yeux, merci connard!
Je monte les cinq étages sans ascenseur t’imagines bien c’est Paris. C’est pas grave ça muscle les fesses apparemment; enfin c’est ce que je me dis tous les jours pour la motiv’..
J’entre, purée ça sent bon. Un parfum entre le musqué et le boisé, très animal, très virile. Enfin, c’est surtout SON parfum et ça ça me fait vriller!
J’le cherche. Il est dans la salle de bain. Beau comme un dieu mais trop bien habillé pour rester à glander à la maison. Je fais la moue.
- Tu vas où?
- C’est le week-end je te rappelle. Je sors avec mes potes dans un bar et après on va en boîte.
- Ah..! « BLANC » On ne sait quasi pas vu de la semaine Matt. Ça me dérange pas que tu sortes mais tu pourrais rester un peu, non?. Je viens à peine de rentrer.
Il tourne les talons et part dans la chambre. Je le suis, j’en ai envie; très envie même. Quasi un mois qu’il ne m’a pas touché malgré mes nombreuses tentatives. Lingerie sexy et j’en passe..
Je le regarde, les yeux brûlants de désir. Il le sait, après cinq ans de relation. Il me connait par coeur. Putain, je le désire là tout de suite maintenant!
Alors je m’approche, je descends sa chemise et lui embrasse son épaule. Je la mords, lui embrasse le cou et descends plus bas. Je lui caresse l’entre-jambe et là… rien, le néant. Il se rhabille en vitesse.
- Je vais être en retard Jo, je rentretai tard. Ne m’attends pas. Je t’aime. Un putain discours répété, les mêmes mots qui résonnent à chaque fois.
Et il s’en va, récupère ses clés et claque la porte. La douche froide mais j’ai l’habitude, trop souvent l’habitude. Il me laisse là comme une conne, SEULE. Les larmes roulent sur mes joues.
- Putain mais je suis si dégueulasse que ça!
J’essuie mes larmes, me dirige sur le lit, attrape mon ordinateur portable et tape machinalement mon site porno. Je sors mon jouet le plus long et le plus gros, celui qui va me faire mal après un mois d’abstinence forcée. Je lance une vidéo, c’est brutale, sans sentiment sans chichi. La meuf crie fort trop fort, c’est clairement surjoué mais je m’en fou. J’ai besoin, besoin d’oublier. D’oublier ce qu’il vient de se passer, encore une fois…
J’me touche, j’introduis mes doigts délicatement. Je suis humide, j’étais humide pour lui. Et puis là, ça me revient en pleine gueule, j’y arriverai pas.
- Fais chier putain, putain de merde. Je prends l’oreiller. Je hurle dedans. Un cri de désespoir, de tristesse mélangé. Cette putain de routine me tue.