Prologue
Je ne sais plus quand ça a commencé. Peut-être la nuit où je me suis réveillée sans pouvoir bouger. Ou celle d’avant, où j’ai cru entendre quelque chose glisser contre le mur. Je m’endors, et je me réveille figée, les yeux grands ouverts, le souffle bloqué. Mon corps ne répond plus. Seule ma conscience reste là, prisonnière.
Et il y a les ombres.
Je les vois. Elles bougent lentement, elles savent que je ne peux rien faire. Elles ne parlent pas. Je me dis que c’est mon cerveau qui me joue des tours. Que c’est à cause de la fatigue due au manque de sommeil.
Mais alors pourquoi ai-je l’impression qu’elles me regardent vraiment ?
Mon réveil se met à sonner, je tente de l’éteindre, mais je finis par le balancer en marmonnant. Je me redresse puis je remets mes cheveux en arrière. La nuit a encore été mouvementée. Je me passe les mains sur le visage avant de sortir de mon lit. Je pars prendre une douche pour me réveiller, puis je m’habille. Je vais ensuite dans la cuisine pour me faire un café avant de m’installer sur le canapé. J’allume la télévision et je tombe sur les informations matinales.
Encore une disparition.
La cinquième exactement. Je soupire et je bois une gorgée de café. C’est le même procédé, disparu alors qu’elle dormait tranquillement chez elle. Pas de traces d’effractions, rien. Disparue comme par magie. Je plains les services de police qui doivent enquêter sur ça, surtout avec les familles sur leur dos qui attendent des réponses. Mais comment expliquer une disparition sans effraction ? La personne s’est téléportée ? Elle s’est dissoute dans son lit comme de l’aspirine dans un verre d’eau ? C’est juste insensé.
Et pourtant, c’est ce qu’il se passe. À moins que la personne ait volontairement disparu. Elle aurait pu prendre ses clés, verrouiller la porte et partir tout simplement. Là, ça expliquerait l’absence d’effraction, sauf que les clés se trouvaient toujours dans l’habitation. Quelqu’un aurait les doubles ? Plausible. Un proche ? Un ami ?
Je soupire, puis je termine mon café, je ne supporte pas de ne pas avoir de réponse. Je ne suis pas une enquêtrice, je suis juste curieuse. Il y a tellement de possibilités qui peuvent être envisagées, si ça se trouve, la police a les mêmes idées que moi. Mais je ne suis pas dans leur tête et je ne vais sûrement pas me pointer à la brigade pour leur dire ce que je pense de ces affaires.
Je regarde l’heure, je pars déposer ma tasse dans l’évier de la cuisine, je reviens pour éteindre la télévision, mais quelque chose m’interpelle en écoutant la journaliste. La victime était également victime de paralysie du sommeil.
— Bah tiens, ça explique vachement le bordel…
Je lève les yeux au ciel, une paralysie du sommeil n’a jamais tué quelqu’un. Je m’avance vers la porte d’entrée, j’enfile mes chaussures, puis je prends ma sacoche avant de quitter mon appartement pour aller au travail.









je savais que même le Prologue allait m'épater .
c'est juste un délice pour le cerveau, j'attends avec impatience, la suite.
Très bien écris... je suis épatée!
J'aime toujours ton écriture x) je me demande ce qui cause tout ça !