Une si triste histoire - Tome 1
Miaëllia, une jeune fille de 14 ans, est l'adolescente qui doit vivre cette tragédie. Voici son histoire.
Miaëllia habitait dans un village peu connu : Slormiltchikiare, situé au Lokmikiare. Ce village était très particulier car, chaque dimanche de Mroch (un des mois du pays), se déroulait un tournoi sur les Piliers du Mrotchikiare. Chaque candidat devait sauter de pilier en pilier, hauts de 10 mètres, à un mètre les uns des autres et leur plateforme mesurait un mètre de diamètre. Le but des concurrents était de faire le moins de temps au chrono pour réaliser le parcours. Les candidats ayant fait le moins de temps au chrono s'affrontaient alors le premier dimanche d'Arotch (un autre mois du pays). Le gagnant remportait la Coupe.
Miaëllia allait, chaque dimanche, regarder les concurrents avec son meilleur ami, Miorllio, qu'elle avait rencontré à la maternelle. Ces deux là se ressemblaient beaucoup : châtains, yeux verts clairs, même taille et mêmes centres d'intérêts. Miorllio avait toujours voulu participer mais Miaëllia le lui avait toujours interdit :
- Qu'es ce que je ferai sans toi, si tu tombes ?
- Arrête, Miaëllia, répondait-il d'une voix douce. Je sais faire attention, je ne tomberai pas.
- Comment peux-tu en être si sûr ? Répliquait-elle les larmes aux yeux. Je ne veux pas te perdre ! Et c'était chaque fois la même chose.
Ce fut donc étrange qu'elle accepte sa proposition :
- Ça te dit un petit défi ?
- Bien sûr ! Répondit-elle sans hésiter
- Viens avec moi le dix Dretchos à minuit et deux secondes aux piliers.
- Non ! Je t'ai déjà dit que...
- Tu as accepté le défi ! La coupa-t-il. Et on sautera doucement.
- Bon, OK, je te rejoindrai demain à minuit, céda-t-elle, sachant qu'elle n'avait de toute façon pas le choix.
***
Le lendemain, Miaëllia se leva à 11h54 et s'habilla. Pour être sûre de ne pas arriver en retard, elle avait mis tôt son réveil (à 11h30) mais c'était levée bien plus tard. Non que l'idée d'aller aux Piliers l'enchante, mais elle aimait la ponctualité et tenait parole. Il était 11h58 lorsqu'elle ouvrit la fenêtre de sa chambre et s'engouffra dans la nuit noire. Il lui fallut une minute pour rejoindre son meilleur ami aux Piliers. Il était habillé d'une cape noire qu'elle ne l'avait jamais vu porter.
- Tu es à l'heure, c'est cool ! L'accueillit-il. Plus que 30 secondes et nous pourrons commencer à sauter. Commençons à grimper.
- Pourquoi faut-il être si précis ?
- Je suis comme toi, j'aime la ponctualité !
Il était minuit et deux secondes lorsqu'ils arrivèrent aux Piliers.
- C'est parti ! S'écria Miorllio
Il s'engagea alors sur les Piliers, suivi d'une Miaëllia peut sûre d'elle.
***
- AHHHH !
Ils étaient à mi-parcours quand Miaëllia poussa un cri de terreur car les deux piliers devant et derrière elle venaient de s'effondrer ; elle était donc bloquée ! Elle réfléchit à toute vitesse : le pilier sur lequel elle était pas tremblait, sauter de cinq mètres était suicidaire étant donné qu'elle était à 10 mètres de haut, et personne ne pouvait l'aider. Elle allait donc mourir. Du moins, ce fut ce qu'elle cru. Mais lorsque Miorllio la vit dans cette si mauvaise posture, il lui jeta une corde.
- Accroche-toi et saute à mon signal ! Lui cria-t-il
- Tu es sûr ? Ce n'est pas trop dange...
- Fais ce que je te dis ou tombe !
- OK... Merci d'être là !
- Un... Deux... Trois !
Miaëllia sauta en agrippant la corde mais son meilleur ami, avec une horrible grimace aux lèvres, lâcha la corde. Au même moment, le Trou de Désert Froid s'ouvrit, laissant la jeune fille à un sort bien plus terrible que la mort : elle devrait passer toute sa vie dans le Désert Froid. Il s'était déjà ouvert, une fois, il y a à peu près 1000 ans mais, d'après les livres qui racontent le passé de Slormiltchikiare, personne n'était jamais tombé dedans. Elle était là première ! Cette nouvelle ne la réjouissait pas, car elle était aussi la seule. Miaëllia tombait, toujours plus bas.
Au bout d'un moment qui lui sembla interminable, elle heurta le sol glacé de sable gris, soulevant un grand nuage de poussière. Elle pleura, toussa, et ragea en même temps. Des films passaient à toute vitesse sans sa tête : le défi de Miorllio, son horrible grimace lorsqu'il l'avait lâchée et abandonée, sa longue chute... Puis lui vint l'image de ses parents. Miaëllia pleura, longtemps, à tel point que ses larmes l'étouffèrent. Elle n'arrivait pas à croire que Miorllio l'avait abandonnée. Son meilleur ami ! Lui ! Elle recommença à pleurer. Au bout d'environ une heure qui lui parut être une éternité, elle réussit à reprendre son souffle et se releva. Elle s'habituait au froid mais sa peau bleuissait et était glacée. Elle commença à marcher, arpentant les vallées et regardant autour d'elle. Il faisait sombre, et pourtant elle y voyait comme en plein jour.
- Cet endroit est vraiment étrange. Souffla-t-elle en provoquant un nuage de poussière
- AHH !
Elle venait de trébucher sur quelque chose et s'étala sur le sol glacé. Elle recracha les grains de sables qui lui étaient entrés dans la bouche. En se relevant, elle vit une sorte de pancarte de bois à demi enfouie dans le sable. Elle la ramassa et l'épousseta. La pancarte indiquait Boîte aux lettres.
- Comment peut-il une boîte aux lettres dans le Désert Froid ? Demanda-t-elle au moment où une lettre se fracassa sur son crâne.
- Aïe !
Puis une autre.
- Ouille !
Et encore une.
- Aoutch !
Et encore des dizaines...
- Aïe, ouille, aoutch, arrêtez, ça fait mal ! Geignit Miaëllia
La jeune fille ramassa une enveloppe et parti en courant. C'était une lettre bien triste pour elle.
<< Chère Miaëllia,
Ta disparition soudaine réjouit tout le monde, même les personnes les plus acariâtres. C'est avec joie que je t'écris cette lettre. J'ai pleins de choses à t'apprendre : tu es ici depuis 11 jours, les Piliers ont été réparés, j'ai participé au tournoi et j'ai remporté la Coupe. Et dire que j'ai attendu toutes ces années pour que mon plan fonctionne !
Tu ne connais RIEN de moi. Je t'ai toujours mentit sur tout. Mais maintenant que tu as disparu de la population, je peux tout t'avouer : tu n'as jamais été ma meilleure amie. Un peu, au début, peut-être... Bref, je suis un Mriengient, et toi aussi. Tu ne le sais pas car j'ai fait en sorte que personne, pas même ta famille, ne le sache jamais. Tu es bien trop puissante, mais il faut de l'apprentissage que tu n'as jamais eu.
J'ai pris soin de t'éliminer car tu es plus puissante que moi et je n'aime pas ça.
Cordialement,
Miorllio >>
- TU ES UN TRAÎTRE !!!!!
Miaëllia éclata en pleurs.
- JE TE HAIS !!! Hurla-t-elle dans un sanglot de rage.
Au bout d'un moment, elle retourna à l'endroit où se trouvait la boîte aux lettres et prit le paquet de lettres qui lui était tombé sur la tête. Toutes les lettres étaient identiques.
Dans un excès de rage, elle les déchira toutes. Alors, Miaëllia se promit de détruire Miorllio autant qu'il l'avait détruite, elle...