Les Rats De L'apocalypse

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Summary

: UN MONDE EN CENDRES Il ne reste plus rien de ce que l’on appelait autrefois « civilisation ». Les grandes villes sont devenues des squelettes de béton, aux os rongés par la rouille, la moisissure et la poussière des siècles tombés. Les cris des foules ont été remplacés par le silence, entrecoupé de gémissements lointains, inhumains, et du fracas brutal d’une survie qui s’impose sans pitié. Tout a commencé par une épidémie, comme tant d’autres. Un virus venu d’on ne sait où, déchirant les corps, altérant les esprits. Les premiers infectés hurlaient leur agonie, puis s’éteignaient… pour revenir. Pas morts. Pas vivants. Changés. Différents. Les médecins les appelaient « porteurs ». Le peuple, lui, les a vite surnommés : zombies. Pas à cause de leur démarche titubante ou de leur faim de chair — non, la réalité était pire. Ce mot désignait ceux qui avaient perdu toute humanité. Ceux qui n’étaient plus que des corps animés par la peur, la violence ou le néant. Car le virus n’était pas une simple maladie ; c’était une transformation de l’âme.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

INTRODUCTION




INTRODUCTION : UN MONDE EN CENDRES


Il ne reste plus rien de ce que l’on appelait autrefois « civilisation ». Les grandes villes sont devenues des squelettes de béton, aux os rongés par la rouille, la moisissure et la poussière des siècles tombés. Les cris des foules ont été remplacés par le silence, entrecoupé de gémissements lointains, inhumains, et du fracas brutal d’une survie qui s’impose sans pitié.


Tout a commencé par une épidémie, comme tant d’autres. Un virus venu d’on ne sait où, déchirant les corps, altérant les esprits. Les premiers infectés hurlaient leur agonie, puis s’éteignaient… pour revenir. Pas morts. Pas vivants. Changés. Différents. Les médecins les appelaient « porteurs ». Le peuple, lui, les a vite surnommés : zombies. Pas à cause de leur démarche titubante ou de leur faim de chair — non, la réalité était pire. Ce mot désignait ceux qui avaient perdu toute humanité. Ceux qui n’étaient plus que des corps animés par la peur, la violence ou le néant. Car le virus n’était pas une simple maladie ; c’était une transformation de l’âme.


Rapidement, les non-infectés se sont repliés sur eux-mêmes, barricadés derrière des murs de tôle et de méfiance. Dans les abris souterrains, les villages fortifiés ou les ruines reconverties en bastions, une nouvelle société s’est mise en place, dirigée par la peur. Une société où la confiance s’achète à coups de fusils, et où la compassion est un luxe qu’on enterre avec les morts.


Mais le plus terrible, ce ne sont pas les infectés. Ce sont les survivants infectés, ceux chez qui le virus dort, silencieux. Ils ne sont pas devenus des monstres… pas encore. Ils respirent, pleurent, aiment parfois. Mais leur sang est maudit. Une simple fièvre, un stress trop grand, une blessure mal soignée, et l’horreur peut se réveiller. Alors, le monde a décidé de les rejeter, de les traquer, de les éliminer. Par peur. Par ignorance. Par haine. Ces porteurs « dormants » sont appelés les Grisés, les Souillés, ou simplement les Morts-en-surcis. On les accuse de tous les maux. On les brûle vifs. On les vend. On les chasse. Être porteur, c’est vivre en sursis dans un monde qui vous a déjà condamné.


La société s’est effondrée, mais l’humanité n’a pas disparu — elle s’est fragmentée. En tribus, en clans, en familles de fortune ou de sang. Des micro-nations dirigées par la loi du plus fort, où la parole ne vaut rien sans une arme pointée contre le front. Des guerres éclatent pour un bidon d’eau, un sac de riz, une vieille radio. Les enfants apprennent à tuer avant de parler. Les anciens deviennent fardeaux à abandonner. Les familles s’entredéchirent pour un peu de pouvoir, un peu d’air, un peu d’espoir. Il n’y a plus d’union. Plus de drapeau. Plus de justice.


Et dans ce chaos, les zombies ne sont plus seulement ces êtres infectés. Le mot a muté, lui aussi. Il est devenu une insulte, un avertissement, un verdict. On traite de zombie celui qui perd foi en la vie, celui qui tue sans remords, celui qui n’a plus rien d’humain dans les yeux. Le virus n’est plus le seul ennemi : c’est le miroir de ce que chacun devient.


Dans ce monde-là, tout est gris. La mort n’a plus d’odeur, les vivants n’ont plus de noms, et la douleur est une langue universelle. Il ne reste qu’une vérité brutale : celui qui ne tue pas est tué. La morale est morte avec la lumière du monde. Ici, on ne survit pas grâce à ce qu’on est. On survit malgré ce qu’on devient.


Bienvenue dans les cendres du monde.