𝕰𝖕𝖎𝖑𝖔𝖌𝖚𝖊
Il creuse lentement, sous la pluie.La terre est humide, presque collante.
À dire vrai, il ne fait pas vraiment attention à ce qu’il fait.Il dépose tranquillement le sac — celui où repose sa victime — dans le trou qu’il vient de creuser.
Il ne regarde pas le corps.
Il connaît déjà sa forme.
Il l’a porté longtemps. Trop longtemps.
Il pense à Elle.
À sa manière de se coiffer.À la façon dont elle sourit en regardant par la fenêtre.Au bruit que fait sa fourchette quand elle mange.Il se redresse, essuie ses mains pleines de terre sur son jean.
Il jette un dernier regard au trou.
Puis il sourit.
Doucement.
Comme on sourit à quelqu’un qu’on aime.
Personne ne saura.
Personne ne comprendra.
Mais ce n’est pas grave. Elle, elle comprendra. Un jour. Peut-être