Chapitre 1
Ce roman est la troisième parties des 4 saisons de l'oliverai -tome 1&2 regroupé en un seule roman .
Ce roman n'est pas finit, je l 'écris au compte goutte, mais comme j'ai bien avancé, j'attaque ! -Chose promis / Chose due 🩷🩷
CHAPITRE 1
Tricia
Je remonte la rue qui mène à l’université, jetant un coup d’œil rapide derrière moi. Il est toujours là, me suivant à distance, surveillant chacun de mes gestes.
Il me déteste, c’est évident, et pourtant, nous n’avons pas eu le choix. Nos parents nous ont forcés à rester ensemble, et son père l’a assigné comme mon garde du corps. Il a repris ses études ici, aux États-Unis, tout comme moi. Tandis que je poursuis un cursus en droit, sans la moindre envie, lui se destine à devenir vétérinaire. Mais honnêtement, je l’imagine plus aisément en tueur à gage.
Chaque jour est un rappel constant de cette situation absurde.
Je vis à New York, dans l’un de ces immeubles ultra-sécurisés de l’Upper East Side. Mon oncle Jordan possède l’appartement et il me le prête, il a insisté pour que je m’y installe.
Mon histoire a fait le tour de la famille, et comme à chaque merde que l’un de nous peut rencontrer, il y a une entraide entre chaque membre de la famille Foster, la famille à ma mère !
J’aurais préféré aller chez ma tante Tamara, mais pour ça non plus, je n’ai pas eu le choix.
Après mon retour en France, j’ai essayé de comprendre comment j’avais pu tomber amoureuse de ce monstre, peut-être parce qu’il ne l’était pas tant que ça avec moi ! Il n’avait pas que de mauvais côtés. J’étais persuadée que si il m’avait écoutée, nous aurions pu fuir tous les deux, mais avec le temps, j’imagine que même dans un trou de souris, mon père et ses nouveaux amis m’auraient retrouvée.
Tout ici est surveillé : caméras, portiers, systèmes d’alarme, comme si j’étais une prisonnière déguisée en étudiante.
Nous vivons dans l’appartement juste en dessous de chez eux, mon oncle Jordan et ma tante Lauren. Nous car évidemment, je dois aussi partager l’appartement avec lui, Gonzalo.
Eux, dans leur immense penthouse au dernier étage, et moi, dans un appartement plus modeste, mais toujours sous leur surveillance. Même avec cette distance physique, je ne suis jamais vraiment libre.
Je déteste mon oncle depuis mes 13 ans. Depuis ce soir où j’avais osé sortir en douce, juste une soirée avec des amis rencontrés ici, pensant que personne ne s’en apercevrait. Mais il m’avait surprise en rentrant. La colère dans ses yeux m’avait glacée, et avant même que je ne puisse me défendre, il m’avait collé une trempe comme jamais. Il ne s’était pas retenu, pas une seconde. Mes fesses en feu, je m’étais sentie humiliée et trahie.
Ma tante n’avait même pas réagi, elle était seulement contente de me voir en vie !
Le lendemain, sans un mot de plus, ils m’avaient remise dans l’avion, direction la maison. Comme si de rien n’était, comme si cette punition ne laissait aucune trace. Mais moi, je n’avais jamais pu effacer cette nuit-là. Chaque coup avait gravé quelque chose en moi, un rejet profond, une rancune tenace. Lui, il était passé à autre chose, comme si ça n’avait jamais eu d’importance. Peut-être qu’il pensait que c’était oublié, que le temps effaçait tout.
Mon père lui avait donné raison en plus et j’avais écopé d’un mois sans sortie !
Mais non, je n’ai jamais oublié. Même aujourd’hui, des années plus tard, même en faisant semblant que tout va bien, que je vis ma vie à New York sous sa protection, je n’ai rien oublié. Cette humiliation brûle encore en moi, et chaque jour, je dois faire comme si ça ne m’avait pas marquée. Mais ça m’a marquée, plus qu’il ne l’imagine.
Lauren, ma tante, est différente. Elle fait de son mieux pour adoucir les choses, pour rendre cette prison dorée plus supportable.
J’avoue que le temps a passé, que j’ai grandi, mais je n’oublie pas pour autant. Pourtant, en me voyant, de suite mon oncle a vu que je lui en voulais, il a ri et m’a serrée dans ses bras.
— Hey fillette, tu vas pas encore me faire la gueule pour cette vieille histoire, tu l’avais largement mérité, non, mais sortir seule à ton âge !
Je n’ai rien dit, de toute façon, je ne contrariais plus personne, j’avais été enlevée par un criminel que j’avais aimé plus que je ne l’aurais cru, il était mort et j’étais enceinte, mais pas de n’importe qui, de ce garçon qui me détestait pour la mort de sa copine, comme si c’était ma faute.
Il aurait pu dire non à son père qu’il ne voulait pas faire office de garde du corps, mais il avait dit oui et chaque matin il m’accompagnait avant d’aller à ses cours et je devais l’attendre le soir avant de partir.
Le médecin avait dit qu’il me fallait un changement radical dans ma vie et eux avaient de suite pensé à New York, j’avais été inscrite pour les cours et il avait choisi aussi pour Gonzalo !
New York, avec ses rues bruyantes et ses lumières aveuglantes, devrait être un symbole de liberté. Pourtant, chaque jour passé ici ne fait que renforcer la sensation d’étouffement.
Cela faisait un mois que nous tentions de cohabiter, lui et moi. Un silence pesant rythmait nos journées, chacun enfermé dans son propre monde. Je ne lui parlais pas, et il faisait de même. C’était comme vivre avec un fantôme, une présence invisible qui allait et venait, surtout les vendredis soirs où il partait faire la fête. Chaque semaine, il disparaissait, me laissant seule dans cet appartement silencieux .
Je ne sortais pas, je n’en avais pas le droit, tout le monde craignais que des proches d’Esteban se venge ou pire me récupère, mais franchement, il avait autre chose a faire qu’a rechercher sa veuve pour se venger, et puis je pense que sa soeur devait étre heureuse qu’il ne soit plus, son ami Vince avait été enlevé et torturé a ce que j’avais entendus. enfin bref, j’allais finir par trouver une solution...
Je portais l'enfant de Gonzalo, mais il n’en savait rien. En fait, personne n’était au courant. J’étais enceinte, et ce secret me rongeait.
Ma mère m’appelait une fois par semaine, tout comme mon père, mais toujours à des jours différents, comme s’ils s’étaient coordonnés pour ne pas se croiser dans mes pensées. Ils ne savaient rien de ce qui se passait réellement dans ma vie. Ils m’envoyaient de l’argent pour mes études, pour mes loisirs, mais tout ce que je recevais pour mes loisirs était mis de côté, amassant discrètement ce qu’il me faudrait pour cet enfant à naître.
Bientôt je ne pourrais plus le cacher, mes pantalons commençait a me serrer .
J’avais décidé de le garder, ou peut-être qu’au fond, je n’avais simplement pas eu un moment à moi pour faire autrement. Avorter n’avait jamais vraiment été une option. À présent, je sentais parfois des mouvements légers en moi, comme un doux souffle, rappelant que cette petite vie grandissait.
Pas une minute ne passait sans que je pense à lui, à Esteban. À tout ce que nous aurions pu être si les choses avaient été différentes.
Ce bébé aurait pu être le nôtre, je lui aurais donné son nom, et nous aurions peut-être trouvé un bonheur simple, ensemble.
Je n'aurais peut être jamais su qu'il était celui de Gonzalo, l'homme que j'avais été aimé un soir dans sa chambre avant de me rendre;
Mais le destin avait pris une autre tournure. Et chaque jour, je me disais que j’aurais peut-être dû mourir avec lui, là-bas, ce jour-là.
Quand je ferme les yeux pour dormir, c’est son visage que je vois. Son regard sans vie me hante, figé dans l’éternité. Il est là, toujours là, dans mes rêves, comme pour me rappeler que je suis seule à porter ce fardeau, seule à continuer à vivre dans un monde où lui n’existe plus et ou moi même, j’aimerais trop souvent disparaître.
Je passe les grandes portes de l’université, je jette un regard par-dessus mon épaule, il est là, il ne bouge plus et comme chaque jour regarde que je rentre bien, je tourne sur le côté, disparaît de sa vue et j’imagine qu’il pense que je suis mon chemin vers ma classe.
Cela fait quelques jours que je ne suis plus les cours, j’attends un bon quart d’heure et je ressors, je vais ici et là, je traîne, je ne peux même pas rentrer dans mon appartement, car tout le monde saurait que je sèche.
Je n’ai plus l’envie de suivre les traces de mon père, ni de personne d’autre d’ailleurs, j’ai envie de suivre ma voie, mais je ne sais pas quelle est cette voie.
J’ai trouvé un petit taf, serveuse dans un bar, juste quatre heures tous les matins, mais c’est mieux que rien, ça me permet de voir du monde, et puis on ne pourra pas me reprocher de glander lorsque tout le monde saura que j’ai abandonné mes études.
J’entre dans le café et je mets ma tenue, je remonte mes cheveux dans un chignon mal coiffé et j’attaque.
Le patron est gentil, il m’a embauchée sans trop me poser de questions, en même temps, son employé venait de le lâcher.
— Hey ma jolie, tu te dépêches, j’ai pas que ça à foutre !
Ma jolie, c’est moi, celle qui débute et a un peu de mal, je me retourne et lui crie :
— Hey patiente, je suis pas une pieuvre, j’ai que deux mains !
Le patron est derrière, je ne l’avais pas vu, il se met à rire et ajoute :
— Tu l’as bien prise dans la gueule celle-là, Bill ! Elle débute, elle peut pas aller plus vite que la musique !
Il pose une main sur mon épaule :
— T’as raison, te laisse pas faire !
Je souris en versant le café du fameux Bill et en lui tendant ses œufs brouillés au bacon, ça baigne dans le gras et me file la nausée, mais ce n’est pas pour moi, je rajoute quelques toasts et je lui ramène à sa table.
— Merci ma jolie, c’était long mais ça a l’air bon !
— Bon appétit.
Je suis polie, je le sens me mettre une main aux fesses, j’hallucine, mais je ne relève pas, parce que ce boulot, j’en ai besoin pour débuter ma nouvelle vie loin de tout. Et puis le patron Alex m’a promis un temps plein si je me débrouillais bien. Je retourne derrière le comptoir, l’heure de pointe, tout le monde a faim.
— Tu peux te prendre un café, me fait Alex, mon patron à la quarantaine, grand, brun, les yeux perçants, depuis que je bosse pour lui, je l’ai toujours vu habillé en noir ! Bon, je ne dis rien car moi-même, je ne mets plus de couleur.
Je pris le café qu’Alex m’offrait, m’adossant contre le comptoir pour respirer un peu. Mes doigts se refermaient autour de la tasse chaude, et la fumée s’échappait doucement, formant des volutes presque apaisantes. Le matin passait vite ici, avec les commandes qui fusaient de partout, les clients qui entraient, sortaient, et moi qui essayais de me frayer un chemin dans cette vie que je n’avais pas vraiment choisie.
Je jetai un coup d’œil vers Bill, qui engloutissait son assiette avec un appétit dégoûtant, et me rappela que ce boulot n’était qu’une transition. Une étape avant de comprendre ce que je voulais vraiment. Si seulement je savais quoi. J’avais cette sensation d’être en suspens, coincée entre des attentes qui ne m’appartenaient pas et une liberté qui me semblait encore floue.
— Alors, ça va ? La voix d’Alex me sortit de mes pensées. Il était accoudé au bar, ses yeux perçants me scrutant comme s’il essayait de lire ce que je cachais. Il semblait toujours savoir quand quelque chose clochait, mais sans jamais poser de questions directes.
— Oui, ça va, répondis-je en souriant faiblement. C’est juste un peu... intense ce matin.
— T’inquiète pas, tu prends le rythme. Il se redressa et passa derrière moi pour vérifier les stocks. T’as l’air d’avoir de la ressource, ajouta-t-il. Et puis, si t’as besoin de causer, tu sais où me trouver.
Je hochai la tête sans vraiment répondre. Parler n’était pas quelque chose que je faisais beaucoup ces temps-ci. Trop de choses que je n’avais pas encore ordonnées dans ma tête. Trop de doutes à digérer.
Le reste de la matinée se passa dans un flou d’assiettes et de cafés à servir. Les minutes s’égrainaient jusqu’à la fin de mon service, et je commençais à sentir la fatigue s’installer. Lorsque l’heure arriva enfin, je retirai mon tablier, le glissant sur le crochet derrière la caisse. Alex me fit un signe de la main avant de disparaître dans l’arrière-boutique.
En sortant du café, je sentis l’air frais me fouetter le visage. Ce job était devenu ma bouée de sauvetage, mais à chaque fin de service, je ressentais un vide. Une sorte de flottement, comme si ma vie n’avait plus d’ancre.
Sans parler de cette fatigue qui ne me quittait plus.
Je marchai un peu sans but, les rues étaient calmes, l’université se trouvait à quelques pâtés de maisons de là, mais je n’avais pas envie d’y retourner. Pas maintenant, peut-être jamais. Pourtant, chaque jour, j’y faisais acte de présence matin et soir juste pour simuler , comme si cela suffisait à maintenir l’illusion.
Je m’arrêtai devant une vitrine, mon reflet dans le verre me renvoyait une image que je ne reconnaissais plus vraiment. Les cheveux mal attachés, le visage un peu trop marqué par les nuits courtes, et ce regard, perdu, incertain. Tout ce que je savais, c’était que je ne pouvais pas continuer ainsi indéfiniment.
Le froid de l’automne était présent, je me rendis dans la bibliothèque de l’université pour rester au chaud jusqu’à ce que mes cours théoriques prennent fin et que j’attende le retour du garde du corps.
Je devais finir à 17h et lui... je ne sais pas, mais il était là, accoudé à un arbre, on se regardait simplement et je prenais le chemin de la maison.