Prologue
Paris, 3h24.
Six ans plus tôt.
Haneul Baek avait l'âge de 15 ans lorsqu'elle avait interrogé un prisonnier. Malgré son très jeune âge, elle était déjà respectée et crainte par beaucoup d'hommes..
Elle connaissait déjà trop bien l'odeur de la peur, de la sueur froide et du sang. Elle avait appris à la provoquer. À interroger des prisonniers, des mercenaires, des tueurs en série, des traîtres... Puis le prisonnier dit :
- Tu n'es pas née pour tuer. Tu as été volée à ta propre vie.
Elle l'avait tué.
Et ses mains avaient tremblé trois jours entiers. C'était la première fois que cela lui arrivait. Son cœur cognait dans sa poitrine sans qu'elle sache si c'était de la peur... ou de la honte. Mais la faiblesse n'était pas une option. Jamais. La faiblesse, chez elle, se payait dans la douleur. Elle l'avait appris très tôt.
Mais derrière son masque de pureté se trouvait en réalité une femme brisée, froide, cruelle, intelligente et terriblement dangereuse. La vie ne lui avait offert aucun cadeau. Elle avait toujours baigné dans l'ombre et le sang. Sa vie a toujours été sombre et sanglante avec la tyrannie de son père, Baek Ji-Hoon.
Un jour, elle tombe sur un coffre scellé dans l'aile fermée du manoir, dans un bureau poussiéreux. À l'intérieur : un tableau peint par sa mère. Derrière : une lettre. Une vérité. Et un nom.
Seo-Yeon aimait un autre homme. Un rival coréen. Et peut-être... peut-être que Baek Ji-Hoon a provoqué la mort de sa femme pour créer son héritière parfaite.
Ce soupçon fissure Haneul de l'intérieur. Elle commence à mentir. À dissimuler ses traces. À surveiller son père. Elle devient une espionne dans son propre royaume.
Haneul Baek est une lame.
Mais une lame peut aussi se retourner contre celui qui l'a forgée.
Elle prépare la chute de son père. Doucement. Stratégiquement. Silencieusement.
Mais elle ignore encore ce qu'elle deviendra une fois libre.
Une reine ?
Une fugitive ?
Une enfant en retard de vingt ans sur son enfance ?
Alors, j'ai commencé à penser. À planifier. À rêver d'autre chose.
Je suis née dans le sang. Mais je refuse de mourir dans le silence.
Goyang (Gyeonggi, Coréen du Sud), 23h43.
Six ans plus tôt.
Jae-Ha Ryoo avait l'âge de 17 ans, chef de la mafia des Yong-ui Saek (la Couleur du Dragon), la mafia la plus crainte de Corée, réputée pour être froid, calculateur, intelligent, audacieux, cruel et dangereux. Mais en réalité, il est un homme brisé, détruit au fond de lui par son père, Ryoo Dae-Gun, fou de pouvoir et tyrannie.
Sa mère était une espionne ennemie. Elle a été exécutée dès la naissance de Jae-Ha. Il ne connaissait que deux odeurs celle du sang et de la peur... celle qu'il reconnaîtrait plus tard dans ses cauchemars.
Dae-Gun, obnubilé par la pureté du pouvoir, décide d'élever son fils comme un dieu parmi les hommes, ou un démon. Son père ne l'appelle toujours pas par son prénom. Chaque échec entraîne une punition physique ou psychologique. Jae-Ha n'a droit à rien : ni amitié, ni affection, ni identité.
Son nom était : numéro 1.