Armée de Dumbledore : Résistance

Summary

Albus Dumbledore est mort. Son corps est tombé du haut de la Tour d'Astronomie. Son assassin, le Professeur Severus Rogue a révélé son appartenance aux Mangemorts qui s'apprêtent à prendre le contrôle du Ministère de la Magie et de Poudlard. Harry, Ron et Hermione ont quitté l'école. Neville Londubat se sent bien seul pour mener la Résistance contre les soldats de Lord Voldemort. Mais, l'arrivée de nouveaux élèves pourraient lui apporter une aide inattendue.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

1 : Mission Spéciale


La nuit était fraîche en cette fin de juillet. Les arbres bruissaient sous la légère brise. La rue était déserte. Quelques voitures étaient garées le long du trottoir sans personne aux alentours.

La silhouette d’un chat se dessinait face à la lune. La petite forme noire aux yeux luisants observait tout autour d’elle, à l’affût d’une éventuelle proie dont elle pourrait faire son dîner.

Soudain, les oreilles du félin se dressèrent, en alerte.

Quelque chose avait attiré son attention. Les yeux plissés pour discerner la forme dans l’obscurité, l’animal aperçut trois silhouettes qui surgirent de la ruelle.

À peine éclairées par la lumière jaunâtre du lampadaire, elles se dissimulaient dans l’obscurité de la voie étroite, comme si elles cherchaient à passer inaperçues aux yeux d’un éventuel passant.

Deux hommes et une femme se tenaient les uns à côté des autres, tous vêtus de costumes noirs très élégants. Les deux hommes avaient la peau hâlée et les cheveux blancs. Leurs yeux arboraient un vert très clair, proche du bleu.

La femme, quant à elle, était brune et sa peau bien plus claire que celle des deux autres.

D’après leur physique, deux d’entre eux avaient dû dépasser la quarantaine. Bien que leurs traits soient fins et élégants, on notait un vécu dans les fines rides qui creusaient leur front.

Le dernier, en revanche, paraissait bien plus jeune. Ses cheveux étaient ras sur les tempes et tirés vers l’arrière du crâne. Sa mâchoire fine et lisse lui donnait l'aspect d’un jeune homme à la sortie de l’adolescence.

- Tu es sûr de la destination, Quintus ? demanda la femme qui regardait tout autour d’elle. Il y a un peu trop de traces de moldus dans le coin pour un rendez-vous avec Lucius Malefoy.

Au sein de la communauté des sorciers, on savait de réputation que Lucius Malefoy ne portait pas les moldus dans son cœur. L’éclairage public et les multiples voitures alignées le long du trottoir ne permettaient pas de croire qu’une réunion secrète pouvait avoir lieu dans le coin.

La rue remontait en pente douce en direction d’une petite place au centre de laquelle trônait une fontaine dont le chant de l’eau était à peine audible.

- Je crois que c’est par ici, indiqua-t-il à sa femme et son fils.

Ils rejoignirent la fontaine et cherchèrent tout autour d’eux.

Personne.

Le sol pavé menait à un grand chêne qui recouvrait une partie du chemin et sous lequel était placé un banc et… une silhouette.

Le regard de Quintus passa devant avant d’y revenir comme s’il ne croyait pas à ce qu’il voyait.

Un homme de haute stature était assis, une longue pipe entre les doigts dont le foyer rougeoyait à chacune de ses bouffées.

Quintus jeta un regard troublé à sa femme qui acquiesça à peine.

- Attendez-moi ici, indiqua-t-il aux deux autres avant de traverser la rue.

Il s’approcha du fumeur et vint s’installer à côté de lui.

- Qu’est-ce que tu veux ?! cracha-t-il en voyant Quintus approcher de son banc.

Celui-ci plongea la main dans sa poche et en tira une carte de visite qu’il tendit à l’homme.

- Je cherche Lucius Malefoy, expliqua-t-il. Il m’a dit de donner ça à mon guide, c’est bien vous ?

L’homme lui arracha la carte des mains et l’observa avec curiosité comme pour s’assurer qu’elle était authentique. Le petit rectangle gris était lisse et ne semblait montrer aucune particularité de prime abord. Lorsqu’il souffla dessus, une forme apparut. Un crâne humain qui laissait apparaître un serpent entre ses mâchoires.

D’un claquement de doigts, la carte s’embrasa avant de disparaître en fumée.

Quintus s’avança comme pour l’interrompre mais l’autre leva une main pour l’apaiser.

- T’en fais pas, mon vieux, le rassura-t-il. Ce sont les consignes pour éviter que ces cartes ne tombent entre de mauvaises mains.

Pendant que Quintus discutait avec l’autre homme, le garçon qui l’observait de loin cherchait à comprendre ce qu’ils se disaient.

- Tu es prêt, Attilius ? lui demanda la femme qui ne cessait de lisser les plis de sa robe. Le Seigneur des Ténèbres souhaite te confier une tâche très importante.

Le garçon ne répondit rien.

- C'est un honneur pour notre famille. Nous avons eu la sottise de rester neutres au cours du premier conflit. Cette fois-ci, nous serons du bon côté.

Il ne fit même pas mine d’acquiescer. La réunion ne l'intéressait pas. Tout ce qu'il voulait c'était rentrer chez lui au plus vite pour reprendre ses expériences.

Il tourna la tête vers la femme et lui adressa un sourire rassurant.

- Ils arrivent, Mère.

Elle se retourna et vit son mari ainsi que l’autre homme s’approcher d’eux. Ce dernier ôta son couvre-chef, révélant sa tignasse emmêlée qui cascadait sur ses épaules frêles.

- Je m’appelle Scabior, se présenta-t-il. Je suis votre guide jusqu’au Manoir des Malefoy.

- Comment se fait-il que nous n’ayons pas pu nous rendre directement chez Lucius ? demanda la femme de Quintus.

- Le lieu est devenu incartable, Mrs Malkin, déclara Scabior. Vous pensez bien que nous ne pouvons pas laisser le quartier général du Seigneur des Ténèbres être repéré par les Aurors du Ministère ?

- Ce n’est pas faux, admit-elle. Et comment comptez-vous nous y emmener ?

Pour toute réponse, Scabior tendit sa main, paume ouverte, vers les Malkin. En son centre se trouvait une vieille chaussette traversée de rayures vertes et blanches.

Mrs Malkin pouffa.

- C’est une plaisanterie ?

Un sourire se dessina sur les lèvres de leur guide.

- Il n’y a rien de plus indétectable qu’un Portoloin, Mère, déclara Attilius.

- Votre fils a raison, chérie, renchérit Scabior. Ce sont les ordres du Seigneur des Ténèbres, après tout.

- J’imagine que le choix de l’objet lui revient également, ironisa-t-elle.

Le sourire de Scabior s’étira.

- Non, ça c’est ma petite contribution personnelle.

Elle adressa un regard venimeux à son époux ainsi qu’à l’envoyé de Lucius Malefoy et daigna poser son doigt ganté de cuir sur la chaussette défraîchie.

Elle fut imitée par son époux et son fils.

Dès qu’Attilius eut posé sa main sur la chaussette, une lueur bleutée en jaillit, de plus en plus fort. Il fut soudain pris d’une étrange sensation. C’était comme si un crochet s’était glissé derrière son nombril pour l'entraîner loin de là. Le monde se mit à tourbillonner autour d’eux.

Tout devint flou.

Les couleurs se mélangèrent dans un maelstrom incompréhensible avant qu'ils atterrissent au beau milieu d’un chemin de terre.

Des feuilles mortes s’envolèrent à leur arrivée. Tout autour d’eux s’étendait un chemin bordé d’arbres. Le sol était recouvert de gros pavés et progressait en direction d’un immense portail aussi noir que la nuit. De part et d’autre du chemin, Attilius reconnut les ifs qui menaient au Manoir des Malefoy.

- J’imagine qu’à partir d’ici, je peux vous laisser continuer seuls, annonça Scabior. Je ne peux pas traîner, j’ai une autre mission qui m’attend.

Quintus fit mine de le remercier mais leur guide avait déjà disparu dans un tourbillon de feuilles mortes.

Il se retourna vers sa famille et ils avancèrent en silence le long du chemin jusqu’à atteindre une haute grille en fer forgé. Loin au-delà, un immense manoir se dressait fièrement, éclairé par de multiples braseros le long du sentier qui menait à la porte d’entrée haute de trois mètres.

Une lueur attira leur regard. Un cercle de lumière semblait progresser vers eux. En plissant les yeux, ils s’aperçurent que le cercle émanait de la pointe d’une petite baguette tenue par un homme râblé. Son visage se glissa entre les barreaux de la grille. La lueur révéla une tête presque chauve aux traits de rongeur.

L’homme paraissait avoir perdu beaucoup de poids en très peu de temps. Ses vêtements pendaient misérablement comme un vieux tas de chiffons crasseux.

Il posa une main qui brillait comme l’argent sur la grille et héla le groupe.

- Vous êtes Mr Malkin ? demanda-t-il.

L’une des silhouettes hocha la tête.

- Oui, c'est moi. Le Directeur du Département des Mystères, répondit-il comme si son titre avait une quelconque importance. Nous sommes ici à la demande du Seigneur des Ténèbres. Menez-nous à lui !

L’homme esquissa un sourire malveillant. Le sourire de quelqu’un qui sait ce qui attend les visiteurs mais qui souhaite conserver sa surprise.

Il tapota la grille de sa baguette. Celle-ci émit un clic métallique. Il s’écarta et incita le petit groupe à traverser.

Ils s’élancèrent et passèrent au travers des barreaux en fer forgé comme s’ils étaient faits de fumée. Une fois tous passés de l’autre côté, ils suivirent le petit homme sur le sentier bordé d’ifs où des paons au plumage blanc immaculé se baladaient en liberté en adressant un intérêt curieux aux nouveaux venus.

- Des paons ?! s’exclama Mrs Malkin. Du Lucius Malefoy tout craché !

Le petit homme fit mine de répondre mais fut interrompu par le mari.

- Les paons étaient là bien avant lui, indiqua-t-il. Son père, Abraxas, les élevait déjà alors qu’il était encore à Poudlard.

- Quand on connaît un peu le caractère des Malefoy, on peut comprendre que cet oiseau soit leur symbole, nota Attilius.

Le petit homme pouffa en entendant la réflexion mais se retint d’en dire plus en croisant le regard noir de Mrs Malkin.

- Surveille ton langage, veux-tu ! imposa-t-elle. Je te rappelle qu’il s’agit de mon cousin.

Attilius dévisagea sa mère de sa tête parfaitement bien coiffée à ses pieds chaussés dans des escarpins lustrés à souhait.

- On note une certaine ressemblance.

Mrs Malkin fit mine de répondre avant qu'un simple regard de son époux l’en dissuade. Elle pinça les lèvres et suivit le mouvement sans mot dire.

- On ne doit pas beaucoup s’ennuyer dans votre famille, nota leur guide de sa petite voix fluette.

Tout au bout de l’allée, un élégant manoir se dessina dans l’obscurité, des éclats de lumière se reflétaient au rez-de-chaussée dans les carreaux des fenêtres à croisillons. Quelque part dans le parc obscur, au-delà de la haie, on entendait le chant d’une fontaine.

Ils se hâtèrent vers la porte qui pivota vers l’intérieur à leur approche sans que personne ne l’eut ouverte.

Le hall d’entrée, faiblement éclairé, était vaste et sa décoration somptueuse, avec un magnifique tapis qui recouvrait en grande partie le sol de pierre. Des portraits au teint pâle accrochés aux murs suivaient des yeux le groupe qui progressait à un rythme soutenu.

Ils s’arrêtèrent devant une lourde porte de bois qui menait à la pièce voisine. Le petit homme s’inclina en repoussant le battant et découvrit un salon rempli de visiteurs silencieux assis autour d’une longue table ouvragée.

Les meubles qui décoraient habituellement les lieux avaient été repoussés en désordre contre les murs. La pièce était éclairée par un feu qui ronflait dans la cheminée, sous un splendide manteau de marbre surmonté d’un miroir au cadre doré.

La famille Malkin s’immobilisa sur le seuil de la porte. Une quinzaine de personnes vêtue de robes noires étaient assises autour de la longue table de chêne. Les bras appuyés contre la table ouvragée ils dévisageaient les nouveaux venus comme s’il s’agissait d’intrus.

Leur mine patibulaire aurait pu en effrayer plus d’un mais aucun d’eux ne pouvait ne serait-ce qu’approcher la puissance qui émanait de celui qui était assis en bout de table. Tout au fond de la pièce, installé devant l’âtre de la cheminée, une silhouette au visage aussi pâle qu’un spectre et aux yeux aussi rouge que des braises les accueillit. À ses pieds, un serpent d’environ trois mètres aux larges anneaux avait posé sa tête sur ses genoux et recevait ses caresses en fermant les yeux, la langue sifflante.

- Quintus, sussurra la voix traînante de la silhouette installée dos à la cheminée. Je suis ravi de voir que tu as accepté mon invitation.

Il dirigea ses yeux rouges aux pupilles fendues vers la femme qui se tenait près de lui.

- Helena, ajouta-t-il. Toujours aussi somptueuse.

La femme le remercia d’un signe de tête. Un grognement salua son geste. Une femme installée à côté de deux hommes blonds lui jeta un regard noir.

- Bellatrix, répliqua-t-elle. Toujours aussi bien élevée, à ce que je vois.

Elle fit mine de répondre mais elle s’interrompit lorsqu’elle croisa le regard impérieux de son maître. Elle se contenta de se rasseoir et de marmonner.

L’homme les incita à venir s’installer sur le côté gauche de la table où deux chaises vides les attendaient.

- Maître, dit Quintus. Puis-je faire attendre mon fils dans une autre pièce ?

Lord Voldemort lui adressa un sourire tordu avant de fixer son regard sur le garçon qui accompagnait le couple.

- Queudver ! s’exclama-t-il. Installe notre invité dans le petit salon pendant que nous discutons.

L’homme s’inclina et invita le jeune garçon à le suivre.

Ils refermèrent la porte derrière eux, traversèrent un long salon pour rejoindre une véranda qui donnait sur un immense parc plongé dans la pénombre. Des braseros avaient été disposés un peu partout, révélant quelques paons qui se promenaient librement autour d’un immense if, picorant à leur gré.

Queudver installa le garçon dans un salon de jardin et, d’un coup de baguette magique, fit apparaître un plateau comportant des sandwiches, un verre et une carafe en argent remplie de jus de citrouille.

- Tu as tout ce qu’il te faut ? demanda-t-il sèchement.

Le garçon n’eut même pas le temps de répondre avant que le petit homme n’opère un demi-tour et ne retourne auprès de son maître.

Il se pencha pour saisir un sandwich qu’il porta à ses lèvres avant de s’arrêter. Il renifla à plusieurs reprises, en quête d’un quelconque poison mais ne sentit rien de suspect.

- Tu peux les déguster sans te méfier, lui dit une voix. Nous n’empoisonnons jamais nos mets.

Attilius chercha tout autour de lui pour découvrir l’origine de cette voix sans trouver personne.

- Je suis là, sombre crétin, dit la même voix. Juste au-dessus de toi.

Attilius leva les yeux et aperçut un homme portant une robe noire aux reflets émeraudes au milieu d’un tableau qui représentait un verger.

- Abraxas ? demanda-t-il. Mais qu’est-ce que vous faites là ?

- Mr Malefoy, je te prie, petit garnement. Aurais-tu oublié la politesse ces dernières années ?

Le portrait du père de Lucius Malefoy avait été placé en plein milieu du petit salon.

- Je dois cette nouvelle place de choix à l’autre grincheux à tête de serpent.

Attilius eut un sourire en entendant le surnom donné à Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom. Peu de personnes pouvaient se targuer de montrer aussi peu de respect à un sorcier aussi puissant.

Cependant, Abraxas Malefoy n’était pas n’importe qui. Lorsqu’il était étudiant à Poudlard, il avait fait la connaissance de Tom Jedusor. Plus âgé que lui de quelques années, il avait pu constater les premières frasques de celui qui allait devenir le plus grand mage noir de tous les temps.

Grand sorcier de son époque, Abraxas avait été l’un des meilleurs élèves du Professeur Slughorn qui le recommanda pour intégrer la Grande Assemblée des Maîtres des Potions.

- Ils ne voulaient pas de vous dans le grand salon ? insista Attilius.

- Disons que mes remarques agaçaient le Seigneur des Ténèbres et qu’après avoir tenté de détruire mon cadre à trois reprises, Lucius a préféré me déplacer dans un endroit plus sûr.

Attilius acquiesça.

- Et comment va Drago ?

Abraxas ronchonna.

- Ce petit crétin ressemble beaucoup à son père lorsqu’il était jeune : toujours convaincu de tout savoir mieux que les autres. Il est bien trop certain de sa supériorité sur ceux qui l’entourent.

Attilius sourit.

- Il n’a pas changé, à ce que je vois.

Abraxas haussa les épaules.

- Ces derniers temps, il s’est montré plus mesuré. Ce vieux serpent exerce une pression sur ma famille. J’enrage de ne rien pouvoir y faire.

Attilius le dévisagea, surpris.

- Vous êtes triste ?

- Je suis surtout triste de voir ma famille ramper devant un être aussi ridicule que ce Sang-Mêlé. Ses idées sont intéressantes mais ses serviteurs sont tous plus stupides les uns que les autres.

Il se racla la gorge avant de continuer.

- Tu ferais mieux de manger ce qu’on t’a servi, petit. Ils ne vont pas tarder à venir te chercher.

Attilius s’empressa d’avaler quelques sandwiches avant que le petit homme nommé Queudver n’apparaisse à nouveau.

- Suis-moi, ordonna-t-il. Il souhaite te parler.

Il adressa un dernier regard à Abraxas Malefoy qui avait déjà quitté son portrait pour se rendre on ne savait où. Il repassa dans le salon où une dizaine d’autres tableaux le suivaient du regard. Ils chuchotaient à son passage et Queudver les fit taire d’un geste de sa baguette.

Ils pénétrèrent dans le grand salon. Les portes se refermèrent derrière eux et tous braquèrent leur regard sur le jeune homme, attendant la suite.

Droit comme un i, les bras croisés dans le dos, Attilius attendait patiemment que le Seigneur des Ténèbres l’invite à se joindre à eux.

D’un geste lent, ce dernier lui fit signe d’avancer.

Le jeune homme fit le tour de la table, croisant les regards sévères de plusieurs personnes qu’il reconnaissait grâce aux nombreux avis de recherche placardés un peu partout. Il aperçut les Malefoy, tassés dans un coin, dont Drago qui ne daigna même pas lever les yeux.

Il atteignit le bout de la table où étaient installés ses parents et croisa le regard de leur hôte.

- J’ai entendu dire que tu étais un sorcier très doué, dit-il de sa voix traînante. Est-ce vrai ?

Pour toute réponse, Attilius agita la main, ce qui fit léviter toutes les coupes posées sur la table.

Les invités levèrent les yeux, étonnés par la prouesse. Le jeune homme, quant à lui, ne quittait pas son hôte des yeux.

- Impressionnant ! constata-t-il. Et tout cela, sans baguette.

Un reniflement attira l’attention.

- Il n’y a rien de spécial à pouvoir se servir de magie sans baguette, déclara une femme aux paupières lourdes.

Son maître la dévisagea. Il fit mine de la faire taire mais Attilius fut le plus vif. Il pinça les doigts et les lèvres de la femme furent immédiatement scellées.

Elle émit des gémissements étranglés sous les rires de ses compagnons.

- Je me suis permis de vous faire une petite démonstration, maître.

Le Seigneur des Ténèbres lui adressa un sourire satisfait.

- Tu sembles receler de nombreux talents. J’imagine que tu dois cela à la pureté de ton sang.

Il se tourna vers ses parents pour les féliciter d’un regard. Ceux-ci adressèrent un sourire entendu en inclinant la tête.

- Ton père prétend que tu n’étais jamais allé à l’école, est-ce vrai ?

Attilius opina du chef.

- La décadence de Poudlard déplaisait à mes parents. C’est pour cette raison que mon frère Romulus a fait ses classes au sein de Durmstrang.

Il désigna un garçon d’une vingtaine d’années aux cheveux longs attachés en catogan. Une barbe de quelques centimètres recouvrait ses joues. Lorsqu’Attilius mentionna son nom, il se renfrogna.

- Quant à moi, il s’est avéré que je n’ai jamais ressenti le besoin d’apprendre à maîtriser mes talents.

Le Seigneur des Ténèbres sourit.

- Tu sembles plein de promesses.

Attilius effectua une révérence respectueuse.

- J’ai ouï dire que tu serais aussi un Legilimens accompli. Tu confirmes ?

Le jeune homme confirma.

- Je souhaite que tu me le prouves.

Il se tourna vers le reste de l’assistance.

- Je soupçonne l’un de mes hommes d’agir pour le compte d’un petit groupe de sorciers au grand cœur. Je souhaite que tu me dises de qui il s’agit.

Ses yeux flamboyants quittèrent les prunelles claires d’Attilius pour se fixer sur les Malefoy qui se blottirent les uns contre les autres.

- Même si j’ai ma petite idée.

Le garçon acquiesça et se mit à arpenter la pièce, se glissant derrière les Mangemorts comme un prédateur à la recherche d’une proie.

La plupart le défiaient du regard mais d’autres semblaient intimidés par ce jeune homme. Lorsqu’il focalisait son attention sur l’un d’eux, il donnait l’impression de le scanner aux rayons x.

Il passa un peu plus de temps sur quelques personnes comme la famille Malefoy, Bellatrix Lestrange ou Severus Rogue, un homme mince aux longs cheveux noirs et gras.

Il croisa le regard de Drago qui semblait fuyant. Puis celui de son propre frère qui paraissait vouloir le défier du regard.

Il conclut son tour en adressant un regard curieux au serpent qui sifflait à son passage.

- Alors ? s’empressa de demander son maître. Es-tu en mesure de me dire qui est le félon qui me trompe ?

Attilius embrassa une dernière fois l’assemblée du regard.

- Il se peut que le traître se trouve ici mais, parmi le marasme de pensées que j’ai entendues, aucune ne trahissait une quelconque appartenance à un groupe dissident.

Il entendit un soupir collectif de soulagement dans sa tête. Certains dissimulaient d’autres méfaits mais rien qui ne venait à l’encontre de ce que prônait le Seigneur des Ténèbres.

- Disposes-tu d’autres qualités que tes parents n’auraient pas mentionnées ? insista-t-il.

Attilius baissa légèrement les yeux vers le serpent lové aux pieds de son maître et se mit à siffler entre ses dents. L'animal se redressa et s’avança lentement vers lui, la langue sortie.

Le jeune homme tendit le bras et l’animal s’enroula tout autour, remontant jusqu’à sa nuque et reposa sa tête sur son épaule.

Le Seigneur des Ténèbres eut un sourire.

- Fascinant, articula-t-il.

Son regard passa d’Attilius à ses parents.

- Votre famille héberge un Fourchelang. Votre lignée doit être très pure.

Le couple eut un sourire hautain. Ils toisèrent le reste de l’assemblée en les défiant du regard.

- Je dois dire que je ne m’attendais pas à autant de surprises de la part de ton fils, Quintus. Avec Romulus et Attilius, tu as une sacrée descendance, dit-il.

Il tourna la tête du côté gauche de la table et croisa le regard de l’aîné qui confirmait avec déférence.

- Ton père t’a-t-il expliqué quelle serait ta mission ? reprit-il.

Attilius secoua la tête.

- Il m’a dit que vous souhaitiez me confier une mission mais qu’il n’avait pas le droit d’en dire plus car c’est un secret.

Le Seigneur des Ténèbres sourit.

- Ton père a parfaitement raison. La mission qui va t’être confiée ne doit être divulguée à personne.

Le garçon lui fit signe qu’il comprenait.

- À présent que Dumbledore est mort, la place de directeur de Poudlard est vacante. Severus, que tu vois ici, va reprendre le poste et diriger l’école comme je le décide.

Il désigna l’homme aux cheveux noirs et gras.

- Cependant, je ne dispose plus d’espions au sein des élèves. Drago a révélé son affiliation en permettant à mes Mangemorts de s’infiltrer dans l’école il y a quelques mois. J’ai donc besoin d’une nouvelle personne qui intègre Poudlard pour me renseigner sur les faits et gestes des élèves.

Attilius hocha la tête.

- Vous souhaitez que je me mêle aux amis de Harry Potter pour savoir ce qu’ils mijotent, c’est bien ça ?

Ce fut au tour de Voldemort d’acquiescer.

Le jeune homme fixa ses yeux verts dans ceux du Seigneur des Ténèbres et un sourire vint étirer ses lèvres, révélant une dentition parfaite.

- Je commence quand ?

La réunion se conclut et tous les Mangemorts s’en allèrent pour rejoindre leurs postes. Alors que le salon se vidait, les Malkin firent mine de quitter les lieux lorsque leur fils aîné les rejoignit.

- Bonsoir Père, le salua-t-il. Bonsoir Mère.

Il adressa un regard venimeux à son frère.

- Attilius…

- Romulus, répondit-il sur le même ton. Comment vas-tu ?

- Pas trop mal, répliqua son frère. J’ai beaucoup de travail au Ministère mais les choses avancent bien. Scrimgeour ne devrait pas tarder à laisser sa place. J’ai déjà trouvé un remplaçant qui sera ravi d’obéir aux ordres du Seigneur des Ténèbres. Une vraie petite marionnette.

Attilius pouffa de rire.

- Qu’est-ce qu’il y a de si drôle ?

- Je trouve ça un peu gonflé de ta part de parler de marionnette, c’est tout.

Romulus plongea la main dans la poche de sa robe mais la voix de son maître l’interrompit.

- Tu n’avais pas l’intention de t’en prendre à ton frère, j’espère ? siffla-t-il.

La main du jeune homme s’immobilisa tandis qu’une forme longue et souple se tortillait entre ses pieds.

- Bien sûr que non, maître, bredouilla-t-il.

Il retira la main de sa poche et s’inclina en signe de soumission.

- Tu tiens plus du chien que du loup, Romulus, plaisanta son frère.

Il le fusilla du regard mais cela n'impressionna pas Attilius. Il fit claquer sa langue entre ses dents comme pour rappeler un animal de compagnie.

L’aîné voulut répondre mais le regard noir de son maître l’en dissuada.

Ce dernier s’approcha d’Attilius pour lui parler seul à seul. Tous les autres quittèrent la pièce sans la moindre réplique.

Lorsqu’ils furent enfin seuls, Voldemort révéla une autre part de sa mission au jeune homme. Ils se mirent à parler Fourchelang pour que personne ne puisse les comprendre même s’ils collaient leurs oreilles à la porte.

- J’aimerais que tu effectues une autre mission pour moi.

- Tout ce que vous voulez, maître.

Voldemort marqua un temps avant d’enchaîner.

- J’ai des doutes concernant Rogue, admit-il. Passer autant de temps auprès de Dumbledore l’a certainement changé. Même si son comportement indique le contraire, je ne veux pas risquer que mon plan soit compromis. Même par l’un de mes Mangemorts.

Attilius hocha la tête.

- Il sera fait selon votre désir, maître.

Voldemort sourit.

- Je suis surpris de voir que la menace de ton frère ne t’aie pas fait réagir. Beaucoup d’autres que toi auraient déjà sorti leur baguette.

Le jeune homme sourit à son tour.

- Je n’ai pas de baguette. Je n’en ai jamais eu besoin.

Il retourna les poches de son costume pour le lui prouver.

- Tu disposes de grands pouvoirs magiques pour ton âge, mais tu vas devoir t’en faire fabriquer une si tu veux passer inaperçu parmi les élèves de Poudlard.

- Bien maître, dit Attilius en s’inclinant.

Ils quittèrent la pièce et retrouvèrent les Malkin et les Malefoy dans le salon qui discutaient de choses et d’autres.

- Queudver ! s’exclama Voldemort.

Le petit homme qui se tenait dans un coin s’approcha.

- Emmène notre ami auprès de notre invité. Il a besoin d’une baguette sans tarder.

- Bien maître, acquiesça le petit homme.

Il guida Attilius dans un escalier qui descendait jusqu’à la cave fermée par une porte. Derrière elle, s’étendait une vaste salle éclairée par une unique chandelle.

- Ollivander ! s’écria le petit homme de sa voix fluette. Ollivander, où êtes-vous ?

Un raclement de chaise retentit et une haute silhouette au corps frêle s’avança en boitillant vers les deux hommes. La lumière émise par la baguette de Queudver éclaira le visage d’un homme d’un grand âge aux cheveux blanc tombant en cascade sur ses épaules.

- Qu’y a-t-il ? demanda-t-il d’une voix rocailleuse comme s’il n’avait pas parlé depuis longtemps.

- Le Maître veut que vous fabriquiez une baguette pour ce garçon, expliqua Queudver.

Ollivander se recula.

- Pourquoi devrais-je continuer à vous fabriquer quoi que ce soit alors que vous ne me laisserez jamais sortir d’ici ? s’offusqua-t-il.

Queudver planta sa baguette sur la gorge du vieil homme et la lumière diminua autour d’eux. Dans la lueur encore visible, Attilius distingua un sourire carnassier sur les lèvres du petit homme à l’allure de rat. Il lut sur son visage le plaisir que son once de pouvoir lui conférait sur sa victime.

D’après ce qu’il voyait, Queudver était considéré comme un pestiféré au sein des Mangemorts. On se servait de lui comme d’un esclave pour effectuer toutes les tâches indésirables. Alors quand on lui donnait la possibilité d’évacuer sa frustration sur quelqu’un de désarmé et d’inoffensif, il ne s’en privait pas.

- Je te conseille d’obéir aux ordres du Maître, si tu ne veux pas qu’on reprenne notre petite séance de torture, gloussa-t-il.

Ollivander déglutit avec difficulté. La peur se lisait dans son regard mais il démontrait une certaine détermination à ne pas se laisser faire sans résister.

- Je ne fabriquerai plus la moindre baguette pour vous, bande de monstres ! glapit-il. Vous ne cherchez qu’à dominer les autres du haut de votre semblant de pouvoir. Les baguettes sont des outils qui servent à faire le Bien. Elles souffrent lorsqu’elles sont utilisées comme vous le faites.

Queudver appuya encore plus sa baguette sous le menton d’Ollivander. La lumière ainsi étouffée donna une couleur rougeâtre à la pièce.

- Fais-moi ce plaisir, grinça-t-il.

Attilius saisit le bras de Queudver et le tira en arrière avec une vigueur telle que le petit homme trébucha sur les marches de l’escalier.

- Qu’est-ce qui te prend ?! s’exclama-t-il.

- Je ne pense pas que le Seigneur des Ténèbres serait très content si nous retardions la fabrication de ma baguette, déclara le jeune homme sans lui lâcher le poignet.

Celui-ci chercha à retirer son bras mais la force d’Attilius était bien supérieure à la sienne. Sa poigne était comme un étau autour du poignet du petit homme à tête de rat.

- Je te conseille de ne pas insister, dit-il avec un sourire amusé, j’ai les mains qui me démangent et je me laisserais bien tenter par quelques maléfices amusants.

Queudver glapit.

- Laisse-nous, ordonna le jeune homme en le jetant dans l’escalier. Dis au Maître que je remonterai dès que la baguette sera prête.

Il observa le petit homme remonter les marches en jurant et attendit que la porte se referme. Il fit jaillir des flammes vertes au creux de ses mains pour éclairer le visage aux traits cireux d’Ollivander.

- Je vous prie d’excuser cette petite dispute, reprit-il. Je déteste ce genre de personne qui se repaisse du peu de pouvoirs dont ils disposent.

Ollivander se massa la gorge.

- Je vous remercie, dit-il. J’ignore qui vous êtes mais vous paraissez différent de tous les autres que j’ai eu le malheur de croiser.

Attilius lui sourit.

- Disons que je ne suis pas un grand amateur des personnes qui s’en prennent à plus faible qu’eux.

D’un claquement de doigts, il déverrouilla la porte et l’ouvrit délicatement pour ne pas surprendre le vieil homme. Ce dernier recula dans la pièce, préférant garder une distance raisonnable entre lui et le jeune homme.

- Ne vous inquiétez pas, le rassura-t-il. Je ne vais pas vous faire le moindre mal. J’ai absolument besoin d’une baguette pour effectuer une mission pour le compte du Seigneur des Ténèbres.

D’un geste du bras, il envoya la gerbe de flammes embraser les bougies alignées sur les murs.

- Voilà ! sourit-il. Comme ça on verra bien mieux, vous ne pensez pas ?

À présent que la lumière était plus forte, le vieil homme pouvait détailler le visage du nouveau venu.

- Vous n’êtes qu’un enfant, constata-t-il.

Attilius haussa les épaules, gêné par la remarque.

- Je suis assez vieux pour être débarrassé de la Trace.

Ollivander se laissa tomber sur la chaise de son établi, la tête dans les mains. Attilius s’approcha de lui et posa une main amicale sur son épaule.

- Je comprends votre réticence, admit le garçon. Vous êtes quelqu’un de brave malgré les mauvais traitements que vous avez subis ici.

Le fabricant de baguettes leva la tête vers le jeune homme qui lui sourit.

- Promettez-moi de ne pas faire de mal à qui que ce soit, le supplia-t-il.

Le sourire d’Attilius disparut.

- Malheureusement, c’est une promesse que je ne peux pas tenir. J’ignore quels seront les obstacles que je vais rencontrer au cours de ma mission mais je peux vous promettre de faire de mon mieux pour éviter de m’en servir le plus possible.

Quel que soit son choix, il n’allait pas pouvoir s’opposer à la décision de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Mais, sans qu'il ne sache pourquoi, quelque chose l’intriguait chez ce jeune homme.

Il devait avoir le même âge que le jeune Malefoy et pourtant il paraissait bien plus mature que lui. Il ressemblait à cet homme horrible du nom de Romulus Malkin mais son caractère paraissait bien plus posé que le sien. Il semblait que rien ne pouvait le perturber. Pas même la présence du Seigneur des Ténèbres.

Ollivander soupira.

- J’imagine que je n'obtiendrai rien de mieux, concéda-t-il.

- Malheureusement, non.

Il abattit sa paume sur la table pour sceller leur promesse. Attilius hocha la tête en signe d’assentiment.

- Il faut prendre quelques mesures, expliqua le vieil homme.

Il ramassa un mètre ruban sur l’établi et mesura la longueur des bras du jeune homme, la largeur de sa paume, son tour de taille et quelques autres mesures qui n’avaient aucun sens aux yeux d’Attilius.

- Quelle est votre main de prédilection ? demanda-t-il.

Pour toute réponse, Attilius leva la main gauche. Ollivander ouvrit les yeux de surprise.

- Quand on est différent, on l’est jusqu’au bout, plaisanta-t-il.

Le fabricant de baguettes acquiesça.

- Commençons par le cœur de la baguette, reprit-il.

Il ouvrit plusieurs tiroirs et en tira des crins de licornes, des ventricules de dragons racornis et quelques plumes de phénix légèrement froissées.

- Vous n’avez rien d’un peu plus atypique ? l’interrogea Attilius en parcourant les différents échantillons du regard.

Ollivander secoua la tête.

- Ce sont les trois types de cœurs avec lesquels j’ai l’habitude de travailler.

Attilius haussa les épaules et s’avança pour regarder les échantillons. Il passa sa main au-dessus de chacun en fermant les yeux. Il paraissait chercher quelque chose que ses yeux ne pouvaient distinguer seuls.

Il fit plusieurs tours avant d’immobiliser sa main au-dessus d’un tas. Ses doigts ressentirent la douceur des plumes. Ils fouillèrent dans le tas et en retirèrent un exemplaire qu’il tendit devant le vieil homme.

- Je vais prendre ça, indiqua-t-il.

Ollivander hocha la tête et prit la plume entre ses mains.

- Très bien, passons ensuite au corps de la baguette.

Il rangea les échantillons de cœurs et ouvrit un nouveau tiroir dans lequel il disposait d’une trentaine de différents bois. Il les étala sur l’établi et se recula pour laisser Attilius choisir.

Cette fois, cependant, il n’eut pas à attendre longtemps. Sa main s’immobilisa au-dessus d’un bois à la couleur claire dès son premier passage. Il prit le morceau entre ses mains et le tendit à Ollivander.

- Du chêne blanc, nota ce dernier avec curiosité.

Attilius tiqua.

- Il y a un problème ?

- Absolument aucun, répondit Ollivander. C’est un choix très rare. De grands sorciers avaient des baguettes en chêne blanc.

Attilius sourit.

- C’est une bonne chose pour moi alors.

Il observa le vieil homme se mettre au travail pendant de longues minutes. Il l'observait faire et aperçut son regard changer. La peur avait laissé place à une concentration à toute épreuve.

Il s’éloigna à pas lents avant de quitter la pièce. Il verrouilla la porte derrière lui et remonta jusqu’au salon où l’attendaient ses parents et son frère.

- Tout s’est bien passé ? demanda sa mère.

Attilius hocha la tête en souriant.

- Il vient de se mettre au travail.

Le jeune homme lança un regard dans le coin de la pièce où se tenait Queudver qui ne dit rien, préférant baisser les yeux.

Quintus paraissait tendu. D’après ce que lui avait raconté son grand frère, il avait passé de longues minutes en compagnie du Seigneur des Ténèbres pour préparer son intrusion au Ministère.

Il redescendit une dizaine de minutes plus tard pour aller chercher la baguette que venait de fabriquer Ollivander. Celle-ci mesurait vingt-six centimètres et se révéla être particulièrement souple. Les aspérités du bois permettaient un maintien parfaitement adapté à la main d’Attilius. La poignée était brute et permettait une prise parfaite. Lorsqu’elle entra en contact avec sa paume, il sentit toute la puissance qu’elle était capable de libérer.

- Prenez-en soin, mon garçon. Ne faites pas comme eux.

Attilius le dévisagea, surpris par la douceur de sa voix.

- Souvenez-vous-en : les baguettes ont une âme. Ce sont elles qui choisissent leur propriétaire, pas l’inverse.

Il le remercia et remonta les escaliers jusqu’au salon où l’attendait sa famille.

Son frère fut le premier à lui tomber dessus.

- Montre-la-moi, lui intima-t-il.

Le jeune homme hésita un instant avant de lui tendre le fin morceau de bois que celui-ci saisit entre ses mains.

D’après son regard, il semblait y déceler une certaine qualité. Voire même, un certain pouvoir. Il avait l’impression de retrouver une sensation similaire à la sienne. Elle avait été également fabriquée par Ollivander des années plus tôt mais elle abritait une puissance rarement vue pour un sorcier de son âge.

Il la saisit entre ses deux mains et adressa un sourire carnassier à son frère.

- Je pourrais la briser d’un simple geste.

Attilius lui adressa un sourire amusé.

- Je n’en ai pas besoin pour te botter les fesses. Je n’en ai même jamais eu besoin pour être meilleur que toi.

Romulus se renfrogna.

Il fit mine de répondre lorsqu’il croisa le regard de son père qui lui intima de ne pas répliquer.

Attilius adressa un sourire à son père. Romulus hésita un instant avant de lui rendre sa baguette. Il s’en voulait d’avoir mêlé son fils à cette mission mais lui seul avait encore la possibilité de les sauver. Il devait la mener à bien pour permettre à sa famille de ne pas perdre son statut.

Après tout, il savait pertinemment le sort que réservait le Seigneur des Ténèbres aux traîtres et aux incapables.

Romulus raccompagna sa famille jusqu’au portail qu’il dématérialisa d’un coup de baguette.

- À très bientôt, lui dit sa mère.

Pour toute réponse, il lui adressa un sourire avant de repartir en direction du manoir. Attilius l’observa pendant quelques instants avant qu’ils ne transplanent jusque chez eux.

À l’abri.