L'appel d'âme

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Summary

Tu es une mer à marée d’âme, sous ton carapace, un sanctuaire. Tu ressens le monde avant qu’il ne parle, tu captes les silences, les absences, les mémoires oubliés. Ta douceur n’est pas faiblesse : c’est une force souterraine, ancestrale, qui borde les douleurs et rappelle aux âmes leurs droits au réconfort. Tu protèges, tu portes, tu nourris. Et pourtant qui prends soin de toi ? Tu apprends, peu à peu, que l’amour que tu offres mérites de revenir. Tu n’es pas là pour t’effacer, mais pour révéler que la tendresse est un pouvoir sacré.

Status
Ongoing
Chapters
4
Rating
n/a
Age Rating
16+

Prologue

Égypte ancienne

« Je refuse, je refuse de me séparer de toi, mon cœur est trop habitué à ta présence, je refuse, je refuse de te perdre Merit-Aton… »

« Semenkere, quand viendra la nuit et que tu réclameras ma présence, je t’invite à contempler la lune. Parle lui, car de là où Anubis me ramènera sur sa barque et m’emportera le cœur, sache que ton amour est déjà ancré dans mon âme et dans mon cœur. Là-bas, j’attendrai ton arrivée avec patience, je n’attends qu’une chose de toi, vis… »

Dans le temple sacrée d’Isis, au beau milieu de la nuit sous un ciel étoilé, entre toute la splendeur des colonnes du temple, il la regarda longuement, la contempla, sachant qu’il ne rencontrerait plus jamais une âme semblable à la sienne dans ce monde terrestre. Cela ne faisait que trois lunes qu’ils se connaissaient, mais on aurait dit qu’ils s’étaient aimés pendant une éternité. Il connaissait son âme, et elle reconnaissait la sienne.

Elle lui toucha au menton, lui caressa le visage, non pas sa peau, mais bien son essence, comme si elle voulait toucher son âme.

En retour, il l’embrassa, la caressa, tentant de mémoriser chaque recoin de son visage, la douceur de son parfum - un doux parfum de fleur de lotus.

« Promets-moi, Semenkere, promets-moi que nous allons nous retrouver dans chaque vie » – dit-elle avec les larmes au bord du précipice. Elle avait peur, elle avait peur de la mort, mais il le fallait, pour lui. Pour le protéger. Pour l’aimer.

« Mérit-Aton, je jure par tout ce que mon cœur chérit, je jure devant la déesse Isis, que je te retrouverai. Que je te traquerai dans toutes les vies, dans tous les âges, peu importe combien de temps ça durera. Je te retrouverai, pour m’unir à toi… »

Elle leva sa dague au clair de lune. Elle brillait, comme elle. Parfaite.

Il la regarda, les yeux pleins de larmes, le souffle suspendu. Elle le regarda aussi, elle voulait qu’il n’oublie jamais.

« Je ne pars pas… je traverse. »

Puis elle enfonça la lame dans sa poitrine, non pas par douleur, mais par serment. Pour qu’au-delà du temps, au-delà des âges, son âme le retrouve. Encore.

Il la regarda, la regarda enfoncer la dague dans sa poitrine, elle est partie, pour lui, elle s’est sacrifié pour lui, pour eux, pour protéger leur amour naissant. Il resta là, ancré dans son souvenir, le cœur battant d’elle. Elle la prêtresse. Elle l’amante. Elle l’éternelle.

Il partit, gardant dans son souvenir, une jeune femme courageuse, exceptionnelle, qui avait en elle un rayon de lumière qui le fascinait, elle a toujours été digne. Jamais il ne l’oubliera elle restera ancrée en lui à jamais.

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Aujourd’hui

Il y avait toujours en moi une soif inexplicable. Pas seulement d’amour, non, mais de reconnaissance d’âme. Comme si, quelque chose part dans l’invisible, un regard me cherchait depuis d’autres vies.

Je ne savais pas encore que l’amour allait me déchirer pour me révéler. Je ne savais pas encore que certains cœurs que je chérissais ne seraient de passage que pour me briser, tandis que d’autres resteraient de manière silencieuse mais fidèles et loyales, dans les recoins de ma vie.

Il y a eu des étreintes inachevées, des silences plus assourdissants que des cris. Il y a eu la peur de ne pas être assez ou d’être de trop, et l’audace d’aimer quand même. Il y a eu des promesses prononcées dans le noir et dans le vide, et des adieux que je n’ai jamais eu le courage de faire.

Mais aujourd’hui, je prends la plume comme on allume une chandelle : non pour rallumer les amours passés, mais pour éclairer les ombres qu’ils ont laissé.

Car il est temps.

Il est temps d’écrire, il est temps de se souvenir, non pas pour raviver la douleur, mais pour honorer chaque amour, chaque expérience comme une initiation sacrée.

Et peut-être au fil des mots, retrouverai-je celle que j’étais avant eux ? Ou celle que je suis devenue grâce à eux.