Ma vie comme si elle allait s'arrêter

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Summary

Ma vie comme si elle allait s’arrêter est une autobiographie de Mathilda, une femme trentenaire qui retrace avec vivacité son parcours de vie. Elle commence par une enfance haute en couleur à Toulon puis à Paris, marquée par des anecdotes familiales, scolaires et affectives. Elle évoque son adolescence rebelle, son amour pour la mode, ses galères scolaires, ses premières expériences professionnelles, ses relations intimes, ses voyages, jusqu’à une forme de quête intérieure à l’âge adulte.

Status
Complete
Chapters
26
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1 - Mon enfance haute en couleurs

27 septembre 2022. Jour que je n’avais pas vu venir !

Aujourd’hui à 33 ans, me voilà de retour... au baby-sitting !

33 ans, en couple depuis 6 mois seulement, sans enfant, sans animal, propriétaire de rien et même pas une assurance vie !

Je garde un bébé de 3 mois. Ce n’est ni l’enfant d’une amie ni d’un membre de ma famille.Je vous vois déjà froncer les sourcils vous demandant ce qui peut bien clocher chez moi pour que je me retrouve, à cet âge-là, à changer les couches d’un enfant qui n’est pas le mien alors que j’ai déjà un boulot à temps plein !

Laissez-moi vous expliquer. C’est une longue histoire, et pour la comprendre, il faut remonter loin en arrière.

Je m’appelle Mathilda et je suis née à Toulon dans le sud de la France.Petite j’étais blonde bouclée aux yeux marron foncé.

Ça, c’était le cas jusqu’à ce que je m’amuse à me couper les cheveux toute seule. Ma mère était en train de me couper les cheveux dans la salle de bain quand le téléphone fixe a sonné. Elle dut courir dans le salon pour attraper le téléphone. À l’époque personne n’avait de portable. Au bout du fil, ma grand-mère. Impatiente comme je l’étais, j’ai voulu continuer toute seule. Quand ma mère est revenue, je ne ressemblais plus à rien. Elle a dû m’emmener chez le coiffeur et quand je suis ressortie, je ressemblais clairement à un mec. On m’a raconté que je suis partie au ski juste après et que tout le monde m’appelait « mon petit garçon ».J’étais très énergique. À 2 ans je ne faisais plus de sieste. Je m’endormais tard et me levais tôt. En quelque sorte j’étais le pire enfant que peuvent espérer de nouveaux parents !

J’ai vécu 4 ans à Toulon, dans cette ville bercée par le soleil et l’odeur des pins, arbres que j’aime tant et qui m’évoquent les vacances.

Mon père, Robert, aimait la vie et dépensait sans compter tandis que ma mère, Catherine, plus pragmatique, se chargeait des finances de la famille pour nous éviter la banqueroute.

Elle avait épousé mon père alors qu’il était interdit bancaire. Une chose est sure, c’est qu’elle n’est pas vénale !

Le peu de souvenirs que j’ai de ces 4 années passées à Toulon me viennent grâce aux photos : un balcon face à la mer, une école maternelle trop sympa avec des marronniers partout et les passages à la boulangerie en sortant de l’école pour aller à la plage.

4 années dans ce cadre idyllique jusqu’à ce que mon père soit muté à... Paris !

Mon enfance fut heureuse dans cette ville des lumières, de l’art, de l’amour, et de tant d’autres choses. Entourée de mes parents, de mon petit frère, Liam, né 4 ans après moi, et de ma petite sœur, Olivia, de 7 ans ma cadette, ma vie était composée de rires, de jeux mais aussi des premières responsabilités et surtout d’une soif d’indépendance qui ne me quitta jamais !

Les amis ont, pour moi, d’aussi loin que je me souvienne, toujours été très importants.L’histoire dit que je faisais des crises à mes parents si je n’invitais pas d’amis chez nous.Je craignais le noir et je ne pouvais pas m’endormir si les gens autour de moi dormaient. J’ai fait de gros cauchemars pendant des années. Aucun souvenir de quel genre de cauchemars mais assez gros pour me faire hurler en pleine nuit. Mon oncle et ma tante, chez qui j’allais souvent à Nice, arrivaient en courant dans ma chambre par peur qu’il me soit arrivé quelque chose.

Dans mon école maternelle parisienne, je me souviens du mur d’escalade que j’adorais grimper plusieurs fois par jour ou encore d’un gros fantôme dans lequel on pouvait se cacher et des spectacles organisés par les enseignants. De fabuleux spectacles qui tournaient souvent autour de la mythologie grecque.J’avais horreur des vaccins et le médecin qui était venu à l’école avait réussi à vacciner tous les enfants, sauf moi. Il a pourtant essayé de m’amadouer avec un bonbon mais je l’ai pris et je suis partie avec en courant. Il n’a jamais réussi à me vacciner.Maintenant vous le savez, je suis très fortement phobique des piqûres ! Et ça ne s’est pas arrangé. Même à 33 ans, je peux m’évanouir ou tout simplement pleurer à chaudes larmes jusqu’à 5 minutes après. J’ai une technique qui fonctionne un peu : je tends le bras, ferme les yeux, respire très fort et surtout je prépare des bonbons ou des gâteaux et un grand verre d’eau. Une fois la piqûre faite, je reste assise au moins 3 minutes pour me calmer.

À l’école primaire, très vite je suis tombée amoureuse. J’étais un véritable cœur d’artichaut. Ma mère a même été au courant à cause du père de ce garçon qui faisait chavirer mon cœur. Il était allé lui dire : « Dis donc, ta fille met des mots doux dans la poche du manteau de mon fils. ». J’étais en CP et lui en CM2. Il s’appelait Augustin, était brun, pas très grand et mince.

Mon amie Elisa et moi lui écrivions des « je t’aime » et nous devions chacune signer de notre prénom avant de mettre le papier dans sa poche. Grâce à ma mère, je me suis rendu compte que finalement elle signait mon prénom.Mes souvenirs restent vagues, mais je suis quasiment certaine que c’est à ce moment-là que j’ai pris la décision de ne plus jamais parler de rien à ma mère. C’était ma vie intime et elle m’avait soûlé.

Jusqu’au CM2, ma mère m’organisait des anniversaires avec des tas d’activités : pêche à la ligne, maquillage, film avec les amis (films en cassette vidéo s’il vous plaît !). Elle me faisait de beaux gâteaux façon pièce montée. C’est clair que c’était moins impressionnant que les anniversaires des moins de 5 ans d’aujourd’hui, ceux qu’on peut voir sur Instagram, mais c’était génial ! J’en garde un très bon souvenir.En CM2, un de mes amis, Thomas, m’avait offert une très jolie poupée en porcelaine. Je ne sais pas pourquoi ce cadeau m’a beaucoup marqué !

J’avais déjà un fort esprit de contradiction (je le tiens de ma grand-mère paternelle). Je pleurais pour ne pas aller au centre de loisir le matin et je pleurais aussi car je ne voulais pas en partir le soir.

Voilà ce que je disais... Toujours dans la contradiction !

En vrai, je m’amusais autant à l’école qu’au centre de loisir.

Un jour, avec des amis, on s’amusait à sauter pour attraper un panier de basket. C’était trop cool jusqu’au moment où je me suis éclaté l’épaule sur le sol. Ma mère m’a emmenée dans une clinique pour faire des radios mais les médecins lui ont dit que je n’avais rien.

Ma maîtresse me détestait mais s’entendait super bien avec ma mère qui lui a raconté que je faisais du cinéma à cause de mon bras. Juste pour m’embêter, la semaine qui a suivi, la maîtresse n’a pas arrêté de m’envoyer au tableau. Je devais écrire. J’étais droitière et évidemment j’avais mal au bras droit. Une semaine après, comme j’avais toujours super mal, ma mère m’a ramené à la clinique. Et vous savez quoi ? Oh bah les médecins ont découvert que finalement je m’étais cassé la clavicule... Oui, tout à fait ! Résultat des courses ? J’ai eu le droit à une attelle horrible bleue pendant un mois... pile au moment de la photo de classe. D’ailleurs sur cette photo j’avais cette attelle horrible et un pantalon jaune avec plein d’arrosoirs. Quel style !

Dans la même veine, aux 10 ans d’une amie, on jouait dans sa cour en béton. On s’amusait à monter un petit muret et à sauter. Devinez qui est la seule glandue à être tombée la tête la première ? Encore moi. Cette fois-ci, j’ai eu le droit à un énorme bleu sur la moitié du visage. À la place d’appeler mes parents sur le fixe, la mère n’a rien trouvé de mieux que de me poser sur le lit de sa fille aînée. Petit détail, c’est là où j’ai appris ce qu’étaient les menstruations car il y avait des taches de sang sur le lit. Très gênant. Ma grand-mère est venue me chercher et, dès qu’elle a vu les dégâts, m’a tout de suite emmenée à l’hôpital. J’ai gardé cette ecchymose un mois. J’avais tellement honte et c’était tellement moche que j’avais fait croire à certaines personnes que c’était un masque que je ne pouvais pas enlever.

Ma nounou était géniale. Elle était Vénézuélienne. Elle ne disait jamais aux parents les bêtises que nous faisions.

J’avais un bon groupe d’amis tout le long de la primaire. Beaucoup de filles : Clémence, Axelle, Ève, Nadia, Louise, Sidonie, Blanche... mais aussi des garçons : Paul, Clément, Vassili, Thomas, Constantin, Serge... Je me souviens des chats perchés endiablés à la récrée et de la bataille qu’on se faisait avec les amies pour « attirer » nos CP préférées ! On les considérait comme nos petites sœurs et on voulait être leur préférée ! On leur faisait des dessins, des coiffures, des bisous et on leur donnait des bonbons.

Je n’ai jamais fait partie de ces élèves qui se retrouvaient seuls ou harcelés. Ouf !En revanche, dans notre classe en CM2, il y avait un garçon complètement mythomane. Il racontait que des bêtises donc personne ne le croyait. Il disait qu’il était roi de je ne sais plus quel pays.

Un jour, il est revenu en disant qu’il était oncle mais personne ne l’a cru. C’est seulement plusieurs années plus tard que j’ai compris qu’on pouvait effectivement être oncle ou tante super jeune. Alors peut-être qu’il était vraiment roi ! Qui sait ?

Avec une de mes amies on voulait s’acheter des téléphones portables (oui en CM2 avant les années 2000 !) donc on récoltait le plus d’argent possible.J’avais 50 francs d’argent de poche par mois (quand mon frère ne me les volait pas) et, de son côté, elle faisait des tâches ménagères rémunérées par ses parents. Quand on s’est rendu compte qu’on ne pourrait pas avoir de portable, on a fini par acheter des collants dans une boutique près de l’école. Des collants rayés de toutes les couleurs. Ils étaient horribles mais une des maîtresses qu’on adorait en avait et on voulait les mêmes ! Aussi, le soir quand on restait à l’étude, on s’amusait à piquer des cahiers vierges pour faire des cahiers secrets.

Quand j’étais en CM2, mon frère était en CP. Un jour, la directrice est arrivée dans ma classe pour me demander si j’avais signé le mot qui était dans le cahier de correspondance de mon frère. J’ai dit non. Mon frère, en CP, s’amusait déjà à imiter la signature de mon père ! Ma mère avait une signature beaucoup trop compliquée à imiter.

À la fin du CM2, après avoir passé l’année chez ma meilleure amie Juliette (j’étais secrètement amoureuse de son grand frère Mathieu), fille d’un écrivain journaliste, on s’est rendu compte qu’on allait passer une partie de l’été... dans le même village Normand ! Elle chez ses cousins et moi chez mes parents.

Mes parents venaient d’acheter une maison dans le même village que la maison de ma grand- mère. C’était une longère blanche qui devait avoir des briques et silex en dessous. Mes parents, qui adoraient jardiner, avaient fait du jardin un endroit superbe ! L’été avec la vigne vierge, les volets couleur bordeaux et la lavande tout le long de la maison, c’était un vrai havre de paix. Mes parents avaient fait eux même le salon couleur rose tout à la chaux, et avaient fait une chambre tout en bois façon cabane au Canada. J’adorais ces pièces ! On a passé de super moments dans cette maison. Elle vivait. Nous étions souvent en meute avec 15 enfants et 8 adultes. On partait faire de longues balades sur la falaise. Enfant c’était chiant mais avec du recul, ça fait de super souvenirs. Parfois, on rentrait trempé des pieds à la tête. On posait tous nos vêtements devant le poêle à bois et la cheminée et on prenait un gros goûter avant de jouer à un jeu de société : généralement le Risk ou le Monopoly.

La maison au RDC était agréable et le jardin vraiment top. En revanche, à l’étage il y avait 4 chambres en enfilade avec aucune salle de bain et aucune toilette donc en grandissant c’était moins sympa.

J’ai passé une partie de l’été entre mon CM2 et ma 6ème avec Juliette, ses cousins et ses oncles et tantes qui, en plus, faisaient partie de la famille de la boss de ma mère ! Le monde est petit.

On a passé l’été à jouer à l’élastique et à faire des parties de cache-cache avec tous ses cousins. Je m’étais complètement intégrée à leur clan.

Ce qui est dommage, c’est qu’après cette super période, quand Juliette est partie, je n’ai plus jamais revu sa famille. Ni elle d’ailleurs.

La vie nous a séparé car j’ai changé de quartier et nous n’étions pas dans les mêmes collèges.

Vous l’aurez compris, avec mes parents, frères et sœurs, cousins, oncles et tantes, nous passions toutes nos vacances en Normandie, dans ce charmant village. En fait, pour dire vrai, c’était un hameau, une seule rue qui descendait à la mer. Nous étions entourés de falaises et ce n’était pas du sable sur la plage mais des galets.Comment avais-je pu courir pieds nus sur ces galets et plonger dans cette eau glacée pendant des années ? Les enfants sont parfois un mystère.

Certains étés, nous étions gardés par une baby-sitter que nous maltraitions. La pauvre. Elle était grosse et pas très belle. On faisait pas mal de bêtises comme tous les enfants. On s’amusait à se couper les cheveux seuls, à aller dans les champs des chevaux ou des vaches. D’ailleurs, un jour, ma cousine s’est fait mordre la tête par un cheval. Heureusement, il y a eu plus de peur que de mal mais on a couru jusqu’à la maison et nous nous sommes enfermées dans la chambre puis, une fois à l’abri, on a éclaté de rire. Heureuses d’être ensemble, on a commencé à sauter sur les lits et ma cousine en a cassé un. Ça a fait beaucoup de bruit. Nous nous sommes directement tues mais mon grand-père est arrivé dans la chambre en trombes, en criant et en nous ordonnant de sortir dans le jardin.On a tellement ri que, une fois dans le jardin, on a fait pipi dans nos culottes. On a dû les faire sécher au soleil.

Aussi, ma grand-mère détestait les serpents et on lui faisait des dessins sur lesquels il y en avait. On s’amusait aussi à passer devant la fenêtre de la cuisine, quand elle y était, en faisant des bruits de serpent. Maintenant que je suis phobique des serpents, je me dis que les enfants peuvent vraiment être méchants.

Tous les jours encore je mesure la chance d’avoir eu une enfance super heureuse.

J’allais plusieurs fois par an au ski, de mes 2 ans mes 10 ans. J’allais chez la cousine, le cousin et la tante de ma mère qui étaient moniteurs de ski et de surf. Le rêve !

Le studio face au Mont Blanc, les berlingots à sucer, les Twix pour les petites faims, les descentes au flambeau, l’immeuble dans lequel j’allais au cinéma, chez le médecin et à la boulangerie... en pyjama ! Quel kiffe quand tu es gamin !Les raclettes incroyables avec les amis. C’était à celui qui prenait le plus de fromage. Les spectacles improvisés des enfants pour les adultes.... Qu’est-ce que j’ai aimé le ski !

C’était la liberté absolue et personne ne portait de casque. En y repensant, je me dis que j’ai eu de la chance de ne jamais avoir d’accident.

En revanche, les cousins et la tante de ma mère passaient chaque année à l’hôpital. Une broche par-ci, une broche par-là...

Lorsque j’étais en 6ème, j’ai dû arrêter car mes parents voulaient partir au soleil à la place (oui, oui je sais, vous allez vous dire : « pauvre petite fille de riches »). Pas grave, j’assume ! Oui j’ai eu énormément de chance de naître dans cette famille et de ne jamais avoir eu de problème.

Le ski, j’en ai pleuré pendant des années. À chaque fois que les JT commençaient à faire leurs reportages sur les ouvertures des stations, les premières neiges, etc. J’ai rêvé ski, j’ai pleuré ski.... Jusqu’à y retourner à mes 20 ans.

J’ai passé une journée avec mon ex Édouard pour son anniversaire le 26 janvier. À cette période j’étais en Master à Paris et j’avais séché pour aller le rejoindre à Nice où il habitait. Il était à l’EDHEC Finance et ses parents étaient propriétaires d’un appartement qui surplombait la promenade des Anglais.

On est allé skier à Isola 2000. J’ai adoré cette journée. Le ski c’est comme le vélo, ça ne s’oublie vraiment pas !

J’avais séché un jour de classe et c’est tombé pile le jour où on devait passer en groupe de 4. Chaque personne du groupe avait la même note. Je ne sais pas comment mais la prof a juste oublié que je n’étais pas là et j’ai eu la même note que mes coéquipières.

La fin de la primaire marquait un tournant pour notre famille. Mon père quittait son métier et nous quittions le 5ème arrondissement de Paris pour nous installer dans le 7ème.

On passait d’un appartement avec moquette à un appartement avec parquet grinçant. J’avais 10 ans, mon frère 6 ans et ma sœur 2 ans. Vous voyez où je veux en venir ? C’est là où ma mère a dû nous apprendre à marcher calmement sans taper nos talons. Je crois que la voisine du dessous était bien énervée par nos pas.Cet appart était sympa mais dans mon souvenir un peu sombre. Ma chambre donnait sur la minuscule cour sombre.

Pour faire « Fenêtre sur cour » :

- Au RDC vivait une famille dont les mecs mettaient des chemises de nuit, comme à l’ancienne ! J’hallucinais.

- Un autre voisin s’amusait à tirer au pistolet des fléchettes ventouses en plastique sur les pigeons.

Ma chambre était tout au fond de l’appartement. Minuscule. Moquette verte. Une cheminée qui prenait une place énorme et mon lit superposé avec ses placards en dessous. C’est l’époque où j’étais fan de Lorie et j’avais des posters d’elle recouvrant les murs de ma chambre. J’aimais aussi beaucoup Garou et Alizée.

Je quittais l’école publique pour aller dans un privé hors contrat. Pourquoi ? Tout simplement parce que la personne dépressive, qui me servait de maîtresse en CM2, avait dit à mes parents : « Vous comprenez, elle ne va pas s’en sortir si elle reste dans le public ».

Cette institutrice était grande élancée blonde aux cheveux bouclés et plutôt courts. Elle mettait souvent des costumes « jupe blazers » bleu marine. Elle devait être d’origine italienne car elle avait un nom de famille italien. Je ne suis pas sûre qu’elle était mariée. Elle était souvent absente et pleurait beaucoup.

C’est donc à cause d’elle que je me suis retrouvée dans un privé, non mixte, hors contrat et tenu par des bonnes sœurs ! À cause d’elle, ou grâce à elle en fonction de la manière dont on voit les choses. Je préfère voir le verre à moitié plein.