Chapitre 1 : bonne nuit
Je regardais impuissante et tétanisée le bout de mes petits ongles se condenser et s'élargir, pour donner naissance à une longue et belle tige fleurie. Je pouvais sentir la mousse verdoyante des bois s'épanouir sur tout mon petit corps tremblant . Des champignons, des feuilles, des fleurs de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Je devenais une véritable plante . Des iris, des marguerites, des orchidées , des hibiscus, des girolles poussaient sur mes bras .
J'étais dans une serre, une immense serre contenant d'immense fleurs et des champignons . Des plantes humanoïde se pavanaient entres les plantes. Leurs mouvements étaient lents et mystiques. Ca en devenait hypnotisant. J'en avait des vertiges.
Je voulais hurler . Hurler de toute mes forces et supplier la snilek de me réveiller. Mais je savais que si je le faisait, ils se rendraient compte que je suis humaine. Tous les personnages du rêve se tourneraient vers moi pour me déchiqueter, comme les dames aux têtes d'horloge l'ont fait pour Charles.
Il y a peu , j'étais dans une voiture avec mes amis et ma petite sœur. Ma tête contre la vitre à regarder les arbres qui disparaissaient instantanément un par un pour laisser leurs places à ceux de devant , et ainsi de suite. Charles conduisait. Personnes dans la voiture ne l'appréciait réellement. Il était turbulent, énervant et macho. Ils insultait les filles des pires jurons et répendait des horribles rumeurs sur celles qui osait refuser ses avances. La pauvre Romy l'avait bien compris. Mais bon il était plutôt riche alors sa compenssait... À côté de moi , ma meilleure amie, Romy. Elle était incroyablement jolie. Des yeux pétillants, des cheveux noirs luxuriants, des lèvres roses. Elle lisait un thriller qui semblait l'absorber. Il y avait aussi Marco, Julia et Sommy. Mais je ne parlerais pas d'eux tout de suite, se n'est pas nécessaire, ils ne sont pas très intéressant.
Moi non plus d'ailleurs. Je suis juste Jenny, une fille. Une fille pas très intéressante qui s'adapte au groupe , qui aime ce que tout le monde aime, fait ce que tout le monde fait. Je n'ai ni passions particulière, ni compétences exceptionnelles , ni opinions politiques . En cours, je rentre dans le rang sans me faire remarquer, je détourne les yeux en cas de harcèlement ou de bagarre et je ne lève pas la main pour faire l'intéressante, comme dirait Julia.
C'est pour ça que je la détestait. Elle. Ma petite sœur. Quand on me demandait quelle était son problème, je disais qu'elle était autiste, schizophrène ou qu'elle souffrait de stress post-traumatique. J'exagèrait . En vérité je n'en savait rien. Personne n'en savait rien. Ma mère ne trouvait pas nécessaire de lui prendre un psy . A-t-elle tord? Pas vraiment. Valérie n'est pas dangereuse. Elle collectionne les papillons et les araignées, elle vient a l'école habillée comme une poupée de porcelaine, elle se promène sous la pluie, elle rigole pour rien, elle s'amuse avec tout et n'importe quoi , elle coure dans les champs, elle raconte des histoires sur les rêves qui sont complètement démentes, elle fait des dessins étrange et parfois inquiétant, comme une fille qui fond , ou une table avec des humains qui ont des têtes de lapins ou de fleurs , le tout avec d'immenses yeux les observant.
Mais elle ne fait pas de mal aux autres, contrairement a Julia et Charles. Beaucoup se moque d'elle , mais elle n'en a rien a faire. Je n'ai jamais vu quelqu'un n'en avoir autant rien à faire des moqueries. Mais certains l'apprécie et adore son style. C'est vrai que les rubans et les robes coquettes lui vont à ravir, parce qu'elle ressemble réellement à une poupée. Elle est anormalement jolie. Encore plus que Romy. Pourtant elle est plus jeune que nous, elle a douze ou treize ans je crois.
Beaucoup de personnes essaye d'avoir l'air différent pour qu'on s'intéresse à eux ; en s'inventant des problèmes ou en allant contre l'opinion générale. C'est très flagrant et vraiment pitoyable. Mais ce qui m'énerve le plus chez Valérie, c'est que chez elle, c'est complètement naturel. Elle n'aime vraiment pas ce que tout le monde aime et ne fait vraiment pas ce que tout le monde fait, et ce n'est pas pour attirer l'attention. Je ne sais pas si elle a des amis. Mais je suis sûre d'en avoir plus qu'elle. Et personne ne se moque de moi.
Alors pourquoi je me sens comme ça ? Pourquoi j'ai l'impression que je ne pourrai jamais être aussi heureuse qu'elle ? Quand elle regarde le ciel pendant une demi-heure, quesqu'elle voit que moi je ne vois pas ? quand elle se balade sous la pluie et l'orage alors que tout le monde se réfugie a l'intérieur, quand elle peint dans la neige, pendant des heures, puis quand elle tombe malade et en rigole.
Maintenant je comprends. Elle vit dans un rêve. Un rêve. Et nous ne sommes que de vulgaires personnages des son rêve. Valérie n'est pas dans notre monde.
Je suis en terminale, la fin de l'année approche et on quittera tous bientôt le lycée, c'est pourquoi on a tous décider d' organiser une soirée pour fêter ça. On va passer la nuit dans la résidence secondaire de Charles. C'est une jolie maison au bord d'un lac. Je ne veux pas dormir dans la même maison que deux garçons, surtout si l'un d'eux est Charles ,alors je pense rentrer quand tout le monde s'endormira . Et j'ai jamais réellement aimer les soirées, mais j'aime ce que tout le monde aime et fait ce que tu tous le monde fait. Ma mère ma laissée l'autorisation d'y aller à condition de ramener Valérie. Quand elle m'a dit ça, j'ai explosé et j'ai essayer de rétorquer pendant une heure, sans succès. Elle avait cinq ans de différence avec nous, elle s'habille avec des ruban et des robes a dentelles et elle a tenu tête a Julia quand elle embêtait quelqu'un. C'était impossible de la ramener avec nous. Mais c'était sa ou rien.
Alors nous voilà tous les six pour passer un moment inoubliable entre amis. On n'aurait jamais dû y aller. On aurait j'amais dû. Mais c'était l'idée de Charles et Julia, les meneurs du groupe et de la classe, alors on ne pouvait pas refuser. J'aurais dû tuer cette ordure de Charles au moment ou il a oser regarder Romy. Le pousser de la fenêtre quand il s'était penché. Pourquoi ,pourquoi ,pourquoi je n'en ai pas eu le courage.
Non. Enfaîte, se n'est pas à cause de ça. Cette histoire a débuté bien avant ma naissance. Des milliers de souvenirs, de visions et de voix tourbillonent dans ma tête et me donne le vertige. J'ai l'impression d'entendre l'écho des voix qui était là au commencement.
Le harlan hopitals, la cérémonie du solstice d'hiver, le rituel de transmission . Je repense aux paroles de Tasnime. Combien de temps à durer tous ceci ? Combien de fois le cycle a-t-il recommencé ? Combien de gouttes sang on laisser couler les sacrifices ?