Les Élus de la Lumière

Summary

Ils étaient deux à franchir la barrière de l’innocence. L’un fut enlevé. L’autre devra affronter la prophétie. Jasmine et Reda, deux jeunes orphelins élevés dans un village oublié, découvrent le jour de leurs 18 ans un monde caché que nul ne semble voir : la Forêt Noire, un lieu ancien lié à une guerre mystique. Quand Reda disparaît dans des circonstances étranges, Jasmine part à sa recherche, ignorant qu’elle est l’Élue d’une lumière ancestrale… et que son destin est lié à un démon qui l’observe dans l’ombre. Entre royaumes en guerre, symboles magiques, mensonges royaux et créatures venues des ténèbres, Jasmine devra faire face à sa vraie nature... et choisir entre la paix ou le chaos. Un monde où les dieux se sont tus, mais où l’espoir renaît avec elle. Plongez dans une épopée de fantasy pleine de secrets, de magie et de révélations. L’ombre se lève… mais la lumière n’a pas dit son dernier mot.

Genre
Fantasy
Author
Meryem
Status
Ongoing
Chapters
32
Rating
n/a
Age Rating
13+

Origines des Élus et du Seigneur des Ténèbres

La lumière tombait en rayons d’un or pâle sur la Forêt Ancienne, perçant à peine la canopée dense. Un silence oppressant enveloppait la clairière, comme si la nature retenait son souffle. Les arbres, noueux et tordus, frémissaient, leurs racines vibrant d’une énergie ancienne. Un vent glacé glissait entre les troncs, portant une odeur de cendre et de fer. La forêt vivait, murmurait, jugeait.

Au centre de la clairière, Amana se tenait immobile, les pieds nus sur la mousse humide. Sa robe blanche bordée d’or scintillait faiblement, mais son visage trahissait une douleur profonde. À ses côtés, son cheval blanc, au regard perçant, fixait l’horizon, ses naseaux frémissant comme s’il sentait un désastre imminent. Une aura ancienne émanait de lui, comme un gardien d’un autre temps. Ses yeux brillaient d’une conscience presque humaine, comme s’il attendait un ordre silencieux.

Amana serrait la garde d’une épée posée contre un rocher, une lame simple en apparence, forgée dans les étoiles par un ordre oublié. Un symbole de paix – une aile dorée sur une flamme blanche – ornait la garde, scintillant doucement. Son père, un soldat de cet ordre, lui avait légué cette arme capable de sceller les ténèbres. Ses doigts tremblaient, effleurant le métal qui vibrait sous sa peau.

Elle se souvenait. Des nuits où Raz’Khor, exilé d’un royaume démoniaque ravagé par les guerres, lui parlait des étoiles. Il lui avait offert l’une d’elles, arrachée au ciel dans un éclat de magie impossible. Elle avait cru en son amour, en ses promesses. Mais tout n’était que mensonge. Raz’Khor, mi-homme, mi-esprit, n’avait vu en elle qu’un moyen de créer un héritier hybride. Un enfant mi-humain, mi-démon, capable de reconquérir le trône maudit de son monde et de dominer les terres humaines. Leur fils était né. Et il était devenu un cauchemar vivant.

Une silhouette émergea des ombres. Raz’Khor. Son visage, jadis séduisant, était rongé par la corruption. Ses yeux, deux gouffres rougeoyants, brûlaient d’une ambition dévorante. Sa cape noire ondulait comme une ombre vivante.

RAZ’KHOR (voix douce, teintée de menace)

— Tu es toujours aussi belle, Amana. Même dans ton chagrin. Notre fils est prêt. Il portera la couronne des deux mondes. Mon peuple m’a banni, mais avec lui, je leur montrerai qu’ils avaient tort.

AMANA (calme, mais brisée)

— Tu n’as jamais voulu de moi. Tu voulais une arme. Cet enfant… il n’est pas un pont, mais une malédiction.

Le cheval d’Amana hennit, ses yeux brillant d’une lueur ancienne, comme s’il jugeait l’âme de Raz’Khor. Il se tourna vers les enfants tapis dans l’ombre, puis vers Amana, comme s’il comprenait le poids de ce moment. Les arbres frémirent, leurs branches craquant comme un avertissement. La clairière semblait retenir son souffle.

RAZ’KHOR (serrant les poings, une larme noire coulant sur sa joue)

— J’ai aimé t’aimer, Amana. Mais si tu refuses, la magie noire me lie. Je t’emmènerai de force, et notre fils deviendra un dieu.

Une énergie noire jaillit de ses mains, faisant trembler le sol. Les arbres se tordirent, leurs écorces suintant une sève rouge comme du sang. Des créatures d’ombre, aux yeux luisants, émergèrent des fourrés, leurs griffes raclant la terre. Amana recula, ses doigts se crispant sur l’épée. Elle jeta un dernier regard à Raz’Khor, cherchant l’homme qu’elle avait aimé. Mais il n’était plus là.

Il se détourna, marchant vers les ténèbres où attendait leur fils, le Seigneur des Ténèbres. À peine adolescent, son corps était un mélange monstrueux : une peau humaine d’un côté, des écailles de dragon de l’autre. Des cornes naissantes perçaient son front, un bras se terminait par des griffes serpentine, et ses yeux – l’un rouge, l’autre noir – brûlaient de rage. Un symbole de corruption – un serpent noir enroulé autour d’un œil rouge fendu – pulsait sur sa poitrine, comme un cœur maudit. Il fixait sa mère, une larme noire coulant sur sa joue écailleuse, trahissant un déchirement qu’il refusait d’admettre.

SEIGNEUR DES TÉNÈBRES (voix glacée, tremblante)

— Tu as trahi mon père… et maintenant, tu veux m’arracher ma destinée ?

AMANA (à voix basse, une larme roulant sur sa joue)

— Pardonne-moi.

Dans un geste désespéré, elle saisit l’épée et la planta dans le dos de Raz’Khor. Il s’arrêta, surpris. Un cri guttural déchira la forêt. Une explosion d’ombres noires tourbillonna autour de lui, puis s’effondra. Il tomba à genoux, sa cape s’affaissant comme une aile brisée. La sève rouge des arbres suinta, comme si la forêt pleurait sa mort.

Amana s’écroula à son tour, le cœur brisé. En accédant à la Lumière, elle sentait son humanité s’effacer, la liant à un destin sans repos, comme une mère brisée devenue guerrière éternelle. L’épée vibra. Des éclats d’or et d’argent jaillirent de la lame, enveloppant Amana et son cheval. Son visage rajeunit, ses cheveux brillèrent comme la lune. Le cheval s’éleva légèrement, et deux ailes lumineuses jaillirent de son dos.

Un hurlement de rage pure brisa le silence. Le Seigneur des Ténèbres s’élança, projetant des flammes noires vers sa mère. Les créatures d’ombre hurlèrent, leurs silhouettes se tordant dans la clairière. Amana érigea un bouclier de lumière, mais l’onde la projeta contre un arbre. Blessée, elle haleta, son sang tachant la mousse, ses poumons brûlant sous l’effort.

Dans l’ombre, trois enfants observaient, attirés mystérieusement dans la forêt par une force qu’ils ne comprenaient pas. Ils ne savaient pas ce qui les avait poussés à entrer dans cette clairière ce soir-là. Mais la magie ancienne les avait appelés, pour assister à l’aube de leur propre légende. Jasmine, 12 ans, et Reda, 10 ans, frère et sœur, tremblaient, les joues baignées de larmes, leurs souffles courts et paniqués. Près d’eux, Joseph, 13 ans, un orphelin au regard hanté, portait une blessure invisible – un vide dans son âme, creusé par des années de rejet.

Le Seigneur des Ténèbres les aperçut. Il s’approcha, ses griffes scintillant, l’air autour de lui vibrant de chaleur et de menace. Les arbres semblaient se courber sous son aura, leurs feuilles noircissant.

SEIGNEUR DES TÉNÈBRES (voix sifflante)

— Donne-moi l’épée, ou ces enfants brûleront.

Amana rampa vers la lame, mais ses forces l’abandonnaient. Ses doigts tremblaient, incapables de la saisir. Jasmine, poussée par un courage inexplicable, s’avança, ses larmes roulant sur ses joues. Reda la suivit, ses petites mains serrant celles de sa sœur, son souffle coupé par la peur. Ensemble, ils soulevèrent l’épée, lourde comme un destin. Ils la tendirent à Amana.

Au moment où elle toucha la garde, une vision l’envahit. Elle vit Jasmine et Reda, adultes, debout sur une colline ravagée, l’épée scintillant entre eux. Ils repoussaient une vague d’ombres hurlantes, leurs visages unis par une détermination farouche. Derrière eux, des royaumes en flammes, mais aussi une lueur d’espoir. Amana comprit : ils étaient les Élus, leurs âmes déjà marquées par la prophétie, appelées dans cette forêt pour leur première incarnation.

AMANA (en larmes, murmurant)

— Vous êtes les Élus. Chaque 3000 ans, vous renaîtrez pour affronter le mal. Cette épée… seule elle peut sceller son cœur noir.

Un grondement. Le Seigneur des Ténèbres lança une boule de feu noire, faisant trembler la clairière. Les créatures d’ombre s’élancèrent, leurs griffes lacérant l’air. Amana protégea les enfants, mais son bouclier céda. Elle s’effondra, grièvement blessée, son souffle rauque, ses mains tremblantes. Son cheval surgit, saisissant Amana et les enfants dans un élan de lumière. Ses ailes battirent, tranchant les ténèbres. Les flammes du Seigneur léchèrent leurs talons, mais la lumière les portait. Ils s’élevèrent dans un souffle magique, disparaissant dans un ciel d’étoiles, vers l’invisible.

Le Seigneur hurla, sa voix ébranlant la forêt. Il s’approcha de l’épée, voulut la saisir, mais la lame le brûla, rejetant son sang maudit. Dans sa rage, il aperçut Joseph, seul dans les ombres, ses yeux reflétant une douleur que le Seigneur reconnut comme un miroir de la sienne.

Il posa un doigt sur le front de l’enfant. Joseph vacilla. Ses yeux virèrent au bleu lumineux, puis au rouge, le symbole du serpent noir et de l’œil rouge fendu apparaissant sur sa main. Une voix ancienne résonna dans son esprit, murmurant des mots dans une langue oubliée. Joseph, comme hypnotisé, ramassa l’épée et la projeta dans les airs. Un éclat de lumière l’engloutit, et elle disparut, attirée vers une montagne lointaine où les étoiles touchaient la terre.

Amana, emportée par le vent, vit la scène de loin. Son cœur se serra. L’épée était perdue. Mais les Élus étaient nés. Et dans 3000 ans, le mal renaîtrait. L’épée aussi. Et eux… reviendraient.