La poupée noir de l'empereur

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Summary

Elle voulait explorer le passé et elle y est resté piégée Aïna, étudiante noire en archéologie, découvre une grotte mystérieuse lors d'un voyage en Chine. Mais cette grotte cache un portail vers un empire ancien gouverné par un empereur tyrannique et obsédé par une poupée noire qui lui ressemble portrait.

Status
Ongoing
Chapters
11
Rating
n/a
Age Rating
16+

La faille du destin 🌀


Sous un ciel légèrement voilé, un groupe d’étudiants internationaux en visite archéologique écoute un guide parler des empereurs oubliés. Parmi eux : AÏNA, jeune femme noire d’environ 20 ans, curieuse, observatrice, à la fois brillante et un peu rêveuse.

Le guide parle d’un roi cruel dont on ne sait presque rien, seulement qu’il aurait disparu sans laisser de tombe.

> Guide :

« …certains disent qu’il était possédé, d’autres, qu’il vénérait une idole inconnue. »

Aïna semble fascinée. Elle prend des photos de statues, de fresques, de tenues anciennes

Alors que le groupe continue, Aïna entend un léger bourdonnement, une vibration étrange. Elle regarde autour d’elle… puis s’éloigne discrètement du groupe.

Elle suit une sorte d’intuition, entre peur et fascination, qui la mène à une grotte dissimulée entre des rochers couverts de mousse. L’entrée est étroite, mais elle s’y faufile.

À l’intérieur : des symboles gravés sur les murs, une atmosphère lourde, presque surnaturelle.

Aïna allume la lampe de son téléphone. Elle touche un mur, observe les inscriptions, et commence à prononcer les caractères à voix haute comme elle peut. Rien ne se passe.

Elle hausse les épaules, déçue. Elle s’apprête à partir.

À la sortie de la grotte, elle regarde son téléphone : des photos d’objets anciens, de vêtements traditionnels, de temples.

Un sourire rêveur sur les lèvres, elle murmure :

> Aïna :

« J’aimerais tellement vivre les moments de la Chine antique… »

Silence.

Soudain… les caractères gravés se mettent à briller lentement derrière elle.

Une lumière blanche éclatante surgit, l’aveugle — et tout devient noir.

Aïna ouvre les yeux. Elle est allongée dans une forêt calme, les oiseaux chantent, l’air est frais.

Ses vêtements, son téléphone (éteint), tout est intact.

Elle se relève, désorientée, regarde autour d’elle. Elle ne sait pas où elle a atterri ...

Aïna essaie encore d’envoyer un message. Le téléphone affiche "Pas de réseau". Elle regarde autour d’elle, troublée.

> Aïna (à elle-même) :

« Ok... Ce n’est pas normal. Ce n’est vraiment pas normal… »

Soudain, elle entend des voix. Elle se cache derrière un arbre.

Deux soldats en armure traditionnelle patrouillent lentement, armés de lances. Ils parlent dans un chinois ancien (sous-titré).

> Soldat 1 :

« Tu as vu cette lumière hier soir ? L'Ancien dit qu’un démon est sorti de la montagne. »

> Soldat 2 (soudain) :

« Là ! Une femme ! »

Ils aperçoivent Aïna.

> Soldat 1 (choqué) :

« Sa peau… noire comme l’encre ! C’est une sorcière ! »

> Soldat 2 :

« Elle fuit, attrapons-la ! »

Aïna court à travers les feuillages, les branches fouettant son visage. Elle halète, terrifiée.

Elle aperçoit une petite maison en bois, en bordure de la forêt.

Elle fonce vers la porte et frappe avec insistance.

> Aïna :

« S’il vous plaît ! Aidez-moi ! Ils… ils me poursuivent !

Une vieille dame (cheveux blancs, regard doux mais inquiet) entrouvre la porte. Elle observe Aïna, puis les soldats au loin. Elle la fait rentrer rapidement.

> Vieille dame :

« Ne bouge pas. Là, cache-toi, vite. »

Elle la cache derrière un paravent en bois, puis cherche dans un coffre de vieux vêtements.

On entend les soldats frapper à la porte.

> Soldat :

« Vieille ! As-tu vu passer une étrangère ? Peau sombre, vêtue de façon étrange. »

> Vieille dame (calme) :

« Ma fille vient juste de rentrer du marché. Elle est à l’intérieur. »

> Soldat :

« Fais-la sortir. On doit voir son visage. »

Elle ouvre le paravent. Aïna est maintenant vêtue d’habits traditionnels chinois, un voile couvrant son visage, et des gants fins sur ses mains.

Elle s’incline timidement, sans parler.

Les soldats la regardent, hésitent… puis hochent la tête.

> Soldat :

« Très bien. Mais demain matin, ta fille devra venir au palais. L’empereur choisit de nouvelles servantes. C’est obligatoire. »

Ils partent.


>La veille dame : qui êtes vous jeune fille et d'où venez-vous ?

Aïna serre un bol de soupe contre elle, encore choquée.

> Aïna :

« Je ne comprends pas… Je ne sais même pas où je suis. »

La vieille dame la fixe, pensive, puis se lève lentement. Elle va à une commode, sort un parchemin et une carte ancienne.

> Vieille dame (calmement) :

« Tu es à Huángyǐn, l’ancien royaume oublié du monde… »

Elle déplie la carte, la pose devant Aïna.

> Vieille dame (voix grave) :

« Ici règne Shèngmó, l’Empereur aux mains de feu. Le Saint Démon, comme il aime qu’on l’appelle. »

> Aïna :

« Un empereur ? C’est une pièce de théâtre, c’est ça ? Une mise en scène ? »

La vieille dame secoue la tête.

> Vieille dame :

« Il a fait tuer toutes ses servantes. Parce qu’elles ont égaré ou souillé… ceci. »

Elle sort une boîte. L’ouvre.

Dedans : une réplique de la poupée. Petite, noire, fine, belle. Sculptée dans une pierre précieuse obscure.

> Vieille dame (horrifiée) :

« Elle. C’est pour elle qu’il tue.

>elle est la seule chose que l'empereur chéri dans ce monde, il a même été capable de de tué sa concubine juste pour elle...>>

Aïna recule.

> Vieille dame :

« Les soldats t’ont vue. Ils croient que tu es une villageoise. Si tu n’y vas pas demain, ils reviendront. Et ils tueront pour t’avoir. »

> Aïna :

« Je peux fuir. Je… je trouverai un autre chemin. »

> Vieille dame (sombre) :

« Il n’y a pas d’autre chemin. Tu ne connais rien ici. Tu ne parle pas bien leurs langue. Et tu portes une couleur que ce monde ne comprend pas… »

Silence.

> Vieille dame :

« Alors… cache-toi. Joue leur jeu. Et prie pour qu’il ne te voie jamais. »

🎭 Aïna accepte. Mais dans son regard, on voit la peur… et une flamme naissante : elle ne compte pas rester victime.

> Le lendemain matin. Les soldats font le tour du village. La vieille dame tremble. Aïna, gantée, voilée, ne dit pas un mot. On la prend avec les autres filles.

Une vaste salle blanche, décorée avec richesse. Les filles arrivent, certaines rient nerveusement, d'autres se recoiffent avec l'espoir d’être remarquées.

Aïna, voilée, reste en retrait. Elle s’assoit dans un coin, dos au mur.

> Fille 1 (chuchotant à une autre) :

« Elle est muette ? Elle est malade, tu crois ? »

> Fille 2 (méfiante) :

« Elle cache quelque chose. Regarde ses gants. »

Aïna baisse la tête, serre ses mains contre elle. Elle entend les murmures, mais ne réagit pas.

---

Un garde crie :

> Garde :

« Les filles ! En ligne. Sa Majesté va passer ! »

Cris de joie. Les filles s’agitent, se maquillent, courent. On les pousse à travers un long couloir vers la salle du trône.

Aïna, elle, profite de la cohue pour s’éclipser. Elle se faufile entre deux rideaux, descend un escalier.

Elle marche vite, le cœur battant. Le silence est lourd. Elle cherche une porte, une sortie… Elle en trouve une, en bois laqué noir, gravée de symboles anciens.

> Aïna (pensée) :

C’est peut-être la sortie… ou un cellier… peu importe. Il faut fuir.

Aïna entre à pas feutrés, toujours gantée, voilée. Elle referme doucement la porte derrière elle.

> Aïna (murmure émerveillé) :

« Oh... mon... dieu... »

Ses yeux brillent comme ceux d’un enfant dans un musée interdit. Elle avance, les mains serrées contre elle — puis craque.

Elle tend un doigt vers un vase en céramique millénaire.

> Aïna (toute seule, excitée)

« C’est un Longquan celadon... du XIIIe siècle ? Attends, non… peut-être XIVe ? »

Elle se retient de le toucher… puis le tapote doucement du gant. "Ping ping".

> Aïna (sourire débile) :

« Hihi… il est creux. »

Elle tourne sur elle-même, émerveillée. Elle ouvre un tiroir : des rouleaux de soie peints à la main. Un autre : des pièces d’or Yuan.

Puis elle remarque une petite boîte dorée, posée à l’écart, comme un autel. Délicate, ouvragée, ancienne.

> Aïna :

« Wow… toi, tu viens pas d’AliExpress. »


Elle rit doucement, s’approche, l’ouvre…

Dedans : une poupée noire. Petite. Parfaitement entretenue. Habillée en impératrice.

Elle reste figée. Le sourire s’efface. Son cœur bat.

> Aïna (murmure) :

« Qu’est-ce que… »

Elle la prend doucement dans ses mains. La tourne. L’observe.

Et là… un bruit. Un souffle. Une ombre.

Elle sent quelqu’un derrière elle.

Elle se retourne.

> VOIX GLACIALE (hors champ) :

« Qui ose… toucher à elle ? »

FLASH ! Une lame fend l’air.

> SWIIISH

Elle lève les bras par réflexe — la lame tranche son voile en deux, sans la blesser.

Silence.

Elle lève les yeux… face à elle : L’EMPEREUR SHÈNGMÓ. En armure légère, les yeux écarquillés, l’épée encore levée.

Il la fixe.

Elle.

Ses yeux. Sa peau. Ses traits. Sa présence.

Puis, il regarde la poupée dans sa main.

Puis elle.

Puis la poupée.

Un silence de plomb. Il tremble presque.

> Empereur (hésitant, choqué) :

« ...Impossible. »

> Aïna (voix tremblante) :

« Écoute... Je… je peux tout expli— »

Sans dire un mot, il lui arrache la poupée des mains avec froideur, comme s’il récupérait un objet sacré.

Puis, il lève à nouveau son épée.

Il la pose lame contre sa gorge, sans appuyer.

> Empereur (calme, menaçant) :

« Qui es-tu ? »

Aïna déglutit.

Son cerveau tourne à mille à l’heure. Dire la vérité ? Inimaginable. Elle improvise.

> Aïna (bégayant, maladroite) :

« Je… Je m’appelle Aïna. Je… Je ne sais pas comment j’suis arrivée ici, je... j’étais sur un bateau ! »

Il fronce les sourcils. Silencieux.

> Aïna (plus vite) :

« Il y a eu une tempête ! Le navire a coulé. J’ai été emportée par les courants. Quand je me suis réveillée, j’étais ici. Dans ce royaume. »

Il ne bouge toujours pas. La lame reste posée.

> Aïna (essayant de rester crédible) :

« Et… Et quand j’ai entendu que l’empereur recrutait de nouvelles servantes, j’ai cru que c’était… ma seule chance de survivre. »

Elle baisse légèrement les yeux.

> Aïna (sincère mais flippée) :

« Je… Je voulais pas entrer ici. J’ai cru que c’était la salle du recrutement. Je me suis perdue. Je suis désolée… Vraiment. »

Silence.

Le roi la regarde longuement.

Puis retire l’épée lentement, presque à contrecœur.

Il recule de quelques pas, tenant la poupée contre lui.

Il la tourne dans ses mains. Regarde le visage.

Puis Aïna.

Puis la poupée.

Il serre les dents.

> Empereur (froid, distant) :

« Ce mensonge... est pathétique. »

> Aïna (gênée) :

« Bah… j’ai improvisé. »

Il lève un sourcil, surpris par l’audace.

> Empereur :

« Ton accent... Ta langue... Tu n’es pas d’ici. Tu n’as rien d’une servante. »

Un temps.

> Empereur (plus calme, mais calculateur) :

« Et pourtant… tu as ce visage. »

Il la fixe de nouveau, avec intensité.

> Empereur :

« Tu resteras ici. Dans le palais. Je veux comprendre ce que tu es. »

> Aïna (choc) :

« Pardon ? »

> Empereur (sec) :

« Tente de fuir, et tu mourras. »

Il claque dans ses mains. Deux gardes apparaissent comme des ombres.

> Empereur (aux gardes) :

« Qu’elle soit assignée à la concubine morte. Sa chambre est libre. »

Aïna se fait emporter, sans qu’elle ne puisse répondre.

Elle se retourne une dernière fois… son regard troublé vers cette poupée...


La porte claque derrière Aïna. Les gardes repartent, sans un mot.

Elle reste seule dans une chambre à moitié plongée dans l’ombre, où la poussière flotte dans les rayons du soleil.

Tout est ancien, mais élégant. Des tapis usés. Des paravents peints à la main. Une coiffeuse abandonnée.

Et… une odeur étrange. Moisie. Comme si quelqu’un y avait souffert longtemps.

> Aïna (chuchotant à elle-même) :

« Sérieusement ? Ils m’ont collée dans la chambre d’une morte ? Super rassurant... »

Elle s’approche d’un miroir. Se regarde.

Ses vêtements modernes sont sales, déchirés. Le foulard qu’elle avait ne tient presque plus.

Elle touche son visage. Fatiguée. Perdue. Mais vivante.

---

Une femme d’âge mûr entre. Dure, élégante, regard froid. C’est la cheffe des servantes.

Derrière elle, deux jeunes filles transportent un plateau de vêtements, un voile de soie noire, et des sandales.

> Cheffe des servantes (froidement) :

« Ordre de l’Empereur. Tu es désormais sa servante personnelle. »

Aïna ouvre la bouche pour répondre, mais la femme la coupe.

> Cheffe (autoritaire) :

« Tu ne parleras que s’il t’adresse la parole. Tu ne le regarderas pas dans les yeux. Tu ne poseras pas de question. Et...


> Cheffe (plus bas) :

« Tu ne retireras jamais ceci en public. Jamais. »

Aïna regarde le voile.

> Aïna (doucement) :

« Pourquoi ? »

> Cheffe (sèche) :

« Parce que si les gens voyaient ton visage… ils hurleraient “sorcière”. Tu ne comprends pas ce que tu es pour eux. »

Un silence. Aïna baisse les yeux.

> Cheffe (plus calme, mais grave) :

« Le peuple craint ce qu’il n’a jamais vu. Tu es unique ici. C’est... dangereux. »

Elle tourne les talons.

> Cheffe :

« Sois prête avant le coucher du soleil. Il t’appelle. »

La porte se referme.

L’empereur est assis seul, dans un fauteuil en bois sculpté.

Sur ses genoux : la poupée. Toujours.

Il la regarde fixement, presque tendrement.

> Empereur (murmure) :

« Elle n’a jamais existé. C’est... impossible. »

Il se lève, fait quelques pas.

Il appelle la cheffe des servantes, qui entre immédiatement.

> Empereur (sans se retourner) :

« Les autres filles... qu’elles repartent. Je n’ai besoin que d’elle. »

> Cheffe (inclinée) :

« Bien, Majesté. Et si le peuple... ? »

> Empereur (coupant) :

« Elle portera un voile. Et si quelqu’un tente quoi que ce soit... il sera exécuté. »

Il serre la poupée contre lui.

> Empereur (à lui-même) :

« Si elle est en vie… alors je veux savoir pourquoi. »