Avant-propos
Je veux forger les mots comme on brandit l’acier,
Pour frapper l’injustice et l’ordre meurtrier.
Puisqu’agir m’est fermé, que l’action me délaisse,
Je dresserai ma plume au cœur de la détresse.
Mon siècle est un théâtre aux masques insolents,
Où l’homme, désarmé, se noie dans l’indécent.
J’observe, écœurée, les tyrans en costume
Asservir les vivants sous des flots d’amertume.
Alors j’écris. J’imagine, d’un feu latent,
Des mondes où l’éthique affronte l’arrogant.
Mon encre est une plainte, un cri, une blessure,
Un miroir sans pitié dressé contre l’ordure.
Ce roman que je porte en moi tel un fardeau,
Sera mon tribunal, mon chant, mon échafaud.
J’y mettrai mes colères, mes rêves en silence,
Tout ce qu’on ne peut dire au nom de la décence.
Car, si je ne puis redresser l’univers,
Je peux nommer le mal, lui faire un peu d’enfer.
Je peux, par quelques pages, éveiller une flamme
Chez d’autres impuissants, pour qu’un jour naisse une âme.
Ahava Hesed - ❤️