Rosendale

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Summary

Imaginez-vous à Londres, au temps des bals étincelants, des thé scandaleux, des promesses faites sous les rosiers et rompues dans les salons dorés... Mais cette fois, oubliez ce que vous croyez savoir. Car dans l'ombre des parures et des titres, une lady pas comme les autres se glisse entre les rumeurs comme une flamme dans la soie. Des histoires comme vous n'en avez jamais lues. Des personnages que l'on ne dompte pas. Et une conteuse, masquée mais souveraine, qui observe tout et n'oublie rien. Ici commence Rosendale, une chronique aussi belle que Bridgerton, aussi brûlante que Dynasty, mais avec une touche que nul autre ne pourrait offrir. La vôtre. L'inspiration vient toujours de quelque part, dit-on... mais parfois, elle vient de vous. Suivez-moi. Car Rosendale sera votre point de non retour

Status
Complete
Chapters
11
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapter 1

Des perles et des poisons : une introduction à la vérité”

Par Lady Verity

Publié anonymement dans la Gazette du Matin, édition spéciale – scellée de cire bleue.

> Il est des bals où l’on danse moins que l’on ment.

Il est des dames dont les bijoux sont plus vrais que leurs sourires.

Il est des mariages plus politiques que poétiques.

Et il est enfin grand temps que quelqu’un parle.

> Qui suis-je ? Appelez-moi Lady Verity.

Mon encre est fine, mais elle tranche. Je suis une invitée invisible dans vos salons dorés, une ombre derrière les rideaux de velours. Je vois. J'entends. Je raconte.

Certains m’adoreront. D'autres me craindront. Tous me liront.

> Cette semaine, nous parlerons du “collier volé mais retrouvé” de la Duchesse d’Aldmere… et de ce que cela révèle d’un certain Capitaine aux gants noirs.

Mais aussi de ce que Lady C— cache vraiment derrière ses visites répétées au pavillon des roses…

> N’oubliez pas : la vérité n’est pas toujours confortable. Mais elle est toujours élégante.

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La Chronique de Roseval

Chapitre V – Du Bruit, des Promesses et des Pensées Qui Ne Se Disent Pas

Le salon d’hiver du manoir Harrowbridge était baigné d’une lumière douce, filtrée par les rideaux brodés que la Comtesse avait fait venir de Paris. Les enfants, comme toujours, y avaient établi leur quartier général.

Salvana s’était installée sur une méridienne avec un livre ouvert sur ses genoux, qu’elle ne lisait pas vraiment. Elle observait.

La famille du Comte, ses cousins. Une vraie comédie humaine.

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Les enfants du Comte de Harrowbridge :

Clemency, 17 ans : studieuse, douce, conformiste, un peu jalouse de Salvana.

Imogene, 16 ans : vive, sarcastique, curieuse, attirée par tout ce qui trouble l’ordre établi.

Laurence, 14 ans : passionné par les cartes, rêve d’exploration mais bloque dans les conventions.

Edward, 12 ans : adore les énigmes, maladroit, le plus tendre.

Rosamund, 9 ans : très sérieuse pour son âge, parle comme une adulte.

Thomas, 6 ans : grimpe sur tout ce qui est immobile.

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Scène – Fin d'après-midi au manoir

Imogene, en jouant machinalement avec une plume :

— Est-ce que dans ton “royaume secret”, les femmes peuvent monter à cheval sans selle ?

Salvana (sourire en coin) :

— Dans mon royaume secret, les femmes mènent les chevaux, les guerres, et les débats. Ce sont les hommes qui demandent la permission.

Clemency, les mains serrées sur son tricot :

— Tu dis ça pour nous provoquer.

Salvana (doucement) :

— Non, Clemency. Je dis cela parce que c’est vrai.

Laurence (levant les yeux de sa carte d’Angleterre) :

— Tu serais capitaine d’un navire, je crois. Ou général.

Edward (murmure, impressionné) :

— Ou reine...

Rosamund, très sérieusement :

— Non. Reine, c’est quand on épouse un roi. Elle, elle est… quelque chose d’autre.

Thomas (du haut d’un fauteuil) :

— Moi je veux que t’épouses moi ! Tu peux ?

Rires dans la pièce.

Salvana (le prend sur ses genoux, amusée) :

— Peut-être. Quand tu sauras me battre aux échecs.

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À ce moment, la Comtesse entre, suivie de son mari, visiblement d’humeur importante.

La Comtesse Elinor (avec ce ton doucereux qu’elle réserve aux annonces qu’on ne peut refuser) :

— Salvana, chère, le Vicomte de Loughbridge viendra souper samedi. Il s’est montré très curieux à ton sujet. Très sérieux. Très convenable.

Le Comte (un peu las, mais résolu) :

— Il conviendrait tout à fait. Il serait prêt à… accepter ta situation, malgré ton âge, ton… caractère.

Un silence.

Imogene, en retenant un fou rire :

— Malgré son caractère ? Quelle délicatesse.

Clemency (rigide) :

— Tu devrais être reconnaissante, Salvana. Peu d’hommes de cette position accepteraient…

Salvana (les yeux levés, presque lasse, mais sans colère) :

— Il ne s’agit pas d’être “acceptée”. Ce n’est pas lui qui m’épouse. C’est moi qui choisis, ou qui ne choisis pas.

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Le Comte (fronçant les sourcils) :

— Ma chère, tu n’es pas en position de…

Salvana (le regarde droit dans les yeux, poliment) :

— Je suis toujours en position. Celle de dire “non”.

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Rosamund, d’un ton très réfléchi :

— Et si tu voulais épouser quelqu’un que personne n’accepte ?

Salvana, l’embrassant sur le front :

— Alors j’aimerais que ce “quelqu’un” sache que je suis déjà une mère. Pas par convenance. Par choix.

Clemency, soudain raide :

— Tu veux dire… vraiment ?

Salvana (calme, mais ferme) :

— J’ai trois enfants. Ils vivent ailleurs. Ils sont discrets. Et je les ai aimés avant même de savoir ce qu’était d'un homme.

Tandis que la haute société croyait n’être faite que de fleurs précieuses — de lys bien nés, d’orchidées délicates, de perles bien polies — Lady Verity cherche l’étincelle rougeoyante d’un rubis caché ou l’éclat brut d’un filon d’or. Non pas la grâce figée… mais la vérité ardente.

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Extrait : Le Frisson du Salon

Dans les salons de Rosehaven, tout le monde parlait d’elle, sans jamais oser dire son nom.

— “C’est un outrage !” s’étrangla Lady Windmere, son éventail battant l’air comme une colombe paniquée.

— “Un chef-d’œuvre…” soupira Lord Caxton, les yeux brillants de malice. “Enfin quelqu’un qui écrit avec du sang.”

Les jeunes filles riaient nerveusement. Les hommes les plus puissants lisaient l’article en cachette, à la lueur d’une bougie, le cœur battant.

Car dans ces lignes acérées, chacun croyait se reconnaître… ou craignait de l’être bientôt.

Mais au palais, la Reine — toujours impassible, toujours impériale — posa l’article sur sa coiffeuse.

— “Amusant,” dit-elle doucement. “Elle a du talent… Et de l’audace.”

Puis, après un silence :

— “Faites venir Lady Marrow. Je veux qu’elle enquête. Discrètement.”

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Et quelque part ailleurs, dans un jardin ombragé, assise sous une tonnelle de roses rouges, Lady Verity tenait déjà sa plume.

Elle n’espérait pas que la Reine voie une perle parmi les fleurs.

Non.

Elle espérait qu’un jour, elle reconnaîtrait le feu du rubis.

Et qu’il serait trop tard.

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